On aura tout vu !

Chapitre 2 :

Tatouage

-Tu es sûre que tu ne veux pas quelque chose comme ça ? demanda Stiles en montrant le dessin d'un lézard géant à mon frère.

Scott lui fit les gros yeux. Je pouffai avant de désigner un dessin de licorne.

-Personnellement, je trouve que ça lui irai mieux…

Scott leva les yeux au ciel en soupirant.

-Oh, ça va, si on peut plus rigoler…

Nous étions chez le tatoueur, mon frère ayant décidé de se faire tatouer. J'étais contre, mais il m'avait dit qu'il voulait quelque chose de stable et que je ne pouvais pas comprendre. Effectivement, je n'avais toujours pas compris.

-Tu es sûre que c'est une bonne idée ? demanda Stiles. Parce que ce genre de choses est plutôt permanent, tu sais ?

-C'est le principe d'un tatouage, Stiles, marmonnai-je.

Mon frère me lança un petit sourire avant de regarder l'hyperactif.

-Je ne vais pas changer d'avis.

-Pourquoi deux bandes ? demandai-je avant que Stiles puisse répondre.

-J'aimes juste ça.

Scott et la justification…

-Mais tu ne penses pas que ton premier tatouage…, commença Stillinski.

-Comme si tu voyais réellement Scott baraqué et couvert de tatouage ? ricanai-je.

Ca me valut un regard courroucé du tatoueur, auquel je répondis par un haussement d'épaule penaud. Stiles ne tint pas compte de ma remarque et poursuivit :

- Donc je disais : mais tu ne penses pas que ton premier tatouage devrait avoir une signification spéciale pour toi ?

-Se faire tatouer veut dire quelque chose.

-Je ne pense pas que…, commença Stiles avant d'encore se faire couper, mais par le tatoueur cette fois.

-Il a raison, le tatouage remonte à des milliers d'années. Le mot tahitien ''Tatua'' veut dire ''laisser une marque''. Comme un rite de passage.

-Ouais, vous voyez, fit Scott, un brin triomphant. Il a compris.

-Il est couvert de tatouage, Scott, littéralement, contra Stiles tandis que je hochais la tête.

Je tiquai : venais-je vraiment d'approuver Stiles ? Trois ans à Sainte-Sophia, m'auraient-ils fait oublier que j'avais souvent envie de tuer Stiles ? Non ! Non…j'étais juste d'accord avec lui sur le fait que Scott faisait une grosse bêtise. Je jetai un coup d'œil à l'hyperactif qui semblait aussi surpris que moi que nous soyons d'accord.

Le tatoueur leva les yeux au ciel et se tourna vers Scott.

-Ok, tu es prêt ? Tu n'as aucun problème avec les aiguilles, n'est-ce pas ?

-Non, répondit Scott en grimaçant, ce qui m'arracha un sourire.

Le tatouer commença à esquisser le dessin et Stiles à faire les cents pas.

-Par contre j'ai tendance à être un peu sensible, donc… Oh, mec…

Je ne pus m'empêcher d'éclater de rire lorsque Stiles tomba dans les pommes. Il avait peur des aiguilles ? Ce mec était une vraie chochotte !


-Tu vas bien ? fis-je tandis que Stiles grimpai dans la jeep.

-Ca brûle un peu.

L'hyperactif prit son plus bel air sarcastique.

-Oui, ta peau vient d'être transpercée par une aiguille environ 100 000 fois.

Je levai les yeux au ciel en les écoutant d'une oreille distraite.

-Ouais, mais je ne pense pas qu'on est supposé se sentir comme ça.

Stiles enleva la poche de glace qu'il avait sur la tête et haussa les épaules.

-Oh mon Dieu ! s'exclama Scott, me faisant m'avancer entre les sièges pour voir ce qu'il se passait. Non, ce n'est définitivement pas censé faire aussi mal.

Il gémit.

-Non, je dois enlever ce truc !

Stiles mit sa tête sur le volant.

-Non, non, non, Scott. Oh, Scott, s'il-te-plaît arrête !

Mon frère l'ignora et défit le bandage. Je détournai le regard, préférant ne pas voir dans quel état était son bras. Je finis par regarder en entendant leurs exclamations éberluées. Scott s'empressa de remettre le bandage sur son bras.

Je haussai les sourcils.

-Tu l'enlève pas finalement ?

-Euh…non, bégailla-t-il. Je…ça va…j'ai plus mal…ça va…

Je crus entendre Stiles marmonner un : Tu t'enfonces. mais je n'en étais pas certaine.

Je levai les yeux au ciel en soupirant et me callai contre la banquette arrière. Je finis par m'endormir.

P.O.V. Scott :

Scott se retourna pour jeter un coup d'œil à sa sœur, ne l'entendant plus parler. Appuyée contre la vitre, Mêle dormait à point fermer. Stiles jeta également un regard par-dessus son épaule.

-On l'a échappé bel. Heureusement que t'as des réflexes de loup-garou !

Scott lui lança un regard affolé.

-Du calme, elle dort. N'empêche, je maintiens ce que j'ai dit hier : tu devrais lui dire. Parce que 1) c'est ta petite sœur et donc vous vivez ensemble, 2) elle vient de te voir te faire tatouer et comme t'as plus rien…

Le loup-garou jeta un dernier regard à Mêle qui avait l'air si paisible, si innocente avant de fixer son regard sur la route.

P.O.V. Mêle :

Je somnolais lorsque j'entendis un hurlement. Les garçons sortirent précipitamment, je les imitai. Une voiture bleue était arrêtée un peu plus loin et deux filles en sortirent, affolées. Scott se jeta sur une fille aux cheveux châtains, et Stiles sur une fille rousse qui me disait vaguement quelque chose. Ils leur demandèrent de concert si elles allaient bien et si elles étaient blessées. Je fis le tour de la voiture…pour découvrir un cerf passé au travers du pare-brise. Je les entendis parler, mais ne les écoutai pas. Je me dirigeai vers le corps du cerf.

-Mêle ?

Je mis ma main près de la gorge du cerf. J'eus un mouvement de recul et un hoquet de surprise m'échappa. Il était anormalement froid..

-Mêle !

Des bras fort m'enserrèrent et je me retrouvai plaquée contre le torse de mon frère.

-C'est bon, Scott. Lâche-moi !

Il s'exécuta en entendant mon ton agacé. Scott mit à son tour sa main sur l'animal.

-Il n'était pas fou, il était effrayé. En fait…. Il était terrifié.

Ils jetèrent tous les quatre un regard vers la route en face. Et je me sentis encore une fois complètement larguée. Je me raclai la gorge.

-Ah, euh… désolé, fit Scott en m'adressant un regard d'excuse. Les filles, voici Mêle , ma petite sœur. (Il se tourna vers moi et désigna la brune puis la rousse.) Mêle, voici Allison Argent et Lydia Martin, des amies.

Je voyais clairement à son regard qu'Allison n'était pas qu'une simple amie, mais je ne fis aucun commentaire.


-Debout, la marmotte.

Je gémis en enfouis la tête sous la couette.

-Laisse-moi dormir, ronchonnai-je.

-Lève-toi ou tu vas être en retard, répliqua ma mère en tirant la couette.

L'air frais me fit frissonner. Je jetai un regard faussement mauvais à ma mère.

-Méchante, fis-je avec mon meilleur air boudeur, ce qui la fit rire.

Elle me fit la bise et partit travailler. Je me levai, attrapai mon peignoir et, après un dernier regard vers mon lit vide, je sortis de ma chambre. Je jetai un coup d'œil dans celle de Scott en entendant de la musique. Je restai bouche bée devant le spectacle qui s'offrit à moi : mon frère faisait des tractions à une main tout en lisant un livre.

-Qui êtes-vous et qu'avez-vous fait de Scott McCall ? m'exclamai-je.

Il me jeta un regard amusé par-dessus son épaule et je partis prendre une douche.

Je sortis, me séchai et enfilai une robe en dentelle indigo. Je laissai mes boucles châtains pendre dans mon dos et appliquai un rouge à lèvre rose perle sur mes lèvres. Je mis mes ballerines compensées noires et une veste en cuir cintrée de la même couleur. J'attrapai mon sac de cours et allai rejoindre Scott qui m'attendait dans l'entrée.

-Prête pour ton premier jour ?

Je ricanai.

-Premier jour ? Scott, je suis déjà allée au collège de Beacon Hills, ainsi qu'au collège Sainte-Sophia…

-Oui, mais c'était des collèges, répondit Scott en insistant sur ''collège''. Tu n'es encore jamais allée au lycée.

-Oh, ça ne peut pas être pire…


Scott se gara devant le lycée et enleva son casque. Ce fut quand il tapota doucement mes mains que je me rendis compte que je m'étais accrochée (comprenez : crispée) à sa veste et que je ne l'avais toujours pas lâchée. Je les retirai en quatrième vitesse.

-Désolée…, fis-je en retirant mon casque.

Je descendis de la moto tandis que mon regard se posait sur une affiche : "Home of the Beacon Hills High School Cyclone" . Scott descendit à son tour et me pressa la main.

-Hé ! C'est normal, d'être stressée pour son entré au lycée.

-Je suis pas stressée, mentis-je.

Il me fit les gros yeux mais ne releva pas. Il couva sa bécane du regard, je pouffai. Il me jeta un regard faussement meurtrier, puis son expression se figea sur un point derrière moi. Je me retournai et vis deux énormes motos, flambants neuves. A cet instant, je ne pus retenir un franc éclat de rire.

-Je crois que tu vas devoir faire pas mal d'heures sup.' pour pouvoir t'en payer une comme ça…

-Content que ça te fasse déstresser…, marmonna-t-il.

Stiles se dirigea vers nous et je m'empressai de lancer :

-Bon, ben, moi j'y vais. On se voit à 16h !

Mon frère me retint par le bras.

-Attends ! Tu ne veux pas qu'on t'accompagne ?

-Non, c'est gentil, mais je vais déjà devoir me coltiner la réputation des McCall, alors si en plus on me voit avec un Stillinski je suis foutue.

Il me lança un regard exaspéré et me poussa légèrement.

-Hors de ma vue ! grogna-t-il.

Je m'exécutai en souriant et fis un signe de la main à Stiles qui venait de rejoindre mon frère. Ayant reçu mon horaire, mon numéro de casier et ma combinaison par mail la veille, je voulu faire un arrêt par mon casier, mais ne le trouvai pas. Je vis un garçon de mon âge qui avait l'air sympathique.

-Euh, excuse-moi ! (Il se tourna vers moi.) Salut, je cherche le casier 47, tu sais ou il est ?

-Ouais, viens je vais te le montrer, j'ai le 46. Au fait, moi, c'est Mason

-Mêle.

Nous arrivâmes devant nos casiers. Je l'ouvris et, lorsque je voulus mettre mon casque dedans Mason sembla enfin le remarquer.

-T'es pas un peu jeune pour faire de la moto ?

Je souris.

-C'est mon frère qui en fait, et comme je viens avec lui…

Je fus coupée par la sonnerie annonçant la reprise des cours en cette nouvelle année scolaire. Je fermai mon casier, jetai un coup d'œil à mon horaire et gémis.

-J'en connais une qui commence soit par math, soit par chimie.

-Chimie, grognai-je.

-Fais pas cette tête-là. J'ai chimie aussi.

-Je vais sûrement te paraître pitoyable, mais tu veux bien rester avec moi ? demandai-je, gênée.

Il claqua la porte de son casier et, dans un geste étrangement féminin, passa son bras sous le mien avant de m'entraîner à travers les couloirs.

-Mais oui, va ! Tu n'as pas l'air trop chiante !


Le cours se finit et nous nous dirigeâmes vers la classe de littérature. Nous nous arrêtâmes et échangeâmes un regard perplexe devant l'état de la classe : certain banc avait été renversés, des plumes noirs jonchaient le sol. Je pus même apercevoir quelques oiseaux. Je détournais le regard, dégoutée. En tant qu'Adepte, j'avais vu pire que ça, mais c'était quand même dégoutant. Soudain, je remarquai qu'il y avait également des agents de polices en classe. Stiles sortit du local accompagné des deux filles de l'autre jour –Allison et Lydia ?-. Je me tournai vers Mason.

-Tu me donnes un instant ?

-Euh, ouais, pas de problème.

J'attrapai par le bras un Stiles qui avait l'air assez pressé.

-Je vous l'empreinte deux minutes, dis-je aux deux filles.

Je traînai Stiles un peu plus loin et lui fis mon meilleur regard interrogateur.

-Qu'est-ce qui c'est passé la dedans ? Et où est encore passé Scott ? Je croyais qu'il avait pris de bonnes résolutions cette année…

-Pour ce qu'il s'est passé dans la classe, c'est compliqué. Et pour Scott, c'est votre mère qui l'a appelé.

Je le lâchai sans rien ajouter et allai retrouver Mason.

Mme Blake nous dit que vu l'état de la classe, nous avions une heure de libre. Nous décidâmes d'aller la passer dans les gradins près du terrain de lacrosse.

Alors que nous allions sortir, une fille étrange se posta devant moi.

-Où est Scott McCall ?

Je la considérai sans répondre.

-Tu es sa sœur, Mêle, c'est ça ?

-Euh, oui, mais…

-Où est Scott ? répéta-t-elle.

-J'en. Sais. Rien, articulai-je.

Elle me regarda bizarrement avant de tourner les talons.

-Tu la connais ? demanda Mason.

-Nan, pas du tout, répondis-je en secouant la tête.

Nous voulûmes continuer notre chemin, mais des jumeaux carrément canons nous barrèrent la route.

-Salut, commença le premier avec un sourire que je trouvais à la fois sexy et flippant, on peut savoir ce qu'elle te voulait ?

Je songeai à lui répondre que ça ne les regardai pas, mais vu l'aura de danger qui les entouraient, je décidai de leur dire la vérité.

-Elle voulait savoir où était mon frère…

-Ton frère ? demanda l'autre en haussant un sourcil.

-Mc…McCall, bafouai-je avant de reprendre contenance en sentant le vent tourbillonner autour de moi. Scott McCall.

Le sourire du premier se fit encore moins rassurant.

-Merci. On va vous laisser maintenant.

Ils partirent.

-Je suis la seule à les trouver flippants ?


Dès que la sonnerie de la dernière heure retentit, je fis un rapide saut par mon casier et sortis pour attendre Scott. Je me dirigeai vers l'endroit où il s'était garé ce matin, avant de remarquer que sa moto n'était plus là. Je me rappelais que Stiles m'avait dit que mon frère avait du partir. Mais, c'était en première heure, il aurait dû revenir depuis le temps, non ? Je grognai de frustration et me mis en route.

En rentrant, je découvris sans surprise que la maison était vide. Je montai dans ma chambre et attrapai mon portable.

-Décroche, décroche, décroche, priai-je en faisant les cent pas.

-Salut les gens ! Vous êtes bien sur le répondeur de la fabuleuse et génialissime Millicent Green. Laissez un message après le bip. Je vous rappellerai, enfin…sauf si vous êtes un Faucheur, si c'est le cas… Allez vous faire voir !

BIP

-Salut, Scout, j'en reviens pas que tu ais osé dire que tu t'appelais Millicent sur ton répondeur… Enfin bref, je ne t'appelais pas pour te parler de ton répondeur téléphonique. C'était pour te dire que j'allais parler à mon frère et à ma mère –à propos de tu sais quoi-, même si ça me fait encore plus flipper que la première fois où j'ai affronté un Faucheur –je sais pas si tu te souviens dans quel état j'étais-. Appel-moi quand tu as le temps histoire de me raconter ta rentrée, et je veux tout savoir si il y a du nouveau à l'Enclave 3 ou du coté Shepherd/Garcia. A plus, bisous.

Je raccrochai et considérai mon téléphone. Venais-je vraiment de dire bisous à Scout ? J'allais prendre chère la prochaine fois que j'allais parler à Scout… Je m'assis à mon bureau et m'attaquai à mes devoirs en attendant que tout le monde rentre.


La porte claqua.

-Mêle ? Scott ? Je suis rentrée.

Je descendis les escaliers si vite que ce fut un miracle que je ne tombe pas.

-Maman ? Je peux te parler ?

Elle se raidit et se tourna vers moi avec une drôle d'expression. Je me demandais ce qu'elle pouvait bien imaginer. La réponse arriva assez vite :

-Tu n'es pas enceinte, rassure-moi ?

Je faillis m'étrangler.

-Quoi ?! Non !

-Ca va, alors. Je t'écoute, ma puce, qu'est-ce qu'il y a ?

-Attends-moi dans le salon, je vais chercher Scott.

Je montai les escaliers à la même vitesse que je les avais descendu. Je frappai doucement à la porte.

-Scott ?

-C'est ouvert.

J'ouvris la porte sans entrer.

-Je peux te parler ? répétai-je.

Il me regarda étrangement et j'ajoutai :

-Non, je ne suis pas enceinte !

Il haussa un sourcil, puis secoua la tête.

-Ouais, ouais, vas-y.

-Viens, on va en bas : je dois parler à maman aussi.

-Euh, ok…, répondit-il, déboussolé.

Nous descendîmes et je sentis une boule se former dans ma gorge.

Scott s'assit à coté de notre mère tandis que j'arpentai la pièce de long en large, nerveuse comme jamais. Par où commencer ? Je ne me rappelais plus le « discours d'introduction » qu'on m'avait servi quand mes pouvoirs s'étaient révélés.

-Mêle, tu commences à me faire peur, fit ma mère.

Soudain, je me rappelai un exemple que Scout avait donné lorsque nous étions allés voir une cible des Faucheurs. J'inspirai profondément et me jetai à l'eau.

-Projetez-vous en Europe, au Moyen Age. Il y a des chevaux, des bœufs, toutes sortes de bêtes de somme. Les temps sont durs, c'est la misère. Soudain, une jeune fille entre dans un pré ou un champ quelconque, s'attendant à voir un cheval. Mais en fait, c'est une licorne.

-Une licorne ? fit Scott, septique.

-Oui, une licorne, affirmai-je tout en me creusant la cervelle pour trouver comment poursuivre. Réfléchissez à ce que je viens de dire. Et si, de temps en temps, ça n'est pas un bête canasson qu'on voit dans le pré, mais bel et bien une licorne ?

Je marquai une pause, espérant sincèrement qu'ils aient au moins une petite idée de là où je voulais en venir.

-Tu essaies de nous dire que tu es une licorne ? demanda mon frère, encore plus septique.

Je me retins –de justesse- de me taper la tête dans le mur. A la place, je lui fis les gros yeux.

-Mais non, idiot. Certaines personnes, continuai-je, sont comme cette licorne dans le pré. Elles sont uniques. Rarissimes. (Je fermai les yeux quelques secondes, avant de les regarder alternativement dans les yeux.) Elles ont un don. (J'inspirai profondément :) Elles manient la magie. Des pouvoirs magiques de nature et de forme très diverses.

Étrangement, ils n'avaient pas l'air vraiment surpris. Je n'étais quand même pas si prévisible, si ?

-Ces personnes sont appelées soit des Adeptes-qui sont une minorité-, soit de Faucheurs –qui sont une majorité-, continuai-je. Je suis une Adepte.

Je me tus, leur laissant le temps de digérer l'information.

-Tu manies la magie ? demanda finalement ma mère.

-Je manie les cinq éléments.

-De tout ce qu'il y a eu dans cette ville, c'est le moins effrayant.

-Comment ça « tout ce qu'il y a eu dans cette ville » ?

-Mêle, il faut que je t'avoue quelque chose…, commença Scott, incertain.

Le silence régna longuement. Étant un peu moins nerveuse que quelques minutes plutôt, je m'assis en face d'eux. Mon frère avait l'air si gêné et si anxieux que je m'attendais presque à ce qu'il m'avoue être un Faucheur lorsqu'il prit une grande inspiration.

-Je suis un loup-garou.

Les yeux de Scott virèrent au doré j'eus un hoquet de surprise. Je n'étais pas effrayée : Jason Shepherd était un de mes meilleurs amis et un de mes équipiers de l'Enclave Trois, alors les loups-garous, je connaissais bien.

-Ah…, fut tout ce que je trouvai de mieux.

Silence.

-Maintenant que je vous ai dit que j'étais une Adepte, vous faîtes partie de ce qu'on appelle la Communauté. La Communauté est le terme pour désigner les gens ''normaux'' connaissant l'existence des Adeptes et des Faucheurs. En général ce sont les parents de l'un d'entre nous, des anciennes cibles des Faucheurs et leurs familles, ou encore d'anciens Adeptes.

-D'anciens Adeptes ? demanda maman. Vous pouvez perdre vos pouvoirs ?

-Nous ne pouvons pas perdre nos pouvoirs. Nous les perdrons, c'est certain. Comme je le disais, il existe deux sortes d'êtres maniant la magie : les Adeptes et les Faucheurs. Pour tous les élus, les pouvoirs se manifestent au début de la puberté –je savais déjà maîtriser l'air et l'eau à 11 ans-. Pendant toute l'adolescence ils sont pour nous comme un sixième sens. Mais toute chose à un prix. A partir de 25 ans environ, nos pouvoirs commencent à nous prendre de l'énergie. Beaucoup d'énergie. Chez les Adeptes, nous trouvons que c'est trop cher payer pour continuer à manier la magie. C'est pourquoi tous ceux qui décident de faire partie des Adeptes jurent de rendre leurs pouvoirs à l'univers à leurs 25 ans. Une sorte de rééquilibrage.

-Vos pouvoirs sont éphémères, commenta Scott.

Je hochais la tête avant de continuer d'une voix amère.

-Les Faucheurs, eux, ont trouvé un moyen de contourner le problème : ils utilisent l'énergie vitale d'adolescent paria. Ces jeunes constamment déprimés et fatigués que plus rien ne peut atteindre ont été ou sont pour la plupart des cibles de Faucheurs.

Je marquai une pause, ne voyant pas comment continuer. Ils avaient l'air surpris, ce qui était compréhensible, mais pas spécialement effrayés, ce que je ne savais pas trop comment interprété.

I'm just a step away,
I'm just a breath away;
Losin my faith today,
Falling off the edge today!

I am just a man,
Not superhuman;
I'm not superhuman!
Someone save me from the hate*

Je jetai un coup d'œil à mon téléphone tout en me demandant qui pouvait bien m'appeler à une heure aussi tardive. La réponse surgit dans mon esprit une fraction de seconde avant de voir le nom sur l'écran : Scout.

-Excusez-moi, mais il faut que je décroche, fis-je en sortant du salon et en prenant l'appel.

*Extrait de Hero de Skillet


Coucou les gens, j'espère que ce chapitre vous a plut. N'hésitez pas à me donner votre avis. Petite précision : pour le passage où Mêle apprend à Scott et Mélissa qu'elle est une Adepte, je dois reconnaître que je n'étais pas très inspirée, alors oui, j'avoue, le passage sur le licorne venait du Tome 1 de Dark Elite...

A la prochaine