Labyrinthe bariolé

Il était une fois, dans un pays lointain de légendes et d'esprits, une jeune fille aimable et souriante. Elle était d'une grâce peu commune, ses cheveux d'une légère couleur rosée et sa peau de pêche, dont elle portait d'ailleurs le nom, étaient les sujets de conversations favoris de quelques âmes masculines ayant croisé sa route. Elle faisait tourner les têtes et le savait, mais n'y prêtait pas grande attention quand cela ne servait pas son intérêt ou celui de ses partenaires et amis, les basketteurs du collège Teikô. Ne croyez pas qu'elle était une froide calculatrice, loin de là, elle était juste sincèrement passionnée par le basketball et prenait bien plus de plaisir à analyser en experte les capacités de chaque joueur pour pouvoir ajuster le jeu en conséquence qu'à s'adonner aux rêvasseries de l'amour. Les seuls garçons de son cœur étaient ses coéquipiers, et elle était toute dévouée à leur bien-être et leur confort.

Et, en cette journée, Satsuki Momoi commençait à le regretter.

« Bon, constata-t-elle, je crois qu'on est perdus. »

Elle ignora le flot de remarques provenant de la ménagerie bariolée qu'elle appelait ses amis et tenta de se retrouver dans ce labyrinthe.

Elle avança de quelques pas dans le dédale d'objets en tous genres, des grands, des petits, des larges, des longs, des à rayures, incolores, rangés dans un semblant d'organisation qu'elle avait du mal à saisir. Elle se sentait comme Alice, perdue dans un pays des merveilles bizarre avec pour compagnons des hurluberlus qui…

« Hé ! Si Kurokocchi montait sur le dos de Murasakibaracchi, peut-être qu'il pourrait…

- Je crois qu'on peut juste essayer de demander notre chemin, Kise-kun.

- Ahh Kuroko-chiiin tu veux pas ? » se plaignit le grand adolescent au plus petit en enfournant une poignée de chips dans sa bouche, sans faire attention aux multiples miettes qu'il faisait tomber sur le sol.

« Murasakibara, tes miettes. » fit remarquer un adolescent aux cheveux vert qui essuyait ses lunettes en regardant avec insistance un énorme rouleau de tissu à motifs de carottes.

« Bon, y'a rien à faire, j'me casse ! A plus Satsuki ! » lança un gars bronzé avant de partir nonchalamment, laissant la jeune fille éberluée, entendant à peine le : « Ils sont où les gâteauuuux ? » du géant.

Elle soupira, désespérant de trouver ce pourquoi ils étaient venus. Elle aimait chacun d'eux, bien sûr, mais…

Ils étaient perdus. Fatigués et fatigants.

Jamais plus elle ne les emmènerait à Ikea.

Fin

Yukihana17


Le dédale du défi

Les parcs d'attractions… Depuis son plus jeune âge, Momoi se passionnait pour ces lieux. Elle n'était pas particulièrement amatrice de sensations fortes, mais aimait se retrouver dans une atmosphère festive en compagnie de ses camarades du collège.

Et quoi de mieux que de manger une délicieuse barbe à papa, accordée à la couleur de vos cheveux, tout en se baladant avec ses amis ? Eh bien, elle avait la réponse : tester les capacités de repérage dans l'espace de la joyeuse assemblée et, par la même occasion, leur prouver qu'elle était la meilleure à ce petit jeu-là. Ainsi fut décidée l'organisation d'une course d'orientation dans un labyrinthe de glaces, non loin du stand de barbes à papa.

Tous craignant que Kuroko ne se perde et que le gérant de l'attraction ne le remarque pas, il endossa le rôle de juge. Il attendrait à la sortie et chronométrerait chacun des adolescents. L'épreuve débuta à seize heures tapantes, dans un esprit combatif de haut rang. Ce labyrinthe avait la particularité de bénéficier de cinq entrées différentes et seuls Aomine et Kise durent emprunter la même porte. Momoi s'engagea dans la structure, bras devant elle, craignant de rentrer dans une vitre et de se faire mal. Vitres, miroirs et petits pièges comme des sols tremblants s'enchainaient, mais la manager progressait aisément. Avec sa faculté à récolter des informations, elle n'avait eu besoin que de trois minutes pour déterminer le chemin à emprunter. Ainsi, à chaque nouvel embranchement, elle se dirigeait à droite ou à gauche, d'un pas sûr.

« Tout de même... J'espère que ces idiots ne vont pas se perdre… » murmura-t-elle. Prise d'une soudaine hésitation, elle ne regarda pas devant elle, et emprunta un chemin hasardeux. Ce n'est que lorsque que son visage rencontra son homologue d'un peu trop près, lui arrachant un cri, qu'elle reprit conscience de la réalité.

« C'est pas vrai… Je suis perdue ? »

Laissant échapper un soupir, elle revint sur ses pas et tenta de retrouver la sortie.

Ce ne fut que deux heures plus tard qu'une chevelure rose franchit l'issue de l'attraction. Tous ses compagnons la regardèrent d'un air moqueur.

« Hé Satsuki, tu ne devais pas finir première ?

- Si, mais m'inquiéter pour vous m'a fait me perdre ! »

Eclat de rire général face à cette déclaration, Momoi se mit à bouder de son côté, mais une certaine sucrerie devant ses yeux la fit changer d'avis.

Tout allait bien finalement, non ?

Fin

OoKira-x


Traumatisme labyrinthique

Le nez plongé dans un vieux livre de jeux, confortablement étendue de tout son long sur un lit aux couvertures épaisses, Satsuki emmêlait distraitement sa longue chevelure autour d'un crayon surmonté d'une petite figurine d'ourson joyeux. Voilà deux heures qu'elle passait avec ce cahier, et elle avait décidé qu'elle, manager émérite, ne saurait buter sur ce labyrinthe colossal qui en parcourait deux pages entières.

Pourtant là, comme ça, elle ne l'aurait pas jugé particulièrement difficile. Mais quelque chose l'empêchait de mener, d'un trait aussi confiant que sa capacité d'analyse, la pointe de son stylo d'un bout à l'autre du parcours. Et ce quelque chose n'était rien d'autre que la petite figure sur le papier d'un garçon au teint hâlé, tout de bleu vêtu, qui cherchait à traverser le dit labyrinthe afin d'aller poser fièrement son ballon au fond du panier de basket se trouvant à l'autre bout de la page adjointe.

Agacée par la pensée d'être distraite par son ami d'enfance un jour où elle n'était pas censée s'occuper de lui, elle tira rageusement sur son stylo afin d'en mâchouiller le bout, et déformer le visage rieur de cet ourson innocent. Une pointe de douleur dans son crâne la dissuada de mener son geste à terme, et elle avorta temporairement l'idée de continuer à plancher sur son problème labyrinthique pour en résoudre un autre, capillaire, plus préoccupant.

Se levant, elle alla se planter devant son miroir, et s'avisa des dégâts. Elle eût à peine le temps de commencer à les réparer que retentit sa sonnette d'entrée, et elle soupira. Ses parents absents, elle consentit rapidement à aller ouvrir à l'étranger avant que le dispositif d'alerte ne décide de rendre l'âme sous l'assaut agressif de l'importun, qu'elle reconnut au rythme imposé au pauvre bouton avant même d'ouvrir la porte.

« Dai-chan. Qu'est-ce que tu veux ? »

Le susnommé ne répondit rien, le doigt encore en suspens, et éclata soudainement d'un rire grave et enfantin en désignant la jeune fille qui comprit aussitôt et gonfla les joues, vexée.

« C'est de la faute du labyrinthe ! »

Aomine cessa aussi vite de rire pour regarder ses pieds, embarrassé, et le lointain souvenir d'un jeune garçon au teint hâlé, tout de bleu vêtu, se heurtant en larmes aux parois d'une attraction aux multiples miroirs, se rappela à sa mémoire. Elle partit dans un rire clair, ignorant le regard foudroyant d'un jeune homme traumatisé par un dédale du passé.

Fin

Cinnamyl


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