Deux heures passèrent durant lesquelles Reiki dormait et Akashi travaillait dans la chambre du haut. Lorsqu'il descendit boire un café dans les environ de minuit, il remarqua une petite tête rousse devant la télévision. Il jouait sans doute sur sa console.

-Reiki, au lieu de jouer devant un écran, vas lire, tu dormiras plus vite.

-J'aime pas lire.

-Y a des mangas en haut, viens voir.

L'adolescent se leva et suivit son parrain, qui monta les marches de l'escalier de métal menant à l'étage, jusque dans une pièce remplit de livre. Il devait y avoir cinq bibliothèque avec un côté roman et l'autre manga. Une grande partie était en double ou en triple. La plupart étant de l'écrivain « Akihiko Usami » -ou son nom de plume.

-C'est qui ce « Akihiko Usami » ? demanda Reiki, curieux.

-C'est celui qui vas venir après demain avec son petit ami Mizaki.

-Usami est une femme ?

-Nan.

Reiki défigura Akashi d'un air de dire « qu'est ce qu'il raconte celui-là ? ». L'homme se mit à rire :

-Je rigole. C'est son colocataire. Bon, tu lis tranquillement, je passerai un peu plus tard.

-Je ne suis pas un bébé !

La porte de la pièce se referma et Reiki commença à feuilleter les divers mangas car les romans ne l'intéresseraient guère. Il se rendit vite compte qu'en réalité, ils étaient, pour la plupart, du genre Yaoi. « Mais c'est un vrai pervers Shiro ! Et cet Usami aussi ! » Pensa le roux. Pourtant, après avoir lut quelques manga de genre neutre qu'il avait réussit à trouver, il se mit à lire les autres.

Les images se ressemblaient beaucoup d'un manga à un autre. Deux garçons s'embrassaient après avoir révélé leurs sentiments ou après une dispute qui aboutissait toujours au même résultat, ou dans le même lit. D'accord, les dessins étaient un peu provoquant et parfois Reiki rougissait en voyant certaines positions que prenaient les personnages. Il n'arrivait pas à croire que son parrain écrivait et dessinait des choses pareilles, il devait bien s'y connaitre. « Et si il était gay ? » se dit Reiki. « Non, c'est impossible, aucuns homme ne pourrait le supporter je crois…Et puis il ne sort pas, il n'a aucun contacte…à moi que cet Usami… ? » Mais son attention se cabra sur le livre qu'il venait d'ouvrir et sa premier page. « Je t'aime Rio » Reiki dégluti. Il n'arrivait pas a bien y croire. Le prénom de son père se trouvait dans un manga Yaoi écrit par Shiro et qui plus est, dés la première page, les deux personnages –qui ne sont autre que Rio et Otaro- se disent des « je t'aime » et font des choses pas très catholiques dans un lit de deux places. Là, ce fit un peu trop gênant et Reiki se sentit soudain un peu à l'étroit. « Q-Qu'est ce qu'il m'arrive ?! Ce n'est qu'un manga !…. écrit par Shiro…et il est en train de…avec mon père. Mais c'est dégelasse ! Comment il a put… ! » Reiki posa rapidement le livre par terre et se coucha parterre tentant de mettre des idées au clairs, mais cette chaleur au niveau de l'entre jambe commençait à lui pesait lourd. Il ferma les yeux quand soudain :

-Reiki ? Tu dors ?

Il se retourna vivement vers la porte, là d'où venait les paroles.

-Ha ! s'écria t il surprit. Tu m'as fait peur !

-Toi aussi. Qu'est ce que tu fais parterre ?

-R-Rien. Je me reposais un peu. Je vais aller dormir.

-Attend, il remarqua le manga posait un peu plus loin. Il prit le jeune garçon sur son épaule- comme un sac à patate.

-Hé ! Lâche-moi ! Laisse-moi parterre ! s'écria l'adolescent en essayant de se débattre.

Ils descendirent les marches puis Reiki fut projeté sur le lit où il s'était réveillé le matin même.

-Met toi en pyjamas, tu dors ici.

-Non !

-Si. Tu ne crois pas qu'avec un état aussi instable que le tien je vais te laisser dormir tout seul ! Je ne sais pas si tu te souviens, mais tu as perdu tes parents il y a trois jours. D'ailleurs l'incinération est dans trois jours aussi. Et en plus tu as essayé de mettre fin à ta vie deux fois, ça as bien maintenant, faut arreter tes caprices stupides et puérils !

Reiki détourna la tête. Il ne voulait pas repenser à ça, alors, tranquillement, l'air triste, il alla se mettre en caleçon et se coucha dans le lit où Akashi l'attendait. Celui-ci se retourna du côté de Reiki. Il n'avait pas voulut lui faire de la peine en en parlant. Pour se faire pardonner il le prit dans ses bras en essayant de le rassurer un peu. Seulement, il ne se rendit pas compte que ce simple petit geste permis à Reiki de se rappeler du manga qu'il avait lut quelques minutes auparavant. Et là, le problème refit surface. Par contre, ce fut un peu plus embêtant par le fait qu'Akashi s'était rendu compte de la réaction du gamin.

-Dit moi, tu n'aurais pas comme un problème ? demanda t il en sachant parfaitement la vraie raison de cette réaction.

-J-je vais très bien, répondit l'autre en devenant de plus en plus rouge et en tentant de se dégager.

-Tu ne compte rien faire ?

-Q-Quoi ?! a-arrête ! Enlève ta main !

Mais vus au point où il en était, il n'était plus question de lutter. Akashi se mit au dessus de lui et commença à lui baisser son caleçon tout en caressent son corps. Ce sentant trop gêné, Reiki prit un coussin qu'il mit sur sa figure maintenant en feu.

-S'il te plaît… N-Ne me touche pas… !

Akashi fit taire le plus jeune en commença des va-et-vient sur son membre tendu.

-Quand c'est comme ça, il faut se satisfaire, non ?

-Mais… ! T-Tu m'fais mal.

-C'est par ce que tu ne sais pas apprécier.

Shiro libera la figure de Reiki et l'embrassa langoureusement pendant plusieurs secondes où le rouquin oublia tout le reste et prolongea même le baisé. Il se laissa envahir par le plaisir et ne réussit plus à retenir ses gémissements. Très vite, il se libera, faisant couler un liquide blanchâtre entre ses jambes et sur la main droite de Shiro.

-C-C'est répugnant…, souffla le plus jeune.

-Comme c'est mignon, c'était ta première fois ?

Le rouquin le repoussa et détourna le regard puis s'assit sur le bord du lit, tout tremblant :

-Je voudrais me laver…

Un frisson parcourut tout son corps. Il n'aurait jamais crut que cela puisse lui arriver, encore moins que ce serait son Shiro adoré qui le ferait.

-Il y a une douche dans la chambre, fit Akashi en montrant une porte sur le mur de gauche. Je vais me laver les mains également.

Reiki rougit de plus belle et trouvait ça de plus en plus répugnant. « Bon sang mais qu'est ce que j'ai fait…?! »

Lorsque Reiki revînt se coucher, il se mit tout au bout du lit. Il était encore gêné et trouvait le fait de dormir avec cet homme totalement dérangé. Mais il lui restait une chose à savoir.

-Pourquoi tu écris des mangas comme « ça » ?

-Hum…Sans doute par ce que j'en ai envie, répondit simplement le brun en croisant ses bras derrière la tête, fixant un point invisible au plafond.

-Tu as envie de faire « ces choses » ?!

-J'ai pas dis ça ! J'ai envie d'écrire ça. C'est tout.

-Alors pourquoi mon père se trouve dans tes mangas ?!

-ça, c'est à cause de nos paris. On devait faire un manga Yaoi nous concernant, Rio et moi. Le plus jolie gagnait le droit d'épouser ta mère. Je dessinais bien mieux, mais mes idées étaient trop focalisées, donc j'ai perdu. Par contre, si tu ne supporte pas ce genre de lecture, tu es prié de ne pas en lire. Je ne compte pas te masturber toutes les nuits.

Là, ce n'était pas la gêne mais la colère qui fit rougir le visage de Reiki.

-Alors arrête d'écrire des mangas comme ça ! Et ne te fiche pas de moi ! Je ne t'ai rien dit, moi !

-Je n'arreterai pas. En plus tu n'as pas lus les autres, au fond ?

-Non. Pourquoi ?

-Ce sont ce que j'ai dessiné dix ans auparavant. Tu en es le personnage principal.

-QUOI ?! COMMENT TU AS OSE ?! s'écria Reiki en se jetant sur son parrain. Qu'est ce que tu m'as fait faire là dedans ?!

-Rien ! Calme-toi ! Lâche mon t-shirt. Et enlève ton genou de là où il est, merci.

Le rouquin s'assit à nouveau sur le lit, tentant de se calmer.

-Ce ne sont pas des Yaoi. Tu n'as qu'à aller voir demain, tu ne fait rien de malsain, au contraire.

-…

-Reiki Ritsu…, réfléchit soudain Shiro. Je ne me rappel plus…

-Qu'est ce que tu raconte encore ?!

-Kitsu ou…Je me rappel! Je t'avais surnommé Kiss.

-Tu ne vas pas recommencer?! Je ne suis pas un bisou !

-C'est un surnom, maintenant rendors-toi. On a rendez-vous tôt.

-Mais…C'est quoi cette histoire de pari pour épouser Majori ?

-Tu ne peux pas appeler ta mère « maman » ? Et puis, ce sont mes affaires, dors je te dis.

Akashi attrapa le rouquin et le pressa contre lui, comme un enfant avec son doudou.

Il était neuf heures et demie lorsque les deux garçons sortaient du bureau de l'avocate. Apparemment, avec les caméras de la maison, la police avait la preuve que le crime était de l'auto défense et aussi un manque de raisonnement, un trouble psychologique. Reiki devait donc être suivi par un psychiatre toutes les semaines, le premier rendez-vous était prévu le même jour que l'incinération. Bien qu'ils sortaient d'un bureau, ils devaient retournaient dans un autre, celui du notaire familiale.

-Shiro…

-Hum?

-Je ne veux pas y aller. Je ne veux pas revoir le reste de la famille.

-Tu n'as pas le choix.

-Si, et je ne veux pas aller à l'incinération non plus.

-C'est toi qui récupèreras les cendres ?

-Non, c'est mes grands-mères qui vont les jeter au bord de la mer, comme Rio le disait souvent.

-…On va dire que tu es sous le choc. Par contre, le psy, tu vas supporter ?

-Non. Je le rendrais fou.

-Essai donc. Bon, après le notaire on ira au lycée pour t'inscrire, je suppose que tu es conscient que tu dois changer d'établissement.

-Oui…C'est vraiment obligé ?!

-Je ne peux pas t'amener tout les jours. Et c'est à trente minutes de la maison, alors que l'autre lycée est à dix minutes. Par contre, ménage toi, malgré que tu as vite reprit des forces, tu dois rester tranquille.

Ils arrivèrent devant une porte avec marquée « Notaire Mr. Jinoto »

-Drôle de nom, avait remarqué Otaro en rigolant.

La secrétaire les fit entrer dans le bureau. Il y avait déjà tout le monde, ce qui consistait à deux femme d'une cinquantaine d'années, une d'elles était accompagnée par son mari, il y avait aussi la sœur ainée de Rio et les deux grands frères de Majori. Tout ce petit monde debout devant le bureau de Mr Jinoto. Le seul intrus dans cet endroit était Akashi Otaro, d'ailleurs, la sœur de Rio le fit remarquer lorsqu'il rentra.

-Que fait –il ici ?! S'exclama t elle en le voyant.

-Madame, je vous rappelle que votre neveu vit chez lui, remarqua le notaire.

-Justement, c'est aberrant ! Reiki ne devrait il pas vivre dans sa famille ?!

-Calmez-vous s'il vous plait, nous allons en parler.

-Parler de quoi ? Continua Otaro. C'est la première chose de marqué dans le testament de Rio. « Reiki doit vivre chez son parrain en cas de décès des deux parents ». Nan ?

Là commença une dispute. Les grands parents trouvaient cela injuste et stupide de placer un enfant de seize ans chez son parrain plutôt que chez ses grands parents. Ce a quoi Otaro répondit « Il faut croire qu'il avait plus confiance en moi qu'en vous, votre fils. » Puis ça engendrait plus encore car les frères et sœurs étaient tous d'accord pour dire que le parrain en question était irresponsable et avait commis de trop nombreuses fautes dans le passé, il était donc incompétent pour aider un adolescent.

-Arrêtez-vous ! S'écrièrent en même temps Reiki et le notaire.

Tout le monde s'arrêta et regardèrent Mr Jinoto, Shiro gardait quand même un œil sur Reiki.

-Je vais vous lire le papier et nous jugerons la suite :

« Ceci est notre testament. Moi, Rio Ritsu et ma femme, Majori, exigeons que notre fils Reiki Ritsu soit adopté par mon meilleurs ami et aussi parrain de Reiki, Akashi Otaro qui, je suis sûr, acceptera. Tout refus de la part de nos familles ne doit être en aucuns cas tolérés. La maison doit entre vendu à quelqu'un, autre que la famille. Seul Reiki aura le droit de donner son accord pour une quelconque demande de réquisition d'un objet. La moitié de l'argent sera légué à Otaro et le reste divisé aux membres de nos familles. Nous souhaitons être incinéré. Faite des cendres ce que vous souhaitez.

Rio&Majori. »

Reiki avait recommençait a faire comme si il n'existait pas. Il se faisait tout petit et regardait sur le côté, évitant le regard des autres. Seulement, Otaro, lui, le voyait très bien, ce gamin apeuré devant tant de choses incompréhensibles, et il posa sa main droite sur l'épaule du jeune qui sursauta. Une des deux grands-mères s'aperçut que Reiki était un peu pâle et lui demanda :

-Tu ne te sens pas bien Reiki ?

Celui-ci releva la tête, regarda le notaire, parcourut du regard tous les visages qui l'entourait, Otaro en dernier, puis il sorti de la pièce en lançant un « je ne me sens pas bien ».

Le rouquin alla voir la secrétaire. C'était une jeune femme d'une vingtaine d'année, blonde aux yeux bleus avec des formes alléchantes. Elle le regarda et ouvrit la bouche pour prononcer ses mots mais fut interrompu par un homme de carrure, costard cravate bien ajusté.

-Reiki ! Qu'est ce que tu as ?

-Je ne les supporte pas. Laisse-moi là et retourne-y.

-Tu es sûr ? Ça te concerne aussi, tu devrais quand même rester un peu…

- Non, retournes-y.

-Si tel est ton désir, répondit l'homme avec un clin d'œil et en passant une main dans ces beaux cheveux roux et soyeux avant de repartir.

-Shiro…