Réalisant qu'il ne lui restait qu'une malheureuse demi-heure pour se préparer un minimum -quoi ? bien sûr que non elle ne considérait pas cela comme un rencard, même si c'était avec Grissom ! Mais ce n'était pas une raison pour ne pas être jolie ! Toutes les occasions sont bonnes- elle se rua dans la salle de bains avant d'opter pour une touche de blush et un rouge à lèvres pale qui soulignait sa bouche, laquelle s'étira en un radieux sourire. Elle fit un malicieux clin d'œil à son reflet et décida que sa chemise et son pantalon conviendraient pour cette fois. Elle eut à peine le temps de vaporiser une senteur fraîche et fruitée sur son cou que la sonnette retentit.
-J'arrive ! s'exclama-t-elle de la salle de bain.
En effet deux minutes plus tard elle attrapait son sac et sa veste et ouvrait la porte sur un Grissom….étonné, première constatation. Souriant, deuxième et plus étonnante. Aïe, crispé, troisième et véridique.
-Quelque chose ne va pas ? fit-elle, mettant soudain en doute l'ardeur avec laquelle elle s'était préparée, peut-être inappropriée aux yeux de son boss.
-Hum…Non, non, tout va bien…, répondit-il sans conviction. Vous êtes…rayonnante ! ajouta-t-il avec plus d'enthousiasme.
Un léger « Merci » s'échappa de ses lèvres. Toute sa belle assurance venait de disparaître, balayée par trois malheureux mots…Mais quels mots !
Il s'écarta du seuil et l'invita à passer en tendant le bras :
-On y va ?
Elle s'avança sans répondre, tandis que son cœur enchanté luttait vaillamment contre sa raison, furieuse quant à elle de l'apparent trouble provoqué par la présence de son supérieur. Elle détestait les manèges. Pourtant encore une fois, elle avait décroché le pompon !
D'humeur feignante, elle décida de se diriger vers l'ascenseur. Après tout, il était là pour ça non ? Pour éviter qu'elle ne dégringole les marches parce que son boss lui avait dit qu'elle était rayonnante ! Oh mon Dieu, il avait vraiment dit ça !
(Glory BoxPortishead)
Elle appuya sur le bouton d'un air blasé tandis qu'il la suivait de près. Une musique d'ambiance était diffusée à longueur de temps dans la cabine. Plutôt agréable. Surtout pour calmer ses nerfs à fleur de peau. Dès que les portes de refermèrent, l'ambiance changea du tout au tout. Espace confiné, musique envoûtante, six étages à descendre. Et deux adultes dont l'un au moins ressentait une attirance évidente pour l'autre. La même idée leur traversa l'esprit à tous les deux. Fugitive, déplacée, mais si tentante.
« Allez, reprends-toi mon vieux ! »
Griss n'en revenait pas qu'une telle chose ait daignée s'introduire aussi sournoisement dans ses pensées. Des flashs s'étaient imposés d'eux-mêmes devant ses yeux dont les pupilles s'étaient soudainement dilatées. Il lui passait la main dans les cheveux qu'elle avait laissé évoluer librement sur ses épaules.
Il se retrouvait beaucoup plus proche et sentait son parfum enivrant.
Il approchait lentement son visage, effleurait ses joues du bout des lèvres, puis le coin de son sourire pour enfin s'en emparer avec douceur.
Il caressait ses lèvres douces en glissant ses mains dans les siennes.
Leurs doigts ne restaient pas longtemps entrelacés. Ses mains à elle venaient rapidement se joindre derrière sa nuque et accentuer la pression de leurs deux corps.
Il entrouvrait la bouche et sentait sa langue taquiner la sienne avec délice. Ses mains glissaient sous sa chemise avec une folle envie de l'arracher.
Il parcourait son corps brûlant, découvrait ses formes et sentait un faible sourire contre ses lèvres.
Puis elles descendaient lentement vers son pantalon.
Retentit un joyeux « ding ! » qui rompit brutalement le cours de ses pensées. De ses rêves…
Il essaya tant bien que mal de dissimuler le coup de chaud qui l'avait assaillit et glissa un regard vers Sara. Elle paraissait aussi gênée, il aurait même cru percevoir un léger essoufflement dans sa façon de respirer. Mais non, c'était stupide, comment aurait-elle pu penser à la même chose…A moins que…
Elle n'en revenait pas. Pendant une infime seconde elle avait eu envie de se jeter sur les portes de l'ascenseur et de lui conjurer de ne pas ouvrir les portes, de repartir vers les étages sans jamais s'arrêter. Mais était-ce vraiment contre les portes qu'elle avait eu envie de se jeter ? Elle sentit le regard inquisiteur de son supérieur sur elle, comme s'il voulait vérifier quelque chose. Elle se persuada que, malgré ses aptitudes hors du commun, il ne pouvait pas encore lire dans les pensées. La jeune femme remarqua néanmoins l'insistance certaine avec laquelle il observa ses lèvres avant de s'attarder quelques infimes secondes de plus sur ses courbes.
Se secouant mentalement, elle se força à sortir de sa transe pour franchir les portes de l'ascenseur. Ce qui était sûr, c'est que ce soir, elle prendrait les marches.
