Titre : Le fantasme des autres
Disclaimer : les personnages de GW ne m'appartiennent malheureusement pas
Couple : Duo/ ?
Genre : OCC – UA – réalisation de fantasme
Note : Cette histoire me surprend moi-même ! Je pensais faire un OS simple, puis j'ai décidé d'écrire une deuxième partie pour expliquer les motivations de l'inconnu (que personne n'a reconnu !!) et maintenant, je vais devoir faire une troisième partie pour les retrouvailles.
Pour celles qui ont aimé le côté mystérieux de la première partie, je vous déconseille de lire la deuxième car le mystère disparaît ! Je fais en sorte que les trois puissent se lire indépendamment les unes des autres…
Merci à toutes celles qui ont lu le premier volet et particulièrement à Artemis Trismegiste, nyanko-kuro, Nass, Lysanea, angelinadelacour, elodiedalton, Fredjs, JesseLelfe, eglantine, The disturbed Angel, briottet, Gayana et anonymous !!
Toujours dédié à Lysanéa, en espérant que tu ne sois pas déçue par la disparition du mystère !
En cette belle soirée d'avril, Duo Maxwell boit un café en contemplant le port sur lequel donne la terrasse de son appartement niçois.
Cette étendue bleue le ramène inexorablement dans le train qu'il a quitté il y a quelques heures et les flashs colorés, qui envahissent sa conscience, lui font monter le rouge aux joues.
Il a du mal à croire que c'est arrivé réellement. Tout ce voyage lui fait l'effet d'un rêve, un rêve extrêmement précis, mais qui reste une chimère comme cet inconnu avec qui il a fait l'amour sans échanger plus de dix phrases et qu'il ne reverra jamais. Il essaye de mettre en ordre les évènements qui l'ont conduit à cette merveilleuse folie.
Il vit depuis deux ans à New York où il a suivi celui qu'il prenait pour l'homme de sa vie. Il se croyait au paradis, un boulot d'architecte où il commençait à se faire connaître et un couple que tous ses amis, et lui-même, considérait comme parfaitement assorti.
Puis, la veille de son départ pour Nice, l'enfer s'est déchaîné. Zechs lui a annoncé qu'il le quittait pour un autre et pour bien enfoncer le clou, il lui a dit que finalement il n'était même pas sûr de l'avoir aimé un jour. En y réfléchissant, si il avait été moins confiant, il aurait vu les signes annonciateurs. Beaucoup moins de câlins et beaucoup plus de soirées en solitaire, ça aurait dû lui mettre la puce à l'oreille.
Ce voyage à Nice était prévu depuis longtemps et ils devaient y aller tous les deux pour fêter l'anniversaire de son frère Solo. Ils avaient décidé de profiter de l'occasion pour s'offrir une escapade en amoureux et avaient loué un appartement sur le port. Duo se réjouissait de ce voyage qui lui donnait l'occasion de revoir non seulement son frère, mais aussi son meilleur ami qu'il n'avait vu que deux fois depuis qu'il habitait New York, dont une lors d'un voyage éclair à Paris où ils s'étaient présentés leurs compagnons mutuels.
Il arrive à Paris dans un état second. Il n'arrive pas à croire que tout est fini avec Zechs ou plutôt, il n'arrive plus à comprendre comment il a pu tomber amoureux de cet homme. Il s'est torturé l'esprit une grande partie de la nuit à tel point qu'épuisé, il ne s'est pas réveillé à temps pour prendre son avion.
L'employé de la réception lui propose de prendre le train et l'idée le séduit. Duo a toujours été apaisé par le train et ce voyage assez long va lui permettre de faire plus sereinement le point sur sa vie et surtout de réfléchir à ce qu'il va en faire maintenant qu'il est seul.
Il n'a aucune envie de s'attarder dans cet hôtel où il a l'habitude de descendre avec Zechs lors de leurs voyages à Paris. Malgré les avertissements du réceptionniste, il réserve une place dans un train qui lui laisse juste une vingtaine de minutes pour gagner la gare de Lyon.
Il arrive de justesse à monter dans le train à peine trente secondes avant le départ. Heureusement que le wagon des premières est en queue, sinon il aurait dû traverser toutes les voitures. Il vérifie le numéro de sa place sur son billet acheté sur Internet puis s'affale sur son siège. Son cerveau enregistre vaguement que quelqu'un est assis sur le siège en face de lui mais il est surtout occupé à se repasser en boucle les phrases blessantes de Zechs. Il sort son lecteur MP3 pour essayer de se changer les idées, mais rien n'y fait, c'est la voix de ce traître qui envahit son esprit. La conversation qu'ils ont eue avant son départ tourne en boucle dans son esprit.
- Je pense que tu te rends compte que notre couple est en train de mourir. Je ne veux pas d'une longue agonie douloureuse alors je préfère être honnête et te quitter maintenant alors qu'on ne se déteste pas encore.
- Pourquoi tu dis ça, c'est faux. On est bien ensemble et je ne veux pas que tu me quittes. Dis-moi ce qui ne va pas et je changerai.
Duo sent vaguement le regard de son voisin se poser sur lui mais il ne bouge pas d'un poil car il ne veut surtout pas avoir à engager une conversation.
- Tu dis que tu es bien avec moi mais c'est faux. Tu t'es installé dans une routine qui te satisfait mais où, finalement, un autre que moi ferait aussi bien l'affaire !
- Non, je t'aime… Je t'ai suivi à New York, j'ai tout quitté pour toi.
- Je suis désolé Duo mais j'ai rencontré un homme avec qui j'ai une liaison depuis six mois et qui m'a appris ce qu'était une vraie relation. J'ai découvert avec lui ce qu'était la passion et crois moi, ça n'a rien à voir avec ce que nous vivons. Te quitter est sans doute le meilleur service que je puisse te rendre en te permettant de rencontrer quelqu'un que tu aimes vraiment.
- Mais pourquoi ? Qu'est-ce qui ne te plait plus chez moi ?
Duo est sorti de ses pensées par le pied de son voisin qui heurte violemment sa jambe. De surprise, il ouvre les yeux et les posent sur le malotru qui le fixe bizarrement. Encore un beau gosse qui croit qu'il suffit de papillonner de ses beaux yeux bleus pour que tout le monde lui tombe dans les bras… Il attend le « pardon » qui lui est dû puis referme les yeux pour retourner à ses pensées.
- Tu es quelqu'un de très agréable à vivre, intelligent, toujours joyeux, bavard mais le sexe avec toi est lui aussi « joyeux et bavard » et même si c'est agréable, ça manque d'imagination.
- Je ne comprends pas…
- En deux ans, tu ne m'as jamais surpris Tu ne te laisses jamais aller à tes pulsions. Tu n'as jamais provoqué en moi un afflux d'adrénaline tel que je devienne fou de désir. Tu n'as jamais provoqué l'étincelle indispensable pour que le feu devienne fournaise.
- Et l'autre le fait ?
- Ho oui !! Avec Treize, ce n'est jamais pareil. Tendre, bestial, dans des endroits incongrus… Enfin tu vois, il m'a fait découvrir, sur mon propre corps, des choses dont je ne soupçonnais même pas l'existence.
Et voilà, comment après deux ans de fidélité absolue, on se fait jeter en apprenant qu'on est un mollusque au lit et que, de surcroît, on est cocu depuis six mois.
Duo se rend compte que de tous les sentiments qui agitent son esprit à ce moment, c'est la colère qui domine. Colère d'un homme qui découvre que deux années de sa vie n'étaient qu'une mascarade qu'il a vécue avec un homme qu'il ne connaissait pas, qu'il ne comprenait pas.
Il ouvre les yeux et tombe sur le visage endormi de son voisin. Il a l'impression que ce n'est plus le même homme, le sommeil le rend… vulnérable. L'ombre de ses cils sur sa joue, ses traits détendus et sa bouche si tendre…
- Tu ne m'as jamais surpris
Si sensuelle…
- Tu ne te laisses jamais aller à tes pulsions.
Si irrésistible…
- Tu n'as jamais provoqué l'étincelle indispensable pour que le feu devienne fournaise.
Si désirable…
Il se lève, prend appui sur la tablette qui les sépare et où repose le laptop, approche doucement son visage de celui de l'endormi, effleure d'un doigt la joue si douce tendue vers lui, puis pose doucement ses lèvres sur celles de son voisin.
Il se recule pour regagner sa place mais l'inconnu tend son visage vers lui comme pour en demander plus et Duo en veut plus aussi. Cette légère caresse le frustre, c'est comme boire de la tequila sans le sel et le citron, c'est bon mais il manque quelque chose.
Il s'approche à nouveau pour initier un nouveau baiser, puis de sa langue, il goûte les lèvres fascinantes, le goût est agréable et la sensation piquante comme le sel avec la tequila, le genre de goût dont on pourrait très vite ne plus se passer. L'inconnu pousse un soupir et entrouvre légèrement la bouche, leurs langues se frôlent et Duo est traversé par un puissant frisson d'excitation. La sensation est si forte et si surprenante qu'il se laisse retomber sur son siège, le cœur battant à tout rompre.
Il garde les yeux fixés sur cet homme qui vient de court-circuiter son cerveau. Il le voit sursauter et ouvrir brusquement les yeux, totalement perdu. Il est absolument craquant et Duo ne peut s'empêcher de sourire et de faire en sorte d'augmenter son trouble.
- Vous ne ronflez pas, mais par contre vous bavez !
Il porte une main à sa bouche mais ne répond rien. Se pourrait-il qu'il ait été lui aussi troublé par cette caresse ? Il prend sa veste et se lève, sans doute pour gagner le wagon restaurant. En le regardant s'éloigner de dos dans l'allée, il se dit qu'il est parfait de pile comme de face !
Duo est rêveur, il a toujours pensé qu'il ne pourrait pas avoir de plaisir physiquement sans connaître et apprécier son partenaire. Ce qu'il vient de vivre, ce baiser qui n'était guère plus qu'un effleurement, va à l'encontre de toutes ses croyances. C'était … chaud … sensuel … exceptionnel.
Il sourit en se rappelant lorsque son meilleur ami lui avait raconté sa folle nuit avec un inconnu dans le train. Il avait été terriblement choqué et avait crié haut et fort que ça ne pourrait jamais lui arriver. Et bien, après un simple contact avec la langue de son inconnu, il ne mettrait plus sa main au feu sur ce coup là.
Se pourrait-il que Zechs ait eu raison et qu'il ne sache pas ce qu'est la vraie passion ? Il ne se rappelle pas avoir déjà ressenti une telle excitation. Est-ce le train, le contrecoup de sa rupture… Non, c'est cet homme, il dégage quelque chose qui rend fou. A tel point qu'il est prêt à oublier tous les principes de retenue et de convenances qui lui ont été inculqués depuis l'enfance par le prêtre qui l'a élevé. Zechs a raison, même s'il donne l'impression d'être spontané et ouvert, il réfrène toutes les envies qu'il ne juge pas convenables à cause de son éducation. Du coup, il a tendance à être passif et à attendre que l'autre décide pour lui.
Et si pour une fois, peut-être la seule de sa vie, c'était lui le maître du jeu. Après tout, ce voyage en train est un moment hors du temps où on est en mouvement tout en restant immobile. Et cet inconnu qui chavire ses sens disparaîtra à la fin du voyage. Cet épisode restera juste gravé dans sa mémoire comme un merveilleux fantasme.
Il se lève d'un pas décidé et gagne le wagon restaurant.
L'inconnu est assis seul au comptoir du milieu et contemple d'un air rêveur le paysage qui défile derrière la vitre. Duo se plait à penser qu'il est encore sous le coup du baiser qu'il doit prendre pour un rêve. Il commande un rôti de porc – purée puis se plante devant sa proie.
- Je peux ?
Le bleu intense des yeux qui se fixent sur lui le trouble profondément. Il a l'impression de s'enfoncer dans un lac glacé qui le paralyse. Sur un signe d'acquiescement, il prend place en face de l'homme qu'il a décidé de séduire, juste pour le temps d'un voyage. Il a l'étrange sensation de le connaître et ne peut s'empêcher de le contempler.
Il essaye de se présenter, NON, il ne faut pas, ils doivent rester de parfaits inconnus, sinon il ne pourra plus jouer son rôle. Il pose son index sur sa bouche pour lui intimer le silence. Le contact est doux et ils se troublent tous les deux.
Lorsque les plats arrivent, Duo perçoit avec amusement l'embarras de son vis-à-vis face à ses spaghettis. Son air perdu l'attendrit et sans réfléchir, il enroule les pâtes d'une main experte autour de la fourchette qu'il lui présente. Une fois la bouchée avalée, il ne peut résister à la goutte de sauce tomate restée sur cette bouche qu'il veut goûter à nouveau, il se penche et s'en saisit d'un coup de langue. Il voit l'inconnu écarquiller les yeux, il a reconnu son goût, il a compris que ce qu'il a vécu pendant son sommeil n'était pas un rêve.
Ils se regardent intensément et le désir est palpable entre eux, il envahit leurs êtres. Duo voit les yeux de l'inconnu s'assombrir et il se perd dans ses sensations, il n'a jamais eu envie de quelqu'un à ce point.
Au moment où il porte sa fourchette à sa bouche, l'inconnu lui sourit, se rapproche et emprisonne sa jambe entre les siennes. Il est surpris puis comprend vite que c'est sa façon de rentrer dans le jeu. Lorsque les jambes qui l'emprisonnent exercent une caresse sur sa cuisse, un feu brûlant le parcourt et il avale à toute allure la purée qui menace de l'étouffer. Il tente même une pitoyable excuse en évoquant la chaleur du plat mais les frissons qui le parcourent ne le rendent pas très crédible, c'est bel et bien la chaleur de cet homme qui le rend fou.
Duo ne veut pas laisser l'inconnu prendre la maîtrise du jeu et il doit contre attaquer très vite avant de perdre tous ses moyens.
Il détend légèrement sa jambe jusqu'à toucher l'entrejambe de son adversaire puis la balance de manière à caresser la bosse qui se devine sous la toile du pantalon. Il voit avec satisfaction les yeux de sa victime consentante devenir vitreux. Les spasmes qui le parcourent ainsi que le gonflement du jean ne laissent pas de doute sur l'issue du combat. Vainqueur par KO : Duo Maxwell.
Il sourit à tout rompre en voyant l'inconnu s'enfuir à toute allure vers les toilettes. Il n'a jamais ressenti une telle sensation de pouvoir mêlé d'excitation auparavant.
En regagnant sa place, il avise deux sièges côte à côte qui sont isolés des regards des autres passagers du wagon, uniquement des petits vieux, heureusement peu nombreux en cette période hors vacances scolaires. Duo qui connaît bien ce trajet sait qu'ils descendront tous à Cannes et qu'il y a de fortes chances qu'ils se retrouvent seuls dans le wagon. Il ne veut pas s'arrêter là, il veut faire l'amour à cet homme, le faire hurler de plaisir et se perdre dans les affres de cette passion dont il a vécu les prémices. Il ne se reconnaît plus et s'en fiche pas mal ! Après tout, si c'était ça le vrai Duo, un homme prêt à perdre la tête et à vivre intensément le moment présent sans penser à demain ?
Il sent l'approche de l'inconnu, il ne peut pas le voir mais il n'a aucun doute sur le fait que c'est lui qui arrive, il doit regarder leurs places en se demandant où il est passé. Au moment où il passe près de son siège, il l'attrape par le bras pour le faire asseoir sur le siège coté fenêtre en lui expliquant que ces deux places sont plus confortables.
Leurs visages sont à deux centimètres l'un de l'autre et il se penche pour l'embrasser, le baiser est tendre, chargé d'émotion. Duo perd totalement conscience de l'endroit où il se trouve lorsque leurs langues deviennent plus hardies et s'explorent mutuellement. Il est traversé de décharges électriques et ses reins ne sont plus que désir. Ils sont interrompus par un contrôleur manifestement désolé.
Duo s'assure de la volonté de son inconnu d'aller jusqu'au bout du jeu puis passe un bras sur son torse et pose la tête sur son épaule. Il sent un bras entourer son cou et l'autre se poser sur son épaule dans un geste protecteur. Il se sent bien, il est à sa place, en sécurité, même les mots durs de Zechs ne peuvent plus l'atteindre ici, il est protégé de tout et de tous. Il s'endort dans un cocon de douceur.
Il reprend conscience juste avant l'arrêt de Cannes et met quelques secondes à comprendre pourquoi il est aussi bien, jusqu'à ce que ses yeux se posent sur son bel endormi. Il pourrait passer des heures à le contempler. Il aime cette vulnérabilité qui disparaît à son réveil. Son cerveau enregistre vaguement que comme prévu tous les petits vieux sont descendus. Il ne peut pas le quitter des yeux, il veut voir son regard s'ouvrir sur lui.
Lorsque les cobalts se révèlent, Duo passe une main sous son tee-shirt pour sentir sa peau, il veut toucher chaque centimètre de ce corps qui l'appelle. Il sent ses abdos qui se contractent sous la caresse et il lui happe le lobe de l'oreille en découvrant avec plaisir que c'est un point très sensible.
L'inconnu a un sursaut et se redresse pour vérifier qu'ils sont bien seuls, une fois qu'il est rassuré, Duo reprend ses douces tortures. Il le débarrasse de son tee-shirt pour goûter sa peau à même ses lèvres. Cet homme a un goût enivrant. L'inconnu veut reprendre le dessus et c'est au tour de Duo de se perdre dans les sensations qu'il lui procure avec sa bouche et ses mains. Il s'acharne sur son cou qui se révèle une partie particulièrement sensible. Il se retrouve torse nu sans vraiment savoir comment et la bouche de l'inconnu le fait chavirer, il se noie et ne veut surtout pas remonter à la surface. Lorsqu'il déboutonne son jean et effleure son sexe de sa main, Duo perd toute contenance et laisse échapper un râle de plaisir.
Mais il reprend ses esprits, il ne veut pas être passif, il veut soumettre cet homme à sa loi. Il s'agenouille devant lui pour finir de le déshabiller, il sont nus tous les deux et il va le faire hurler de plaisir. Il déguste d'abord ce sexe si tentant puis lui présente ses doigts pour le préparer. Lorsqu'il le pénètre, Duo perd toute conscience de ce qui n'est pas eux. Il ne réalise même pas que c'est la première fois qu'il prend ce rôle qui n'est pas celui qu'il préfère. Il n'a qu'une obsession, donner à cet homme un plaisir comme il n'en a jamais connu, un plaisir hors du temps. Alors qu'il sent qu'ils sont proches de la jouissance suprême, il se retire et lui demande de se retourner, il veut pouvoir le pénétrer plus profondément, il veut imprimer à jamais sa marque dans ce corps qui se cambre de plus en plus.
Il ne peut plus se contenir, ses mouvements deviennent plus brusques et il jouit en contemplant la mer qui se déroule majestueuse sous ses yeux. Il sait qu'il ne pourra plus jamais la regarder sans penser à ce moment. Il n'a jamais vécu quelque chose d'aussi fort, d'aussi fusionnel.
Il reste immobile, attendant que les tremblements de son corps se calment, puis il se retire à regret car il sait que tout est fini et qu'il ne reverra jamais cet homme. Il se rhabille lorsque l'inconnu d'une voix cassée lui dit qu'il veut le revoir.
Duo est ému jusqu'au plus profond de son être par la tristesse qu'il perçoit derrière cette demande. Mais pourtant, il sait que s'il accède à cette requête, il va tout gâcher. Zechs lui a dit, il n'est pas un bon amant… Sans le train, il va retomber dans la routine et la retenue et l'inconnu sera déçu. Il préfère rester un magnifique souvenir que devenir un présent sans attrait Il ne peut toutefois se retenir de laisser une issue, alors il l'embrasse tendrement et lui propose de laisser faire le destin. Après tout, c'est lui qui les a mis en présence dans ce train, s'ils sont vraiment faits l'un pour l'autre, il ne les laissera pas tomber. Même si il y a une chance sur mille, un faible espoir existe.
Il jette un dernier regard sur l'inconnu qui a encore cet air perdu qui le fait craquer complètement. Avant qu'il se ressaisisse, il attrape son sac et court presque pour sortir du train.
En posant le pied sur le quai, il sent son cœur se déchirer et il comprend qu'il s'est complètement trompé. Rien n'a changé, il ne peut toujours pas faire l'amour avec un homme qu'il n'apprécie pas. En fait, il est tombé éperdument amoureux de cet homme au premier, non au deuxième regard… Il faut qu'il lui dise, il ne peut pas le laisser croire qu'il n'a été qu'une aventure sans importance. Alors il s'approche de la vitre, accroche les yeux bleus et articule distinctement « je vous aime ». Puis il part en courant pour ne pas céder à la tentation de faire marche arrière et de gâcher tout en le décevant avec sa terne personnalité. Il n'est même pas certain que l'inconnu ait compris ses mots.
Duo est ramené à la triste réalité par la sonnette de la porte d'entrée. Il pousse un énorme soupir en se disant qu'il doit se résigner à ne jamais revoir cet homme. Il se console en se disant qu'au moins une fois dans sa vie, il a connu la passion et que plein de gens ne peuvent pas en dire autant.
Il ouvre la porte et reçoit de plein fouet son meilleur ami qui lui tombe dans les bras.
- Mon Duo, comme je suis content de te revoir, j'ai l'impression que ça fait une éternité que je ne t'ai pas vu. Même si ça remonte en fait à six mois lorsque tu es passé avec Zechs… Où est-il d'ailleurs ?
- A New York, tout est fini mais je n'ai pas vraiment envie d'en parler pour l'instant.
- D'accord, alors prépares-toi vite, je t'emmène dîner au restaurant, on doit retrouver mon chéri et son meilleur ami.
- Ecoutes Quatre, je crois que je ne suis pas d'humeur à sortir ce soir… Je ferais un piètre convive. On peut remettre ça à une autre fois ?
Fin de la partie 2
