Note de l'auteur : Hey! Comment allez-vous? On y va pour l'intro!

Donc j'ai choisi pour commencer la chanson de Editors "Even an end has a start", qui en dit long sur la fic. Le titre exprime bien l'idée de "début de la fin". J'ai écrit ce chapitre principalement dans mon cdi et à la fin des épreuves de Bac Blanc... non, ne relevez pas le fait que j'avais terminé bien avant l'heure donnée. Ne relevez pas. Dans ce chapitre, un petit Hippie malade. Mon expérience récente de la grippe m'a beaucoup aidée *grimace*. Il ne se passe pas grand chose. Oh, et au moment où vous lisez ceci, mes mots n'auront plus aucun sens, mais je dédie ce chapitre à Léonard Nimoy, qui était un acteur que j'admirais beaucoup. Sa mort m'a profondément touchée. "Don't smoke. I did. I wish I never had". Des milliers de bubulles pour ce Spock éternel.

Bonne lecture surtout!


Chapitre I : Even an end has a start

21 août 2014

Le Hippie descendait progressivement les escaliers. Ses pieds traînaient sur le bois verni. Sa tête devait peser quinze tonnes. Lentement, il se dirigea vers la cuisine. Il se saisit d'une boîte de paracétamol, se servit un verre d'eau et avala deux comprimés. Il les sentit glisser le long de sa gorge et les imagina tomber au fond de son estomac. Ses yeux s'attardèrent sur la table que l'on avait dressée pour lui. Il n'avait pas faim. Son rhume le nourrissait. Il passa dans le salon. Toujours cette démarche traînante. Le Geek jouait à la console, jambes en tailleur, sourcils froncés, langue à demi tirée, ses doigts enfonçant les touches très rapidement. La vitesse accrût la douleur du Hippie qui ferma les yeux. Une main sur son front brûlant. Non, non, il mourait de froid ! Le camé s'appuya de tout son poids contre le mur du salon. Le monde se dérobait sous ses pieds. Sa tranchée en feu se resserra. Malaise.


-C'est une grippe, doublée d'une gastro. Eh bien, mon jeune ami, il n'y a rien à faire.

-Rien du tout, gros ?

Le Hippie était descendu au laboratoire du prof sur ordre de Mathieu. Depuis quelques temps -pour ne pas dire depuis la discussion téléphonique- l'homme au chapeau marron ne cessait d'aller et venir aux toilettes, une main sur la bouche et les yeux exorbités. A cela s'était ajoutées des douleurs musculaires handicapantes, des maux de gorge, de tête. Les mouchoirs sales s'entassaient dans sa poubelle et la fièvre était grimpée très haut. Le Geek pariait sur une dépression, le Patron un manque de sexe, la Fille n'en pensait rien, et le Panda misait sur une rechute particulièrement féroce. Mais voilà, le Prof venait de tout rafler en annonçant une grippe sévère.

-Non, tu dois simplement rester allongé, manger à ta faim et boire beaucoup afin d'éviter toute déshydratation qui serait, je le pense, mal venue.

-Pas de clope alors ?

-Le tabac n'est pas conseillé, notamment si ton expiration de l'air devient spasmodique et bruyante.

-Euh ?

-Si une toux se déclare, en somme.

-Ah. J'en ai pas envie de toute façon. Merci gros.

Le Prof renifla en plissant le nez. Cela devait signifier « il n'y a pas de quoi ». Le Hippie rejoignit sa chambre. Il se jeta sur son lit. Il mourait d'envie d'aller chercher le téléphone fixe pour informer son Hippie de son état. Mais il savait que de l'autre côté du fil, seul le silence le répondrait. Son homologue l'écouterait, s'inquiéterait probablement, mais, blessé, il n'ouvrirait pas la bouche. Il appuierait sur le bouton portant le petit combiné rouge et retournerait se rouler une clope. Le Hippie de Salut les Geeks aimait bien imaginer ce que son amant faisait lorsqu'ils n'étaient pas ensemble. Un truc bidon de couples bidons. Et pourtant, il aimait bien. Manquant d'air, il se retourna. La fièvre faisait le faisait larmoyer. Il retira ses lunettes, son chapeau et se dévêtit. Il enfila un pyjama -qu'il retrouva au fin fond de son armoire- et tous les pulls qui lui tombèrent sous la main. Il n'était pas sûr que ce fût la meilleure solution pour se guérir, elle n'en demeurait pas moins la plus agréable. Pourtant, même avec toutes ces épaisseurs, il ne cessait de grelotter. Ses dents claquaient, ses jambes tremblaient. La sueur coulait le long de son dos. Il n'avait pas l'habitude. C'est vrai, d'habitude, seuls le Geek, le Panda, Mathieu voire la Fille tombaient malades. Le Hippie, le Patron, jamais. Le Prof non plus. Il se dit qu'il faisait un très mauvais malade.

A cet instant, la porte de sa chambre s'ouvrit en grand, et quelqu'un entra. Le Hippie leva un regard douloureux. Il était persuadé qu'un homme ne cessait de planter une hache dans son crâne tant elle le faisait souffrir. Les ombres dansaient et l'homme qui était apparu dans le halo de lumière semblait n'être qu'une illusion. Après un effort intense, le Hippie reconnut le Geek. Il tenait un plateau dans ses mains.

-J-je t'ai apporté une soupe, ça va faire du bien à ta gorge. Et je t'ai fait un dessin.

Le Hippie se redressa. L'appétit ne lui était toujours pas revenu, et il n'avait pas soif. Mais si ça pouvait l'aider à guérir plus rapidement, alors il ferait tout ce qui était recommandé. Même par le Geek.

-Merci, gros, répondit le camé d'une voix éteinte.

Elle semblait venir de très loin, comme s'il avait parlé dans un tunnel. Le Geek posa précautionneusement son attirail sur les genoux du Hippie avant de tirer une chaise. Il s'installa ainsi au chevet de son ami. Le gamin l'observa boire sa soupe, tentant d'anticiper ses réactions. Après avoir bu, le Hippie jeta un œil au dessin. Il n'y voyait rien.

-Tu pourrais éclairer, gros ?

Le Geek s'exécuta. Sur la page blanche volait un pokémon orange, dont le nom échappait complètement au Hippie. Ça le toucha. Il le posa immédiatement sur sa table de chevet. C'était adorable.

-C'est comment, Hippie ?

-De quoi tu parles, gros ?

-De vivre sans lui.

Il entendit quelque chose se briser à l'intérieur de lui. Il crevait d'envie de récupérer ses lunettes, son chapeau, pour pouvoir se cacher derrière. Disparaître sous les draps, ne jamais remonter à la surface, ne pas avoir à affronter cette réalité qui le terrassait. Après tout, qui lui en voudrait ? Mathieu peut-être, parce qu'il avait besoin de lui, pour son émission. Mais mis à part son âme sœur, il n'avait personne. Les autres personnalités ? C'était... différent. Un autre degré d'amour. Ils étaient un peu contraints de s'apprécier. Vivre ensemble requiert une certaine entente, un soutien constant. La relation qu'il entretenait -avait entretenue- avec l'autre Hippie était supérieure à tout ce qui pouvait exister. L'innommable. Alors comment c'était, de vivre sans lui, d'ignorer s'ils s'aimaient encore ? C'était comme être à moitié mort. Une torture éternelle : l'esprit à demi mort qui ne vit plus que pour réaliser qu'il est en train de mourir. Un cercle vicieux, sans issue. C'était comme si chaque objet semblait lui dire « regarde, minable, comme il a pu me toucher de ses doigts si fins, regarde comme il a posé ses grands yeux bruns sur moi. Tendrement, amoureusement. Regarde, pauvre imbécile, et rends-toi compte de l'étendue de ce que tu as perdu ». C'était comme si à chaque bourrasque de vent, il lui paraissait qu'il était de nouveau là, l'enfermant dans une étreinte passionnée. Comment l'exprimer ? Comment lui dire, à ce gamin, ce que c'était que de vivre sans lui ?

-Dis-toi qu'à chaque fois que je prends une fusée pour Mars, j'espère toujours qu'il m'y attendra. Mais la planète reste inexorablement vide.

Le Geek fronça les sourcils. Non, évidemment, il ne comprenait pas. Personne ne comprenait. Mais le Hippie ne lui en voulait pas. Ce n'était pas sa faute.

-Il est très beau ton dessin, gros.

Le gamer lui sourit de toutes ses dents. Il s'apprêtait à le serrer dans ses bras, mais se ravisa au dernier moment.

-J-je dois y aller... Mathieu m'a dit de ne pas rester trop longtemps et surtout de ne pas avoir de contact physique avec toi. Il a dit que la grippe c'était super contagieux.

-Il a raison.

Le Geek reprit le plateau, éteignit la lumière et se retira. La pièce était de nouveau plongée dans le noir complet. Le Hippie se sentit soudainement seul. Perdu au fond de sa caverne de Platon, avec ses illusions dansant devant ses yeux. Il les ferma, partant à la recherche du sommeil. Dans les lambeaux de son esprit, il parvint à trouver le visage qui l'apaisa. Morphée le borda et l'embrassa. Promis, demain, il irait mieux.


BAM.

Le Hippie sursauta. Un pieu s'enfonçait petit à petit dans son crâne endolori. Plissant les yeux, il vit que la porte était grand ouverte. Elle avait été presque enfoncée et avait rebondit contre le mur. L'intrus lui lança quelque chose d'un peu lourd et marmonna :

-C'est Kriss, gamin.

Le Patron. Le camé se tint la tête, tentant de retrouver un semblant d'équilibre. Lorsque ce fut chose faite, il attrapa le combiné et murmura un « Allô ? » faiblard.

-Allô Hippie ? C'est Kriss ! Comment tu vas ? demanda-t-il inutilement.

-Mal, gros. La grippe et la gastro.

-Oui, Mathieu m'a dit... Je voulais prendre de tes nouvelles. Surtout repose-toi bien qu'on puisse te revoir en forme !

Son sang ne fit qu'un tour.

-Vous allez monter sur Paris ?

-La semaine prochaine, ouais! On a quelque chose de carrément trop cool à vous annoncer ! Et puis ça fait une paye que je vous ai pas vu, comme j'avais pas pu y'a deux semaines.

-Oui... Oui c'est vrai.

-Bha écoute, j'espère que ça va s'arranger. Hein ? C'est Hippie. … . Oui. Bon, écoute mon pote, t'as un bisou de tout le monde -une vingtaine de voix hurlèrent « bisouuuuus »- Ils viennent de me défoncer l'oreille ces idiots. A bientôt !

Le Hippie hésita. Tenter ? Le tout pour le tout.

-Tu peux lui dire que je l'aime, gros.

Silence.

-Il le sait déjà.

Oui. Mais lui ne le savait pas. Il voulait savoir si le cœur de l'autre Hippie battait toujours pour lui.

-A-A plus mon pote.

Le Hippie ne répondit pas. Il posa le téléphone à côté de lui et retomba sur ses oreillers. Il se moucha. Vivement que cela cesse. Il jeta le mouchoir dans sa poubelle. De toute façon, ce n'était qu'une petite grippe.


Cela vous a plu? Des choses à redire? N'hésitez pas à me laisser une review. Je vous offre des cookies. Sans chocolat parce que j'ai mangé toutes les pépites. Mais voilà. Cookies pour tout le monde.

E.T. qui vous souhaite une merveilleuse journée/soirée/nuit, entourez la bonne réponse.