_ Tu ne peux pas passer tes nuits ici en attendant qu'elle se réveille !me sermonna Pam.

Ça faisait au moins un quart d'heure qu'elle essayait de me raisonner mais je refusai de me décoller de mon amante endormie.

_ Bien sûr que je peux, me rebiffais-je. Je suis le shérif et je peux très bien m'accorder 3 nuits de congés !

_ La reine est là Eric !hurla Pam.

Quoi ? Je n'étais pas encore informé de ce détail… Si Sophie-Anne était sur ma zone alors elle me demanderait les services de Sookie. Petit problème : je venais de transformer Sookie en vampire pour ma ''consommations personnelle'' dirons-nous. Quel bobard allais-je bien pouvoir inventer pour me couvrir ?

Je soupirai et me contraignis à m'habiller pour affronter la colère de la reine. Pam semblait elle aussi anxieuse de cette entrevue mais je lui ordonnai de rester chez moi pour veiller sur Sookie, utilisant cette excuse pour mettre à l'abri mon enfant et assurer à mon aimée un enseignement et une protection si je ne survivais pas.

J'arrivai rapidement au Croquemitaine et prends une grande inspiration, bien qu'inutile, avant d'entrer pour me retrouver face à la reine.

_ Majesté, m'inclinais-je.

_ Eric. Je suis venue pour requérir les talents de la télépathe. Bill n'a pas su la trouver pour moi hier donc j'ai dû faire le déplacement.

On entrait donc dans le vif du sujet. Il fallait que je mente à la perfection. Ma vie en dépendait et je n'avais pas travaillé si dur pour obtenir Sookie et échouer maintenant.

_ J'ai bien peur qu'il vous faille chercher un nouveau télépathe ma reine.

_ Comment ça ?grinça-t-elle en contenant sa fureur.

_ Sookie a voulu aider une amie liée de force à un vampire. Elle m'a demandé mon aide mais le vampire l'a trouvé et quand je suis arrivé il était trop tard pour la sauver donc je l'ai transformée pour la garder à mes côtés. Je ne pense pas que sa télépathie soit conservée après sa transformation.

_ Pourquoi l'avoir transformée dans ce cas ?

_ Elle a le tempérament idéal pour devenir un vampire. Je suis persuadé qu'elle fera un très bon enfant.

_ Le vampire est mort ?

_ Il a été renvoyé à sa créatrice qui a été informée de ses forfaits sur mon territoire par mes soins majesté.

_ Bien, soupira la reine. Je ne vois pas ce qu'il y a à redire à part qu'on va être forcés de dénicher un nouveau télépathe.

Sur ces dernières paroles elle partit sans même prendre la peine de me saluer. Sophie-Anne dans toute sa grandeur ! Heureusement que son égocentrisme l'avait empêchée de voir que je lui mentais !

Je soufflais profondément une fois qu'elle fut suffisamment loin et m'affalai sur le fauteuil de mon bureau pour remplir le dossier informatique qu'incombait la création de Sookie. Je voulais finir ça au plus vite pour rejoindre mon amante. Un doute m'assaillit soudain. Avais-je précisé à Pam qu'elle n'avait pas le droit de toucher à mon amante endormie ... ? Il fallait que je me dépêche de rentrer !

Je couru plus vite que je ne l'avais jamais fait et défonçai presque la porte de la chambre. Pam semblait interloquée face à mon arrivée, presque anxieuse. J'avais mal jugé mon enfant, elle était tranquillement assise sur un fauteuil d'osier tressé et faisait du canevas près du lit avant mon apparition.

_ La reine l'a mal prit ? Il faut partir ?s'affola-t-elle en lâchant ce qu'elle faisait.

_ Non, soufflais-je. Non elle l'a bien prit.

_ A quoi doit-on cette entrée dans ce cas ?

Mon silence fut plus éloquent qu'un discours. Pam sniffa avec mépris devant mon manque évident de confiance en elle.

_ Je croyais que tu éprouvais du désir pour elle. Pourquoi aurais-tu loupé cette occasion ?me défendis-je.

_ Je sais que le maître ne partage pas quand il s'agit de Sookie, sourit-elle moqueuse. Il n'y avait qu'à voir quand tu avais perdu la mémoire ! Toujours fourré dans ses jambes ! Je me suis demandée si tu ne souffrirais pas du complexe d'Œdipe à ton retour parmi nous mais comme tu ne te souvenais pas du temps que tu avais passé chez elle nous avons échappé à la catastrophe.

Maintenant que mes souvenirs étaient de retour je voyais parfaitement de quoi elle parlait et ça attisa ma colère.

_ Pourquoi m'avoir caché ça tout ce temps ?tonnais-je.

_ Tu avais autre chose à faire que te trainer aux pieds d'une humaine pour la supplier de te donner une chance !dédaigna Pam. C'est pas comme si elle t'importait tant. Sans sa télépathie tu ne l'aurais jamais transformée !

_ Je ne l'ai pas transformée pour ça, grondais-je menaçant.

Pam ouvrit la bouche mais ne parvint pas à former un seul mot, trop hébétée pour articuler quoi que ce soit. Je venais d'avouer être attiré par Sookie plus qu'il n'était raisonnable, c'était un grand tabou chez les vampires. J'avais appris à Pam à ne jamais se laisser dicter sa conduite par ses émotions et c'était pourtant ce que je faisais depuis que j'avais rencontré Sookie. Je pense que Pam savait déjà le sentiment qui m'habitait mais jamais je ne l'avouerais devant elle, jamais je ne me montrerais si faible devant mon propre enfant !

_ Je vais te laisser, expira-t-elle enfin. Je te vois demain ?

_ Je préfère rester ici pour assurer la sécurité de Sookie, prétextais-je. Si tu ne peux absolument pas remplir une de mes obligations vient me remplacer ici, sinon occupes-toi de la zone comme tu le faisais quand j'étais maudit.

_ Et pour Sookie…

_ Gardes le secret. Je veux être celui qui la présentera à ses semblables.

_ Il sera fait selon vos exigences maître, s'inclina profondément Pam avant de quitter la pièce.

Je soupirai une nouvelle fois et me débarrassai de tous mes vêtements avant de m'installer dans mon lit pour prendre ma belle amante dans mes bras. Mon corps réagit immédiatement à son contact mais il me fallait encore tenir deux nuits. Je la voulais pleinement consciente quand je ravagerais son corps, et si possible active…

Je sombrai dans l'inconscience sans m'en rendre compte, n'ayant même pas remarqué à quel point le temps passait vite en sa présence si douce.

J'avais toujours été quelqu'un de patient mais là j'étais vraiment fatigué d'attendre qu'elle se réveille. Je voulais qu'elle ouvre les yeux, me saute dessus et que nous fassions l'amour comme des animaux aux quatre coins de la maison –et plusieurs fois même, si le temps le permettait- mais j'avais encore une nuit à tenir avant ça et je n'étais même pas sûr qu'elle puisse penser à mes besoins charnels à son réveil. Le nouveau-né classique pense directement au sang mais certains –comme Pam- avait une pensée pour le sexe à leur réveil et je ne savais pas dans quelle catégorie se situerait ma Sookie. Sachant que c'était moi son amant et qu'elle connaissait déjà parfaitement mes compétences au lit elle devrait me sauter dessus et concorder à mes désirs mais je n'en savais encore rien et ça avait le don de m'irriter prodigieusement.

Rien que pour évaluer les réponses de son corps je me mis à embrasser doucement ses lèvres, puis à mordiller ses tétons avant de descendre encore plus bas. Son absence de réponse fut des plus frustrantes mais à quoi m'attendais-je en même temps ? A ce qu'elle gémisse, se tortille sous moi en prononçant mon nom et devienne toute mouillée d'excitation comme elle le faisait éveillée ? Quel abruti je pouvais faire quand j'avais envie d'elle ! Certaines personnes disaient qu'un homme ne pouvait pas réfléchir et avoir une érection en même temps parce qu'il n'y avait pas assez de sang pour irriguer à la fois le cerveau et le sexe. J'avais toujours rit devant ces âneries parce que j'aurais été capable de baiser et de monter un plan de bataille complexe en même temps. Mais dès qu'il s'agissait de Sookie j'entrais en terrain inconnu. J'avais plus de mal à me contrôler, je faisais toujours erreur quand je prévoyais ses réactions et je me trouvais totalement démuni devant ses larmes. Pourvu que ça change un minimum une fois qu'elle aura accepté qu'elle est mienne à jamais. Les relations passionnelles créateur-enfant sont rares mais elles existent et ma relation avec Sookie sera l'une d'elles. Je l'aimerais jusqu'à mon dernier soupir et elle sera bien obligée d'admettre qu'elle éprouve le réciproque.

Le temps était si long quand son cœur ne battait pas. J'avais envie de l'entendre me parler de tout et n'importe quoi, me confier ses craintes et ses passions, me conter sa journée et ses projets mais elle restait obstinément silencieuse. Ses rires, ses regards tendres et ses caresses me manquaient. Même en oubliant le sexe j'étais en manque d'elle. Sookie était mon rayon de soleil –sauf qu'elle ne mettait pas autant ma vie en danger… quoique… - et désormais elle sera ma lune et les étoiles éclairant mon éternité. J'aurais dû la transformer depuis bien longtemps, j'aurais dû l'avoir depuis bien longtemps ! Je regrette de n'avoir pas anéanti Bill le soir où il me fit faire la rencontre de ma délicieuse Sookie, ça nous aurait évités de perdre tant de temps. En ayant cette pensée je pris mon portable et lui envoyait mon adresse par message en le convoquant. Je fus bien obligé d'enfiler mon boxeur pour le recevoir mais ne m'en plaignais pas puisque je savais ce qui été à venir.

La prestation de Bill fut à la hauteur de mes espérances. Il resta un premier temps interdit à la vue du corps inerte de Sookie puis comprit ce que j'avais fait et devînt furieux. Je mis sa naïveté sur le compte de son jeune âge et le maitrisai rapidement lorsqu'il me sauta dessus. Je cognai avec force sa tête contre le mur le plus proche dans l'espoir de lui remettre les idées en place et attendis qu'il cesse de se débattre comme une mauviette. Le fantasme de lui éclater la tête comme une pastèque naquit dans ma tête mais je le réprimai en sachant que je devrais nettoyer ce carnage avant le réveil de Sookie et donc que je passerais moins de temps avec mon amante dans les bras.

_ Tu n'avais pas le droit !rugit-il.

_ Sookie a été mon amante et vous vous êtes tous bien gardé de me le dire, grognais-je. J'ai entièrement le droit de reprendre ce qui est à moi.

_ Elle est à moi ! Tu le savais et tu as transgressé nos lois ! La reine ne laissera pas passer ça !

S'il connaissait le vrai visage de la reine ! Sophie-Anne n'avait rien d'une bureaucrate accrochée aux valeurs morales, croyez-moi ! Mais pour le moment j'étais trop irrité pour me moquer de lui. Il n'avait pas le droit de revendiquer Sookie, surtout maintenant !

_ Sookie n'est plus à toi depuis que tu l'as trompée et violée Bill !crachais-je en resserrant ma prise sur sa gorge. Elle avait confiance en toi et toi tu l'as trahie de la pire des façons ! Je devrais te tuer immédiatement pour avoir osé la toucher sans son consentement !

_ Mais Sookie ne te le pardonnera pas, souffla Bill étranglé par ma poigne.

Putain de merde ! Il avait raison en plus ! Depuis le temps que j'attendais pour écraser cet avorton crapuleux et maintenant que j'en avais l'occasion j'étais stoppé net par l'altruisme de celle que j'aimais. Les nouveau-nés sont très durs à contrôler parce qu'ils ont du mal à être maîtres de leurs émotions nouvellement décuplées et ajouter une contrariété à Sookie ne serait vraiment pas bon pour mes affaires.

Je secouai encore plus Compton, frustré de ne pouvoir mettre fin à ses misérables jours, et la balançai à l'opposé de la pièce. J'appelai Pam pour qu'elle le récupère et s'arrange avec une sorcière –bien que je maudisse ces garces- pour qu'il perde à son tour la mémoire à la différence que lui ne sera pas recueillit par MA Sookie et ne retrouvera pas ses souvenirs. Mon enfant fut surprise de l'état dans lequel elle trouva Bill mais l'emporta sans faire de commentaire. Je rejoignis mon amante et caressai ses cheveux en m'excusant à voix basse. Je passai les heures suivantes à lui expliquer pourquoi je ne supportai pas son premier amant –justement pour ça : il était son premier amant alors qu'elle aurait dû être mienne dès le début !- et lui contait mon temps humain, ou du moins ce dont je me rappelais encore. Je savais qu'il y avait de très mince chance pour qu'elle m'entende mais elle s'était confiée à moi pendant que j'étais amnésique et j'avais tout oublié par la suite alors il n'était pas impossible qu'un jour elle s'en rappelle.

Je sombrai dans l'inconscience après avoir déposé une myriade de baisés sur son doux visage.

Dès mon réveil j'appelais Pam.

_ La robe est sur le lit et Compton sera ensorcelé demain, répondit Pam à la première sonnerie.

C'était pour ça que j'étais fier de Pam, c'était une enfant très attentive et prévoyante.

_ Tiens-moi au courant de l'évolution des choses avec Compton, exigeais-je pour garder la face devant mon enfant.

Je n'attendais pas qu'elle réponde et raccrochai immédiatement. Je partis récupérer la robe laissée par Pam dans la chambre d'amis et fus ravi d'y trouver une robe en soie de couleur rouge sang avec des escarpins noirs et des sous-vêtements assortis. Je me précipitai dans ma chambre pour déshabiller mon aimée et abandonnait l'idée de la prendre dans les sous-vêtements que je lui avais choisis le soir de sa transformation au profit de ceux en dentelles que mon enfant avait achetés pour l'occasion. J'avais tellement envie d'elle ! Sans compter que sa robe offrait un splendide décolleté qui m'était entièrement dédié. Je caressai avec adoration et dévotion le corps sensuel de mon amante avant de reprendre le récit de ma vie humaine où je m'étais arrêté la veille. La nuit fut longue et j'étais excité comme un gamin la veille de noël. Je guettai le moindre mouvement de la part de mon aimée, souhaitant de toutes mes forces que le sang de vampire qu'elle avait déjà reçu accélère sa transformation au point qu'elle n'ait pas besoin de cette troisième nuit d'inconscience mais mes vœux ne furent pas exhaussés pour ma plus grande peine.

Lorsque le soleil me rappela parmi les morts la seule chose à laquelle je pouvais penser était que demain j'aurais enfin le dernier élément indispensable à mon bonheur mais je ne m'attendais certainement pas à la soirée que j'allais passer…