Chapitre 1 : Le roi du monde

Assis à mon bureau, dans l'une des plus grandes tours de New York, je désespère.

A chaque fois que je raccroche d'un appel avec Esmé, ma tante qui me sert de substitut de mère depuis 21 ans, je suis agacé. Encore une fois, elle a orchestré un rendez-vous pour moi lors d'une soirée de charité qui a lieu dans 2 jours.

Depuis quelques mois maintenant la crise nous a obligé à fermer quelques filiales, l'image de la compagnie se ternit, c'est pourquoi il semble judicieux à mes proches de me caser. Selon eux, je suis le célibataire le plus en vue de ma génération et un mariage avec une fille de bonne famille apaiserait les esprits des autres actionnaires et détournerait à la population une actualité people croustillante et plus divertissante que la crise.

A 26 ans, je suis à la tête d'un des plus grand groupe mondial, à la mort de mes parents j'ai hérité de la majorité des actions de Masen Corp. J'ai exigé le poste de président, il y a seulement quelques mois. Je connais cette entreprise depuis mon plus jeune âge, j'ai voulu attendre d'acquérir un savoir et des compétences qui me permettraient de diriger avec brio cette société. D'une intelligence supérieure à la moyenne, j'ai très jeune acquis de multiples diplômes qui m'ont permis d'être crédible auprès des autres actionnaires.

Aujourd'hui je crois avoir fait mes preuves auprès d'eux, même si j'agace par mon arrogance et ma confiance en soi. Pour certains, je suis l'homme à abattre.

Personnellement, en toute objectivité, je n'ai pas de défaut, j'excelle dans tout ce que j'entreprends, mon seul point perfectible est peut-être les femmes.

Je suis volage, coureur de jupon, croqueur de femmes, collectionneur, insatisfait et exigent ! Bref la femme selon moi doit être belle, sexy sans être vulgaire, sur de soi sans être suffisante, intelligente et vive. Vous l'aurez compris, je n'ai pas encore rencontré une femme comme cela. L'aurais-je fait ? J'aurais été trop prétentieux pour l'admettre, enfin selon Esmé je me dois de rester ouvert à ce qui m'entoure.

C'est pourquoi Esmé s'évertue a multiplié les rendez-vous, malheureusement elle ne me trouve que des filles à papa qui n'attendent qu'une chose attirer mes bonnes grâces. Mais elles sont tellement vides, tellement superficielles, tellement prévisibles… tellement comme Tanya.

Tanya mon assistante, sans commentaire, mais elle a le mérite de savoir me détendre comme personne, c'est ce dont j'ai besoin. J'appuie donc sur l'interphone.

-Tanya dans mon bureau, tout de suite

Elle ouvre la porte quelques secondes après, son bloc note à la main et son sourire aguicheur, à croire qu'elle attendait derrière. C'est une belle femme blonde, grande, des yeux verts, un corps de mannequin, mais le tout est un peu vulgaire, son parfum est trop prononcé et la peau de son visage est poudreux. Au travail, elle est plus physique qu'intellectuelle, c'est pourquoi j'ai toujours un sourire moqueur quand elle rentre avec son calepin, à chaque fois elle le décode comme un sourire appréciateur, si elle savait vraiment….

En une phrase, un regard, je sais qu'elle comprendra ce dont j'ai besoin, je me décale du bureau en lui disant que j'ai besoin d'être soulagé.

Sans plus attendre, elle se dirige vers moi, tout en se déhanchant se voulant sensuel ou sexy, le résultat est juste grossier. Elle se débarrasse du calepin, se lèche les lèvres et se met à genoux entre mes jambes. Il faut cependant l'admettre elle très bonne suceuse, elle arrivera à me faire échapper de mes pensées quelques instants.

Ayant une réunion tard dans la journée avec de nouveaux entrepreneurs jeunes, pleins d'idées, audacieux et vraiment perspicaces, mon rendez-vous organisé par Esmé devait me retrouver à mon bureau pour qu'on puisse faire connaissance en allant au gala de charité.

J'apprécie beaucoup ce genre de réunion pouvoir converser avec des esprits vivaces et plein de vie, ça me change des regards belliqueux de toutes ses filles ou des actionnaires ronchons. J'aime me confronter à des esprits pensants qui n'ont pas peur d'affirmer leur opinion. Bref c'est avec plein d'entrain que je sors de réunion tout en sachant que ma soirée à venir constituerait l'inverse de ce moment.

Discutant toujours avec mes futurs collaborateurs, je découvre une Tanya debout, raide qui à l'air passablement énervé et une jeune fille frêle, insipide, surlookée bref une fille à papa pétrifiée, mais qu'est ce qui pouvait bien se passer ?

Gentleman à mes heures, je me dirige vers la nouvelle, je lui tends la main :

-Miss Stanley, je suppose

Cette dernière glousse avec un sourire enjôleur, la soirée va être longue, je lui fais le baise main, alors que je me retourne vers les entrepreneurs pour leur souhaiter une bonne soirée, quand ma tête pivote à vitesse vertigineuse sur la gauche. Je n'ai pas le temps de réagir que j'entends crier :

-Comment oses-tu t'afficher avec une pouffe plutôt qu'avec moi ?

Je me détourne vers Tanya qui vient de me gifler, elle est en train de me faire une scène, je ne lui avais jamais rien promis, je vois alors 4 paires d'yeux me scrutant, attendant ma réaction. Ma réponse fusa :

-Tu as 5 minutes pour rassembler tes affaires, un tel comportement ne peut être accepté de la part d'une de mes collaboratrices.

-Je te jure que tu vas me le payer. Me cracha-t-elle.

Je l'ignorai pour retourner mon attention sur les spectateurs, je m'excusai en dirigeant tout ce petit monde aux ascenseurs, laissant une Tanya plus énervé que jamais.

Arrivée au rez-de-chaussée, je préviens la sécurité de s'assurer que d'ici quelques minutes, Tanya quitte bien le bâtiment en laissant ses cartes d'accès. Je salue les entrepreneurs avant de prendre un taxi avec cette Miss Stanley.

Le trajet se fait en silence, je suis trop énervé pour accorder mon attention à cette fille plus que nécessaire. Je suis outré par l'attitude de Tanya, maintenant j'allais être débarrassé d'elle. J'exulte presque, mon seul regret est qu'elle ne serait plus à disposition pour mes besoins sexuels mais je n'aurai plus à ignorer l'espoir dans ses yeux, ses pathétiques allusions sur un éventuel nous, ses provocations, non décidemment je n'allais pas regretter son renvoi.

A notre arrivée à la soirée de charité, je me conduis tel qu'Esmé me l'avait appris en parfait gentleman. J'ouvre la portière à cette Jessica et lui propose mon bras, elle glousse une nouvelle fois. En 30 minutes passer en sa compagnie je n'avais pas encore entendu sa voix et j'en étais heureux surtout quand elle me remercia de sa voix nasillarde.

A peine entrée que les mondanités commencent, des sourires, des poignés de mains, ma cavalière n'est pas très loquace et préfère visiblement s'exprimer en gloussant. Dieu que la soirée allait être longue, il faut vraiment que je demande à Esmé d'arrêter ses manigances.

Je m'ennuis fortement, je n'arrête pas de regarder ma montre en attendant une heure convenable pour partir. Ma compagne de soirée elle se comporte de manière excessivement possessive malgré ma froideur et mon indifférence à son égard. A chaque occasions, elle pose sa main sur mon bras, elle boit littéralement mes paroles, c'est pathétique.

Alors que l'heure de ma délivrance approche, j'aperçois Jane vient qui se dirige vers moi.. Jane se rapproche le plus d'une compagne potentielle, c'est en quelques sorte ma régulière. C'est une belle femme blonde plutôt petite avec de grands yeux bleus, pourvu d'un art de converser très appréciable, fille à papa certes mais de bon parti.

Nous aurions pu tous les deux former un couple, s'il y avait eu ce je ne sais quoi qui fait toute la différence. Jane est mon double féminin. Nous nous retrouvons quelques fois pour se donner du plaisir et après c'était toujours sans rancune et à la prochaine.

Tout en marchant vers nous, Jane m'interpelle, je me lève pour l'embrasser

-Ravi de te revoir, Jane, lui dis-je avec mon sourire en coin

-Moi de même Edward, ça fait si longtemps, me répond elle en souriant.

Je n'ai pas le temps de répondre qu'une main se pose sur mon bras et j'entends Jessica me dire :

-Tu ne me présentes pas à ton amie ?

Là, j'hallucine, je regrette définitivement quand elle ne parle pas, elle se fait très bien comprendre en gloussant, avec mes dernières forces pour rester un gentleman, je m'exécute non sans faire des yeux ronds.

-Jane je te présente, euh…. Tout compte fait il ne doit plus subsister d'âme de gentleman en moi, je sais c'est moche mais je n'ai pas pu résister, ça en vaut le coup vu la tête de Jessica, elle se reprend et dit

-Jessica Stanley, en tendant sa main à Jane

-Oui, voilà. fis-je théâtralement, ma cavalière imposée par Esmé, tu connais sa propension à vouloir me caser avec une fille à papa.

Jane me répondit tout en essayant de ne pas éclater de rire

-Edward, tu es incorrigible. Voyons un peu de considération pour cette pauvre Jessica.

Jessica a un hoquet de surprise, d'indignation et se rassoit.

-J'espère que j'aurai de nouveau l'occasion de te recroiser prochainement Jane

-Egalement, en espérant que cette fois-ci, tu ne sois pas attaché à un boulet.

Je ris de bon cœur avec Jane.