Note de l'auteur : Hem hem… Bon d'accord j'ai totalement disparue de la circulation pendant longtemps… Très très longtemps et j'ai très très très honte. J'ai eu quelques petits soucis dans ma vie d'étudiante, et même si je lisais toujours les fics, ma priorité n'était pas d'éditer la mienne ! Je suis vraiment désolée, mais ne vous inquiétez pas, maintenant que je m'y suis remise, je serai régulière ! J'espère que vous apprécierez ce chapitre qui marque l'intrigue et les personnages, Je vous embrasse !

Petite précision : chaque chapitre contiendra une strophe du poème « Le Dormeur du Val » d'Arthur Rimbaud, et peut être d'un autre poème du même poète que j'adore, et qui m'a inspiré cette histoire ainsi que la chanson « sola en el olvido ».

Le Dormeur du Val, d'Arthur Rimbaud (première strophe)

C'est un trou de verdure où chante une rivière,

Accrochant follement aux herbes des haillons

D'argent ou le soleil, de la montagne fière,

Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

Les paysages paisibles et broussailleux de la Provence française avec leurs champs de vignes à perte de vue étaient troublés par l'apparition soudaine de quelques voitures militaires ou de jeunes infirmières, jeunes adolescentes aux joues roses et à la coiffe blanche qui faisaient rêver si souvent les jeunes hommes habillés de kaki.

Au bout d'une demie heure de balade silencieuse sur les chemins caillouteux, nos deux anti héros arrivèrent dans un village de bord de mer, un de ces villages du sud aux maisons pittoresques blanchies à la chaux et à la plage de galets. La brise marine fouettait les narines, et les vieux pêcheurs voutés sur leurs canes, assis sur des bancs regardaient la longue colonne de jeunes gens, hommes et femmes, qui se formait petit à petit.

La mer agitée se divisait en plusieurs vagues, certaines allaient s'échouer sur le rivage, d'autres allaient se fracasser sur les flancs d'un bateau discret, surement un bateau transportant de la nourriture bateau qui n'était en fait que l'embarcadère de l'armée de la Résistance.

Ce village du sud de la France, donc de la partie « non occupée » était en ce jour de fin d'été 1942 le point de réunion de tous les jeunes français révoltés, près à se battre contre le Maréchal Petain, ce traître, contre les allemands, ces sales bosh assoiffés de sang, contre les collabos, ces fils de catins et contre tous ceux qui se levaient contre la Liberté, la Vie, les Droits de l'Homme et toutes les belles idées de cette jeunesse enfermée.

Ces jeunes volontaires idéalistes, rêveurs allaient embarquer pour l'Espagne et s'arrêter au secret près du Port de Barcelone où les attendaient des Espagnols, victimes de leur guerre Civile et de la dictature de Franco qui ravageait la péninsule ibérique. Des centaines de jeunes espagnols, voulant immigrer en France, près à se battre pour cette nouvelle patrie, pour les idéaux qui ont déjà été assassinés dans leur nation, des familles énuclées d'un membre, d'une mère, d'un frère.

Draco était fier de Harry, il l'avait toujours été. Depuis maintenant bientôt deux ans ils s'étaient engagés dans l'armée de la Résistance et vivaient chaque jour, chaque nuit dans la peur et le danger d'être arrêtés et exécutés pour sabotage de locomotives allemandes, explosions de leurs réserves, meurtres d'hauts fonctionnaires de l'armée nazie, infiltration, espionnage, ou simplement de faire circuler un colis ou une arme au profit de la Résistance. Au bout de un an Harry était monté en grade. Son allure innocente et chétive camouflait bien le résistant aguerrit, impulsif et courageux qu'il était. Surnommé « la tête brulée », il pouvait être aussi doux, câlin et joueur qu'un lionceau, mais assassinait ses ennemis allemands sans aucun scrupule. Sa bravoure lui valut d'être parmi les sélectionnés pour cette mission périlleuse en Espagne.

Draco était, quant à lui, la tête pensante, la logique de la petite bande de Résistants qu'ils avaient formés dans leur région, mais surtout le porte monnaie. Toute la fortune de sa famille qui n'avait pas été réquisitionnée par les allemands ou le gouvernement il la mettait au profit de la Résistance en achetant des armes, en fournissant tous ces jeunes déracinés de nourriture, en construisant des cachettes, même un bunker caché sous une grange qui avait servit à de nombreux résistants en fuite. Connu pour sa patience et sa ruse il était communément surnommé le « serpent » car il se débrouillait toujours pour tout savoir, comme s'il se faufilait partout. Sa ruse ne lui avait jamais fait rater une proie ou une seule mission. Implacable et extrêmement dangereux, ses ennemis se laissent pourtant très facilement berner par son physique typiquement aryen et ses origines allemandes : blond aux yeux gris, parlant un allemand parfait, sa couverture était de travailler au Consulat Allemand du Sud de la France. Agent double redoutable, il était respecté de tous. Choisit pour rester en France et gérer la Résistance du Sud et la coordonner avec les informateurs du Nord, il ne pouvait faire autre chose que de mettre son amour sur un bateau qui l'emmènerait sûrement vers sa mission la plus dangereuse.

Une histoire d'amour qui durait depuis treize ans était remise aux mains du destin et de la mer capricieuse. Le départ du bateau prévu à 15h00, et étant 14h45, il ne leur restait qu'un misérable quart d'heure.

Draco et Harry s'étaient connus à leurs neuf ans et ne s'étaient plus jamais quittés. Au fil des années, leur amitié qu'ils pensaient inébranlable, immuable, s'était modifiée en quelque chose de plus intime, de plus doux. Ils ont eu leur premier baiser à treize ans, sous l'ombre d'un cerisier en fleur du jardin de Draco, et leur première fois à quinze ans dans le vieux lit en chêne de Harry.

Ils passèrent leur dernier quart d'heure en silence, ils n'avaient plus besoin de mots pour se comprendre. Assis sur un banc à l'écart de l'agitation de la plage, Harry avait posé la tête sur l'épaule de Drago et pleurait silencieusement. Draco avait emprisonné les deux mains de Harry dans les siennes et les posa sur son cœur pour qu'il sente combien il battait fort, battait si fort pour lui.

Quand le clocher du village sonna 15h00, ils se levèrent et marchèrent vers la plage à présent noire de monde. Harry serrait la main de Draco à s'en blanchir les phalanges. Il n'avait pas peur d'aller en mission, il n'était pas effrayé par le bruit, le sang, la mort. Il espérait juste que la vie leur laisserait une chance de continuer, ensemble, leur combat.

Un homme d'une quarantaine d'année à la mine fatiguée, aux yeux triste et aux tempes grisonnantes du nom de Rémus Lupin, officier de la Résistance commença à faire l'appel.

-Abbot, Hannah ! hurla l'officier Lupin dans son mégaphone, et le défilé commença. Cette jeune juive d'à peine 16 ans dont la famille avait été déportée était une des plus sanguinaires de toute la Résistance et une grande amie d'Harry et Draco.

Hommes et adolescents à peine sortis de la puberté, jeunes filles en fleur et femmes accomplies, tous s'avancèrent, droits et fiers.

-Finnigan, Seamus !

-Granger, Hermione !

-Londubat, Neville !

Plus l'on se rapprochait de la lettre P, plus la respiration d'Harry s'accélérait, une boule lui obstruant la gorge. Draco brisa alors le silence en lui prenant le visage entre ses mains en coupe et dit

« Ecoute moi bien Harry, je t'interdis de pleurer, tu m'entends ? Tu n'as pas le droit d'être triste parce que tu vas revenir, et que cela ne sert à rien. Garde tes larmes pour autre chose, d'accord ? Je vais t'attendre ici jusqu'à ce que tu reviennes, je ne bougerai pas, tu comprends ? Après chaque mission, même si je suis à Paris, je prendrai le train et viendrait t'attendre sur cette plage. Alors maintenant ravale moi tes larmes ou je vais craquer moi aussi, et tu sais bien qu'un Malefoy ne craque jamais ! Alors tu te secoues, tu les exploses tous et tu reviens. Moi, je ne bouge pas d'ici. Allez, souris mon amour, ce n'est qu'une petite séparation de rien du tout. Et puis tu as intérêt à faire attention à tes fesses ! Arrête de rire par ce que… eh pas dans ce sens là, cochon ! Allez file mon ange, file, moi je ne bouge pas, et pour faire bouger un Malefoy, tu me connais, ils vont devoir s'y mettre à plusieurs, et même un Rogue à poil ne me fera pas sourciller ! Souris mon ange, souris, et ne regarde pas en arrière ».

-Potter, Harry !

Harry eut un sourire à travers ses larmes, embrassa une dernière fois son grand dadais blond et commença à partir, regardant la mer, car il ne fallait surtout pas qu'il se retourne.

-HARRY ! cria Draco, N'OUBLIES PAS QUE JE T'AIME ABRUTI !

Harry s'arrêta, mais ne se retourna pas, il articula un silencieux « moi aussi » entrainé par le souffle marin et monta sur la passerelle le cœur gros de souvenirs.

Quand Draco fut certain qu'Harry soit monté dans le bateau, il décrispa ses points et laissa enfin aller les larmes qu'il avait retenu. De douleur il mordit son poing jusqu'au sang et contracta ses abdos pour ravaler les spasmes de tristesse qui le secouait.

Et quand le dernier homme fut monté, quand le bateau commença à s'éloigner, Draco fixait encore l'engin qui emportait Harry loin de lui, et quand le bateau ne fut plus qu'un point noir à l'horizon, il était toujours là, débout face à la mer.

J'espère que cela vous a plu, merci pour les reviews de la dernière vois, et à bientôt ! ^