Chapitre 2
« Docteur Wilson !, s'écria Cameron en s'accroupissant près de lui. Mais que vous arrive-t-il ?
- Je... Je n'en sais rien, souffla celui-ci en la regardant d'un air surpris pendant que le neurologue l'aidait à se relever et à s'asseoir dans le fauteuil près de la porte d'entrée. Merci Foreman, murmura l'oncologue. Ça vient de me prendre d'un coup... Je me sentais un peu ballonné depuis deux-trois jours, avec de petites crampes abdominales, mais rien d'anormal pour moi... Je pensais juste que c'était soit un trop-plein de caféine, soit un truc que je ne digérais pas... ou encore un virus intestinal, ce qui ne serait pas trop étonnant en cette période de l'année...
- Il est vrai que la gastro-entérite fait encore des ravages en ce moment, admit Chase. J'ai eu quelques patients hier en consultation pour ça, et certains étaient bien collés ! J'ai même dû faire hospitaliser une petite fille de trois ans pour déshydratation sévère !
- Et vous avez d'autres symptômes en dehors de vos douleurs abdominales ?, demanda Foreman. Nausées, fièvre...et...euh... diarrhée ?
- Non, rien de tout ça... Je ne dors pas trop bien depuis quelques temps, d'où une certaine fatigue et des maux de tête, mais dans l'ensemble je me sens plutôt bien... C'est juste que par moments j'ai l'impression d'être... pas barbouillé, mais... pas dans mon assiette...
- C'est vrai que vous avez l'air fatigué, répondit Chase. Vous n'auriez pas une petite carence en fer ou en magnésium quand même ? Cela pourrait expliquer la fatigue...
- Oui, mais je doute que ce soit ça..., soupira Wilson. J'essaie au maximum de varier mes repas et pendant tout l'hiver j'ai consommé des oranges et des clémentines, donc je ne pense pas avoir un manque de vitamine C ! Ooohhh... ça recommence..., grimaça l'oncologue en portant ses mains à son ventre.
- Dans ce cas, vous permettez que je vous examine ?, demanda Foreman. La gastro-entérite – ou un virus apparenté – ne se manifeste pas toujours pas des poussées de diarrhée... Parfois c'est tout l'inverse: la personne est constipée ! Mais ce qui caractérise un problème intestinal à coup sûr, ce sont les spasmes intestinaux !
- D'accord, Foreman, mais il faudrait que je sois allongé pour que vous puissiez me palper le ventre... La position assise n'est pas l'idéal pour ça...
- Alors suivez-moi !, dit le neurologue. Il s'adressa à ses deux collègues: « Si House arrive...
- On lui dira que tu es en consultation avec un confrère », répondit Chase en faisant un clin d'oeil à Wilson, ce qui fit sourire ce dernier qui se releva tout doucement du fauteuil, le visage toujours blême.
- Docteur Wilson, ça va aller ?, lui demanda Cameron d'une voix où perçait l'inquiétude tout en s'approchant de lui. Foreman, je crois que tu devrais l'aider à marcher jusqu'à la salle d'examen, il est encore pâle.
- Ne vous en faites pas pour moi, docteur Cameron, répondit l'oncologue, je n'ai pas de vertiges et je me sens parfaitement capable de me déplacer sans aide. Par contre, je ne marcherai pas très vite... J'espère que vous en m'en voudrez pas trop, docteur Foreman, reprit Wilson avec un petit sourire, mais aujourd'hui je crois que je vais « traîner la patte » !
- Oh, ça ne devrait pas être pire qu'avec House pour la vitesse de déplacement, dit le neurologue. La différence, c'est que vous au moins, vous ne râlerez pas tous les trois pas parce que vous avez mal ! »
oooooooooo
« Oh, Foreman, excusez-moi mais je vais d'abord passer aux toilettes avant que vous ne m'examiniez..., déclara l'oncologue en se dirigeant vers les sanitaires.
- Euh... C'est en rapport avec vos maux de ventre ?
- Non, non, c'est juste ma vessie qui se rappelle à mon bon souvenir !, répondit Wilson en souriant.
- Mais je vous en prie, faites... A la réflexion, je crois que je vais vous accompagner... »
L'oncologue se dirigeait vers les urinoirs, lorsqu'une nouvelle crampe abdominale se manifesta:
« Ouh... Finalement je pense que je vais utiliser les sanitaires traditionnels...
- Vos maux de ventre semblent s'accentuer, on dirait, déclara Foreman en se positionnant devant un urinoir. Je ne vous ai pas encore examiné, mais je suis quasi-certain que vous couvez une bonne gastro ou tout au moins un virus apparenté ! Vous allez avoir droit à quelques jours d'arrêt maladie, j'en ai peur !
- C'est sûr qu'un médecin malade, ça ne fait pas très sérieux pour un hôpital... Et puis avec les patients qu'on est amenés à traiter, on ne peut pas se permettre d'être soi-même porteur de quelque chose... Ouille... Oh, c'est vraiment bizarre...
- Quoi donc ?
- J'ai mal au ventre, je me sens ballonné, mais... je n'ai rien à éliminer de ce côté, si vous voyez ce que je veux dire...
- Vous êtes constipé ?
- Je ne crois pas, non... Mmh... »
oooooooooo
Quelques minutes plus tard, le docteur Wilson sortit des toilettes et vint rejoindre son confrère près des lavabos pour se laver les mains. L'oncologue était encore sous le choc de la douleur ressentie dans le bureau de House ; il avait déjà eu des maux de ventre par le passé - , notamment lorsqu'il était enfant et qu'il s'était montré gourmand - mais rien d'aussi terrible... Cependant, ce n'était pas tant la douleur qui avait perturbé Wilson que la sensation physique qui l'avait précédée: il avait perçu comme des contractions musculaires... Le médecin en était là de ses pensées, lorsque la voix de Foreman le ramena dans la réalité:
«Vous avez encore mal ?
- Euh non, non ça va, ça s'est un peu calmé... C'est juste que... J'ai senti la zone de mon bas-ventre se tordre juste avant ce pic de douleur, et j'étais en train de me demander si cela ne pourrait pas être le signe de diverticules par exemple...
- C'est effectivement une hypothèse à envisager, admit Foreman. Je vais déjà vous examiner comme il faut, et si c'est vraiment nécessaire, je vous ferai une échographie pour être fixé...
- J'espère que je n'aurai pas droit à une colioscopie à la place, ajouta Wilson en souriant. Le produit opaque qu'il faut ingérer avant l'examen est un vrai vomitif, d'après ce que certains de mes patients m'ont dit !
- Pour l'instant nous nous en tiendrons à un examen classique de votre zone abdominale, docteur Wilson, répondit le neurologue en riant doucement.Mais je suis persuadé que vous couvez tout simplement une bonne gastro ! »
oooooooooo
Quelques minutes plus tard, les deux hommes entraient dans une salle d'examen, en ayant pris soin d'éviter de croiser des patients ou des personnes venues en consultation. L'oncologue s'allongea sur la table d'examen et remonta sa chemise:
« Heureusement qu'à cette heure de la journée il n'y a pas encore trop de monde pour les consultations !
- Oui, et heureusement aussi que vos maux de ventre sont apparus ce matin et pas en pleine après-midi, sinon je ne vois pas comment j'aurais fait pour vous examiner tranquillement !
- Ah, c'est sûr que si on voit un médecin emmener un confrère dans une salle d'examen sans le moindre patient à l'horizon, il y a de quoi se poser des questions ! Si je venais ici en consultation, je crois que je n'apprécierais pas trop de savoir qu'il y a un médecin potentiellement malade dans le secteur !
- C'est clair... Euh... Vous pourriez défaire votre pantalon, aussi ? Sinon je ne pourrai pas palper toute la zone abdominale !
- Oh ! Euh oui, bien sûr..., répondit Wilson en enlevant le cran de sa ceinture.
- Bien, avez-vous mal à un point précis ou alors la douleur est-elle diffuse ?
- Eh bien... C'est assez localisé, je dois dire... C'est dans le bas-ventre, ça me fait comme une barre horizontale, comme... comme si j'avais des coliques...
- Et des maux de ventre à tomber par terre ?
- C'était la première fois ce matin que j'avais aussi mal. Je vous l'ai dit tout à l'heure, ça a commencé il y a trois jours, mais rien de bien méchant...
-Jusqu'à ce matin..., l'interrompit Foreman. Et depuis, la douleur persiste... crescendo ou descrescendo ?
- Pardon ?
- La douleur, elle va en empirant ou en s'atténuant ?
- Eh bien... Mis à part le pic de tout à l'heure, ça reste pareil... A chaque fois que ça me lance, ce n'est ni pire ni moins fort...
- D'accord... Donc je récapitule : douleurs abdominales d'intensités variables apparemment, fatigue, maux de tête, sensation d'être barbouillé... Ça ne vous lancerait pas dans la jambe droite, par hasard ?
- Non, pourquoi ? Je ne m'appelle pas House, que je sache ! », répondit Wilson en riant.
Foreman allait répliquer, lorsqu'une voix bien connue des deux praticiens se fit entendre:
« On parle de moi là ?, lança celle-ci depuis la porte entrouverte qui laissait apparaître la tête de Grégory House.
