Bonsoir,
J'espère que vous aimerez ce deuxième OS. J'avoue avoir peur en postant les OS d'Ophiolites qu'ils paraissent un peu trop guimauves. Donc voilà le deuxième OS, où l'on retrouve un autre personnage connu mais qui passe, hélas, assez souvent pour une méchante sans cervelle.
Disclamer: L'univers de Harry Potter appartient à JKR, sauf les quelques moldus qui se sont égarés ici.
Thème: #1 Regarde-moi.
Pixels de Noël.
« Daphné, tu vas sans doute penser que j'ai respiré des champignons hallucinogènes, mais on dirait que c'est Blaise sur l'immeuble. »
Daphné s'arrêta et scruta avidement des yeux le haut des gratte-ciels enneigés.
« Où ça ? Il va se suicider ? Dans le Londres moldu, en plus ? Il n'a vraiment aucune classe. »
Pansy roula des yeux. Puis, elle tendit sa main gantée qui tenait un sac rose et indiqua, d'un mouvement ample qui faillit heurter un passant, la façade d'un immeuble.
« Là, regarde, montra Pansy tandis que le passant qui avait échappé à la commotion cérébrale la dévisageait d'un regard noir. Tu le vois ? »
« Hum, vous allez me faire croire que d'après votre gros machin noir, tout Londres peut me voir en ce moment même ?
- Si, je vous assure, regardez par vous-même. » assura la journaliste en lui montrant d'un geste vague un bâtiment à une vingtaine de mètres.
Sur la façade du bâtiment, les milliards de pixels affichaient l'image d'un Blaise Zabini septique qui fronça davantage les sourcils face à son reflet gigantesque. La journaliste replaça une mèche rousse derrière son oreille et elle plaça le micro devant elle.
« Ici, Abigail Stewart, en direct de Canarby Street. Je suis en compagnie d'un passant qui fait ses courses de Noël comme des millions d'entre nous à l'heure actuelle et…
- Attendez, vous venez de dire que toute la ville a les yeux rivés sur moi ? l'arrêta le sorcier.
- Euh… pas forcément, répondit Abigail, déconcertée. Bref, la question la plus controversée que nous posons depuis le début de l'après-midi est : faut-il encourager les enfants à croire au Père Noël ? »
Elle lui planta le micro sous le menton.
« Qui ça ?
- Le Père Noël, articula la journaliste en souriant.
- Ah, l'homme grassouillet en rouge qui s'amuse à viser les cheminées le soir de Noël ? J'ai une… amie qui pense qu'il devrait se raser plus souvent, les barbes, c'est has been. Elle trouve aussi que… »
Blaise s'interrompit lui-même dans son flot de paroles comme s'il avait eu une soudaine illumination.
« Attendez…Daphné ? Est-ce que tu me vois ? Daphné ? »
« Oh bien sûr qu'elle te voit, elle t'entend même très bien, ricana Pansy. T'as vu la rouquine à côté de lui ? Enfin fausse rouquine, ils ne savent pas colorer correctement leurs cheveux les moldus ? »
Son amie acquiesça.
« Et t'as entendu sa voix ? Si j'étais elle, je n'oserai même pas sortir de chez moi.
- C'est sûr. Et puis t'as vu comment elle se colle à lui ? Un vrai nifleur attiré par une montre. »
Elles reportèrent leur attention sur l'écran.
« Regarde-moi, Daphné. Je sais que tu fais actuellement tes courses dans le secteur avec Pansy. Regarde-moi, parce qu'en premier lieu, eh bien… je suis plutôt beau, non ? Oui, bon, tu vas me dire que tu es plus jolie encore. Enfin j'ai dit « jolie », mais en fait, tu es magnifique. »
Il eut un rire nerveux et le caméraman en profita pour le couper.
« Mec, c'est super méga génial ce que tu racontes là, mais nous, on aimerait avoir ton avis sur les Pères Noël, pas le portrait de ta chérie.
- Vous devriez avoir honte d'interrompre un aussi beau moment, jeune homme, répliqua un homme non loin d'eux. Ah, la jeunesse de nos jours, aucun sens du romantisme…
- Vous, le vieux, on ne vous a pas sonné, moi je suis payé pour filmer des avis constructifs, pas des odes à la beauté ! rétorqua le caméraman.
- Vous connaissez le sens du mot romantisme ? Vous savez l'écrire au moins ? Epelez-le pour voir…
- L'émission télé sur les jeux d'orthographe, c'est le vendredi à vingt-et-une heure.
- C'est faux, contra une passante au manteau turquoise qui s'était rapprochée, c'est le mercredi après-midi à seize heures.
- Allons, allons, tenta Abigail Stewart, calmez-vous… »
Malgré la dispute, le micro toujours sous le menton, Blaise poursuivit.
« Je ne suis pas le premier, ni le dernier d'ailleurs, à ne pas tarir d'éloges sur ta beauté, continua le sorcier comme si de rien n'était. Tu es superbe quand tu brûles tes cigarettes du bout des doigts, tu es splendide quand tu t'arranges les cheveux, tu es merveilleuse quand tu te déshabilles… »
« Il t'a déjà vue nue ?
- C'est pas ce que tu crois, Pansy.
- Oui, bien sûr, tu as trébuché, ta robe est tombée à tes pieds et comme par hasard, tu ne portais pas de sous-vêtements ce jour-là. Ou bien c'était en soirée ?
- En réalité, c'est lui qui a trébuché, corrigea la blonde.
- Et tu ne m'as même pas raconté ça, à moi, ta meilleure amie ? Tu m'as délibérément caché ça ? Après tout ce que nous avons vécu ensemble ? Je suis vexée, Daphné. »
« T'es belle à en crever, Daphné. Mais pour une fois, pour cette fois, c'est à ton tour. Regarde-moi. C'est vrai que j'ai l'air d'un con très canon qui s'humilie devant les moldus, mais regarde-moi. »
Il ne se rendait pas compte d'un cercle consistant s'était formé autour de lui.
« Cool, vous connaissez le programme télé par cœur, et ça vous sert à quoi dans la vie ? » rembarra le caméraman irrité.
La jeune femme au manteau turquoise ouvrit la bouche sans qu'aucun son n'en sortit. L'homme baraqué qui l'accompagnait tapota l'épaule du caméraman.
« Attends-là, c'est ma copine que t'agresses-là ? Tu me cherches ou quoi là ? tonna-t-il.
- Regarde-moi, parce que j'ai quelque chose de très important à te dire… »
Le caméraman souffla, clairement exaspéré.
« Tu crois que tu me fais peur, pauvre type ?
- Oh non, pas de violence, c'est Noël, l'amour en folie, pas de violence, s'interposa Abigail. La BBC ne diffuse pas de reportage violent à cette heure-ci.
- Allez, approche, je vais t'exploser la tronche là. Quoi, t'as peur de lâcher ta petite caméra-là ?
- …Je tiens beaucoup à toi. »
« Il quoi ? Lui ? Et il ne me l'avait même pas raconté à moi ! Bande de cachottiers ! » s'indigna Pansy en gesticulant.
Son sac rose finit par sévir et il alla frapper un petit garçon qui se mit aussitôt à pleurer.
« Et puis, une déclaration dans le Londres moldu ? Quel manque de classe de sa part, vraiment.
- Attends, l'autre moldue là, elle a bien dit qu'ils étaient à Canarby Street ?
- Oui, il me semble bien, pourquoi ? »
Face à l'absence de réponse, Pansy détacha ses yeux de l'écran.
« Daphné ? »
« Abigail, tiens moi ça un instant, ordonna le cadreur à la journaliste.
- Non, Arnold, ne fais ça, on a un reportage… couina cette dernière.
- Allez amène-toi là, je vais t'apprendre à insulter ma copine là ! »
Le vieil homme qui était intervenu plus tôt était resté dans l'attroupement.
« Vous ne risquez rien, mon garçon, l'encouragea celui-ci, le pauvre homme ne sait pas écrire « romantique ».
- Toi, le vieillard, tu ferais mieux de la boucler ou je te fais manger un dictionnaire.
- Ah, vous savez ce qu'est un dictionnaire ?
- Alors, tu te dégonfles là ?
- J'ai raté quelque chose ? formula Blaise hébété face au débat enflammé qui se jouait devant ses yeux.
- Oh non, trois fois rien, lui répondit une voix familière à côté de lui. Tu as juste fait la déclaration la plus foireuse de tous les temps. Enfin, c'était vraiment une déclaration, ça ? C'est gentil d'avoir évoqué au passage notre vie sexuelle. »
Il tourna la tête si vite qu'il crut qu'il allait se rompre le cou.
« Daphné ? Tu…tu m'as regardé ? hésita-t-il.
- Je te regarde, je t'ai regardé. Content ?
- T'es une garce, Daphné. Tu te rends compte que je me suis ridiculisé devant plein de moldus pour te dire cinq mots tous aussi grotesques ?
- Le ridicule te va plutôt bien, tu sais. »
Il commença à plisser le front mais une main gantée de noir s'y posa.
« Tu vas avoir des rides. Et puis, n'essaie pas de faire comme si tu savais réfléchir, toi…
- Quoi ? Mais… »
La suite de sa réplique se perdit.
Car, sans soucier des milliers de téléspectateurs anglais qui les observaient, ou encore de la bagarre qui avait éclaté à trois mètres d'eux, elle l'attrapa par le col et se mit à l'embrasser d'un baiser qui aurait pu faire fondre la neige autour d'eux.
« Arnold, n'abime pas la caméra ! Et vous, lâchez mon caméraman ! Lâchez-le ! Je vous ordonne de lâcher Arnold, vous m'entendez ? On a un reportage important et… Oh mon Dieu, on est en direct ? »
Et vous, vous avez déjà été à Carnaby Street ? :)
Hazelhat.
