-Donc, je résume : Tu es de passage dans la ville, avec ton démon. C'est donc un hasard total si tu as croisé Shino. C'est ça ?

-Oui.

Sosuke essayait de faire le point sur la présence de ce jeune garçon. Cet animal accroché à lui, ou plutôt cet être maléfique, n'avait rien d'habituel, seule une divinité pouvait s'encrer ainsi, mais ce serpent lui semblait tout à fait inconnu. De plus, l'inexpressivité de Rin n'arrangeait pas les choses.

-J-Je voudrais juste dormir cette nuit. Ensuite je pars. Vous ne me reverrez plus.

-On n'a pas dit que tu dérangeais ! On voit bien que tu es tout seul ici, de passage, déclara Shino, refusant que son camarade se sente si mal à l'aise. Restes autant que tu le voudras !

-Hey ! C'est pas encore chez toi !

Genpachi se mêla à son tour à la discutions. Les deux autres dormaient déjà dans leur chambre respective. La lune pointait déjà haut dans le ciel, éclairant de ses faibles rayons une ville endormie. Mais Rin c'était décidé à parler un peu, alors ses ainés écoutaient.

-On va te trouver une chambre alors, viens.

Le démon de la foudre voulu montrer le chemin au rouquin lorsque soudainement Hebishiki ressorti d'entre les vêtements afin de préciser aux garçons que son hôte ne pouvait pas dormir seul dans un lit, détestant cela. Un petit débat éclata et finalement se fut Shino qui se désigna pour partager sa couche. Celle-ci se trouvé sur la gauche, dans le couloir principal. Les deux habitant possédaient la leur plus loin dans la demeure, quand à Sosuke, il accompagna le blond jusqu'à chez eux.

« Tu ne peux pas rêver meilleur occasion, « Rinmaru ». Il est isolé ici. »

Shino se rendit compte que le rouquin n'avait pas passé le pas de la porte, hésitant. Le serpent avait disparu, probablement entré dans le corps de son hôte. Avec un grand sourire il alla le rejoindre.

-Qu'est ce qui ne va pas ?

Aucune réponse orale, il secoua seulement sa tête de droite à gauche, et comme son aîné fermait la porte et retournait prés des futons, il l'imita. Mais une fois également debout, il se figea à nouveau.

-On a mit les deux futons à côté, ça te va ?

Rin dégluti. Sa respiration accéléra doucement et une certaine frayeur se lisait sur son visage. Cela, Shino ne s'en rendit compte qu'une fois à aller dormir. Il revînt à la charge avec sa question, mais comme le silence restait, il posa sa main sur l'épaule du plus jeune. Ce dernier recula d'un pas, puis croisa son regard avec le sien.

-Je vais mourir… !

Son corps se laissa tomber lourdement à genoux. Sa face enfouie entre ses doigts. Il pleurait. Devant une telle action, l'autre ne su plus quoi faire. Le consoler ? Lui arracher les mots de la bouche pour une explication ?

-Pourquoi tu mourrais ?

-H-Hebishiki… !

Comme il ne parvenait pas à s'exprimer, il lui parut plus simple de faire passer les gestes. Tremblant, il retira difficilement son haut, se découvrant, torse nu, devant un Shino incrédule. Le haut de son corps se parsemait de courbes noires effacées et épaisses, comme un tatouage formant un arbre, où le tronc se marquait au niveau du sternum et se finissait plus bas, sous le caleçon.

-La marque d'Hebishiki ?

Il eu une réponse de la tête positive.

-Elle disparait, c'est pour ça que tu vas mourir ?

C'était la première fois qu'il rencontrait un cas comme Rin, possédé par un démon dont la marque s'amenuisait. Ou alors fallait-il le nourrir ? Murasame ne demandait pas ce genre de chose, lui.

Le cadet releva la tête et serra ses poings un court instant avant de s'attaquer soudainement à l'autre, le saisissant par les bras à fin de le pousser et le plaquer dos contre sol. Il voulu se débattre mais en croisant le regard apeuré au dessus de lui, sa force l'abandonna. Les dires du rouquin semblaient vrais. Sa vie en dépendait, et les risques, bien trop élevés, l'obligeait à agir ainsi. Son démon voulait se nourrir. Soit.

-Je t'en débarrasserais, de ton démon.

Shino cessa définitivement d'éviter le jeune homme le surplombant, se laissant écraser par son poids. Il sentait désormais ce souffle chaud et rapide contre son torse. Calme, il attendait que le démon se serve de lui pour assouvir sa soif de sang, mais sa surprise fut totale lorsqu'il se rendit compte que quelque chose humidifiait son épaule.

-Q-Qu'est ce que tu fais ?!

Ce n'était en rien comparable avec une morsure.

-H-Hey… ! N-N… !

Sans prévenir, Rin emprisonna ses lèvres en l'embrassant, allant même jusqu'à mettre la langue en voyant que sa victime n'allait pas l'éviter. Promptement, une de ses mains glissa sur son torse également dénudé tandis que la deuxième s'affairait à lui bloquer un bras, fermement maintenu par le poignet. Il ne prononça aucun mot alors même qu'il s'attaquait à lui dévorer le cou de léchouilles. Shino se senti perdu, bien loin de l'idée qu'il s'était faite plus tôt, en acceptant de donner un peu de son sang, bien que non humain, à ce démon. N'étais-ce pas de cela que se nourrissaient ces créatures ?

-Qu'est ce que tu comptes faire ?! Rin ! Répond moi !

-Tu as vraiment besoin d'une réponse ?! S'énerva le cadet tout en lui arrachant brusquement son caleçon, dénudant donc entièrement celui qui avait cessez de se débattre.

-T-Tu comptes faire quoi la ?!

-Tu ne crieras pas à l'aide. Par ce que sinon on pourrait te voir dans une situation délicate, et tu perdrais en plus un élément qui t'es précieux. Ma croissance s'est interrompue quand Hebishiki à fusionné avec moi !

Déjà que sa posture laissait à désirer, ce gamin entre ses jambes, à quatre pattes au dessus de lui, mais là en plus, découvrir qu'ils avaient ce point commun si important. Depuis le temps qu'il se demandait si il n'y avait que lui qui enfermait un démon en son corps… Mais les sensations qu'il éprouvait plus bas le ramenèrent bien vite à la réalité, hors de ses pensées.

-Ne me touche pas ici… ! J-Je suis ton aîné… !

Certes, il avait déjà fait ce genre de choses tout seul, en cachette, mais que quelqu'un d'autre que lui fasse cela le pétrifia. Et pour ne rien arranger, son corps réagissait en conséquence ! Vraiment, l'effroi s'emparait de lui, gagnait du terrain au fur et à mesure que les mains du cadet s'aventuraient encore et toujours plus loin.

-Tu n'es pas le premier garçon qu'Hebishiki désire, ne t'en fais pas. J'ai pris l'habitude de ce genre de chose.

Ce n'était décidément pas bon. La main du rouquin se mouvait, son membre entre ses doigts. Inévitablement il se durcie à ce contact exceptionnel que lui offrait Rin, le faisant rougir par la même occasion. Non. Le brun n'aimait décidément pas ça. Vraiment pas.

-A-Arrêtes !

Rin baissa son sous vêtement, dévoilant le reste de la marque du démon, elle entourait globalement son organe dressé, avec quelques racines parcourant l'intérieur de ses cuisses. Des idées toutes plus saugrenue les unes que les autres traversèrent son esprit embrumé. Si Murasame se nourrissait de sang, Hebishiki se nourrissait-il d'une « autre » substance ?!

-Je…n'y peux rien ! S'empourpra le rouquin avant de se laisser tomber sur le corps de sa victime, sans pour autant lâcher la partie que désirait son démon.

Quelques secondes, silencieuses, s'écoulèrent. Le cœur de Shino martelait rapidement. Il sentait que Rin se mouvait encore, sans savoir vraiment ce qu'il faisait. Son souffle lui chauffait l'épaule gauche. Le brun voulait se résigner, mais se laisser faire le répugnait, sans oublier sa petite excitation au bas ventre. Bon sang, mais quel événement étrange il lui arrivait ! Certes, à son âge, même malgré son physique, faire ce genre de chose pouvait paraitre normal, mais surement pas avec un inconnu ! L'idée que ce soit avec un garçon ne le dérangeait pas non plus, après tout, il lui arrivait parfois d'avoir ce genre de pensé envers son ami d'enfance. Comment de semblables sentiments n'auraient pas pu se développer durant toutes ces années ? Mais là… Là… !

-Pas… avec toi, Rin ! Ressaisit toi ! Il y a forcement un autre moyen !

-Depuis un an et demi, je cherche ! répondit finalement le rouquin. Je suis toujours forcé à ça… !

Il se contracta violement, sa marque originairement noire devint rouge luisante. Puis se fut rapide. Shino n'eu pas le temps de comprendre que déjà il ressentait quelque chose de bien différent, et il ne comprit vraiment que lorsqu'il vit le rouquin relevé, assit sur son bassin. Il dégluti. La chaleur ne venait pas de lui, mais de « l'intérieur » du cadet. D'abord choqué, peut être horrifié, il ne bougea pas, à l'inverse de Rin qui commençait à bouger ses cuisses.

« C'est pas vrai… Il m'a fait le…. Je… le…pé… ?! C'est pas possible ! il ne peut pas être comme ça ! »

Trouvant la situation plus qu'insupportable, Shino se donna la force d'inverser leur position, secouant l'autre au passage, et quand il voulu se retirer, quelque peu écœuré, les couinements qu'émit Rin, et les larmes coulant sur ses joues de gamin meurtri, l'empêcha d'effectuer son geste. Le regardant silencieusement, que pouvait-il bien faire ? La marque rougissait toujours, comme prête à éclater et répandre le sang dans toute la pièce.

« Pas le choix». Se dit-il.

Ainsi, le brun fit lui-même quelques mouvements, leur décrochant à chacun des frissons. De toute façon il se savait au bout du plaisir, même en ayant essayé de l'ignorer, il le savait. Finalement, son calvaire ne dura qu'un bref instant de plus.

Rin se tenait en position fœtal, ses doigts entrelacés, crispé par une douleur inhumaine. La couverture le recouvrait à peine, dans son dos un mouchoir de tissu suintant. L'air frais du soir lui donnait la chair de poule. Shino se tenait, en caleçon, assit devant la fenêtre, les cheveux virevoltants. Un peu avant il vit Sosuke rentrer, sans pour autant que ce dernier ne le découvre. Il se sentait sale. Mais en un sens, voir le tatouage du plus jeune se repeindre de noir l'avait soulagé. Si lui aussi se retrouvait dans un état si critique, assoiffé de sang, il n'hésiterait peut être pas à demander voir même agresser un individu quelconque. Mais il fallait avouer que pour le coup, une soif de ce liquide là le rendait septique. Bien que, finalement, des esprits pervers, ça courait les rues, alors pourquoi pas un démon vivant au crochet du sexe ? Mais de combien de personnes devait il se nourrir avant d'être repu ? Un gémissement plaintif derrière son dos lui rappela la mauvaise condition de son camarade. Il souffrait.

-Rin ?

Ce dernier se releva, tituba, puis retomba sur son futon avant de rejeter son repas du soir, accompagnée de l'odeur si particulière que dégage les aliments soudainement éliminé de l'estomac. Il toussa, cracha, trembla de tout son être.

-Rin !

Shino accouru vers lui pour le saisir dans son dos, le penchant un peu en avant.

-Vomis si tu ne te sens pas bien. Tout ce que tu as.

Une nouvelle vague colora l'oreiller. Et embauma un peu plus la pièce, malgré le courant d'air.

-Au moins il n'y aura plus d'odeur.

-S-Shino… !

Ses larmes se mêlèrent aux liquides sortant de ses narines et de sa bouche. Un gout dégoutant lui donna envie de recommencer, mais plus rien ne voulait sortir… Il toussa à nouveau.

-Je vais chercher de quoi t'essuyer.

L'ainé le laissa un court instant, revenant avec une serviette de bain et de l'eau. Tremblant comme une feuille, le rouquin attrapa le tissu et entreprit de se cracher le sale gout dans sa bouche, et se moucha également. Ses nasaux le brulait.

-On va aller dans la salle d'eau. Viens.

Shino le prit par les épaules afin de le relever, il vérifia que rien ne craignait dans la chambre. L'odeur acre avait disparu, remplacée par une toute autre odeur, quand à la transpiration et les éventuelles traces blanchâtres, le mouchoir abandonné dans la flaque toute fraiche avait suffit. En fin de compte, que Rin soit malade arrangeait bien les choses.

Une fois dans la pièce, Shino prit soin de fermer la porte à clef, puis fit assoir le plus jeune dans le baquet. Un gant mouillé et du savon, il s'occupa de lui frotter tout le corps. C'est lorsqu'il lui passait une serviette pour le sécher que quelqu'un toqua à la porte.

-Shino ? Tu es avec Rin ? Tout va bien ?

Il s'agissait bien sûr de Sosuke. Shino se donna un coup de savon en gros pour effacer toutes traces de ce qu'il s'était passé plus tôt, sur les futons…

-Ha ! C'est toi !

Le grand fit une drôle de tête en découvrant les deux garçons en sous vêtement, trempés. Finalement peut être que c'était plus louche que prévu.

-Rin est malade. Je l'aide à se débarbouiller. Il a salit un futon.

-J'ai f-froid.

Congelé par l'eau perlant sur sa peau, le rouquin se donna un nouveau coup de serviette puis s'en alla en direction de la chambre.

-Tu es sûr que tout va bien ? Je le trouve bizarre, non ? S'interrogea le nouvel arrivant.

-Ben… Je ne sais pas trop…

Shino s'étonna un instant à vouloir révéler le secret à son ami, mais comment avouer que l'on vient d'avoir une relation physique bien poussée avec un parfait inconnu sous prétexte qu'il allait mourir ? Mais en même temps, il s'était surement rendu malade à cause de ça…

-Je vais rester avec lui.

-Je t'accompagne, il faut changer les draps. Au moins les enlever.

Le brun ne dit rien et s'enfonça dans le couloir sombre de la demeure, marchant jusqu'à la porte de la chambre. Il n'y avait plus personne dans la pièce.