Rafrob: Je ne pense pas que Square Anix me remercie de travestir leur personnage ;)
HikaruValentine: Merci beaucoup, vraiment ! J'espère que la suite va te plaire. Et désolé d'avoir massacré ta vision de ce merveilleux personnage^^.
Incarndu91: Déjà merci :). Et pour Lucrecia, tu vas voir que c'est pas tout à fait la même (me demande pas pourquoi, j'en sais rien ^^)
Chocolate Kangoo: Merci, et en espérant que tu trouves la suite tout aussi sympathique :)
Lunagarden: Merci beaucoup :3. Cela me touche comme review ! Il est vrai qu'il faut oser transformer les personnages à sa manière, mais une fois que t'as prit le coup de main, c'est génial :)
Chapitre 2 :
C'est étrange comme tout peux changer. Froissant toujours plus les pages de ce livre en les tournants, je ne peux m'empêcher de m'arrêter sur ta photo, coincée entre deux pages. C'est un peu comme mon cœur ouvert. Je ne peux pas me résoudre à tout quitter, enveloppée de la froideur du laboratoire, sans me souvenir à nouveau de ce jour où je t'ai découvert. Où nous nous sommes découvert. Y penser m'entaille le cœur, alors que chaque phrases de ce roman entre mes mains me soufflent la chaleur de ton sourire.
Jour 2,
J'avais le total contrôle de mes sens. Il était amusant d'entendre les scientifiques dire que je les avais retrouvé, alors que je n'avais pas l'impression de les avoir un jour utilisé avant mon réveil. En effet, tout bruit, toute lumière, toute sensation m'étaient inconnues. Parmi toutes ces choses nouvelles, j'avais plus le sentiment d'être une enfant que quelqu'un de perdu. Il semblait d'ailleurs que cela gênait les gens qui s'occupaient de moi. D'après eux, je devrais être plus pâteuse qu'énergique, l'énergie d'après eux se résumant à rester en place. Mais quand on naît, n'est on pas censé pleurer ou rire pour un rien ?
J'étais toujours assise de la même manière, au même endroit, sur le même sol. Surface qui commençait à m'être familière. Elle et moi avions juste été lavé et débarrassé de cet affreux liquide verdâtre. Il l'appelait « Mako ». Cela aurait pu être de la soupe que pour moi cela n'aurait rien changé. Je me posais déjà trop de question pour me soucier de cela. Les mêmes scientifiques que la veille étaient auprès de moi. La veille. On me l'avait juste dit. Je n'avais pas vraiment la notion du temps, à peine sortie de mon cocon. Un élément étrange. Il semblait tout régir ici. Il était une curieuse manière de percevoir la vie, prisonnière d'un compte à rebours. Debout depuis à peine vingt quatre heures, j'en étais déjà à songer au but même de mon existence. Existence qui se résumait pour l'instant à de la brasse dans un bocal de soupe. Pourtant, d'après les autres, j'avais dix-huit années à mon actif. Des années dont je ne me souvenais absolument pas. A croire qu'ils me confondaient avec quelqu'un d'autre. Quelqu'un qui avait vraiment vécu.
- Si tu veux bien me suivre, je vais te présenter aux autres Soldats.
La voix de Lucrecia était la même qu'hier. Douce, avec cette pointe de chaleur agréable qui vous fait sourire. Elle avait tenté à plusieurs reprises de me parler. Hélas, communiquer n'était pas vraiment ce dont je rêvais. Son geste était touchant, mais je ne voulais pas. Pourquoi me forcer ? Je la regardais toujours de cet air impassible, plus perdu que réellement froid. Elle allait me présenter à certaines personnes. Ces gens la ne savaient donc encore rien de moi. Cela nous plaçait en quelque sorte sur un pied d'égalité.
- Tu peux te lever ?
La jeune femme se tenait devant moi, alors que je pensais de nouveau. Je décrochais facilement des conversations qu'on lançait en ma présence. Je lui répondis d'un simple hochement de tête. Je ne savais pas vraiment si j'en étais capable, mais j'entrepris de me hisser sur mes deux jambes. Succès. Dressée de toute ma hauteur, je me rendis compte que je n'étais pas vraiment petite. Du moins, comparée à la scientifique devant moi. Je compris à son nouveau sourire qu'elle était satisfaite. D'un geste souple de la main, elle m'indiqua un escalier, un peu plus loin devant moi. J'ai donc commencé à gravir les marches, Lucrecia derrière moi. Notre petite aventure au travers des divers couloirs de l'immeuble nous conduisit finalement jusqu'à un étage bien au dessus du laboratoire. Les murs étaient sombres. Le plafond était sombre. Tout était sombre. Je ne distinguais même plus mon ombre contre ces murs. Ils semblaient fait de cendres. Ils ne me rappelaient rien. Comme tout ce que je voyais, je ne me souvenais de rien de ce que j'étais censé connaître. J'aurais bien voulu naître avec le souvenir d'avoir été heureuse, et surtout vivante.
- Normalement, ils sont là, me lança Lucrecia, les deux mains jointes.
Elle semblait anxieuse. A la manière dont elle broyait chacun de ses poignées d'une main puis de l'autre, je voyais bien qu'elle n'était pas vraiment dans un état normal. Enfin, peut être que si, finalement. Peut être qu'elle retrouvait un état normal, après une journée entière avec moi. Je ne savais pas non plus ce qu'étais réellement des réactions émotionnelles. Qu'elles soient appropriées où non, je ne pouvais pas le dire. Pas encore.
La jeune scientifique, toujours plantée devant la même porte, finit par la frapper de son poing à trois reprises. Sans même attendre une quelconque réponse, elle entra dans la pièce. Rien qu'à la voir dans l'entre bâillement de la porte, je pouvais bien voir qu'elle ne ressemblait pas au laboratoire, bien qu'elle soit tout aussi triste. Mes yeux n'avaient pas besoin de s'habituer à une quelconque clarté pour se retrouver dans des lieux désertés par la lumière. J'en avais aperçu des fragments, dû aux néons du laboratoire, première chose que j'avais vu. La lumière restait néanmoins une chose abstraite pour moi.
- Rentre, n'ai pas peur !me murmura Lucrecia en me tirant par le bras.
Pourquoi n'aurais-je pas le droit d'avoir peur ? Je me laissai tirer par la jeune femme à l'intérieur de ce lieu dénué de chaleur. Lucrecia n'y était pas seule. Il y avait à côté d'elle deux autres personnes. Des hommes. Leurs visages différaient énormément de celui du scientifique présent à mon réveil. Leurs traits tellement moins tirés me firent même un instant penser qu'ils n'étaient pas de la même espèce. Le premier avait les cheveux noirs, et moyennement long. Sa carrure était imposante, surmontée d'un regard bleu perçant posé sur moi. Il était curieux de constater que le regarder n'était pas déplaisant. Il prenait appuis tantôt sur son pied droit, tantôt sur le gauche, si bien que je le crus rapidement agacé. Peut être était il désireux d'en finir rapidement avec les présentations.
Je reportais finalement mon attention sur le second homme, un peu plus en retrait. Un léger sourire sur les longs, ses yeux de félins bleu vert valsaient de Lucrecia à moi avec un certain intérêt. Il avait un regard plutôt curieux à mes yeux. Profond. Ses longs, très longs cheveux argentés impeccablement coiffés se balançaient doucement contre son dos, accentuant la finesse de sa silhouette. Il semblait grand. Il devait me dominer d'au moins une tête. Je pris un étrange plaisir à le détailler entièrement. Son physique ne m'était pas désagréable. Je ne savais pas vraiment quel mot était approprié à cela. Il y avait cette chose indéchiffrable qui gardait mes yeux scotchés à sa contemplation. Seul le léger toussotement de Lucrecia me fit réagir. Tout en secouant la tête, je me rapprochai d'elle. Je ne saurais dire pourquoi, mais en ce moment elle me rassurait. Peut être simplement parce qu'elle était la seule chose ici que je connaissais.
- Bien, commença-t-elle, la voix tremblante. Voici Angeal et Sephiroth, Soldats de classe 1, la tienne. Vous allez passer beaucoup de temps ensembles, en mission comme ici. Puissiez vous vous apprécier.
- Qui es tu ?me demanda aussitôt le brun.
Que devais-je répondre à cela ? A part je ne sais pas, ou tout simplement personne, je n'avais pas vraiment d'idées. Il y eut un moment de silence.
- Demandez à Lucrecia, elle le sait mieux que moi, ais-je finis par chuchoter en baissant la tête.
Tous parurent un peu surpris de ma réponse. Moi, elle me faisait plus mal qu'autre chose. Entendre de ma propre bouche que la personne à côté de moi en savais d'avantage à mon sujet que moi m'attristais un peu. Il était drôle de se dire qu'elle pouvait leur raconter n'importe quoi, je ne pourrais même pas corriger ses mensonges, vu que je ne savais rien.
- Elle s'appelle Genesis, répondit la jeune scientifique en se tordant un peu plus les doigts. Elle est la nouvelle recrue qui vous a été annoncez. Elle sort juste du Mako, alors ménagez la.
- On nous avait annoncé un homme, il me semble, répliqua de nouveau le brun, peu convaincu.
- A nous aussi, avoua Lucrecia. Mais je pense que c'est une erreur du rapport.
Le jeune homme se contenta de hocher la tête. Un homme. Moi même il m'avait semblé être un homme. Enfin, peu m'importait, vu que je n'avais pas l'impression d'être grand chose.
- Bien, je vous laisse entre vous, marmonna Lucrecia.
Je la regardai s'éclipser rapidement. Je ne comprenais pas vraiment ce qui la mettait dans un tel état. Non, je ne comprenais toujours pas. Elle avait un tempérament tout juste curieux.
- Je n'ai jamais vraiment aimé cette scientifique, soupira une voix à ma droite.
En tournant lentement la tête, je tombais face à un visage pâle encadré de mèches argents.
- Enfin, peut être est ce juste parce qu'elle porte le même nom que l'ancienne assistante du professeur, dont on a entendu parler, continua-t-il. Je ne comprend pas qu'il ai choisit comme aide de camp une autre Lucrecia. Cela ne ramènera pas l'ancienne. Toujours est il que c'est un prénom moyennement apprécié ici. Mieux vaut que tu l'appelles Lucie, comme tout le monde.
Ce jeune homme qui n'avait pas lâché un mot en la présence de la scientifique venait de me soupirer un long monologue sur un simple prénom. Je ne savais toujours pas quoi dire de lui, mais mon regard se retrouva une fois de plus comme aimanter au sien. Une question de plus vint se greffer à mes neurones en ébullition. Qui était cette fameuse ancienne assistante, et le professeur qui la cherchait à travers la nouvelle ? Je ne me connaissais déjà pas moi même que je voulais déjà connaître les autres. De toute façon, personne n'avait vraiment de preuve que j'étais bel et bien quelqu'un, vu qu'une erreur figurait jusque sur le « rapport ». Peut être qu'ils attendaient quelqu'un d'autre. Peut être que l'erreur, c'était moi.
- Je suis Sephiroth, reprit le jeune homme aux cheveux argents. Et lui, c'est Angeal. Alors, dis moi, sais tu ce que tu fais ici ?
- Pas vraiment, chuchotais-je.
- Ta mémoire en a prit un coup, soupira le dénommé Angeal. Tu as passé deux ans à te faire irradier de Mako pour te retrouver ici. Et pour au final oublier ce que tu viens y faire.
Je baissais de nouveau la tête. Si j'avais eu un but avant, je l'avais bel et bien oublié, comme tout le reste de cette vie que l'on disait mienne.
- Tu es membre du soldat, m'expliqua Sephiroth en s'approchant de la seule fenêtre de la pièce. C'est le bras armé de la compagnie Shinra, assez souvent en contact avec les Turks, son unité spéciale. D'ailleurs, demain il faudra sans doute que tu les rencontre, eux aussi, ainsi que notre futur président. Nous, nous sommes là pour effectuer des missions pour préserver la sécurité des habitants de la planète. Mais nous, nous ne sommes pas n'importe quels membres de cette organisation. Nous sommes les meilleurs. Nous sommes les premières classes.
Alors que je l'écoutais avec la plus grande attention, il me fit signe d'approcher. Les noms qu'il employait ne m'était pas encore très familier, mais je décidai de les ranger dans un coin de ma tête. Il me désigna du doigt la fenêtre. Dehors, une ville se dressait, un peu plus bas.
- Et ça, c'est un de nos terrains de chasse, reprit-il.
Exposée à la faible lueur du jour, la pâleur de son visage s'intensifia encore plus. J'avais trouvé. J'avais trouvé ce qu'il était. Il était beau.
Je ne pus empêcher mes larmes trop longtemps retenues de s'écraser sur le papier, tandis que je refermais mon livre, en prenant soin de n'en froisser aucunes pages.
