A/N : Ceci est un OS écrit dans le cadre des Nuits du Fof, où nous avons une heure pour écrire à partir d'un mot, ici « obstacle ».
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Un pas trop près
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Au début, c'était un défi. Le genre de défi qu'Alec adorait, une manière de prouver que ses talents de hacker le plaçait un cran au dessus du reste et Lupin était un putain de grand mystère.
Non, sérieusement, à l'ère d'internet, le simple fait que des spécialistes se déchirent encore pour savoir si Lupin était né homme ou femme était déjà miraculeux. L'inspecteur Ganimard, spécialiste es Lupin avait conclut depuis longtemps que cela n'avait aucune importance pour le voleus iel-même, et que par conséquent, cela ne devait pas en avoir pour la police non plus.
Les faits à propos de Lupin étaient vagues dès que l'on quittait sa capacité à passer d'identité en identités avec ou sans prothèses qui faisait que nul n'avait jamais vraiment réussi à capturer son vrai visage, une capacité presque surnaturelle à cambrioler sans laisser de traces de son passage et un goût pour les apparitions et les déclarations dramatiques lorsque l'occasion se présentait qui traduisait un orgueil certain et qui avait trouvé sa forme la plus achevé lorsque Lupin était arrivé sur les réseaux sociaux. Au niveau informatique, Lupin restait prudens et semblait préférer les recettes de sa jeunesse. Iel avait eu cependant l'honneur de faire grincer des dents dans tous les pays lorsqu'il avait mis en lui un site pour permettre « à tous les esthètes » d'apprécier les objets qu'il avait volé, et cette idée, plus le fait qu'il s'agissait principalement d'œuvres de collections privés lui assurait depuis la sympathie populaire.
Malgré cela, nul n'était parvenu à l'attraper plus de quelques jours.
Bref. Pour un Alec Hardisson qui déployait ses ailes après avoir infiltré le réseau du pentagone, Lupin était un défi à sa hauteur. Il s'était promis de découvrir la véritable identité du voleur, juste pour la gloire.
Il avait rapidement déchanté.
Ce n'était pas une question de talent. C'était parce que Lupin devait avoir entre dix et vingt ans de plus que lui et, par conséquent, n'utilisait l'informatique que de façon extrêmement partielle et partiale. Iel s'y débrouillait plutôt correctement – sans beaucoup de finesse, mais tout le monde ne pouvait pas être un Alec Hardisson, mais iel préférait le papier. Comprendre, la feuille, l'imprimé ! Iel avait tout un tas de stratégies pour aller voler des identités dans des villes qui utilisaient encore principalement des formulaire, ou alors qui avaient perdus leurs archives dans des incendies pour construire des pseudonymes qu'il gardait et faisait véritablement exister dans la durée ! Et si Alec en avait trouvé quatre ou cinq de plus que celles répertoriées dans les dossiers internationaux, elles n'avaient aboutit à rien du tout.
Autre difficulté : Lupin était d'abord amateus d'art. Alec n'avait rien contre l'art. Rien du tout. Mais bon, pour lui, les tableaux et autres statuettes précieuses n'étaient l'occasion que d'arnaques à l'assurance ou un moyen de s'attirer un peu de gloire. Lupin collectionnait et ne revendait pas – ou s'il revendait, c'était avec de l'argent cash et à des gens qui ne se vantaient jamais nulle part desdites acquisition, ou dans des actions tellement médiatisées que les pistes que trouvaient Alec avaient déjà été explorées par d'autres et finissaient par s'évanouir derrière une identité de Lupin qui ne recouvrait que de la fumée.
La mise en ligne de ses tableaux ? Alec imaginait la frustration de Ganimard : Lupin s'installait dans des cyber cafés sous des déguisements que personne ne savait percer, ou alors iel volait des cartes de bibliothèque à d'obscurs passants, s'installait à leur place et finissait par laisser un message pour les innocenter. Cela ne les empêchait pas tous d'être sous investigation – et Alec partageait la croyance que certains devaient être des complices d'un jour – mais ces pistes aboutissaient aux mêmes ténèbres.
Ses comptes twitter et autres ? Ah ! Ils disparaissaient dès que Lupin avait atteint ses buts pour réapparaître quand il en avait de nouveau besoin. Évidement, cela avait donné lieu à plusieurs quiproquo où d'autres voleurs avaient voulu usurper le nom de Lupin… Iel réagissait promptement et se vengeait élégamment, à tel point que tout le monde avait admis que si un compte au nom de Lupin ne provoquait pas de réaction au bout d'une semaine, il s'agissait du célèbre voleus.
Les appartements et les caches qu'on avait découvert au fil des enquêtes ? Toujours des sous-locations, de fausses identités ou des complices. Les complices ? De tout âge, de toute nationalité, jamais recruté au même endroit ou de la même manière !
Néanmoins, Alec persistait. Il était presque certain de toucher au but : ses programmes de recoupement commençait à porter leurs fruits, et il était sur le point de finaliser un logiciel de reconnaissance faciale qui seraient capable de dépasser l'art des prothèses et des perruque de Lupin. Il en était certain.
Quelqu'un toussota poliment derrière lui.
Alec nierait toujours avoir fait un bon de quelques centimètre sur sa chaise qui avait roulé et manqué de le faire tomber. Il se retourna lentement. Personne n'était censé rentrer dans cette cave – et oui, Alec était conscient du cliché, mais c'était le prix à payer pour que sa mère ne sache pas ce qu'il faisait – sans que des alarmes ne le préviennent.
« Bonjour mon petit, dit la personne. »
Les mains d'Alec se crispèrent sur ses accoudoirs. La voix lui était familière, très proche – trop proche – de ce qu'il était parvenu à obtenir lorsqu'il avait tenté de contrer la manière dont Lupin camouflait sa voix au téléphone pour coder un logiciel de reconnaissance vocale. Malgré cela, le cerveau d'Alec se rebellait toujours devant l'évidence.
« Je dois dire, continua l'inconnu d'une voix joviale, que tu es plutôt doué pour ton âge. Il y en a derrière ton joli minois ! Mais bon, à un moment, ça me donne l'impression de voir une mouche voler autour de moi : bzzz, bzzzz, tu vois ? et cela me déconcentre terriblement.
-Oh ?, articula Alec. Je… je suis désolé, je ne pensais pas à…
-Oh !, s'exclama Lupin, oh si ! Tu pensais mon joli, et je dois admettre que tu pensais fort bien, même si un peu trop. Alors, je me suis dit qu'il fallait que je te rende une petite visite. Briser le mystère, si tu veux. Maintenant, je suis là, en chair et en os, le mystère est résolu, ta curiosité satisfaite, et tu vas arrêter de chercher, d'accord ? »
Bizarrement, sa voix baissa et devint, aux oreilles d'Alec réellement désolée et menaçante à la fois :
« Si tu n'arrêtes pas, je vais être obligé de devenir sérieux, et je crois que tu travailles depuis assez de temps sur moi pour savoir que quand je deviens sérieux, hé bien… ce n'est pas joli joli. Donc ? »
Alec avala sa salive.
« Je… Je vais arrêter tout de suite, promit-il. »
La silhouette s'élança vers lui pour lui tapoter l'épaule avec énergie :
« Bien ! J'aime quand les gens sont raisonnables ! C'est regrettable que cela n'advienne pas plus souvent. Tu iras loin, mon petit… mais évite de te tenir sur ma route à l'avenir, d'accord ? Ce serait vraiment dommage… »
Et Lupin repartit, la porte claquant derrière iel. Alec s'avachit sur son siège avec un soupir. Il pris conscience de son t-shirt collé par la sueur sur son dos.
Il réalisa soudain que dans son défi, il n'avait pas compté sur l'obstacle le plus élémentaire : Lupin lui-même.
