Note de l'auteur :Je suis surprise de voir que ce chapitre ait autant plu ! A la base, je ne pensais pas développer autant cette histoire mais actuellement, il y a 44 chapitres d'écrit ! J'ai été très inspirée par le sujet et rassurez-vous, je compte la terminer rapidement.
J'avais voulu publier une semaine après le précédent chapitre mais mon boulot et l'absence d'une connexion internet potable, sans compter mon ordi qui a commencé à faire des siennes m'en ont empêché. Je vais quand même faire une sauvegarde de secours parce qu'avec la chance que j'ai, mon ordi va sans doute me planter au moment où je m'y attendrai le moins !
Arrêtons là la parlote et je vous souhaite une bonne lecture.
Crystal of Shadow
Une face très sombre de la nature humaine
Severus arriva à l'aube devant la maison des Dursley. Après avoir lu les dossiers des deux enfants, il avait fait appel à un détective privé pour une véritable enquête sur les Dursley. Il l'avait choisi Sorcier mais étant habitué à travailler avec les Moldus car il ne voulait aucune trace. Et maintenant, il voulait savoir ce qui se passait réellement chez eux.
Bardé de sorts pour ne pas être repéré, Severus fut surpris en voyant qu'il pouvait aisément entrer dans la maison, malgré qu'il soit porteur de la Marque des Ténèbres. Il savait que le directeur n'aurait pas pu être aussi imprudent. Il rangea ses interrogations dans un coin de sa tête et avec discrétion, entra dans la maison. Il entendit des bruits de pas au premier étage et supposant que la famille se préparait pour la journée, visita le salon. Il remarqua un nombre impressionnant de photos familiales avec trois personnes qui ressemblaient étrangement à un morse, une girafe et un cochon. Mais aucune photo d'Harry, rien. Il y regarda à deux fois pour être sûr de ne pas se tromper mais aucun doute. Harry ne semblait pas exister dans cette maison. Il allait se rendre à l'étage après que la famille soit descendue mais un bruit dans la cuisine le fit se retourner. Croyant que c'était Pétunia, qu'il se souvenait incapable de cuisiner, il se dirigea là-bas. Et là, il eut un choc.
Harry Potter était en train de cuisiner. Seul. Il préparait le petit déjeuner et d'après ses gestes, ce n'était pas la première fois. Ce ne fut que quand Pétunia arriva qu'il sortit de son état de stupeur et s'écarta de son chemin.
-Espèce de bon à rien ! gronda Pétunia. Tu n'as toujours pas terminé le petit déjeuner et Vernon va descendre !
-Je termine, tante Pétunia, fit Harry d'une voix faible.
-Et ne me réponds pas, insolent ! siffla Pétunia en le giflant
Elle allait sûrement en faire plus mais la voix de son mari la ramena dans la salle à manger. Harry finit de dorer le bacon avant de la déposer dans un plat qu'il apporta sur la table. Mais à la plus grande surprise de Severus qui l'avait suivi, il ne s'installa pas à table mais retourna dans la cuisine pour commencer à la nettoyer.
Mais il ne mange pas ? s'étonna Severus
-Garçon ! hurla Vernon
Harry lâcha ce qu'il était en train de faire pour se rendre dans la salle à manger.
-Oui, oncle Vernon ? fit Harry
Pour réponse, il reçut un gros coup de pied dans le ventre qui le fit se plier en deux. Mais il eut le mérite de ne pas lâcher une seule plainte.
-Ça, c'est parce que Pétunia m'a dit que tu lambinais pour faire le repas, cracha Vernon. Je veux que la vaisselle soit faite et la cuisine nettoyée avant que je parte. Et si tu tardes trop, tu iras à l'école à pied.
-Oui, oncle Vernon, répondit Harry en se carapatant.
Severus observa avec effarement la famille engloutir ce qu'il y avait sur la table pendant que le petit dernier s'échinait à rendre la cuisine étincelante. L'homme eut le sombre espoir qu'ils allaient débarrasser la table mais ils laissèrent la salle à manger tel un champ de bataille. Le petit Harry dut donc débarrasser et faire la vaisselle en un temps record. Mais malheureusement, au moment où il posa le torchon, ils entendirent la voiture partir. Harry soupir lourdement et alla chercher ses affaires scolaires dans le placard sous l'escalier avant de courir dehors.
Severus ne pouvait croire ce qu'il venait de voir. C'était ça, la vie du Survivant ? Mais à quoi pensait Dumbledore en le confiant à Pétunia ?
Il décida de continuer en se rendant à l'école. Bien évidemment, Dudley était bien à l'heure et avait vite retrouvé ses amis. Par contre, aucune trace d'Harry. En attendant, Severus étudia le comportement du jeune Dursley. Mis à part quelques garçons de son âge, personne ne voulait s'approcher de lui. Et il comprit rapidement pourquoi lorsque son groupe entraîna un enfant dans un coin à l'abri des regards des adultes pour lui voler sa nourriture et le rouer de coups. L'enfant avait beau revenir en pleurant devant les professeurs, il n'attirait pas l'attention, de même que le comportement de délinquant de Dursley.
La cloche sonna soudain et les élèves se mirent en rang pendant que les derniers parents partaient. Inquiet, Severus chercha du regard Potter mais il ne le vit nulle part. Les instituteurs firent entrer leurs élèves et ce fut à ce moment-là que Harry arriva au bout de la rue. Le directeur, qui accueillait les derniers retardataires, lui fit un sourire triste avant de le faire entrer dans l'école. Le petit garçon le remercia rapidement et courut pour rattraper juste à temps sa file, sans que qui que ce soit ne remarque son retard. Severus fit un rapide calcul dans sa tête et haleta. L'école se trouvait à l'opposé de Privet Drive, ce qui voulait dire que Potter avait traversé tout Little Whining en une demi-heure à peine. Lui-même avait mis le même temps en marchant tranquillement. Un enfant de son âge aurait dû mettre le double.
Il en aurait mis sa main à couper mais il semblait que la magie du jeune Potter soit bien plus active qu'il ne lui était normalement demandé à son âge. Et dans ce cas-là, elle le faisait que s'il y avait danger. Il ne souhaitait ça pour aucun enfant, même le fils de James Potter. Il attendrait la fin de l'enquête mais il était sûr d'une chose : il allait sortir Harry de là.
L'enquête mis quelques mois avant que Severus n'en reçoive les conclusions. Les Dursley étaient pires que ce qu'ils croyaient.
A la tête de la principale entreprise de la région, Vernon Dursley faisait régner sa loi. Comme toute l'économie locale reposait sur lui, il ne se gênait pas pour terroriser ses voisins. De même, il entretenait de bonnes relations avec l'administration locale et achetait purement et simplement les membres pour qu'ils ferment les yeux sur ses petits travers, les prostituées qu'il invitait régulièrement dans son petit appartement aménagé dans l'usine ou les délits dont se rendait déjà coupable son fils.
Pétunia, vraie mégère, dévoilait à tout va les secrets des gens, allant du soi-disant dîner préparé avec amour de la jeune mariée qui avait été en fait apporté par le traiteur jusqu'à l'adultère, que ce soit vrai ou non. Ainsi, elle s'était mise toute la ville à dos, même ses « amies » qui venaient la voir tous les quelques jours pour prendre le thé. Mais comme son mari tenait les rênes, les habitants faisaient profil bas.
Dudley, du haut de ses maintenant neuf ans, aurait déjà eu un casier comme délinquant juvénile si son père n'avait pas étouffé toutes les affaires le concernant. Si on avait pu regarder attentivement les archives de la police, on aurait pu voir de nombreuses plaintes pour harcèlement, racket, vol à l'étalage et coups et blessures. Mais à chaque fois, les policiers déclaraient un non-lieu, avec le concours de l'argent de Vernon et le fait qu'il accuse à chaque fois le petit Harry Potter.
Ce dernier avait la vie la plus misérable qu'on pouvait imaginer. Severus l'avait compris, il était face à de l'esclavage moderne, il n'y avait pas d'autres mots. Le petit garçon se levait toujours à l'aube, bien avant toute la maison, pour préparer le petit déjeuner puis, quand sa famille avait terminé, faire la vaisselle et nettoyer la cuisine, le tout non sans recevoir des coups pour des fautes imaginaires. Ensuite, il allait à l'école, toujours à pied et avec des tenues absolument pas adaptées pour la saison. Là-bas, il avait été isolé avec efficacité par la bande à Dursley, dont il était en fait la principale victime. Le soir, il avait pour ordre de nettoyer la maison et le jardin ainsi que de préparer le dîner. Pendant que sa famille mangeait à table, lui patientait dans la cuisine qu'il commençait à nettoyer avec méticulosité. Enfin, quand ils avaient terminé, il devait tout nettoyer derrière eux et pouvait enfin aller se coucher. Le petit n'avait droit qu'à un repas par jour, celui qu'il prenait à l'école, tandis que son cousin mangeait à toute heure, ce qui expliquait son obésité. En lisant le rapport, Severus avait vraiment craint que Dursley père se serait permis de toucher Potter plus que de raison mais aucune preuve n'en avait été rapportée. Il se contentait de le battre avec force, ne voulant pas réaliser qu'à chaque fois, il brisait les os du petit garçon que sa magie réparait du mieux qu'il pouvait.
La décision de Severus avait été prise depuis longtemps, l'enquête avait pour seul but de le conforter dessus. Pour cela, il avait pris connaissance des protections que Dumbledore avait posées sur la maison des Dursley. Et il avait été tout simplement furieux.
Outre de simples barrières de protection, le directeur avait mis toute la ville sous un dôme qui empêchait le Ministère de percevoir la magie de Potter. En apprenant ça, Severus avait beaucoup pesté. Combien de Nés Moldus le directeur avait-il condamné, surtout quand on savait que quand on était en présence de beaucoup de magie active, de nombreux potentiels Sorciers étaient révélés ? Par acquis de conscience, il avait vérifié et il s'était avéré que Potter était le seul Sorcier présent en ville. Heureusement, d'ailleurs. Il y avait également une barrière empêchant les porteurs de la Marque des Ténèbres d'entrer, une autre pour ceux qui avaient de mauvaises intentions contre Potter et une dernière pour empêcher tout Sorcier n'ayant pas le bon mot de passe d'arriver jusqu'à Potter, sûrement en prévision des fans du Survivant. Mais toutes avaient une condition sine qua non pour fonctionner.
Il fallait que l'enfant se sente chez lui et considère les habitants comme sa famille.
Or, en étant esclave, c'était très loin d'être le cas. En vérité, seul le secret de la résidence de Potter l'avait protégé. Rien d'autre.
Severus avait ainsi eu la preuve que Dumbledore ne se préoccupait pas du tout de son protégé, croyant à tort que les liens du sang allaient faire que Pétunia allait élever Potter comme son fils. Des fois, Severus pouvait étrangler ce foutu utopiste. Sa propre vie, dont Dumbledore avait pu voir les conséquences quand ils avaient dû étudier l'Occlumencie ensemble, était la preuve que les liens du sang ne pouvaient empêcher la violence dans une famille. Et il pensait bien que Lily Evans avait dû expressément demander dans son testament que son fils ne soit pas confié à sa sœur, celle-ci ayant commencé à la détester bien avant qu'elle ne quitte l'école.
Alors il avait décidé de vraiment protéger Potter. Il savait parfaitement que les administrations Moldues et Sorcières n'étaient pas du tout liées donc il avait décidé d'adopter le petit garçon. Mais connaissant ses tuteurs actuels, ces derniers n'allaient pas le lui laisser comme ça. Et il fallait aussi qu'ils paient pour tout ce qu'ils lui avaient fait.
Il s'était donc approché de son grand ami Lucius Malfoy. Ce dernier, croyant que Voldemort allait lui apporter le pouvoir financier et politique dont il rêvait, avait très vite déchanté et avait été tenu à la gorge jusqu'à sa chute. Chute qui lui avait été très bénéfique puisque maintenant, il était l'un des plus proches conseillers du Ministre de la Magie. Certes, il savait que son maître allait revenir mais il avait pris la décision de le combattre avec toute la fourberie dont il disposait.
Mais ce n'était pas pour cette raison que Severus l'approcha. Il voulait acculer Dursley et quoi de mieux que de s'en prendre à sa fierté, son entreprise ? C'était le domaine de spécialité de Lucius et ce dernier fut ravi de pouvoir l'aider, surtout que dans le monde Moldu, ce genre de transaction était beaucoup plus délicate à effectuer, encore plus quand la discrétion était de mise. Bref, un véritable défi dont était friand Lucius.
Ainsi, en moins de trois mois, Severus racheta la moitié des actions de la Grunnings, Inc., dont Dursley était le directeur, et Lucius un tiers. Les nouveaux propriétaires décidèrent de rencontrer le directeur de l'entreprise pour savoir s'il voulait le remplacer ou pas.
Ce fut en tremblant que Vernon Dursley entra dans la salle de réunion, sous les sourire narquois de ses employés.
-Dursley, fermez la porte et asseyez-vous, ordonna Lucius.
Les deux hommes avaient décidé que ce serait Lucius qui mènerait les négociations. La seule condition que Severus avait émise était que Dursley lui donne la tutelle définitive de son fils en gage de bonne volonté. Lucius avait été plus que surpris mais son ami lui avait promis de s'expliquer après. Le blond avait donc accepté.
-Dursley, je suis lord Malfoy et voici lord Prince, fit Lucius. Nous sommes les nouveaux propriétaires de votre entreprise.
Le blond ne put qu'être dégoûté de l'air servile et dégoulinant d'hypocrisie qui apparut sur le visage du morse en entendant leurs titres. Bien, les négociations allaient en être plus faciles.
-Nous nous sommes aperçu que cette entreprise pouvait devenir bien plus que ce qu'elle est aujourd'hui, d'où notre achat, fit Lucius. Cependant, en nous penchant sur les comptes, nous avons relevé des points curieux.
Dans son enquête, Severus avait vu de Dursley piochait allègrement dans les caisses de son entreprise pour son compte personnel. Du genre, tous les bénéfices, sans rien insuffler dans l'entreprise elle-même pour le renouvellement du matériel entre autres. Ce dont se plaignaient très souvent les employés, d'ailleurs. Les deux lords virent le morse transpirer abondamment.
-Je peux vous expliquer … balbutia Dursley.
-Mais nous vous écoutons, susurra Lucius en s'installant plus confortablement dans son fauteuil.
-C'est la faute du comptable ! s'exclama Vernon. Je n'avais pas de preuves, comme je ne suis pas comptable, mais je savais qu'il se passait des trucs avec le fric de l'entreprise !
Lucius agrandit son sourire. Comme prévu, l'explication était totalement bancale et ne tenait absolument pas la route. Dursley avait changé plusieurs fois de comptables et les mêmes erreurs de lignes apparaissaient. Ce n'était définitivement pas un problème de comptable mais bien du patron.
-Nous avions déjà prévu d'en changer, fit Lucius devant le soupir de soulagement de Dursley. Mais, poursuivit Lucius, nous avons déjà fait étudier les livres de comptes par un comptable indépendant et il est formel. Quelqu'un se sert dans les caisses de cette entreprise.
Vernon perdit aussitôt toutes ses couleurs.
-Et en étudiant depuis quand ce détournement de fond avait eu lieu, nous nous sommes rendu compte qu'il n'y avait qu'un seul point commun. Vous, Dursley, asséna Lucius.
Vernon était sur le point de défaillir. Tout son système venait d'être découvert et il allait être viré. Viré ! Qu'est-ce qu'il allait dire à Pétunia ?
-Cependant, fit Lucius, nous nous sommes aperçus que votre stratégie pour les ventes de l'entreprise avait toujours été gagnante. Nous nous posons donc la question de savoir si nous vous gardons ou pas.
-Je serais un très bon atout pour la Grunnings ! s'exclama Dursley. Je ferais tout ce que vous voulez !
Nous y voilà, songea Severus.
C'était l'opportunité dont avait besoin Lucius pour remplir l'une des conditions de Severus.
-Tout, vraiment ? demanda Lucius. Qu'avez-vous donc à nous proposer ? Cette entreprise nous appartient déjà !
-J'ai une villa à Majorque, si vous voulez ! s'éclaira Vernon
-Nous sommes lords, je vous rappelle, siffla Lucius.
Simplement insinuer qu'ils n'avaient pas d'argent était un blasphème pour le blond !
-Vous avez des enfants ? réfléchit Vernon. J'en ai un qui pourrait très bien convenir ! Il sait tout faire !
Lucius et Severus furent horrifiés. Vernon Dursley leur proposait ni plus ni moins qu'une vie humaine pour rester à la tête de son entreprise.
-Vraiment ? dit Severus d'une voix de velours
Dursley se tassa dans son siège. Bien que très douce, la voix de lord Prince promettait mille et une menaces …
-Un enfant que j'ai recueilli, balbutia Vernon. Il n'a plus de famille et ma femme ne voulait qu'un enfant. Vous pourrez en faire ce que vous voulez …
-Il est clair qu'il n'est pas le bienvenu chez vous, constata Severus. Alors pourquoi ne pas l'avoir confié à un orphelinat ?
-Ma femme ne voulait pas qu'on apprenne qu'on l'avait abandonné … se justifia Vernon.
-Nous allons y réfléchir, fit Severus. Nous vous recontacterons.
Vernon n'en attendit pas plus pour se carapater le plus vite possible vu son poids. Lucius n'attendit pas que la porte soit refermée pour lancer plusieurs sorts garantissant leur intimité.
-Ce porc ose vendre son propre enfant ! rugit Lucius
-Ce n'est pas son fils, rectifia fraîchement Severus. C'est celui que je veux. Et cette proposition tombe vraiment à pic.
-Severus ! s'insurgea Lucius. Il s'agit quand même d'un enfant !
-Dans cette famille, cet enfant, comme tu dis, n'est rien de plus qu'un esclave, rétorqua Severus.
Le blond se figea.
-Un esclave ?! fit Lucius. C'est un Sorcier, c'est ça ? C'est pour ça que tu veux le récupérer !
-Oui, fit Severus. Et ensuite, je vais faire tomber cette pourriture pour la fin de sa misérable vie.
-Je suis avec toi, décida Lucius. Les enfants doivent être protégés.
Les deux amis quittèrent les lieux et rentrèrent chez Lucius. Durant les deux jours suivants, ils rédigèrent un contrat qui, pour la suite de leur plan, n'engageraient ni leur responsabilité, ni leurs fortunes et encore moins la tutelle de l'enfant qu'ils comptaient bien récupérer. Pour cela, ils se procurèrent auprès du département de l'enfance Moldu et Sorcier les documents relatifs à un changement de tutelle et, par pure précaution, relatifs à une adoption plénière. Avec Gringotts, ils rédigèrent un contrat magique inattaquable sur tous les points qui rendrait définitive la tutelle de Severus Snape sur le jeune Sorcier, dont Lucius ne connaissait toujours pas le nom. D'ailleurs, Severus songeait très fortement à mettre sous Fidelitas le fait qu'il serait le nouveau tuteur d'Harry Potter. Il savait qu'on pouvait tomber sur l'information par hasard et la révéler au grand public. Et ça ne passerait franchement pas du tout si Voldemort l'apprenait.
Trois jours après leur entrevue, les deux lords convoquèrent de nouveau Dursley dans la salle de réunion.
-Voici votre nouveau contrat de travail, déclara Lucius en lui tendant un petit paquet de feuilles. Vous garderez votre poste uniquement si vous arrêtez vos magouilles et si vous nous confiez la garde de l'enfant dont vous parlez définitivement.
Ne prenant même pas la peine de lire, Vernon signa directement le contrat. Lucius puis Severus signèrent à leur tour.
-Nous passerons demain soir chez vous pour récupérer l'enfant, lâcha Severus. Qu'il soit prêt pour dix-neuf heures !
Et ils partirent. Après avoir remercié Lucius, Severus rentra au manoir Prince. Il se rendit au premier étage et choisit une suite tout près de la sienne. Il demanda à un Elfe de maison de l'aérer, de la nettoyer et de la préparer pour l'arrivée d'un enfant de neuf ans environ. Il partit ensuite dans son bureau pour réfléchir.
Harry allait se sentir totalement bouleversé. Il n'allait rien comprendre à ce qui lui était arrivé sans compter qu'il fallait sûrement le mettre au courant concernant le monde Sorcier. Mais d'abord, il fallait le mettre en confiance. Chose qu'il ferait avec attention.
Ensuite, il fallait le protéger. Personne ne devait savoir qu'il allait récupérer la tutelle d'Harry Potter, ni les Death Eaters, ni les membres de l'Ordre du Phénix, Dumbledore en tête. Et enfin, il allait apprendre la vie à ce jeune Potter. Pas la version édulcorée de Dumbledore et encore moins celle de Voldemort, bien trop malsaine. Non, il allait élever Harry Potter pour qu'une fois adulte, il puisse faire ses choix en son âme et conscience. Pas une arme au service de l'un ou l'autre camp.
Il prit sa plus belle plume et écrivit.
Lady Longbottom,
Je me permets de vous écrire car j'aimerai vous soumettre un problème délicat qui ne peut être couché sur le papier.
Pourriez-vous m'accorder quelques minutes au plus vite ?
Je vous remercie par avance.
Lord Prince
Il cacheta l'enveloppe et l'envoya avec son corbeau, n'ayant pas confiance en les chouettes qui pourraient se faire intercepter. Ensuite, il se cala dans son siège.
Peu de personne savait qu'il avait repris le titre de lord Prince lorsque son grand-père, Joachim Prince, avait été assassiné. Dans le plus grand secret, il avait pris possession de son héritage, comme son grand-père lui avait demandé. Sa mère et lui avaient beau ne plus se parler, mais Joachim avait réussi à contacter son petit-fils peu avant qu'il n'aille à Hogwarts. A eux deux, ils avaient fait planer le doute sur la succession Prince pour ne pas que des vautours ne tournent autour de l'héritier, notamment Voldemort. Severus avait tu à tous sa fortune, sauf à Lily, qui avait fait dans la foulée un serment Sorcier de ne révéler à quiconque son secret, comprenant son importance. Il l'avait révélé à Lucius qui en avait fait de même après qu'il eut besoin de son aide à propos de son héritage. Et il comptait mettre une autre personne dans le secret. Augusta Longbottom, matriarche de la famille, était l'une des figures emblématiques du monde Sorcier. Elle avait refusé de rejoindre les familles dites de la Lumière, sous la houlette d'Albus Dumbledore, et encore moins les Death Eaters, contrôlés par Voldemort. Elle gardait sa neutralité et gare à ceux qui voudraient lui faire changer d'avis ! Voldemort s'y était cassé les dents, même après qu'il ait torturé à la folie Franck, son fils et Dumbledore également, après qu'il ait convaincu Alice, sa belle-fille, d'élever Neville, son fils, comme le désirait Dumbledore et non selon les principes Sang Pur et le bon sens commun. D'ailleurs, quand elle s'en était aperçue, Augusta avait tout simplement retiré l'enfant à la garde de sa mère et avait décidé de l'élever. Dumbledore avait bien tenté de protester mais Augusta lui avait rabattu le caquet en lui jetant en pleine figure qu'elle voulait que son petit-fils sache réfléchir par lui-même, et non comme lui le voudrait. Et depuis lors, Dumbledore n'avait plus pu approcher le jeune Neville.
Elle pourrait parfaitement l'aider pour élever Harry Potter.
