Story: Deeply in Love
Autor: Swato
Rating: M
Pairing: AlbusXScorpius
AP&SM
Résumé: A l'apogée de leurs relations de couple, Albus et Scorpius atterisse sur une île... peu commune. Eh ! C'est qui ce lapin ! ?
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_CHAPITRE 1_
Le Mariage
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Au nom du père, du fils... et du sans esprit.
Extrait du film Quatre mariages et un enterrement.
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Interrogez la famille sur le mariage de Scorpius Malfoy et Albus Potter, voilà ce qu'il en ressortirait :
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Je suis toujours en train de me demander si il ne s'agirait pas d'une énorme farce !
Alastor Malfoy, arrière-grand-père paternel.
C'est une grande nouvelle, je ne vais pas dire qu'ils seront heureux puisqu'ils le sont déjà. Mais se marier, c'est une étape fondamentale dans un couple et je pense que si ils se sentent prêts à passer le cap, c'est que leur amour a atteint son apogée.
Harry Potter, père de Albus.
Marier, ils vont réellement se marier... Mais qu'est-ce que j'ai fait au bon dieu ? Merlin, sa mère se retournerait dans sa tombe si elle le savait.
Draco Malfoy, père de Scorpius.
Mon bébé ! Mon bébé marié à 27 ans ! Je suis tellement heureuse ! Quand je pense qu'il y a deux mois seulement James se mariait lui aussi. J'ai l'impression que ma vie est devenue un rêve. Je suis tellement fière d'eux. Si seulement ma Lily pouvait se marier elle aussi ! Mon bonheur serait complet ! Oh, Mrs Ortello ! Vous savez que mon fils va se marier ?
Ginny Weasley, mère de Albus.
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Un brise tiède agitait la tente qui m'avait été assignée pour les préparatifs. Je resserrais nerveusement les pans de mon costume traditionnel et passais une main dans mes cheveux tout en me regardant dans le grand miroir à pied en face de moi. J'avais l'air d'avoir avalé quelque chose d'absolument dégoutant et j'étais vert. Je soufflais pour me calmer mais ne réussissais qu'à produire un son proche d'un vieux ventilateur en surchauffe. Je déglutissais difficilement tout en déboutonnant le premier bouton de ce fichu col mao. J'avais choisi moi-même ma tenue – sous les conseils de ma mère - pour le mariage et il m'avait parut parfait accroché à son cintre, mais porté et sur mes épaules, je me faisait l'effet d'une caricature d'un hindoue. Je détournais le regard du miroir et m'asseyais sur une chaise qui trônait en plein milieu de la pièce. Est-ce qu'on avait toujours ce moment de doute à l'approche du mariage ?
C'était réellement horrible ! J'avais toujours été sûr de moi quand il s'agissait de ma relation avec Scorpius. Je l'aimais, et il m'aimait, point barre. Mais maintenant, la question était : est-ce que nous deux, ça durerait ? Le cap du mariage, ça me faisait flipper. Scorpius le savait, c'est pour cela qu'il avait mis autant de temps à me le proposer.
- Si j'avais été sûr que tu me répondrais oui, je te l'aurais demandé à la sortie de Poudlard, avait-il dit en ricanant.
Je savais que mon hésitation l'avait fait souffrir. Mais je lui avais expliqué que ce n'était pas mon amour pour lui que je remettais en question, le mariage me faisait juste peur. Mais quand il m'avait fait sa demande, après un dîner aussi romantique que niais, l'ambiance et la situation étaient tellement... Je n'avais pas pu – et su – dire non. Je l'aimais, je voulais me marier. A ce moment là, je n'avais plus peur.
Bon sang, à quoi est-ce que j'avais pensé ? M'insurgeais-je
J'étais vraiment un froussard ! Est-ce que j'avais peur de m'engager ? Bien sûr que non, j'appartenais à Scorpius depuis plus de 7 ans. Et il était mien. C'était une relation aussi exclusive que possessive. Je hochais la tête calmement en m'efforçant de respirer régulièrement. Résultat : je m'étouffais à moitié en crachotant.
Je suis désespérant. C'est peu de le dire. Pourquoi est-ce que j'avais envie de me marier déjà ? La raison ne me revenait plus. J'aimais Scorpius, ça c'était certain. Mais nous étions bien avec Gribouille, Crapule et Bambi, non ? Il ne nous avait pas fallu de mariage pour être heureux, alors pourquoi on se mariait ? Je sursautais en bondissant de ma chaise quand le pan de la tente se souleva. Mon père entra et eut un rictus – mélange d'amusement et d'exaspération – en voyant ma tête angoissée. Il ricana et referma derrière lui.
- Tu as l'air de quelqu'un qui s'étouffe, je me trompe ?
- J'arrive plus à respirer, avouais-je penaud.
- Aller, c'est pas tout les jours qu'on se marie !
Mon père s'approcha de moi et serra mon épaule d'une façon paternelle. Son sourire amusé était toujours plaqué sur ses lèvres et je voyais qu'il essayait de ne pas rire au tremblement perceptible de ses épaules. Je lui fichais un coup sur son bras et il éclata de rire, se tenant le ventre.
- C'est pas drôle, pa' ! Arrête de rire ! M'indignais-je.
- Ah la la ! J'ai l'impression de me voir à ton âge, dit-il en soupirant.
Il avait l'air nostalgique, un éclair de tristesse passa sur ses traits et je fronçais les sourcils en penchant la tête sur le côté. Cette tristesse ne pouvait signifier qu'une chose. Je soupirais à mon tour. Le couple de mes parents battaient de l'aile en ce moment.
- Est-ce que tu t'es encore disputé avec maman ? Demandais-je d'une petite voix.
Mon père redressa la tête et me fit un énorme sourire. Je secouais la tête tandis qu'il riait bêtement.
- C'est rien, ne t'inquiète pas ! Tu en as assez avec ton mariage.
- C'était à propos de quoi cette fois ci ? Demandais-je d'un ton blasé.
- Euh... v-votre cadeau, en fait, je l'avais oublié à la maison, marmotta t-il.
Je secouais la tête en souriant. Vraiment, mon père était si tête en l'air. Je le regardais se mettre à rougir en baissant la tête comme un gamin prit en faute et ça me fit rire. Il releva la tête, étonné et mit ses mains sur ses hanches, mécontent que je me foutes de lui.
- Dis donc ! On ne t'a pas appris le respect pour tes aînés ! ? Je te rappelle que je suis ton père !
- Et toi fais attention ! Rétorquais-je entre deux rires, parce que je changerais pas tes couches quand tu seras gâteux et sénile !
- Oh toi ! Gronda t-il
Il s'apprêtait à me sauter dessus quand la tente s'ouvrit à nouveau. Je ne pensais plus à me cacher derrière ma chaise mais souriais toujours. Mon frère entra et rit en voyant notre position. Mon père avait les mains tendues vers moi comme si il allait lancer l'assaut et j'étais à moitié planqué derrière ma chaise dans une pose défensive.
- Et bien, on s'amuse ici. Mon futur beau frère est sur le point de se pisser dessus, c'est consternant, annonça James en secouant la tête.
Je sursautais en le regardant. Alors... comme moi ? Il... Je souriais puis me rasseyais sur ma chaise, plus serein. Tout irait bien. C'était Scorpius après tout. James me tendit la main, je le regardais un moment, perplexe puis la prit. Il me tira – si fort que mon bras craqua – et me donna une accolade.
- Petit Albus a tellement grandi ! Se moqua t-il
- James, râlais-je.
- Bon, c'est pas tout mais c'est bientôt l'heure. Tu te sens comment ?
- Mort de trouille, répondis-je d'une voix fluette.
- Alors, ça va aller. Tout le monde est là dehors, me rassura mon père.
Il souleva un pan de la tente de façon à ce que je vois ce qui se passe sans qu'on ne m'aperçoive. Je sursautais en voyant tout ce monde. Quand je pense que nous avions convenus d'inviter seulement la famille proche ! Mais Scorpius et sa folie des grandeurs ! C'était insensé, j'allais mourir d'une crise cardiaque avant d'avoir atteint l'autel.
- Je ne connais pas la moitié des gens dehors, gémis-je. Tu crois qu'il est trop tard pour fuir ? Demandais-je à James en murmurant.
- Vas-y je te couvres, dit-il d'un air conspirateur.
- Personne ne va s'enfuir, interrompit mon père. Toi, tu vas aller gentiment à l'autel pour assurer ton rôle de témoin ! Et toi, tu vas assoir ton cul sur cette chaise en attendant que la musique se mette en route. Compris ?
- Oui, chef, marmonnais-je
J'aurais du m'en douter. Pourquoi l'avais-je invité déjà ? Ah oui, c'était mon père. James me fit un clin d'œil puis sortit de la tente tandis que mon père me prenait par les épaules pour m'assoir sur la chaise. Je me laissais faire. Je sentais le stress me nouer la gorge, est-ce que j'allais être capable de dire oui ? Il valait mieux, nos parents avaient dépensés une petite fortune pour ce mariage. Le père de Scorpius avait voulu un mariage en grande pompe, le mien quelque chose de familial et de simple. Finalement, ils avaient fait un mixte des deux et ils l'avaient organisés ensemble. N'écoutant nos exigences que d'une oreille.
Scorpius était trop conciliant avec moi. Il m'avait passé tout mes caprices, je me demandais encore comment il avait fait pour me supporter. Je souriais en voyant son visage dans ma tête. Il valait bien tout les mariages du monde. J'avais voulu un mariage en plein air, j'avais été exaucé en moins de temps qu'il n'en fallait pour dire Quidditch. Mon père regarda un moment par l'interstice de la tente puis il se tourna vers moi en hochant la tête d'un air satisfait. Je le regardais faire son manège avec perplexité puis il s'approcha de moi et chercha quelque chose dans sa poche.
- Je voulais attendre qu'on soit seul pour te donner le reste. Tiens : quelque chose de bleu.
- Oh papa ! On avait dit pas trop conventionnel ! Râlais-je.
- Ça concerne la tradition ! Tu ne voudrais pas te porter malheur ?
Son regard se fit sérieux, il stoppa son geste et fronça les sourcils tandis que je ne répondais pas. Je finis par hocher la tête de mauvaise grâce. Il hocha la tête à son tour et sortit l'objet bleu de la poche de sa veste. Il passa l'écharpe en soie bleu autour de mon cou avec un sourire. Il l'ajusta et en lissa les plis.
- Voilà, tu l'as. Maintenant, quelque chose de vieux. Je t'aurais bien donné la cape d'invisibilité mais pour un mariage, ce ne serait pas correct, dit-il en riant.
- Il est vrai, confirmais-je, un brin nerveux.
- Ça appartient à la famille Weasley depuis des générations. Ne le perds pas, ricana t-il
Il sortit un écrin et me prit la main. Il ouvrit le boitier en velours et en sortit un bracelet en or blanc. C'était un anneau avec des motifs simples. Il brillait tellement que j'eus du mal à croire qu'il était réellement vieux.
- Ton costume est neuf. Il manque quelque chose de prêté, dit-il en souriant.
Mon père leva le bras et enleva sa montre avant de me la tendre. Elle était fine et ouvragé avec soin. Il ne la quittait jamais... Je levais un regard incertain vers lui, il leva les yeux au ciel et me l'attacha lui même au poignet. J'avais l'impression d'être en chiffon.
- J'en reviens pas que ça soit à moi de faire le rôle de la mariée, geignis-je.
- Tu te trompes, Draco fait la même chose avec Scorpius, dit-il distraitement.
Je tiquais un peu à la mention du prénom de mon beau père mais ne dit rien. Qu'ils finissent par s'entendre, c'était presque un miracle. Peut-être que l'organisation de ce mariage les avait rapproché en fin de compte. La musique tant redouté retentit. Je devais attendre deux minutes avant d'y aller. Je poussais un soupire tremblant et souriais faiblement à mon père. La tente s'ouvrit à nouveau et je sursautais.
- Oh mon dieu, Albus ! Tu es magnifique, mon chéri ! S'extasia ma mère.
Je lui répondais d'un sourire timide. Elle me prit dans ses bras. J'avais encore du mal avec cette promiscuité mais j'étais content qu'on se soit rapproché de cette manière. Elle me souhaita bonne chance et sortit pour aller se poster à sa place, au premier rang. Plus qu'une minute. Je me postais à l'entrée de la tente avec mon père. Il me tendit son bras en souriant.
Franchement, ils avaient tout organisé mais quand même, c'était ridicule. J'étais loin d'être une fille ! Je soupirais mais prenais son bras tout de même. Il me fourra un bouquet dans les mains et je protestais clairement cette fois ci.
- Papa ! Grondais-je.
La tente s'ouvrit, je jetais le bouquet dans un coin avant de sortir au bras de mon père. Je trébuchais à moitié sur mes pieds et jurais entre mes dents. Mon père se retint d'éclater de rire. Son bras passa de prison à aide plus que bienvenue. Je m'agrippais à lui pour éviter de m'étaler en plein milieu de l'allée, ce serait nul. Je distinguais des bouquets de roses blanches par ci par là. Je soufflais en remarquant qu'ils avaient fait simple malgré tout. Ça sentait bon. Les roses embaumaient l'air d'une douce odeur et la légère brise rendait le parfum aérien.
Mon père claqua sa langue sur son palet en me retenant. Apparemment j'allais trop vite. Je réduisais la cadence en grommelant silencieusement. Nous arrivions enfin dans l'allée principale. Bon sang, est-ce qu'on avait réellement invité tout ce monde ? Je soufflais et levais la tête.
Soudain, la raison de tout ce pataquès m'apparut. Il était devant moi, il se tenait droit dans son costume gris. Sa chemise blanche faisait ressortir ses yeux céruléens d'une façon incroyable, le gris n'avait jamais été aussi bien porté que par lui. Un sourire éblouissant éclairait son visage tandis qu'il me regardait. Même la lumière semblait éprise de lui, amoureuse inavouée. Scorpius Malfoy était magnifique.
Et tu vas l'épouser, me souffla une petite voix dans ma tête.
Et il allait m'épouser. Une vague d'émotion me saisit et ma main se crispa plusieurs fois contre mon corps sans que j'en ai vraiment conscience. Il allait être à moi. Pour toujours. La musique était trop lente ! J'aurais déjà voulu me trouver près de lui. Je sentais mon cœur battre jusque dans mes tempes tandis que je prenais mon mal en patience. Mon monde avait disparut quand il s'était réduit à sa présence. Le monde n'était rien sans lui. Nous étions presque arrivé à lui. Mon père me devança et s'arrêta en face de moi avec un sourire, il tourna ensuite la tête vers Scorpius et lui tendit la main.
Scorpius lui fit un signe de tête et lui serra la main. Je les regardais faire en souriant, rien de plus émouvant que de voir mon père faire la passation des liens familiaux. Scorpius venait d'entrer dans la famille avant même que j'eusse dit oui. Papa garda sa main et leva la mienne avant de les unir. Il me tapa doucement sur l'épaule avec un sourire éblouissant puis quitta mon champs de vision.
Mon champs de vision s'était réduit à l'homme qui se tenait en face de moi. Ma main me brûlait, ce n'était pas désagréable, bien au contraire. Scorpius serra plus fort ma main dans la sienne et me fit signe de regarder celui qui allait nous unir. Je m'y refusais. Je voulais tout voir de lui.
J'avais l'impression que c'était la première fois que je le voyais. Il était si beau. J'avais le sentiment inexplicable qu'il m'avait manqué, alors qu'on ne s'était quitté que le temps d'une heure pour nous changer. Scorpius se plaça face à moi quand il vit que je ne le quittais pas des yeux et j'entendis plusieurs rire derrière moi indiquant que l'assemblée avait perçut mon comportement puéril. Il fit une petite grimace et je souriais. J'avais la sensation de ne pouvoir faire que cela : sourire.
Je n'écoutais pas la moitié de ce que disais le prêtre sorcier et sortais de ma torpeur uniquement quand il prononça la question tant attendue.
- Scorpius Hypérion Malfoy, voulez-vous prendre pour époux Albus Severus Potter, ici présent ? Jurez-vous de l'aimer et de le chérir tant que vous vivrez tout les deux ?
Le moment de stress que je pensais ressentir à ce moment là ne se manifesta pas. Le sourire de Scorpius était bien trop grand et bien trop sincère. Mon cœur s'était ralentit et battait de façon régulière, la sensation de sécurité quand Scorpius était dans les parages m'enveloppa comme un manteau chaud. De sa main libre, il prit mon autre main et hocha la tête, arborant le sourire en coin que j'aimais tellement.
- Oui, je le veux.
- Albus Severus Potter, voulez-vous prendre pour époux Scorpius Hypérion Malfoy, ici présent ? Jurez-vous de l'aimer et de le chérir tant que vous vivrez tout les deux ?
Je sentis mon père retenir son souffle derrière moi. Scorpius pencha la tête sur le coté avec amusement. Était-il en train de se demander si j'allais fuir en courant vers ma tente ? Si l'idée de fuir m'avait saisie au début, à l'heure actuelle elle avait disparue. Je fronçais les sourcils en faisant durer le suspens avec un sourire sadique. Scorpius lâcha ma main, prit un air indigné et me tapa sur le bras, déclenchant les rires de l'assemblée et le mien.
- Bien sûr que oui, dis-je en riant. Je le veux, dis-je plus sérieusement.
- Les anneaux, demanda le prêtre sorcier.
Scorpius se tourna vers Timothy, son témoin. Le petit blond lui répondit d'une mine horrifiée avant de fouiller dans ses poches sans rien trouver. Je cachais mon visage dans ma main en souriant. Timothy finit par faire un sourire espiègle puis il sortit les anneaux de sa poche avec l'air de dire : « tu croyais réellement que j'allais les perdre ? ». J'entendis mon père rire derrière moi tandis que ma mère grommelait.
- Les époux ont souhaités faire eux même leurs vœux de mariage, je leur laisse donc la parole, indiqua le prête.
Je me crispais un peu. La prise de parole, c'était pas trop mon truc. Mais Scorpius avait voulu faire les choses bien, et je voulais ce qu'il voulait. Nous étions impossible. Scorpius souffla pour se donner du courage et me regarda dans les yeux, ne se départissant jamais de son sourire étourdissant.
- Ça n'a jamais été facile entre nous. On a commencé par se détester, c'était plutôt mal partit.
Des rires retentirent. Mon beau père eut un rire hystérique. Je riais aussi, autant à cause de ses mots qu'à cause du désespoir de son père. Il avait beau dire, il m'aimait bien. Quand on se parlait, il était toujours poli et gentil. Il voulait juste sauver les apparences. Je reprenais mon sérieux en voyant le sourire de Scorpius s'étrécir pour ne former qu'une ligne tendre. Son visage était lumineux... Bon sang, j'allais épouser un ange.
- Et aujourd'hui, on est là, devant cet autel. Quand j'étais petit, je me demandais si le paradis existait. Je crois en l'existence de Dieu, mais le paradis, ça semblait beaucoup trop beau, dit-il avec une grimace comique.
Nouvelle salve de rire. Ce mec était incroyable, je n'allais pas pouvoir faire mieux. J'avais oublié mon texte en plus. Scorpius retourna nerveusement ma main dans la sienne, plus pour se calmer qu'autre chose. Je serrais ses doigts pour l'encourager.
- Il y a 10 ans j'ai cessé de me poser la question. Je me suis rendu compte que la paradis importait peu si je t'avais là à mes cotés. Tu me rends heureux, c'est tout ce qui importe.
Ses yeux brillaient. Bordel ce mec. Je clignais des yeux et détournais le regard un moment pour me reprendre. Finalement, ils avaient bien choisit, c'était vraiment moi la fille. En même temps, qui pourrait résister à ce mec ? Scorpius effaça la larme qui avait roulé sur ma joue avec un sourire, puis il passa le fin anneau en or blanc que nous avions choisit tout les deux à mon annulaire gauche. Heureusement que la larme n'était visible que pour le prêtre, vu que j'étais tourné vers lui. Je soupirais et reprenais sa main en plantant à mon tour mes yeux dans les siens.
- Ça va être difficile de faire mieux, dis-je avec un sourire en coin.
Rires. Et angoisse pour moi. J'expirais calmement en contemplant les traits de Scorpius, les mots vinrent tout seul et coulèrent de ma bouche comme une évidence.
- J'avais écrit des tas de choses. J'ai raturé pas mal de feuille et de mots parce que je trouvais que ça ne rendait pas justice à ce que tu es et à ce que tu représentes pour moi. Et au final, ce que j'ai écrit, j'ai finit par l'oublier, dis-je en souriant.
Je vis mon père secouer la tête dans mon dos, exaspéré et mon beau père renifler d'un dédain feint. Je souriais, Scorpius n'avait pas l'air offensé, il attendait la suite. Je clignais des yeux pour mettre mes idées en place.
- J'ai du mal à imaginer comment je pourrais t'aimer plus qu'aujourd'hui. Et pourtant, à chaque fois je me dis ça et je me retrouve à t'aimer plus que la veille.
Je pris l'anneau entre mes doigts et le passais à son doigt en souriant.
- Si le bonheur avait un visage, il aurait le tien, lui murmurais-je.
Je ne voulais pas que les autres entendent ce que je venais de lui dire. Ça lui était destiné, à lui seul. Le sourire de Scorpius trembla tandis que je lui souriais. On avait pas vu pire version gnangnan. Mais c'était mignon. Je n'attendis pas que le prêtre nous demandes de nous embrasser et posais mes lèvres sur les siennes. J'entendis le gémissement de mon père alors que je brisais la règle. Je m'en fichais, réalisais-je en souriant. Le prêtre leva les mains au ciel et bredouilla.
- Et bien... vous pouvez vous embrasser, conclut-il, pataud.
Scorpius secoua la tête en riant, les invités riaient aussi de mon empressement. Je haussais les épaules, un petit sourire aux lèvres et refermais mes bras sur Scorpius quand il me prit doucement dans ses bras. Je sentis sa bouche près de mon oreille et frissonnais quand il parla.
- Pour quelqu'un qui a oublié son discours, c'était vachement joli ce que tu viens de dire. J'ai presque honte, déclara t-il.
- Tu auras toute la vie pour te faire pardonner, murmurais-je d'un ton suffisant.
Il éclata de rire. La suite de la cérémonie se passa comme dans un épais brouillard pour moi. Scorpius était mien, l'idée tournoyait sans cesse dans ma tête comme une douce et envoutante mélodie. A l'entrée de la salle, je passais de bras en bras pour les félicitations. Seul les Malfoy se contentèrent de me serrer la main. Est-ce qu'ils étaient tous blond dans cette famille ? Je regardais les Malfoy défiler devant moi, tenant la main de Scorpius au creux de la mienne. Parfois, mon regard émerveillé se posait sur lui, je n'en revenais pratiquement pas. Je me disais sans arrêt qu'il m'avait accordé 10 ans – c'était énorme – de son temps et qu'il comptait m'offrir les 10 d'après et encore les 10 d'après... c'était inimaginable. J'étais un putain de chanceux. Je le lui murmurais à l'oreille. Il me lança un regard surpris.
- Pourquoi ?
- Je n'en reviens toujours pas que tu veuilles passer le reste de ta vie avec moi. J'ai l'impression d'être dans un rêve, marmottais-je.
Scorpius me regarda un moment avant de pousser un soupir à fendre l'âme et de se jeter dans mes bras. Je le réceptionnais avec amusement et étonnement. Il poussa un petit gémissement plaintif, ça me fit sourire et... frissonner.
- Arrête de parler comme ça. Ça va pas, t'es beaucoup trop mignon ! Geignit-il dans mon cou.
- Et ? Demandais-je, perplexe. Je pensais que le mariage c'était fait pour les mièvreries en tout genre, complétais-je.
- J'ai envie de toi, murmura t-il dans mon oreille.
Je sursautais et m'éloignais de lui comme si je m'étais brulé. Il en profita pour s'assoir sur la table qui se trouvait derrière lui. Je plissais les yeux devant sa moue boudeuse. Il n'y avait plus personne dans la queue des félicitations, je me rapprochais donc de lui. Il tendit la main avec une moue enfantine et je la prenais doucement dans la mienne, me plaçant à nouveau à coté de lui. J'avais chaud d'un coup. Aahhh ! Pourquoi est-ce qu'il avait parlé de ça ! J'avais envie de lui maintenant ! Je me tortillais inconfortablement, essayant de penser à des trucs pas du tout excitant. Mais son murmure me revenait toujours en tête et il était toujours à coté de moi avec cette moue boudeuse. Je secouais la tête en soupirant.
- T'es impossible, la nuit de noce n'est que dans..., je vérifiais à la montre qu'on m'avait prêté, 8 heures.
- Oh, bon d'accord, dit-il innocemment.
Il sauta en bas de la table et me lâcha la main en souriant, puis il se dirigea vers son père pour lui parler.
- Démon ! Lui criais-je avant qu'il ne soit trop loin.
La musique couvrit en partie mon cri mais les personnes autour de moi l'entendirent et certaines pouffèrent. Scorpius me lança un regard malicieux et complice avant de retourner à sa discussion avec son père. Je ne pus empêcher un sourire de s'afficher sur mes lèvres. Scorpius était redoutable, je l'avais appris au fil du temps. Il était même pire que moi quand il voulait réellement arriver à ses fins. Combien de fois est-ce qu'il m'avait chauffé en pleine réunion de famille, alors que j'étais coincé entre ma mère et ma sœur ? Et combien de fois lui avais-je rendu la pareille en le faisant languir ?
Un délicieux frisson remonta le long de mon échine et je m'efforçais de l'ignorer du mieux que je pouvais. Une tape sur mon épaule me fit me retourner, je souriais à ma sœur. Elle me fit un clin d'œil et s'assit sur la table comme Scorpius auparavant.
- Alors, il te fait déjà tourner bourrique ?
- C'est pas nouveau, dis-je en haussant les épaules.
- Alors, heureux ? Demanda Lily avec un sourire paisible aux lèvres.
Nos rapports s'étaient améliorés, nous étions devenus plus complice au fil des années. Je la regardais en biais et souriais.
- Moi oui. Mais toi, ça semble aller bien aussi, non ?
Son sourire s'agrandit, elle balança ses jambes sous la table et mon sourire s'élargit lui aussi en voyant son air joyeux. Je suivis son regard et tombais sur Teddy Lupin. Le brun la regardait en rougissant. J'écarquillais les yeux et entrouvrais la bouche, sous le coup de la surprise. C'était impossible. Je braquais mon regard sur ma sœur.
- Non ! Non ! Sérieusement ? Il s'est enfin déclaré ? Demandais-je en me plaçant devant elle.
- Oui, dit-elle en riant. Aujourd'hui en plus. C'est un bon jour aujourd'hui, t'as de la chance, ton mariage tombe un jour de bonheur ! S'exclama t-elle, à la limite de l'hystérie.
Je riais et la prenais dans mes bras. Je la fis tourner une fois dans les airs et la reposais, hilare. Nous rions comme des gosses mais sa joie était contagieuse, et puis... j'étais heureux. Par la suite, je rendais sa montre à mon père, je ne supportais pas les trucs lourds à mes poignets, mais je gardais le bracelet, ma mère venait de m'en faire cadeau. Je regardais Scorpius de loin, assis à une table avec mon père. Son costume gris le mettait vraiment en valeur. Il n'avais pas tellement changé en 10 ans. Il avait prit un peu plus de carrure tout en restant mince et élancé. Son visage s'était durci tout en restant harmonieux... A ma grande honte, je n'avais pas grandit et avait gardé une taille moyenne, si bien qu'il me dépassait de deux centimètres environ. Il dut sentir mon regard sur lui car il tourna la tête dans ma direction, m'adressa un sourire avant de se tourner vers ses grands parents. Lucius Malfoy lui tapota le bras et Scorpius se tourna vers moi.
Il venait sûrement de prendre congés auprès d'eux. Je le vis faire signe au responsable de la musique qui n'était autre que Alyssa. La brune hocha la tête et leva le pouce avant de lancer un Sonorus sur sa gorge. Sa voix résonna dans le champ comme un grondement de tonnerre.
- Mesdames Messieurs, veuillez vous assoir ! Les mariés vont ouvrir le bal ! Annonça t-elle en souriant.
Sa rancœur à mon égard avait disparut quand elle avait flashé sur Timothy. Ils avaient deux beaux enfants maintenant. Un petit garçon aussi blond que les blés de 5 ans et une petite brunette de 2 mois. J'étais un peu jaloux je dois avouer, avant je considérais les enfants comme des chieurs avec de la morve au nez mais aujourd'hui... En voyant mes amis fonder leurs familles et avoir des enfants autour de moi, je me sentais encore une fois à part et incroyablement jaloux. C'était injuste, juste parce que nous avions le même sexe, nous ne pouvions pas avoir d'enfant. Pourtant, je l'aimais comme Alyssa aimait Timothy si ce n'est plus... Alors pourquoi n'y avais-je pas droit moi aussi ? C'est pour cela que je faisais des recherches, je venais d'être embauché à Poudlard pour l'année prochaine, mais cela ne m'empêcherait pas de trouver.
Scorpius me sortit de mes pensées en venant me chercher. J'étais encore assis, il me tendit la main. Je souriais en la prenant volontiers. Il avait tenu à choisir la musique pour notre entrée et je l'avais laissé faire, je ne connaissais pas de bonne musique pour un slow. Je n'étais même pas sûr de savoir danser. Ça remontait à trop longtemps. Il m'amena jusqu'au milieu de la piste de danse et je grimaçais, ne sachant pas quoi faire de mes mains. Un sourire tordu s'afficha sur ses lèvres, il prit mes bras et les passa autour de son cou. Bon, j'aurais le rôle de la fille toute la soirée. Il se pencha vers moi et planta un baiser sur mes lèvres en mettant ses mains dans mon dos, des sifflements retentirent et je me sentis rougir un peu.
Je vis Alyssa lancer la musique d'un coup de baguette et une mélodie douce retentit. Il n'aurait pas pu choisir meilleur chanson. Il avait pioché dans les cd moldues que ma mère avait acheté quand elle était enceinte de moi. C'était une chanson de Phil Collins. Il haussa les sourcils et les rabaissa et tout dans son attitude disait : impressionné ? Je ricanais avant de pencher la tête sur le coté.
Nous bougions sans nous en rendre compte. La musique était facile à suivre, nous tournions lentement. Quelques couples rebelles nous rejoignirent, nous allions plus lentement qu'eux. Je trouvais ça bien, les autres tournaient trop vite, je trouvais ça trop expéditif. Scorpius planta un autre baiser dans mes cheveux, je soupirais.
- Tu sais que cette chanson parle des SDF ?
- Je le sais. Je l'ai choisit parce que je savais que tu l'aimais bien et que ça parle du paradis.
- Vraiment ? riais-je, tout est relié donc ?
- Tu me connais, rien n'est laissé au hasard ! Dit-il d'un ton satisfait.
Je riais et enfouis ma tête dans son cou. Il avait choisit Another day in Paradise. C'était un beau cadeau. Je voyais la plupart des Malfoy se regarder, perplexe quant à l'origine de la chanson, je souriais. Il semblerait que je ne ferais que ça de la soirée. Je vis le grand père de Scorpius se prendre la tête entre ses mains, je crus l'entendre dire : moldu et déshonneur. Je riais.
- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Scorpius, étonné.
- Ton grand père est sur le point de s'arracher les cheveux, déclarais-je d'une voix amusée.
- Bah, il se lassera, marmonna t-il
Je redressais la tête en entendant un éclat de voix. Je me tournais complétement en entendant un verre se briser sur le sol. Je vis ma mère, le regard furieux planté dans celui de mon père. Je n'arrivais pas à saisir son expression, je voyais qu'il était triste. Ma mère parla encore une fois avant de tourner les talons, mais j'étais trop loin pour l'entendre. La tête de mon père après cela cependant me brisa le cœur. Je lançais un regard d'excuse à Scorpius et me détachais de lui. La chanson était presque finie de toute façon. Mais je n'eus pas le temps d'atteindre mon père. Scorpius me retint contre lui et je le regardais, curieux. Mais il ne me regardait pas, ses yeux étaient fixés sur son propre père qui était non loin du mien. Draco Malfoy semblait en conflit avec lui même, il haussa les épaules et s'avança vers mon père. Je le regardais faire avec surprise quand il posa une main sur son épaule comme pour le... consoler.
Je me tournais vers Scorpius, ébahi. Son visage n'exprimait rien, sinon l'attente. Je me tournais à nouveau vers la scène étonnante de nos pères ne s'entretuant pas. Mon beau père fit un signe de tête vers la sortie du chapiteaux et mon père acquiesça d'un air perdu avant de lui emboiter le pas. Je ne les quittais des yeux que lorsqu'ils disparurent de mon champ de vision. Scorpius ne me lâcha pas, il avait posé ses mains à plats sur mon ventre, son torse était appuyé contre mon dos.
- Eh bien, soupirais-je, tout peut arriver.
- Je soupçonnais un truc du genre. Tu savais que mon père parlait dans son sommeil ? Demanda Scorpius sur le ton de la conversation.
- Quoi ? Tu savais qu'ils ne... j'en sais rien, qu'ils ne se détestaient plus ? Balbutiais-je.
- Bah... Mon père m'a dit qu'ils avaient enterrés la hache de guerre autour d'un verre et que comme ils organisaient le mariage ensemble, ils avaient décidés de faire une trêve... Ou un truc du genre, répéta t-il.
- Mon père ce traître, sifflais-je, il ne m'a rien dit.
- C'est des affaires de grandes personnes, chantonna t-il. Est-ce que ça va aller pour ta mère ? Tu veux aller la voir ?
- Oui, je vais y aller. A tout à l'heure, réchauffes ma place.
- Elle sera bouillante, affirma t-il en me lâchant.
Je grognais sous le sous-entendu de sa phrase et sous son ton aguichant. Il me cherchait celui là. Il passerait un sale quart d'heure. Juré, Scorpius ne pourrait pas se lever demain matin. Je le quittais pour sortir du chapiteaux, je marchais un peu au hasard, cherchant où ma mère avait bien pu aller. Au bout d'un moment, j'entendis des pleurs. Mon cœur se serra tandis que je suivais l'origine du bruit. J'écartais une branche et la silhouette de ma mère apparut. Je posais ma main sur son épaule, elle sursauta et se mit debout. Ses yeux débordaient de larmes et son maquillage avait coulé, quand elle me reconnut, elle baissa la tête. Ses pleurs redoublèrent tandis que je la prenais dans mes bras, le cœur serré. Ça devenait beaucoup trop fréquent. Les disputes comme celles ci n'étaient plus rares à la maison, je le savais grâce à Lily qui vivait toujours sous leurs toits. Je soupirais et caressais les cheveux roux de ma mère, attendant patiemment qu'elle se calme.
- Je-Je suis désolé, Albus ! Merlin ! Je suis en train de gâcher ton mariage !
- Non maman, c'est pas grave. Ne t'inquiète pas, la rassurais-je.
- Si ! Si c'est grave. Seulement... Seulement je ne le supporte plus ! Dit-elle d'une voix rauque.
L'entendre parler comme ça de mon père me faisait du mal, je ne voulais pas être dans un camp ou dans un autre, je voulais juste que tout redevienne comme avant. Quand maman préparait à manger et que papa l'embrassait sur la joue en rentrant du travail. Quand ils étaient heureux d'être ensemble.
- Pourquoi tu ne le supporte plus ? Demandais-je presque contre mon gré.
La ferme ! Je ne veux pas savoir ! Pensais-je en fermant les yeux.
- Je-Je ne l'aimes plus ! Oh Merlin. Je ne l'aimes plus, sanglota t-elle. Ce n'est même pas de sa faute, mais je lui en veux tellement !
- Pourquoi ? Demandais-je perplexe.
- Il laisse traîner cette histoire ! Il ne fait rien, dit-elle hystérique.
Je l'écoutais jurer à propos de mon père. Je venais d'apprendre que ma mère n'aimait plus mon père. Qu'est-ce que c'était censé me faire ? J'avais mal, je n'arrivais pas à concevoir papa sans maman. Qu'est-ce qui allait se passer maintenant ? Ma mère se redressa, elle essuya ses yeux une fois de plus et tenta de me faire un sourire, mais ne réussit qu'à pleurer à nouveau.
- Je suis heureux pour ton mariage. Mais je vais rentrer. Je suis désolé de ne pas pouvoir être là. Dis à ton père que je lui enverrai un avocat pour le divorce. Ça ne peut plus durer, conclut-elle d'une voix rendue rauque par les pleurs.
Je tendais la main vers elle pour la retenir, pour la dissuader, pour lui parler. Que sais-je encore ! Je ne voulais pas qu'elle quitte papa ! Elle disparut en transplanant. Je restais là un moment, anéantit. Je regardais l'endroit où elle avait disparu. En deux secondes, j'avais subit un ascenseur des sentiments violents.
J'avais été tellement heureux avec mon mariage, et j'étais si détruit à cause de ce que ma mère venait de m'annoncer. Je ne pouvais pas dire ça à mon père. C'était horrible ce qu'elle venait de me donner comme tâche. Qu'est-ce que j'allais lui dire ? Papa, maman te quitte. Papa, maman veut divorcer. Papa, maman ne t'aimes plus...
Je rentrais la tête dans le brouillard, je me perdais plusieurs fois avant de retrouver le bon chemin, il faisait tellement noir ! Je trébuchais plusieurs fois sur des cailloux et réussissait même à m'écorcher la main quand je me retins au tronc d'un arbre. L'écorce me blessa, j'avais une écharde dans la paume de ma main. Je secouais la tête, aussi perdu qu'insensible à la douleur.
- Albus !
Je plissais les yeux, il y avait de la lumière en face de moi et on criait mon nom. Apparemment, j'avais mis trop de temps pour revenir et Scorpius avait du s'inquiéter. Je grimaçais et me remettais debout. Dans quel état étais-je ? Je sortais ma baguette et prononçais un sort de nettoyage sur mes vêtements avant qu'on ne pense que je m'étais fait agressé par un ours.
- Albus !
- Je suis là, dis-je simplement.
- Bon dieu, Scorpius te cherche partout ! Grogna une voix.
La lumière de la baguette s'abaissa et je reconnus mon beau père malgré l'ombre de la nuit qui tombait sur nous. Je haussais les épaules en le suivant.
- Désolé, répondis-je, je me suis perdu.
- Les Potter et leurs foutues sens de l'orientation, grommela t-il.
Je souriais, mais le cœur n'y était plus. J'avais cru que je sourirais toute la nuit. Ce n'était plus le cas. Je rentrais la tête basse sous le chapiteaux, perdu dans mes pensées. Un concert d'exclamation retentit à mon entrée.
- Ah ! Bah il est là ! S'exclama une voix joyeuse
Scorpius me sauta pratiquement dessus. Son regard était inquiet. Il me força à relever la tête, j'essayais de cacher mon trouble. Je ne dus pas réussir car il fronça les sourcils.
- Quelque chose ne va pas, déclara t-il.
Il me connaissait trop bien ! Je ne fis plus semblant et baissais la tête à nouveau, il prit ma main et je grimaçais en reculant sous l'effet de la douleur. L'écharde était encore plantée dans ma paume. Scorpius le vit, il secoua la tête exaspéré.
- Comment tu t'es fait ça ?
- Je suis tombé, avouais-je piteusement
Il soupira et d'un sort, il m'enleva le bout de bois coincé dans ma chair. Je soupirais de soulagement. Mon regard tomba sur mon père, je détournais immédiatement les yeux, une boule coincée au fond de la gorge. Je ne pouvais pas. Je ne pouvais pas faire ça. Mais il valait mieux que ça soit moi qu'elle. Elle le détruirait à force de mots injurieux. Par je ne sais quelle maléfice, ma mère haïssait mon père à présent. Scorpius me fit sursauter en me tenant le menton pour que je le regarde une fois de plus. Ses yeux étaient si inquiet que je me maudissais de lui gâcher le plus beau jour de sa vie à lui aussi.
- Qu'est-ce qui se passe ? Tu as retrouvé ta mère ? Demanda t-il en fronçant les sourcils
- Oui. Je ne peux pas lui dire ça, Scorpius, dis-je en secouant la tête.
- Lui dire quoi ? Demanda t-il d'un ton pressant.
Mes yeux dérivèrent sur mon père, il était assis à coté de mon beau père, il avait une main crispé dans les cheveux et semblait au bord de la crise de nerf. Draco avait posé une main sur son dos en un geste de réconfort mais cela ne semblait pas fonctionner. Je serrais les dents si fort qu'elles grincèrent. J'hésitais à le lui dire. Pas parce que je ne lui faisais pas confiance, bien au contraire. Mais parce que j'allais lui gâcher son mariage. Le nôtre. Scorpius fit claquer sa langue sur son palet, agacé.
- Albus. Dis-moi ce qui se passe, bon sang !
- Ma... Ma mère m'a dit qu'elle n'aimait plus mon père, lâchais-je d'une voix neutre. Elle veut que je lui dise qu'elle enverra un avocat pour le divorce.
Je sentais la vie quitter mon visage. Le dire à haute voix rendait ça tout plus réel. Je secouais la tête et m'appuyais sur lui.
- Je peux pas lui dire, Scorp', murmurais-je.
- Calmes toi.
Il me serra dans ses bras et frotta mon dos gelé. Je n'avais pas eut conscience d'avoir si froid avant d'être dans ses bras. J'enroulais mes bras autour de lui et soupirais.
- Pourquoi tu ne lui as pas dit que tu ne voulais pas le faire ? Demanda t-il d'une voix douce.
- Parce que tu crois qu'elle m'a laissé le temps ? Elle s'est barrée comme si elle avait le diable aux fesses ! M'exclamais-je
- Attends un peu. Il faut que tu le lui dises, mais pas maintenant.
- Quoi ? Attends qu'il se remette un peu pour l'achever à nouveau ?
- Hm, il sembla hésiter, ouais, c'est vrai, t'as raison, soupira t-il en secouant la tête.
Je soupirais à mon tour et respirais l'odeur de Scorpius pour me donner du courage. Je me détachais de lui au bout d'un long moment et après un dernier regard, je me dirigeais vers mon père. Mon beau père ne fit pas mine de partir quand je m'assis à coté de papa. Il détourna la tête pour nous laisser un peu d'intimité mais ne décolla pas sa main du dos de mon père. Je haussais les épaules. Je posais à mon tour une main sur son épaule.
- Papa ? Dis-je doucement.
Mon père releva la tête et tenta un sourire. Il savait toujours comment feindre la joie lorsque ça allait mal. Je secouais la tête, aussi triste que désespéré.
- J'ai vu maman, dis-je
J'essayais d'adopter la voix la plus douce possible. Comme si cela pourrait apaiser son chagrin à ce que j'allais lui annoncer. Je ravalais la boule d'angoisse et de tristesse qui avait élu domicile dans ma gorge et prenais une inspiration tremblante.
- Elle-Elle m'a dit de te dire quelque chose. Ce, c'est pas une bonne nouvelle, balbutiais-je avec une grimace.
Mon beau père me lança un regard noir, lui aussi pensait qu'il aurait fallut attendre avant de le lui dire. Mon père hocha la tête, sa lèvre trembla. J'en voulais à ma mère de me forcer à lui dire ça, c'était horrible, je la détestais !
- Qu'est-ce qu'elle a dit ? Demanda t-il d'une voix calme
Je n'en revenais pas qu'il soit si calme, je me mordais les lèvres. Si j'avais pu ne serait-ce que prendre sa douleur, je l'aurais fait. Voir mon père dans cet état était tout simplement insupportable.
- Elle a dit qu'elle t'enverrai un avocat pour le divorce, dis-je faiblement en baissant les yeux.
Le choc sembla frapper mon père comme un cognard. Mon souffle s'était coupé dans ma poitrine, papa baissa les yeux, cacha son visage derrière ses cheveux en bataille.
- Hn, répondit-il.
Lui qui était tellement joyeux avant. Je la haïssais. Un élan de rage et de haine pour ma mère me saisit si brusquement que cela me fit tourner la tête. Je fermais les yeux un moment, le vertige me prenait. C'était trop de stress en une seule journée.
- Je la hais, si tu savais comme je la hais de me forcer à te dire ça.
- Albus, me gronda t-il. C'est ta mère, me rappela t-il
- Elle n'aurait pas du, dis-je en secouant la tête.
Mon beau père me jeta un coup d'œil surpris, je ne m'attardais pas et me levais pour rejoindre Scorpius. J'en avais marre que tout foire alors que c'était censé être le plus beau jour de ma vie. Je prenais Scorpius dans mes bras et dansais avec lui un slow, même si la musique était trop rythmé pour ça. Je ne suivais pas la musique, je suivais mon cœur. Scorpius me laissa faire en caressant mes cheveux. Je déposais parfois un baiser dans le creux de son cou, le remerciant d'être là.
- Promets moi qu'on renouvellera nos vœux de mariage. Sans menace de divorce, sans parents d'ailleurs. Juste toi et moi, dis-je en posant ma tête dans sur son épaule.
- Je croyais que tu n'aimais pas le mariage.
- J'ai changé d'avis. J'étais si heureux, ils ont tout foutu en l'air, dis-je d'une voix accusatrice.
- Ne t'inquiète plus. Mon père ne laissera sûrement pas le tien à la rue. Ils s'entendent bien j'ai l'impression.
- Ouais. J'ai cru que ton père allait me bouffer la main quand j'ai annoncé à mon père que ce n'était pas une bonne nouvelle.
Scorpius rit. Mais pas du même rire franc qu'au début. Ma situation le rendait triste lui aussi. J'étais triste pour mes parents, et en colère contre ma mère qui compliquait tout.
- Ça me rassure de savoir que quelqu'un veille sur lui quand même.
- Ne t'inquiète plus, répéta t-il en me berçant presque.
Ouais, le rôle de la foutue fille qu'on rassure. Mais qu'est-ce que ça faisait du bien. Je soupirais contre lui et laissais glisser mes mains le long de son dos pour les loger dans le creux de ses reins. J'aimais bien cette partie de son corps, c'était tout doux à cet endroit là, j'avais envie d'y passer la main pour caresser sa peau à chaque fois.
Je soupirais. Je n'arrivais pas à me calmer. Cette histoire me revenait toujours de plein fouet, j'étais inquiet pour mon père. Où est-ce qu'il allait dormir cette nuit ? Ou irait Lily ? Est-ce que je devrais m'inquiéter qu'il fasse une bêtise ? Est-ce que mon père allait finir bourré dans le canapé du salon comme un bof plein de bière ? Des tas de pensées se bousculaient dans mon esprit, et il était difficile de les ordonner pour les traiter une à une. Une main surgit de nulle part et se posa sur l'épaule de Scorpius. Je me décalais pour voir qui interrompais notre danse et tombais sur le visage de mon beau père. Scorpius le regarda en haussant les sourcils, surpris de interruption. Draco Malfoy tendit la main vers moi tout en regardant son fils, un sourire calme aux lèvres.
- Je peux ? Demanda t-il.
Scorpius hocha la tête incrédule et s'écarta de moi pour laisser la place à son père. On ne me demanda pas mon avis, mon beau père saisit ma main d'autorité et la plaça sur sa poitrine. Il dansait encore comme les vieux... Je haussais les épaules, j'avais plus important à penser que ça. Enfin... C'était quand même troublant de danser avec un autre homme que Scorpius, surtout avec mon beau père en fait. Je me mordais la lèvre de gêne quand je lui marchais sur le pied.
- Pardon, dis-je pataud.
- Ce n'est rien.
Un silence embarrassant s'installa entre nous. Je me mordillais les lèvres, anxieux et gêné. Qu'est-ce qui se passerait pour mon père ? Cette question ne cessait de tourner dans ma tête. Un soupire s'échappa des lèvres de mon beau père et je relevais la tête vers lui pour voir ce qui l'excédait. Son regard était fixé sur moi.
- Cesses de t'inquiéter ! Ne gâches pas le mariage de mon fils, gronda t-il.
- Désolé, dis-je en baissant les yeux.
Il soupira à nouveau et me releva la tête en agrippant mes cheveux sans douceur. Il planta son regard gris dans le mien. Je me demandais parfois de qui Scorpius tenait ses yeux, sûrement de sa mère. Draco Malfoy avait des yeux froids, les siens étaient tellement différent... plus chaleureux. Je sursautais quand il me donna une petite tape sur la joue. Ça ne me fit pas mal, ça m'étonna juste. Il avait un sourire amusé au coin des lèvres. Je grommelais, de mauvaise humeur tout à coup.
Qu'est-ce qu'il a le vieux chnoc ? C'est peut être mon beau père mais je vais pas me gêner pour lui faire bouffer son costume à deux cents gallions si il continu ! Pensais-je.
- Ne penses qu'à ton mariage, expliqua t-il finalement. Ton père va venir au manoir cette nuit, Lily choisira où elle veut aller. Elle est grande maintenant et je crois qu'elle projettes de s'installer chez ce fils de loup garou, dit-il avec une grimace. Pour ce qui est de ta mère... Eh bien, elle peut bien faire ce qu'elle veut, je m'en moques.
Une vague de soulagement me submergea. C'était comme si on venait de m'enlever un poids des épaules. Le Titanic ne coulait plus, il reprenait le large. Je soupirais, incroyablement reconnaissant envers lui. Je hochais la tête en souriant. Il grogna.
- Je ne fais pas ça pour toi ! Je fais ça pour Scorpius ! Ce fils indigne mérite quand même de tirer son coup ce soir, grommela t-il
- Hey ! Je le tapais sur la tête en m'écartant de lui.
- Ça va pas non ?
Le vieux se frotta la tête d'une main en grimaçant et me foudroya du regard. Si il pensait m'impressionner c'était rappé. Scorpius était dix fois pire que lui, et Merlin sait qu'il était pénible. On m'attira dans une étreinte. Je ne me détendais pas malgré les bras de Scorpius autour de moi. Les mains sur les hanches, le regard furieux, je toisais mon beau père, vexé en même temps qufextrêmement gêné.
- J'ai manqué quelque chose ? Demanda Scorpius avec un sourire.
- Et qui vous dit que ça sera pas le contraire ! Demandais-je avec un sourire diabolique.
- Tout bonnement impossible, dit-il d'un ton pédant.
- Ça serait pas la première fois, dis-je, badin.
Le sourire de Draco Malfoy se fana doucement sur ses lèvres tandis que le mien s'agrandissait. Il tourna lentement la tête vers moi et j'entendis chacune de ses vertèbres craquer avec un plaisir sadique. Scorpius nous regardait tour à tour, ayant l'air de suivre un match de tennis à la télévision. Le vieux perdit toute couleur avant de toiser son fils de haut en bas comme si il le voyait pour la première fois. Il ouvrit la bouche plusieurs fois, puis la referma finalement, me lança un regard noir avant de partir sans un mot. Je savourais ma victoire avec un sourire satisfait.
J'ai cloué le bec à mon beau père ! Yes ! J'ai cloué le bec à mon beau père ! Exultais-je.
- Je rêve où... où tu viens de raconter notre vie sexuelle à mon père ? Demanda Scorpius d'une voix incertaine.
- Euh... oui ? Dis-je en me recroquevillant sur moi-même.
- Oui je rêve ou oui tu lui en a parlé ? Demanda t-il en resserrant ses mains autour de moi.
- Oui tu as rêvé ? Proposais-je.
Scorpius secoua la tête et soupira bruyamment avant de me donner une tape sur les fesses. Je poussais un cri indigné en croisant les bras, une moue boudeuse aux lèvres. D'habitude c'était son expression favorite pour me faire craquer, mais j'avais bien le droit de la faire moi aussi, non ? Il éclata de rire, son sourire en coin – mon préféré – sur les lèvres et m'entraîna de nouveau de table en table. Finalement, mon sourire revint, l'inquiétude pour mon père était passé au second plan. Mon beau père allait s'occuper de lui, je savais qu'un Malfoy tenait toujours sa parole, je n'avais donc plus aucune inquiétude. De plus, j'avais l'impression que nos pères étaient devenus amis. Du moins, il ne se quittèrent pas de la soirée.
µ
µ
A suivre...
J'espère que ça vous plaît !
Je posterai tout les vendredi à partir de là, comme pour Madly en fait.
A vendredi prochain pour la suite !
