Merci pour vos reviews, vous êtes trop sympas (même toi, Derpina, qui veux m'écorcher) ! ^^ Et promis, juré, craché, j'écrirai toujours Mathieu avec un t à partir de maintenant.
Ce chapitre est un flashback qui explique comment Mathieu a donné naissance à ses personnalités. Je vous préviens que ce chapitre contient de la violence et pas mal de grossièretés ! ^^'
Sur ce, bonne lecture, bande de moules à gaufres fluorescents ! ^o^
Mathieu n'avait pas fermé l'œil de la nuit. Il avait retourné le problème dans tous les sens et ne voyait que cette solution, ils devaient partir. Comment l'annoncer ? Il ne devait pas tergiverser ou se laisser attendrir, il devait aller droit au but.
Les mauvaises nouvelles, on les annonçait comme on enlève un sparadrap. C'est comme ça qu'on faisait chez les Sommet. C'est comme ça qu'on lui annoncé que son père était parti pour de bon, qu'il allait devoir vivre dans un quartier miteux avec sa mère retournée vivre chez sa grand-mère qui n'avait jamais eu une grande affection pour lui et le regardait même parfois avec mépris comme s'il n'était qu'une sous-merde, qu'il irait dans ce collège rempli d'inconnus et quitter ses amis. Plus on était direct, moins on faisait souffrir. Enfin, c'est ce qu'ils croyaient...
Il se sentait seul à cette période et s'était inventé des personnages imaginaires avec qui il vivait toutes sortes d'aventures. Au départ, il s'agissait juste de fictions qu'il écrivait sur un vieux cahier, c'est là qu'il les avaient inventés, ses amis idéaux. Tout d'abord, un garçon du genre ténébreux, peu recommandable et qui aurait l'air intimidant, mais qui au fond de lui se préoccuperait de ses amis, il retrouvait beaucoup de son père en lui, ça devait être pour cela qu'il l'avait créé en premier. Puis, un garçon timide, sensible et gentil qui partagerait sa passion pour les jeux vidéos, un autre qui serait tout le temps détendu, pacifique, qui s'indignerait des injustices de ce monde, encore un autre qui connaîtrait tout sur tout et qui saurait toujours quoi faire et, enfin, une fille qui aurait tous les défauts qu'il voyait chez les filles à son jeune âge, mais qui en aurait aussi les qualités.
Tout se passait bien pour lui, mis à part le fait qu'il n'arrivait pas à se faire de vrais amis, juste quelques connaissances avec qui il papotait de temps en temps, mais sans plus. Il ne trouvait personne qui partageait ses passions, qui le comprenait aussi bien qu'eux. Il se réfugia alors de plus en plus dans son monde jusqu'à interagir avec ses personnages en rêve. Ses personnages se développèrent : le gars ténébreux était devenu un dangereux criminel sexuel regroupant tous les vices de la Terre, le pacifiste un authentique hippie, le timide un vrai geek no-life, le monsieur je-sais-tout un savant fou détenant la connaissance absolue et La Fille le stéréotype de la blonde conne comme un poireau (oui, l'expression est de moi ! ^o^).
La situation dérapa quand, vers la fin de son année de Terminale, il commença à se faire harceler par un abruti qui avait l'air d'avoir le même âge que lui et qui semblait être au chômage, vu qu'il n'avait pas l'air d'avoir mieux à faire que de l'attendre tous les jours quand il rentrait du lycée pour le brutaliser sur le chemin du retour. Parfois, il se contentait de l'insulter, d'autres fois, il lui tapait dessus. Pourquoi ? Comme ça. Avec son rire stupide, il faut croire que ça l'amusait... Il ne pouvait pas en parler avec des amis ou avec sa mère qui avait déjà ses propres problèmes à gérer, se remettant difficilement du départ de son mari, et sa grand-mère se foutait royalement de ce qui pouvait lui arriver.
En rêve, il s'en plaignait avec ses personnages. Un soir, il raconta que ce sale connard lui avait cassé le nez et qu'il avait menti à sa pauvre mère en lui disant qu'il s'était pris un poteau dans la rue. A ces mots, le personnage qui était entièrement vêtu de noir, se dressa d'un bond et s'avança vers l'adolescent qui l'avait créé, l'air exaspéré.
"- Pourquoi tu te défends pas ?
- Tu m'as bien regardé ?! Ce mec est une vraie montagne, surtout comparé à moi... ! Si seulement tu pouvais venir lui casser la gueule en vrai...
- Tu parles sérieusement, là ?
- Ouais, ça fait un moment que je me dis que ce serait génial si vous pouviez être réels !"
Le jeune brun disait ça le plus innocemment du monde et ne remarquait pas que ses personnages le fixaient avec une lueur de désespoir dans le regard parce qu'ils savaient que ça n'arriverait jamais. Enfin, c'est ce qu'ils pensaient...
Le lendemain, l'autre con était revenu. Il avait carrément essayé de le fuir, mais il l'avait coincé au fond d'une ruelle. Cette fois-ci, le grand débile avait l'air furieux d'avoir dû lui courir après et lui promit qu'il prendrait encore plus cher que les autres fois aujourd'hui. Il leva son poing en l'air, tandis que Mathieu ferma les yeux tout en priant que son calvaire ne dure pas trop longtemps et attendit l'impact sur son visage... qui n'arriva jamais.
Il ouvrit les yeux et vit que son agresseur avait son poignet fermement retenu par un homme vêtu de noir avec une cigarette à la bouche et un sourire carnassier. Il écarquilla les yeux en reconnaissant Le Patron qui tira l'autre con en arrière et le projeta au sol.
"- Je peux t'aider, gamin ?" dit Le Patron d'un ton sarcastique au benêt par terre.
"- Putain, mais t'es qui, toi ?!" cria l'abruti congénital, sous le choc.
"- Tu as emmerdé la mauvaise personne ! Je ne te donne qu'une seule chance de déguerpir en courant comme la lopette que tu es.
- Et puis quoi encore ?! Tu crois que tu me fais peur, le nabot ?" Dit le mec qui avait 17 ans, mais qui était déscolarisé et ne faisait rien de sa vie et qui passait ses journées à terroriser des petits jeunes pour passer le temps.
En effet, Le Patron était physiquement presque identique à Mathieu, par conséquent, ils faisaient la même taille. Mais, l'autre était beaucoup trop bête pour se rendre compte de leur ressemblance frappante. La pseudo-racaille se releva et tenta minablement d'intimider son opposant en lui lançant un regard menaçant qui fit frémir Mathieu qui était resté appuyé contre le mur de la ruelle et qui se demandait si ce qu'il voyait était bien réel ou si son tortionnaire ne l'avait pas assommé, auquel cas il serait en train de rêver. Le Patron le fusilla du regard à son tour avec ses yeux bleus revolvers (il a le regard qui tuuuuuue... Désolée. ^^').
Le Patron semblait plus amusé qu'autre chose par la situation, voire même excité. Il allait bien s'amuser pour sa première vraie baston ! Un sourire sadique s'élargit sur son visage. Son adversaire étant d'une stupidité abyssale, il n'avait pas conscience de la connerie qu'il était en train de faire en s'obstinant à défier l'homme en noir.
"Alors, t'es qui ? Un pote ? Son mec ?" dit le grand con (avec une chaussure noire, oui, je connais mes classiques) en ricanant comme une hyène tout fier de sa vanne en carton.
"- Son mec, hein ? J'aurais rien contre, mais ça m'étonnerait que le gamin soit d'accord !
- Alors, de quoi tu te mêles ? Tu te prends pour un genre de bon samaritain ?
- Tu vois qu'il y a marqué "Mère Térésa" sur mon front ? ...Disons juste que, depuis que j'ai entendu parler de toi, je meurs d'envie de te fracasser ta petite gueule de chacal contre le bitume et de t'entendre me supplier d'arrêter le massacre !"
L'autre glandu se jeta sur lui pour lui coller son poing dans la figure. Le Patron ne chercha pas à esquiver et l'arrêta dans sa course en lui collant un coup de poing dans l'abdomen, puis il lui frappa la tête contre son genou. Le victimiseur (ça existe, ça ? ^^') victimisé s'écroula par terre. Le Patron se mit alors à califourchon sur lui et se mit à bombarder son visage et tout le haut de son corps de coups de poing à un rythme effréné. Il n'entendait pas sa victime le supplier, il ne voyait pas le regard choqué de Mathieu, depuis qu'il était sorti de la tête de celui-ci, il ne s'était jamais senti aussi vivant qu'en tabassant son pauvre type pour le venger. Il se demandait si le sexe pouvait lui procurer des sensations aussi intenses que celles qui traversaient son être à cet instant précis.
Mathieu était stupéfié. Toute cette violence... Rien que pour lui ? Était-ce pour lui que Le Patron était venu ? Toujours est-il que de voir son ami avec les poings ensanglantés et ce sourire mauvais le mettaient un peu mal à l'aise.
"- Euh, Patron ?
- Ouais ?
- S'il te plaît, arrête ça.
- ...Oh. Tu veux que j'en finisse maintenant, c'est ça ?
- Quoi ?! Qu'est-ce que tu veux dire ?"
Le Patron ne répondit pas et arrêta de frapper le jeune branleur, dont le visage était méconnaissable, qui pensa alors que son calvaire était terminé... à tort. En effet, Le Patron dirigeait lentement, mais sûrement, ses mains vers son cou et, une fois dessus, il resserra progressivement la pression autour du cou, tout en regardant Mathieu, qui était tétanisé, droit dans les yeux, l'interrogeant du regard. Mathieu revint finalement à la réalité.
"- PUTAIN, MAIS, T'ES DINGUE ! TU VAS LE TUER ! LÂCHE-LE TOUT DE SUITE !
- Tu es sûr de toi, là ?
- Mais oui ! Je ne t'ai jamais demandé de le tuer !
- Pourtant, tu y as pensé si souvent et tellement de fois...
- ...Ouais, ben, j'ai changé d'avis, voilà !
- Pff... Tu étais plus marrant en rêve, gamin..."
Le Patron relâcha le cou du débile profond, dont le visage commençait à virer au bleu. Il se releva et saisit l'andouille ultime et lui intima l'ordre d'arrêter de tourner autour de Mathieu et même de ne plus jamais remettre les pieds dans le quartier, sinon il le tuerait. L'enfoiré de première hocha positivement la tête, prit ses jambes à son cou sans demander son reste et on n'entendit plus jamais parler de lui.
Le Patron se tourna vers son créateur qui était toujours adossé contre le mur. Il lui saisit alors la main et le pinça violemment.
"- Aïe, ça fait super mal ! Pourquoi t'as fait ça ?
- Pour que t'arrêtes de faire cette tête de merlan frit et que tu réalises que tout ceci est bien réel, gamin.
- Mais, comment c'est possible que tu sois là ? Non, à tous les coups, j'ai fini par devenir schizophrène et, en vrai, c'est moi qui ait tabassé ce mec...
- Tu t'es vu, la crevette ?! Je te vois tellement lui mettre la misère avec tes p'tits bras et tes 1m60, gamin !
- Hé ! On a le même physique, j'te rappelle ! Et arrête de m'appeler "gamin", on a le même âge !"
Effectivement, mis à part le style vestimentaire, ils étaient identiques... si on ne prenait pas en compte l'aura terrifiante et pourtant si étrangement attirante pour le commun des mortels qui se dégageait du Patron. Mathieu fixa longuement sa création de haut en bas, considérant qu'il était bien plus impressionnant en vrai que dans son imagination.
"- Arrête de me reluquer, gamin ! Je sais que je suis vachement sexy, mais tu vas finir par me faire rougir !
- Mais, je te reluquais pas !
- Mais oui, je te crois !
- Je suis même pas gay !
- Quand tu m'as créé, tu m'as imaginé comme étant tellement sexy que je pouvais faire virer n'importe qui de bord, alors ton argument ne vaut rien !
- Tu fais chier !
- Ce que t'es mignon quand tu t'énerves ! Bon, il se fait tard, on rentre à la maison !"
Avant même que Mathieu n'ait eu le temps de protester, Le Patron lui empoigna la main et commença à le traîner jusqu'à son domicile.
"- Hé...
- Hmm ?
- Merci pour tout à l'heure.
- T'as pas à me remercier, gamin. Dans tes fictions, j'étais toujours là pour vous protéger, non ?
- Ouais, c'est vrai. Mais, en admettant que tu sois vrai...
- Oui ?
- Comment tu as fait pour venir dans le monde réel ?
- Aucune idée. Tout ce que je sais, c'est que j'avais vraiment très envie de casser la gueule du fumier qui te faisait chier et, l'instant d'après, je me suis retrouvé dans la rue et je t'ai vu en train de courir pour lui échapper, alors je vous ai suivis jusqu'à cette ruelle et la suite, tu la connais.
- Je vois. Donc, en gros, ta mission, c'était de lui casser la gueule pour qu'il ne m'approche plus.
- Il n'y a pas que ça..."
Le Patron se retourna et regarda Mathieu droit dans les yeux.
"- Maintenant que je suis là, je vais te protéger de tout, des emmerdeurs, de la dureté de la vie et, surtout, de ta solitude. Je ne sais pas comment on a fait pour arriver jusqu'au monde réel, mais je suis sûr que c'est pour être à tes côtés que nous sommes là.
- Ok... T'es un grand sentimentaliste, en fait !
- Ta gueule ! Et interdiction d'en parler aux autres !
- Attends, "on", "nous" et "les autres' ?! Tu veux dire que les autres sont là aussi ?!"
Le Patron, amusé par la confusion qui se lisait sur le visage de Mathieu, ne répondit pas et mit ses légendaires lunettes de soleil tout en se dirigeant vers son domicile.
Mathieu fut sorti de ses pensées par des bruits de pas qui se rapprochaient et par un léger grincement de porte. C'est impossible ! Le Prof et La Fille ne pouvaient pas déjà être rentrés ! Il n'était pas encore prêt à les voir ! Quand il vit finalement qui était en train d'ouvrir la porte, il fut soulagé.
"- Bonjour, ça va ? Tu n'as pas l'air d'avoir beaucoup dormi.
- Oui, c'est vrai. Allez, viens t'asseoir, il y a quelque chose dont je dois te parler..."
A suivre...
Voili-voilou ! Au prochain chapitre, vous saurez enfin ce qui s'est passé juste avant l'arrivée de La Fille et du Prof ! ^o^ N'hésitez pas à laisser une petite review !
