Disclamer: Skyfall ne m'appartient pas; l'univers de Bond vient de Ian Fleming.
Rating: T pour violence.
Pairing: Q x OC.
autres: nous passons donc au pov de mon oc, j'espère qu'elle vous plaira.
Merci beaucoup à Jamesbondgirl pour sa review. Elle m'a fait chaud au coeur^^ J'espère que ce chapitre sera à ta hauteur, et que tu aimeras tout comme le premier.
Chapitre bêta-lu par Keylisse ChainLock. Un grand merci à elle et à son travail si rapide qu'à la fin je vais finir par l'appeler mon lucky luke.
L POV
Une tasse de thé désormais froide repose entre mes mains. J'ai attendu trop longtemps qu'elle se refroidisse, n'aimant pas me brûler la langue. Profitant des dernières traces de l'agréable fragrance, je plonge mon nez dans le récipient de porcelaine précieuse avant de siroter distraitement une gorgée. Je sais que le liquide ambré pourrait être empoisonné mais ils ont besoin de moi. Ils ne prendraient donc pas le risque de me tuer sciemment, préférant d'abord utiliser mes compétences avant de me liquider.
L'agent du MI6 me faisant face ressemble de très loin à l'image que je me faisais d'eux. Un punk avec une crête multicolore avoisinant les 6 centimètres me fait face, ses lunettes rondes aux verres bleus perchées sur son nez osseux. Il me sourit gentiment alors qu'il prend des notes sur son ordinateur. L'écran est placé de telle sorte que je ne peux pas savoir ce qu'il écrit.
Cela va faire une heure 31 minutes et 47 secondes que je suis assise sur cette chaise en plastique, ma foi assez confortable. Ma main repose sur mon genou depuis 52 minutes 17 secondes, le bout de ma doc bleu électrique battant la mesure contre un pied de la table verte pomme toutes les 15 minutes. Je pense que je dois l'énerver avec mes petits tics, comme claquer ma langue contre mon palais quinze fois en 4 minutes; ou encore lever les yeux au ciel chaque fois qu'il prononce mon nom.
Enfin mon nom. Plutôt l'initiale que cette étrange vieille femme au regard d'acier m'a donnée sitôt qu'elle a comprit que jamais je ne leur révélerai mon identité de grès ou de force. Elle est intelligente, cette M.
A peine 39 minutes 19 secondes après mon arrivée en salle d'interrogatoire, je suis devenue L. De l'humour noir, puisque M m'a expliquée qu'étant donné que je suis une menteuse, une Liar, je méritais pareille initiale. Je lui ai souri.
« J'aime bien. Je prends. »
Elle a été surprise d'entendre le son de ma voix. Je suppose que le ton masculin l'a surprise. C'est vrai qu'une jeune femme avec un timbre d'homme peut être assez choquant si on n'y est pas habitué ou prévenu à l'avance. Mais je dois avouer qu'elle a su remarquablement bien cacher son étonnement. À peine sa paupière droite a-t-elle tiqué pendant 2,32 secondes.
Le punk, dont je ne sais toujours pas l'identité, interrompt le cours de mes pensées.
« Tu ne veux toujours pas me dire pourquoi tu as hacké le système de sécurité du MI6 ? »
Le pauvre. Depuis le début de mon interrogatoire, il est ici, inlassablement les mêmes mots en bouche, inlassablement mon silence pour seule réponse. J'ai pitié de lui et j'attends que cela fasse une heure et 40 minute pile que je me trouve ici avant de lui donner une réponse. Je me sens comme le Père Noël devant un enfant alors que je parle de nouveau.
« Parce que c'est fun. »
Ses doigts s'activent à toute vitesse sur le clavier alors qu'il reporte mes mots exacts. Je pense que c'est inutile vu que la pièce doit sûrement être bouffée de micros en tout genre et plus encore; le MI6 ayant un petit génie de l'électronique comme Quartermaster après tout.
« Parce que c'est fun. Tu peux m'expliquer ce que tu veux dire par là, s'il te plaît ? »
Je crois que le MI6 se fout tout de même de ma gueule. Ce n'est pas parce que j'ai l'air d'une enfant qu'il faut se montrer si gentil avec moi. À moins que ce ne soit une tentative destinée à m'amadouer. Et bien, le punk va perdre à ce petit jeu.
« Rien d'autre que ce que cela veut dire. »
Et je referme la porte, me barricadant dans mon silence.
Une heure 43 minutes 16 secondes.
« Qui es-tu ? »
Je lui souris pour la 76ème fois. Il est vraiment le roi du running gag. Mais moi je suis la reine.
« Je suis L, d'après M.
-Mais d'après toi-même, qui es-tu ? »
Et shit. Ça m'apprendra à dévier de mes réponses toutes faites, de vouloir faire preuve d'un peu d'imagination.
« Selon moi, je suis une menteuse aussi. Alors cela dépendra de vous et des personnes derrière le miroir de savoir si je dis la vérité ou pas. »
Je me tourne à ce moment vers la vitre à ma droite. Je fixe mon regard dans mon reflet. Ma maigreur me revient en pleine face.
Cela va faire 3 jours, 21 heures 58 minutes et 46 secondes que je n'ai rien mangé. Uniquement du café ultra sucré comme carburant. Si j'avais pu mettre la main sur un bon thé noir...Mais il ne fallait pas que je sorte de ce miteux appartement même pas meublé avant d'avoir fini mon travail. Le Groupe en avait besoin.
Je ferme les yeux. Dans ma tête défile un compte à rebours affichant une heure 51 minutes 35 secondes. Je ne peux pas effacer ce bruit agaçant de tic-tac égrenant les secondes. Depuis ma naissance, je suis dotée de ce pouvoir étrange: visualiser mentalement le compte à rebours de mon choix ainsi que savoir l'heure qu'il est n'importe où dans le monde.
Je me demande, alors que cela fait 1 heure 55 minutes 02 secondes, si le Groupe a activé la deuxième phase du plan. Ce serait bien, n'empêche. Que mon emprisonnement ne serve pas à rien non plus.
« L'interrogatoire est terminé. »
Deux heures 20 minutes et 26 secondes. La séance n'aura pas duré longtemps, contrairement à ce que je pensais.
Un homme plutôt âgé, dans la quarantaine, déverrouille la porte. Blond aux yeux verts, son visage est fermé. Dommage, il pourrait être charmant s'il le souhaitait.
« L, veuillez me suivre. »
Je me lève au son de cette voix douce, rassurante. Même si j'ai ma petite idée sur le lieu dans lequel il va me conduire. Je n'en suis pas sûre mais je crois que je vais avoir le droit à un tour complet des cellules d'emprisonnement et de torture du MI6. Chouette. Je ne rêvais que de ça...
Plus nous nous enfonçons dans les sous-sols, plus je revois dans ma tête les rayons de soleil de Mai illuminant Big Ben. Alors que l'homme blond m'attache solidement à une chaise, je ferme les yeux et me concentre. Il ne faut pas que je craque. Même si je n'ai que 17 ans, ils ne vont pas hésiter à utiliser la manière brute.
« Vous savez, si vous vous décrispiez un peu, vous seriez absolument irrésistible. »
Je ne peux pas m'empêcher de sourire, le provoquant un peu. Il me toise durement. Sans que je sache d'où le coup est parti, je sens son poing fracasser ma lèvre inférieure. Ce n'est pas pour autant que je perds la face, même si ma bouche a un goût de sang désormais.
Un nouveau compte à rebours a fait son apparition, à l'intérieur de ma caboche. Combien de temps serai-je capable de tenir avant de mourir?
