Bonjour tout le monde,
Alors déjà un grand merci à Althea, Lia, Elayna Black, atchoum16, Plague05, Shimy, valabo et caramelise pour vos reviews. Contente de voir que certains m'ont suivi dans l'aventure et merci aussi à ce qui m'ont rajouté dans leurs alertes et leurs favoris :)
Concernant le rythme de publication, je pense essayer de poster un chapitre tous les mercredi.
On m'a également poser des questions sur mes autres fics, sachez que je n'ai pas l'intention de reprendre une autre de mes fics, celle ci, sera la seule et l'unique ( et c'est déjà bien hein xD )
Sur ce je vous souhaite une bonne lecture :)
ps : Une petite mention spéciale à Lia, qui me suit dans toute l'aventure et qui m'aide énormément. ^_^
CHAPITRE 2
Je détestais le jeudi matin pour plusieurs raisons. La première étant que les cours débutaient à 8 heures précise, la deuxième était qu'on commençait avec un cours de sortilège, et pour finir la troisième et pas des moindres était que Sirius avait décrété que le jeudi serait le jour où il tenterait par divers moyens de me parler en privé. Je ne voulais pas être confrontée à lui, les quatre heures de cours par semaine en sa compagnie me suffisaient amplement. En général j'essayais de ne pas trop me faire remarquer pour qu'il n'ait aucun prétexte à venir me trouver. Je l'avais rayé de ma vie il y a déjà plusieurs années de cela et je n'avais pas besoin qu'il revienne aujourd'hui. Je m'en sortais très bien toute seule, entourée de mes amis. Je ne voyais vraiment pas ce que quelqu'un comme lui pourrait m'apporter de bon. Le cours qui suivait celui de Sirius était celui du professeur Lupin. Même s'il n'était pas aussi populaire que mon frère, il avait déjà trouvé son fan club parmi les étudiantes ce qui bien entendu nous obligeait à supporter un concert de gloussements sans fin.
Comme d'ordinaire, Victoria et moi prîmes place au second rang alors que tranquillement Alexandre nous rejoignait un rang derrière. Depuis quelques temps déjà ma meilleure amie paraissait pensive, elle passait le plus souvent ses nuits en dehors du dortoir et je me doutais bien que les deux évènements devaient avoir rapport l'un avec l'autre. De souvenir, mon amie n'avait pas paru aussi captivée par un garçon depuis son premier amour de quatrième année. Je me demandais bien de qui il pouvait s'agir, Victoria n'était pas du genre à aller chercher des partenaires dans les années inférieures alors cela réduisait considérablement mon champ d'investigation. La porte de la salle claqua et au même moment des rires se firent entendre au fond de la salle. Pourtant le professeur Lupin était toujours égal à lui-même. Un vieux pantalon de costume noir élimé, un pull à col en V gris, vraiment rien d'extraordinaire dans sa façon de s'habiller. Certaines mèches de ses cheveux châtains retombaient devant ses yeux dorés et pendant un court instant je me surpris à me demander si durant sa jeunesse il avait été du genre à collectionner les conquêtes ou à se borner à une partenaire fixe.
Il passa derrière son bureau, déballant ses affaires ainsi que les quelques objets qui allaient servir à animer le cours. Je l'observais, le détaillant du regard, examinant ses mains, les traits de son visage. Non décidément il paraissait trop sérieux pour être du genre à multiplier les aventures. Sans que je m'y attende ses yeux croisèrent les miens et je ne pus m'empêcher de baisser la tête en rougissant. Quelle petite gourde je faisais, qu'Est-ce qu'il allait penser maintenant, que j'étais une de ces petites dindes qui se pâmaient d'admiration devant lui ? Essayant de reprendre contenance je relevais le regard. Il n'avait pas bougé, il continuait à me fixer, mais étrangement ce regard ne me mettait pas mal à l'aise. Je détestais que quelqu'un puisse me dévisager mais là c'était différent. Il me regardait tout simplement, et ce simple fait suffisait à me mettre en confiance sans que je comprenne comment. Il fallut, pour que l'échange visuel prenne fin, que Alexandre me plante sa baguette dans le dos. Avec ma chance ce petit incident n'avait pas échappé à mes amis.
- Et après ça tu veux nous faire croire qu'il n'y a rien entre vous ? Ricana mon meilleur ami
- Je ne vois pas de quoi tu parles mentis-je en essayant de ne pas me laisser déboussolé
- Je peux te dire que même avec toute l'expérience que j'ai, jamais je n'avais vu un regard aussi brûlant. Allez avoue nous tout ma petite Cassie, depuis quand ?
- Depuis quand quoi ? Demandais-je innocemment
- Et bien depuis quand vous couchez ensemble évidemment, voyons Cassie il y a des priorités que tu ne peux ignorer
- Vous êtes fous répondis-je en levant les yeux au ciel
- C'est ça fais l'innocente, mais on en reparlera dans quelques mois et là tu ne pourras plus ignorer l'évidence
- Et peux tu me dire quelle est cette fameuse évidence Victoria ? Soupirais-je
- Que toi et lui êtes fait pour être ensemble
- Si je vous écoutais je serais faite pour aller avec n'importe quel garçon un minimum potable qui passerait par là
Malgré la décontraction avec laquelle je prononçais cette dernière phrase je ne pus m'empêcher de lancer un autre regard au professeur Lupin. Qu'Est-ce qu'il avait de si spécial après tout ? J'étais folle de me laisser influencer par les opinions de mes amis, il n'existait aucune sorte d'alchimie entre nous, il n'était rien pour moi, et je n'étais rien pour lui. Fin de l'histoire.
Le cours se passa sans aucune autre anicroche. Du moins jusqu'à ce que le professeur Lupin propose de faire des exercices par groupe de deux. Au début certes c'était très amusant, Victoria et moi nous lancions de petits sorts sans envergure quand Rémus passait à côté de nous mais dès qu'il avait le dos tourné nous en profitions pour discuter joyeusement en incluant Alexandre dans nos petites plaisanteries. Le problème était que tous les autres groupes se comportaient exactement comme nous au plus grand daim de notre professeur qui n'eut d'autres choix que de former de nouveaux duos. Heureusement pour moi j'eus la chance de me retrouver avec Teddy, ce n'était peut être pas l'un de mes meilleurs amis mais je l'appréciais. A sa façon il pouvait se montrer gentil, et je savais qu'il n'oserait pas me lancer de sorts trop puissant. En voyant avec qui Victoria se retrouvait j'eus vraiment de la peine pour elle. Comment le professeur Lupin avait-il pu l'associer à Vincent Bullstrom ? N'était-il pas au courant de l'animosité profonde qui existait entre eux ? Des sorts fusaient de part et d'autre mais moi je me contentais de me protéger quand Teddy tentait de m'atteindre.
- Tu m'as l'air distraite Cassiopée, en temps ordinaire tu m'aurais déjà envoyer par terre depuis longtemps lança Teddy en me sortant de ma torpeur
- Je préfère te laisser l'avantage pour cette fois dis-je en lui adressant un petit sourire
- Ne t'inquiètes pas pour Victoria, je ne pense pas que le professeur Lupin la laissera se faire tuer
- Tu tiens vraiment à ce que je te ridiculise n'Est-ce pas ?
Avec un petit sourire énigmatique il a soudainement levé sa baguette et je savais exactement ce qu'il allait faire. Il prononçait toujours le même sort, il n'était pas difficile de le contrer, ou même de riposter. Pourtant je n'en fis rien, les autres nous regardaient et je ne voulais pas l'humilier devant ses amis. Sous la violence du coup je me retrouvais par terre sans vraiment comprendre ce qui m'arrivait, peut être que si j'avais prévu que ce serait aussi douloureux je me serais un peu défendu, mais de toute façon maintenant il était déjà trop tard. Les Serpentards ricanaient quant aux autres élèves je n'eus pas vraiment le temps de m'en soucier puisque déjà le professeur Lupin était accroupi à mes côtés. C'était la première fois qu'on était aussi proche, mise à part la fois du train où on s'était serré la main évidemment. J'aimais son parfum, un mélange subtil d'odeur animal et de vieux livres. Il passa sa main sur mon épaule avant de descendre doucement vers ma main. J'eus l'impression que ce simple geste était fait au ralenti tellement mon cœur battait dans ma poitrine.
- Vous avez mal quelque part ? demanda-t-il sur un ton inquiet
- Non je … enfin je m'en remettrais … répondis-je troublée
Je pense que ma réponse ne lui a pas vraiment convenu puisque quelques secondes plus tard il m'aidait à me relever gardant ma main dans la sienne. Je n'avais pas fait attention aux personnes autour de nous si bien que quand Teddy prit la parole j'eus un violent sursaut que je pense le professeur Lupin prit pour un symptôme de quelque chose de plus grave.
- Je vais l'amener à l'infirmerie proposa le préfet alors que Rémus continuait à me regarder se demandant sûrement ce qu'il conviendrait mieux de faire
- Non inutile, je vais bien, vraiment répliquais-je immédiatement
- Cassiopée tu as fait un bond de deux mètres en arrière avant de t'écrouler par terre, un passage par l'infirmerie s'impose. Professeur ?
- … Tout à fait, oui, faites ça. Je passerais prendre de vos nouvelles à la fin du cours miss Black
Il avait paru hésitant et j'avais eu le mince espoir qu'il ne m'envoya pas là bas. Pourtant bien entendu je n'allais pas y échapper, et merlin seul savait comme je détestais cet endroit. Sa main lâcha la mienne et instantanément Teddy se matérialisa à mes côtés. Je lançais un dernier coup d'œil à Victoria et Alexandre qui regrettaient surement de ne pas pouvoir venir avec moi et je me laissais entrainer par mon ami dans les couloirs de Poudlard. Ils étaient tous désert, mais rien de plus normal puisqu'il n'était que 11H20 et que tout le monde était encore en cours. Je marchais tête basse regardant ma main. Pourquoi cela m'avait-il fait cet effet quand il l'avait prise ? Déjà dans le train j'avais ressenti quelque chose d'étrange, et voilà que ça avait recommencé.
- Tu sais je suis désolé pour tout à l'heure, je pensais que tu esquiverais, si j'avais su que tu ne m'avais pas vu venir jamais je n'aurais …
- Je t'ai vu venir mais disons que je voulais te laisser ta minute de gloire. Tu ne sais pas ce que ça apporte comme popularité de m'envoyer à terre dis-je en plaisantant
- Ce n'est pas amusant Cassiopée, j'aurais pu te faire très mal
- Oh tu sais j'en ai vu d'autre
Devant le regard perplexe qu'il me lançait je commençais à me dire que j'aurais mieux fait de réfléchir avant de prononcer cette phrase. Le couloir de l'infirmerie n'était plus qu'à quelques mètres et déjà je sentais mon ventre se nouait. Si Pomfresh me demandait de me déshabiller pour vérifier que tout allait bien ça allait être le début d'un pénible questionnaire que je n'avais pas du tout envie de passer.
- Tu sais Teddy je n'ai pas vraiment envie d'aller à l'infirmerie. Peut être que tu pourrais m'amener tout simplement à la tour Gryffondor pour que je me repose ?
- Non j'ai dit que je t'amenais à l'infirmerie et je t'y amènerais, si ça se trouve tu as des blessures que tu ne soupçonnes même pas
- Je te promet que si je ressens la moindre douleur je te préviendrais, mais ça ne sert vraiment à rien de déranger Pomfresh pour si peu
- C'est son travail d'être dérangé, allez viens
Je ne voyais pas comment m'éclipser, Teddy semblait déterminer et le faire changer d'avis semblait impossible. L'infirmerie approchait à grand pas et j'imaginais déjà des excuses toutes plus farfelues les unes que les autres. J'étais tombée dans ma douche, les escaliers, de mon balai. Alors que j'énumérais tous les endroits possibles et inimaginables je fus arrêtais dans ma marche par Teddy qui venait de se placer juste devant moi. Que voulait-il encore ? Me trainer de peur que je ne m'échappe en courant ?
- Ecoute il faut que je le fasse maintenant, tu sais Cassiopée je t'aime bien
- Oui moi aussi dis-je prise à dépourvue
- Ce que je veux dire c'est que je t'aime plus que bien. Et je me demandais si ce week-end tu avais déjà quelque chose de prévu ?
Comment décrire mon sentiment à ce moment précis ? J'étais choquée, incapable de dire quoique ce soit. Jamais je ne m'étais doutée que Teddy m'appréciait plus que ça. Il attendait une réponse et je ne savais que dire. Je n'étais pas habituée à ce genre de situation, c'était le lot de Victoria d'ordinaire et à vrai dire j'avais toujours trouvé ça très bien comme c'était.
- Enfin tu n'es pas obligé de répondre tout de suite, tu peux y réfléchir
Je regardais Teddy, essayant de réfléchir à la meilleure réponse qu'il conviendrait de lui donner. Mais je n'arrivais pas à me concentrer, la porte de l'infirmerie était toute proche et je ne pouvais m'empêcher de laisser dériver mes pensées sur ce qui se passerait quand je me retrouverais à l'intérieur de cette pièce. C'est là qu'il entra dans mon champ de vision, comment ne pas le reconnaître ? Sirius possédait une démarche bien à lui, confiante et charmeuse à la fois. Il lança un regard dans notre direction et alors qu'il allait approcher je fis la seule chose qui me parut possible pour l'éloigner.
- J'accepte répondis-je soudainement en lui adressant un baiser sur la joue
Mon frère parut perplexe, je le vis hésiter pour finalement tourner les talons, rebroussant chemin. J'observais à nouveau le jeune homme qui me faisait face, après tout qu'Est-ce qu'un petit rendez vous ? Je ne risquais pas grand-chose et puis ça semblait lui faire plaisir.
***
Sirius m'avait emmené dans une sorte de bar branché qui apparemment sélectionnait avec soin ses membres. Nous n'eûmes aucun mal à entrer et je devinais aisément que cela avait plus à voir avec le pourboire que mon ami avait donné au videur plutôt qu'à notre allure, ou plutôt la mienne. A peine furent nous entrés que déjà des jeunes femmes venaient nous saluer. J'écoutais avec distraction la conversation qui se déroulait à quelques centimètres de moi tout en repensant à cette matinée. Cassiopée avait été blessé, un petit incident minime à première vue mais je n'avais pu m'empêcher de me précipiter pour l'aider. J'essayais de me persuader que j'en aurais fait de même pour n'importe lequel de mes élèves mais la réalité était tout autre. J'avais eu envie de la toucher, de m'assurer qu'elle n'avait rien. Le contact de sa peau était pour moi électrisant, il suffisait que nos mains entrent en contact pour que j'ai l'impression d'être dans un autre monde où seul sa présence comptait. Je ne savais pas vraiment comment réagir face à cette situation, elle m'attirait c'était indéniable mais je savais que tout rapprochement était strictement impossible. Elle était et resterait mon élève.
Pour cette raison, et là aussi j'essayais de m'en convaincre, j'ai été prendre de ses nouvelles à l'infirmerie. Je fus un peu surpris quand l'infirmière m'informa qu'elle n'avait reçu aucun élève depuis la veille mais ça ne m'étonna guère plus de quelques secondes. Elle avait du trouver un moyen de faire flancher l'élève qui l'accompagnait, pouvait-on vraiment forcer quelqu'un qui n'en avait pas envie à faire quelque chose ? Mais je m'étais promis une chose, si un évènement pareil se reproduisait, cette fois ci je l'accompagnerais moi-même jusqu'à l'infirmerie, cela dans le simple but de m'assurer qu'il lui soit prodiguer les meilleurs soins possibles. N'étais ce pas après tout ce que tout bon professeur pouvait souhaiter à son élève ?
- Tu n'as pas l'air très intéressé par ce qu'on raconte n'Est-ce pas ?
Reprenant mes esprits je remarquais à peine la jeune femme plantée devant moi. Elle était du genre blonde plantureuse, le style de femme que je ne fréquentais jamais mais dont Sirius raffolait. Ses cheveux retombaient sur ses épaules en un carré sophistiqué alors que son maquillage était destiné à faire ressortir le contour de ses lèvres ainsi que ses yeux bleus. Personne ne pouvait nier qu'elle était belle mais pour moi l'image de Cassiopée continuait à trotter dans ma tête, balayant toutes les autres sur son passage. Pourtant sans que je m'en rende compte, la jeune femme se rapprochait petit à petit de moi. Avant qu'elle ne m'embrasse pour la première fois j'avais juste réussi à savoir qu'elle s'appelait Georgia et cela semblait nous convenir à tous les deux. Je ne voulais pas d'une relation sérieuse, d'ailleurs je n'en avais jamais voulu, mais l'alcool aidant je finis par ne plus vraiment voir le mal dans une simple aventure d'une nuit.
***
En revenant ce soir là de Pré au Lard j'étais plutôt fatiguée mais en fin de compte la journée ne s'était pas si mal passée. Teddy avait été égal à lui-même. Gentil et prévenant. Nous avions un peu fait les boutiques avant d'aller prendre un café. Il avait évidemment tenu à tout payer, et même s'il n'était rien arrivé d'excitant et d'extraordinaire j'avais passé une bonne journée. La compagnie de Teddy était reposante et agréable, ce qui me changeait des aventures dans lesquels mes amis avaient tendance à m'embarquer. Oh certes j'aimais l'action, mais de temps à autre je n'étais pas contre l'idée de rester tranquille comme la plupart des filles de mon âge. Nous étions censés rejoindre nos amis respectifs dans la grande salle mais au fur et à mesure que nous approchions je le sentais ralentir. Déjà l'entrée n'était plus qu'à quelques mètres et je supposais que c'était à ce moment là qu'on était censé se dire au revoir. Respirant un grand coup je me retournais de façon à me placer devant lui, sa réaction ne fut pas longue à venir, il avait sûrement du penser que je l'encourageais à agir. Sa main enserra la mienne alors que ses yeux brillaient d'une lueur étrange.
- Bon et bien je suppose que c'est là qu'on se quitte. J'ai passé une très bonne journée, on devrait remettre ça bientôt dis-je en espérant qu'il arrête de me fixer comme s'il attendait quelque chose
Il ne me répondit pas, se contentant de sourire alors qu'il avait levé sa main la posant doucement sur ma joue. Un de ses doigts caressait ma peau alors que son autre main venait de se placer dans le bas de mon dos m'attirant légèrement contre lui.
- J'en ai eu envie toute la journée souffla-t-il
- Teddy je …
- J'ai envie de t'embrasser, tu m'y autorises ?
- Et bien …
Avant que j'ai eu le temps d'y réfléchir ses lèvres se posèrent sur les miennes. Cela ne dura qu'une seconde avant qu'il ne se retire me regardant à nouveau. Sa main n'avait pas bougé et pourtant même si j'étais plus proche de lui que jamais, il ne me faisait pas l'effet que réussissait à me faire Rémus par un simple contact. Comme je ne disais rien, il prit cela comme une invitation à recommencer, prolongeant un peu plus le baiser cette fois ci. Je ne savais pas trop ce que j'attendais, j'avais toujours imaginé mon premier baiser de façon tellement surnaturelle que ça me paraissait presque irréelle de me faire embrasser de façon aussi commune dans le hall. C'était certainement ce qui faisait à la fin d'un rendez vous qui s'était bien passé et puis ce n'était pas si terrible. Ses lèvres avaient un gout salé qui n'étaient pas si désagréables. En l'embrassant je me demandais si cela signifiait que notre relation allait se poursuivre. Et si oui de quelle façon. A nouveau il se détacha et dans mon champ de vision je ne vis pas seulement Teddy mais également mon frère et Rémus qui se tenaient devant les escaliers. Je croisais le regard du professeur Lupin et sans savoir pourquoi j'eus soudain honte de ce que je venais de faire.
Mon nouvel petit ami me souriait à présent et je me faisais l'impression d'être une très mauvaise personne. Jusqu'ici j'avais toujours évité d'être trop proche des gens, et particulièrement des garçons. Je ne savais même pas si j'avais vraiment envie d'être en couple avec quelqu'un. Si mes parents l'apprenaient ce serait terrible. J'imaginais déjà leur réaction et cela me fit vraiment froid dans le dos. Pourtant malgré tous les doutes que j'avais-je rentrais le sourire aux lèvres dans la Grande salle. Un baiser plus tard, je me retrouvais placée entre Victoria et Alexandre, ce dernier ricanait tout en recevant les billets que lui tendait ma meilleure amie.
- Ne me dites pas que vous aviez parié sur ce rendez vous ? Demandais-je en les regardant tour à tour
- La vraie question n'est pas là ma chère, parle nous plutôt de ce premier baiser. Était-il conforme à tes attentes ? Dégoulinant de romantisme dans une petite crypte secrète qui aurait échappé à l'attention de tous depuis des siècles ?
- Ou alors empli de passion dans une vieille maison hantée qui aurait accueilli des amants maudits du dix-huitième siècle ?
- Allez dis nous tout Cassie
- Encore faudrait-il que vous me laissiez le temps d'en placer une. Mais désolé de vous décevoir aucun des scénarios grandiloquents que vous aviez concocté ne s'est produit.
- Alors quoi ? Il s'est contenté de t'embrasser devant la porte comme un imbécile ?
- Ce n'est pas un imbécile …
Je me sentais mal à l'aise, le regard de mes amis était braqué sur moi et je pouvais sentir qu'ils se retenaient tous deux de me lancer les commentaires dont-ils avaient l'habitude. Qu'Est-ce que ça pouvait faire que ça se soit passé de manière commune ? Je n'étais pas différente des autres après tout. Mon frère et son ami rejoignirent leur table et à nouveau l'attention de mon professeur de sortilège m'était réservée. Pourquoi avais-je tant l'impression qu'il lisait en moi comme dans un livre ouvert ?
- Tu sais ma chérie ce n'est pas si grave que ça se soit passé comme ça, le principal c'est que tu en es eu envie et que ça se soit bien passé
- Parce qu'il t'a embrassé comme un dieu n'Est-ce pas ?
- Je … Je n'ai pas de point de comparaison pour vous répondre
- Mais les papillons dans le ventre, le cœur qui flanche tu l'as senti tout ça ?
- Je croyais que tout ça ce n'était que des superstitions pour ados romantiques ?
- Sauf que ma belle, tu es une adolescente romantique
- Il faut que j'y aille
Je savais qu'ils n'en avaient pas fini avec cette histoire mais je ne pouvais pas en supporter plus pour le moment. Je n'étais pas comme eux, pas aussi insouciante et expérimentée à la fois. Je n'avais aucune idée de ce qu'on était censé éprouver quand un baiser était réussi et jusqu'à ce soir ça m'importait peu. Teddy était l'une des meilleures personnes que je connaissais et la moindre des choses était de lui accorder une chance, après tout combien de couples avaient fini par s'aimer à force de passer du temps ensemble ? C'était peut être ce qui allait se passer, ça personne ne pouvait le prévoir.
- Cassiopée attends !
J'accélérais le pas, commençant à monter les marches sans m'arrêter. Il était hors de question que je lui parle, j'avais eu mon compte pour ce soir. Pourtant j'aurais du le prévoir, je ne pouvais pas m'échapper aussi facilement. Sirius faisait facilement une tête de plus que moi et surtout il grimpait beaucoup plus rapidement. Avant que j'ai eu le temps de comprendre il se tenait devant moi le souffle court. Son visage m'exaspérait parce qu'il me rappelait trop le mien. N'importe qui aurait pu voir que nous étions de la même famille, il était presque l'identique de Régulus, quant à ses yeux il me rappelait trop de souvenirs que j'aurais préféré oublier pour de bon.
- Professeur Black y a-t-il un problème ? Demandais-je condescendante
- Cassie j'aimerais que tu arrêtes avec ces professeur Black. Tu peux m'appeler Sirius.
- Vous êtes mon professeur, il ne serait pas convenable de vous appeler par votre prénom
- Je voudrais qu'on parle
- Mon dernier devoir ne vous a pas convenu ? J'en parlerais volontiers mais j'ai des choses à faire
Baissant les yeux je passais à côté de lui alors qu'il me rattrapait en me tenant par le bras. J'eus un sursaut, grimaçant alors que mon frère me fixait. Pourquoi ne voulait-il pas comprendre ?
- Je t'ai fait mal ? Montre moi demanda-t-il gentiment
- Lâche moi ! Répondis-je sèchement en retirant mon bras lui faisant face
- Cassie …
- Tu as perdu le droit de m'appeler comme ça le jour où tu es parti. Qu'Est-ce que tu croyais ? Qu'il suffisait que tu reviennes pour que je te saute dans les bras ? Je ne t'aime plus Sirius, je ne suis plus la petite fille qui attendait à la fenêtre que tu reviennes en pleurant. Je ne veux pas que tu m'approches, je veux que tu disparaisses pour de bon tu comprends ? Tu n'es plus mon frère à mes yeux et tu ne le seras plus jamais.
Je savais que je lui avais fait du mal, il suffisait de le regarder pour comprendre que je l'avais blessé. Mais je ne me sentais pas capable de faire autrement. Je lui en voulais, plus qu'à quiconque. Il m'avait abandonné en sachant parfaitement ce qui arriverait. J'étais égoïste, j'en étais consciente. Sirius était parti à cause de nos parents, de ce qu'ils lui faisaient subir, mais je ne pouvais m'en empêcher. Personne n'était au courant et je n'en étais pas fière. Je n'étais pas prête de lui pardonner et j'avais l'impression que ça serait toujours au dessus de mes forces malgré tous les efforts que je pourrais déployer.
***
Comment expliquer ce que j'avais ressenti en ces instants précis ? Sirius avait eu le cœur brisé par le discours de sa sœur alors que quant à moi le baiser qu'elle avait échangé avec ce Teddy avait tourné et tourné dans ma tête sans que je ne puisse rien contrôler. Il restait gravé dans ma mémoire, me tenant compagnie pendant de longues heures. Je les revoyais, encore et encore, lèvres contre lèvres, leurs corps entrelaçaient. Et je l'avais maudit plus que quiconque. Je savais que c'était déraisonnable, qu'à son âge les flirts étaient choses courantes mais j'avais détesté ce garçon au moment même où j'avais vu qu'il avait quelque chose que je pensais ne jamais obtenir. Bien sûr j'essayais de me dire que ce n'était pas de la jalousie, comme j'étais aveugle à cette époque. S'en était, une jalousie maladive, dévorante, irréelle. A cause d'elle j'ai fait quelque chose que j'ai par la suite beaucoup regretté. J'ai rappelé Georgia. Georgia et ses courbes aguichantes, Georgia et la façon qu'elle avait de s'abandonner dans mes bras. Elle n'était pour moi qu'une passade, mais dans son lit j'avais l'impression d'oublier peu à peu Cassiopée. J'étais sot, idiot et éperdument amoureux.
