Bonsoir bonsoir,

Nous revoici pour le deuxième jour de l'event! Nouveau thème, nouvel OS, nouvelle musique, nouveaux personnages. J'espère ce ce texte vous plaira, bonne lecture!


Thème : Bouquet de fleurs

Rating : K+

Personnages : Famille Bakugou et Eijiro

Musique : « Nothing Else Matters » - Marlisa


Dites-le avec des fleurs.

La rage au ventre, Katsuki donna un grand coup de pied à sa poubelle qui vola à travers la pièce de sa petite chambre, déversant les déchets qu'elle contenait sur le sol. Une fois la poubelle hors de son chemin, ce fut son sac de cours qui subit le même sort et qui alla s'écraser lourdement sur sa porte dans un bruit sourd. Il se fichait de savoir qu'il faisait un boucan pas possible, Eijiro ou Aizawa pouvaient bien venir lui dire de faire moins de bruit, ce n'était pas ça qui allait le calmer. Ce n'était pas de la colère qu'il ressentait, mais une forme de tristesse et de déception qui se transformait en rage profonde.

Sa mère, encore une fois, était arrivée avec ses grands sabots pour lui dire quoi faire, pour l'engueuler en lui faisant comprendre qu'il avait encore une fois tort, et ce sans jamais lui expliquer pourquoi. C'était toujours ça avec elle, elle arrivait, hurlait, râlait, le critiquait en le traitant d'imbécile puis s'en allait, vexée, lorsqu'il tentait de lui donner des expliquations. Katsuki en était sûr, il n'existait pas une personne de plus de mauvaise foi que Mitsuki Bakugou. Il savait, qu'il avait fait de la merde. Il savait qu'il s'était gouré de A à Z, que ce soit avec All Might ou cet abruti fini de Deku.

Il n'avait pas besoin qu'on lui remette encore et toujours ses erreurs sous le nez, comme sa mère venait de le faire au téléphone il y avait à peine cinq minutes.

Elle avait simplement appelé pour lui demander des nouvelles, de comment allait se passer son retour demain, mais elle avait comme d'habitude essayé de creuser pour l'enfoncer encore plus, pour lui dire qu'il devait peut-être se poser des questions sur son attitude et sur pourquoi il avait eu autant de mal à avoir sa fichue licence de héros. Il l'avait eu, c'était ce qui comptait non ? Pourquoi est-ce qu'à chaque fois qu'il avait une discussion un peu sérieuse, elle lui remettait ça sur le tapis ? Ça le rendait malade.

D'un geste rageur, il ouvrit en grand la porte-fenêtre de sa chambre et alla se poster sur le balcon, le regard perdu. Il s'accouda sur la barrière de métal qui séparait sa chambre du vide et poussa un profond soupir. Il en avait marre d'avoir sa mère sur son dos, alors qu'elle ne s'était contentée que de lui hurler dessus durant toutes ses années. Et aujourd'hui, elle arrivait pour lui faire la leçon et pour lui expliquer comment il devrait se comporter.

« Hey ! Quelque chose ne va pas ? »

Katsuki sursauta et se retourna vivement pour voir Eijiro assit sur son propre balcon, des écouteurs aux oreilles et ses haltères à la main. Visiblement il n'était pas le seul à avoir eu l'idée de se poser sur le balcon pour extérioriser ses pensées… Quoi que venant de son voisin de chambre, c'était plus pour extérioriser son surplus de testostérone que des réflexions.

« Rien, maugréa t'il en détournant le regard. 'pas tes affaires.

- Tu es sûr ? insista son « ami » en fronçant les sourcils. Tu m'as l'air… triste. »

Le cendré se contenta de pousser un « tch » rageur, avant de hausser les épaules et d'essayer d'ignorer le regard concerné d'Eijiro. En temps normal, il l'aurait envoyé balader et l'aurait certainement insulté, mais à ce moment-même il n'en avait étonnamment pas la force, comme si sa dispute avec sa vieille avait pompé la moindre goutte d'énergie et de vigueur qu'il possédait. Il avait l'habitude pourtant, de s'engueuler avec elle. Il avait l'habitude de l'entendre lui hurler dessus, et de lui hurler dessus en retour. Mais cette fois-ci, Katsuki avait l'impression d'être exténué.

« Tu t'es disputé avec quelqu'un ? demanda une nouvelle fois Eijiro.

- Qu'est-ce que -

- Bah tu beuglais comme pas possible dans ta chambre, alors… »

Il se tut un instant, les lèvres plissées en une mimique un peu embarrassée et Katsuki dut se mordre les joues pour ne pas l'injurier en lui disant de se mêler de ses affaires et que sa mère aurait dû lui apprendre à ne pas écouter aux portes. Mais, sachant qu'il avait effectivement beuglé auprès de sa mère pendant près de 10 minutes, il pouvait difficilement lui reprocher d'avoir entendu la conversation.

« Rien, finit-il par marmonner malgré lui, juste une conversation avec ma vieille. Comme d'hab'.

- … Pour ton histoire de licence ?

- Ouai. Pour elle ça montre que je dois grandir ou je ne sais pas quelle connerie… Bordel, c'est pas elle qui s'est retrouvée avec des vilains à la con… »

Il avait murmuré cette dernière phrase, un sentiment de mélancolie et d'injustice grimpant le long de son estomac. En fait, il ressentait comme un coup de poignard dans les côtes, comme une sorte de trahison venant de sa mère. Il ne savait pas ce qu'il avait attendu d'elle après tout ceci, mais il savait que son comportement actuel lui faisait plus de mal que de bien.

« Tu devrais peut-être… essayer de discuter avec elle ? proposa son voisin de chambre. Mettre des mots sur ce que tu ressens non… ? »

Sur ce qu'il ressentait… n'est-ce pas ?

Alors qu'il s'apprêta à répondre, les dents grinçantes et le ton acide – qui était-il pour lui donner des conseils ? Il n'avait pas besoin de conseils à la con ! – des pétales roses passèrent devant son nez pour venir se poser sur le dos de sa main. Plus bas, le vent avait balayé les fleurs des cerisiers du lycée, et quelques-unes d'entre elles s'étaient détachées de leur branche pour venir s'échouer ici. Et soudain, une vague de souvenir l'envahi, comme un refrain qui reviendrait en tête pour ensuite vous hanter toute la journée qui suivait.

Un peu, beaucoup…

C'était une image, un vieux cliché de lui courant encore et encore dans le parc non loin de chez eux, sa mère riant à ses côtés.

Passionnément

Il se souvenait, c'était le printemps, comme aujourd'hui. Il se souvenait du soleil qui lui caressait la joue, et de la chaleur qui parcourait son corps alors qu'il courait partout en hurlant des stupidités d'enfants du genre « Je serai un héros comme All Might ! » ou encore « un jour je sauverai le monde avec lui ! ». Quelle connerie, il comptait être bien meilleur qu'All Might… Mais il se souvenait du doux sourire que lui offrait sa mère, et du rire qui emplissait le parc alors qu'il se plantait devant lui, les vêtements couverts de terre et avec la tête de quelqu'un qui venait de protéger l'univers d'un super vilain.

A la folie, pas du tout… Un peu…

Il se souvenait de lui tendre quelque chose, fier comme un paon, et il se souvenait du regard rieur que lui offrait sa mère.

Beaucoup, passionnément…

« Regarde, je t'aime à la folie ! »

Pas du tout.

C'était lui, enfant, insouciant et souriant, qui lui offrait un bouquet de fleurs mal coupées et parfois abîmées par ses trop nombreuses cascades dans l'herbe. Le souvenir lui était revenu soudainement, mais il lui faisait à présent l'effet d'une claque. Il ne savait pas pourquoi il y repensait maintenant, cependant il l'avait à présent bien en tête. Toute envie d'insultes et de colère disparues, il sentit ses épaules s'affaisser doucement alors que le souvenir l'envahissait.

« … Ouai, répondit-il simplement, j'imagine que ouai. »

Peut-être qu'Eijiro n'avait pas tout à fait tort.


« J'AI ENTENDU J'AI DIT ! Ça va, gueule pas comme ça bordel !

- Dis-donc, tu peux être un peu plus aimable gamin ! La prochaine fois tu te feras ta bouffe toi-même ! »

Le lendemain de son court échange avec Eijiro, Katsuki était revenu chez ses parents pour le week-end. Il n'avait pas oublié ce conseil de « discuter » avec sa mère, mais le problème était de trouver le moment. Soit il travaillait sur ses leçons et sur ses futurs examens, soit sa mère était occupée avec du travail ou de la paperasse à remplir pour son boulot. Donc autant dire qu'il n'avait pas eu réellement de « moment pour ».

Sauf que, voilà.

Il était saoulé, parce que ce fichu exercice n'avançait pas, et parce que sa vieille n'avait pas arrêté de le déranger pour venir lui demander si il avait des affaires à laver ou si il voulait quelque chose à boire. Certes, c'était étonnement gentil de sa part, mais Katsuki avait autre chose à faire de que batifoler dans un salon avec une tasse de thé. Il était à Yueï, il n'avait plus le temps pour ces conneries ! Il avait besoin de travailler dur, surtout si il voulait tenir la distance contre Deku et prendre la place d'All Might. Et puis le soir était arrivé, et sa mère avait encore beuglé de venir manger avec eux, sans quoi il ne mangerait rien.

Encore et toujours des menaces. Elle ne fonctionnait que de cette manière, n'est-ce pas ?

« J'arrive ! siffla t'il en descendant les escaliers. Je suis là, tu es contente ?

- J'aimerais que tu me parles sur un autre ton ! gronda Mitsuki. Je ne suis pas ton chien ! Déjà l'autre jour au téléphone tu étais -

- Parce que tu m'as sauté à la gorge pour venir me gueuler dessus en me faisant la morale sur des sujets débiles !

- Je t'ai « sauté à la gorge »… Non mais ça ne va pas ? Et je ne t'ai pas fait la morale, je t'ai encouragée à réfléchir avec autre chose que ta fichue fierté mal placée ! »

La remarque le fit doucement ricaner alors qu'une odeur de soufre commença à s'échapper de ses paumes. Il rétorqua alors, les dents serrées et une mimique désagréable lui tordant le visage :

« Encouragée tu dis ? Tu parles, tu ne fais que me balancer mes défauts à la gueule tout en m'expliquant à quel point je fais de la merde ! Tu me reproches mon sale caractère, mais tu ne t'es jamais demandé de qui je pouvais tenir ?

- Katsuki, Mitsuki, commença Masaru en s'approchant d'eux, peut-être devriez-vous… »

Mais, entre les cris et la colère qui bouillonnait en lui, Katsuki n'entendit même pas son père leur demander de se calmer. Tout ce qu'il voyait, c'était sa mère qui l'engueulait encore une fois en rejetant toute la misère du monde sur son dos. Il en avait marre, de l'entendre le pourrir à la moindre de ses actions. Il en avait marre de se prendre des claques sous prétexte qu'il « parlait trop fort » ou « aboyait comme un chien enragé ». Il se fichait bien des mots qu'il pouvait dire, il en avait juste ras-le-bol. De tout, de sa mère, de lui.

Eijiro voulait qu'il parle de son ressenti ? Eh bien il allait le faire.

« Si tu m'encourageais vraiment au lieu de me beugler tout le temps dessus, peut-être que je t'écouterais !

- TU TE MOQUES DE MOI ? explosa sa mère. J'essaye de t'aider, au cas tu ne l'aurais pas compris ! Tu crois quoi, que je me fiche de tes états d'âme ? Noon, mais monsieur est tellement égoïste et égocentré qu'il ne remarque jamais ce qu'on peut faire pour lui ! Le jour où tu grandiras n'est toujours pas arrivé j'ai l'impression, toujours à regarder son propre nombril !

- Ah, vraiment ? cingla t'il. Tu me traites d'égoïste mais tu ne m'as jamais demandé comment j'allais, même quand je suis revenu de mon putain de kidnapping ! Tout ce que tu as fait, c'est de me baffer en me traitant d'abruti ! Alors ouai, j'ai bien l'impression que tu te fiches de moi, effectivement !

- MAIS PARCE QUE TU DISAIS VOULOIR RETOURNER TE BATTRE CONTRE LA LIGUE DES VILAINS ! Et je… Tu penses que je n'étais pas morte d'inquiétude ? Tu penses sincèrement que je n'avais pas eu peur pour toi ? Tu es vraiment le dernier des abrutis, et immature en plus de ça !

- Visiblement, la seule chose qui t'ait fait peur, c'est l'image que je pouvais donner…

- Je n'y crois pas. En tant que mère, tu t'imagines que -

- En tant que mère tu es à chier, c'est tout. »

Le bruit de vaisselle cassé le surpris, et il recula d'un pas en voyant le visage plus que furieux de sa mère. Mitsuki avait laissé tomber son plat, et paraissait visiblement à court d'argument. Une sensation de victoire amer s'empara de lui, lui laissant un goût désagréable dans sa bouche. Il était content, d'avoir réussi à obtenir le dernier mot sur sa mère. Il était fier de lui, d'avoir réussi à mettre des mots sur ce qu'il pensait, d'avoir réussi à s'exprimer sans se faire étouffer par son caractère brûlant.

Mais voilà, alors qu'il vit le visage baigné de larme de cette dernière, il eut tout bonnement l'impression de tomber dans un gouffre.

« … Va faire un tour Katsuki, murmura t'elle en se penchant pour ramasser les morceaux de plat éparpillé dans le salon. Ça nous fera du bien.

- … c'est ce que je comptais faire » répondit-il insolemment.

Il avait répondu non pas parce qu'il voulait avoir le dernier mot – ou peut-être que si, d'une certaine manière – mais parce qu'il ne savait plus comment réagir. Il tourna donc les talons, laissant son père serrer sa mère dans ses bras et claqua violemment la porte d'entrée avant d'entendre les sanglots à travers les murs de sa maison. Une fois dans la rue, il se laissa porter par ses pas sans savoir où aller, sans comprendre ce qu'il faisait.

Sans comprendre ce qu'il avait fait.

Et il marcha, le soleil encore à mi-chemin dans le ciel tandis que les familles appelaient leurs enfants pour leur dire de rentrer, ou pour leur signaler que le repas était prêt. Son esprit était vide, incapable de réfléchir à la moindre chose, il se contenta d'avancer jusqu'au parc dans lequel il jouait lorsqu'il était petit. Il marcha, doucement, les mains dans les poches et les yeux rivés sur ses pensées brumeuses.

Ce n'est qu'en s'asseyant sur un des bancs du petit parc que ses sens se reconnectèrent petit à petit. Son odorat, pour sentir le parfum des fleurs qu'exposaient les vendeurs. Sa vue, pour voir les enfants courir autour de leurs parents. Le toucher, pour sentir ses mains se serrer douloureusement autour de la planche de bois sur laquelle il était assis. Le goût, pour reconnaître une étrange amertume glisser sur sa langue. Et enfin l'ouïe, pour entendre un enfant crier avec une joie évidente :

« Regarde maman ! Je t'ai cueilli des fleurs ! »

Et soudain, il se sentit terriblement con.

Ce n'était plus de la colère qui l'envahissait, mais une honte, une honte tellement profonde et tellement puissante qu'il ne put que se prendre le visage entre ses mains, désireux de disparaître le plus rapidement possible.

Un peu, beaucoup, passionnément…

En fait, il ne s'était jamais senti aussi mal que ça. Même après la dernière victoire d'All Might, même après son combat contre Deku. Il ne s'était jamais senti aussi misérable. Il en avait eu pourtant, des hauts et des bas, mais cette fois-ci il avait touché le fond.

A la folie…

Katsuki était peut-être en colère contre sa mère – ou contre le monde entier – mais il n'avait jamais été aussi en colère contre lui-même. Pourtant il en voulait à sa mère, il lui en voulait de toujours s'amuser à le rabaisser, de lui faire comprendre qu'il n'était pas celui qu'il aurait être, qu'il n'était pas assez bien pour elle ou pour les autres. Lui qui avait été pendant si longtemps sur un piédestal, il se sentait dégringoler de plus en plus profondément.

Il avait touché le fond.

Pas du tout.

« Jeune homme ? Quelque chose ne va pas ? »

Katsuki releva la tête pour voir une jeune femme accroupie devant lui, l'air quelque-peu concernée. La question – exactement la même que celle d'Eijiro la veille – le fit grincer des dents, mais il n'eut pas le courage de mentir. Il se contenta de hausser les épaules et effaça rapidement le début de larmes qui lui montaient aux yeux.

« Rien, juste une dispute avec ma vieille, grogna t'il simplement.

- Oh… »

La jeune femme, certainement la mère du petit qui dormait dans la poussette à côté d'eux, lui jeta un regard attristé. Pourtant, elle ne posa pas plus de question, ni ne bougea de sa position. Elle se contenta de le regarder, puis de poser une main sur son épaule avec une extrême douceur.

« Tu veux peut-être en parler ?

- … »

Katsuki laissa un silence, sa colère, sa peine et sa honte toujours présents en lui. Il avait envie de parler, de frapper quelque chose et d'exprimer sa rage, mais il avait aussi envie de se terrer et d'oublier ce qu'il avait pu dire et entendre. Il avait été aussi bien blessé par les mots de sa mère que par les siens. Il savait qu'il n'en pouvait plus, des critiques de sa vieille. Mais il savait qu'il était allé trop loin.

Et il ne savait pas vraiment pas quoi faire pour régler ça. Parce que, si en temps normal, ils faisaient comme si de rien n'était, c'était la première fois qu'une dispute allait si loin.

« … j'en sais foutrement rien, finit-il enfin par répondre. J'ai merdé, mais elle aussi.

- Je vois… Peut-être devrais-tu essayer de lui en parler ?

- … J'suis nul pour parler. Ça va juste aggraver les choses.

- Tu n'es pas obligé d'en parler avec des mots tu sais, lui dit gentiment la jeune femme. Tu peux coucher tes pensées sur papier, ou… Mais si c'est trop difficile de lui parler directement, il existe d'autres moyens ! »

Soudain, le bébé dans la poussette commença à pleurer et elle dut s'éloigner pour aller le calmer. Toujours muet, Katsuki la regarda prendre le poupon dans ses bras et commencer à le bercer tout en chantonnant doucement. Elle n'avait pas tort, loin de là, et il en était conscient, mais comment faire comprendre à sa mère ce qu'il ressentait sans provoquer une nouvelle guerre entre eux ? Comment réussir à parler, à s'exprimer, sans qu'elle ne se sente agressée ? Comment réussir à – peut-être – lui faire oublier les mots qu'il avait pu lui balancer à la figure ? Parce que si il était blessé par son comportement, il ne pouvait pas s'empêcher de se trouver stupide.

Il était de mauvaise foi, quand il disait que sa mère l'attaquait tout le temps, au même titre qu'elle était loin d'être une mère « à chier ». Il était conscient qu'il n'était pas toujours facile. Il était conscient qu'il se déchargeait souvent sur ses parents, et que ces derniers encaissaient sans trop rien dire.

Il était conscient qu'il avait foiré.

Soudain, il eut une idée. Il se leva précipitamment de son banc, et alors qu'il allait disparaître dans la rue, il se retourna vers la jeune femme et dit :

« … merci. »

Cette dernière lui répondit par un doux sourire et lui souhaita bon courage. Et sur ces mots, il s'en alla en direction de la rue marchande, son idée en tête.

Le bouquet de fleur.


Il était 21h passé, quand Katsuki passa le seuil de sa porte d'entrée, ses fleurs à la main. N'ayant pas pris son portable, il lui était incapable de savoir si ses parents avaient cherché à le joindre ou non… Mais, lorsqu'il arriva dans le salon et qu'il n'y trouva que son père assis dans le sofa, un journal à la main et le téléphone juste à côté, il comprit qu'on avait cherché à savoir où il était. Il avait eu du mal à trouver un fleuriste ouvert, et le temps de revenir…

« Où étais-tu passé ? » demanda enfin Masaru sans même lever les yeux de son journal.

Pour que son père soit aussi froid, c'était qu'il avait effectivement merdé. Un peu penaud, il leva son bouquet et le lui montra. Masaru leva enfin les yeux vers lui, observa les fleurs et soupira.

« … je vois.

- Je -

- Ce n'est pas à moi que tu dois des excuses… Et ce n'est pas moi qui t'en dois. »

Il marqua un temps d'arrêt, avant de reprendre :

« Mitsuki est dans notre chambre si tu veux. »

Il lui lança un regard entendu, et Katsuki se dirigea lentement vers les escaliers qui menaient à l'étage du dessus. A pas de loup, il arriva enfin devant la porte de la chambre de ses parents et toqua trois fois. Il n'attendit pas particulièrement de réponse, et entra doucement dans la chambre. Assise sur le lit, et dos à lui, sa mère tenait dans ses mains ce qui paraissait être un album photo. Seule la lampe de chevet était allumée, donnant une ambiance presque fantomatique à la scène et Katsuki hésita un instant à perturber ce calme. Il lança un regard à son bouquet de fleurs, puis retrouva le courage de s'avancer à ses côtés. Sans rien dire, il s'assit à sa droite et patienta.

Au bout d'un petit moment, Mitsuki poussa un soupire et tourna la tête vers lui.

« J'imagine qu'on a des choses à se dire toi et moi… »

Katsuki ne répondit pas, et se contenta de lui tendre le bouquet de fleur qu'il avait eu tant de mal à dénicher. Sa mère observa les fleurs pendant un instant, les yeux ronds comme des ballons, avant de se mettre à rire doucement. Elle attrapa le bouquet, puis passa un bras autour de ses épaules pour l'attirer contre lui. Katsuki grogna légèrement, un peu embarrassé par cette marque d'affection mais ne rechigna pas.

« Alors toi, les excuses c'est quelque chose hein…

- Je dois bien tenir de quelqu'un… marmonna t'il en détournant le regard.

- … Tu sais… Je suis consciente que je ne suis pas la meilleure mère au monde, commença t'elle, et que j'ai… beaucoup de défauts. Je ne n'ai pas toujours été très patiente ni très conciliante avec toi, et je m'en excuse.

- … Je ne suis pas… enfin je ne suis pas très facile non plus, j'imagine.

- Tu dois bien tenir ça de quelqu'un. »

Mistuki avait dit ça en souriant, et Katsuki ne put s'empêcher de sourire à son tour, avant de sentir sa mère l'embrasser sur la tempe. Il râla un peu, pour la forme, en disant qu'il n'avait plus 6 ans mais cette dernière se contenta d'éclater de rire pour toute réponse, avant de commencer à le taquiner gentiment.

« Quoi qu'il arrive, tu restes toujours mon gros bébé tu sais !

- N'importe quoi… »

Derrière, sur le lit, reposait le bouquet. Un bouquet de muguets et de roses blanches, avec en son centre un superbe lys immaculé.

Fin


Dernier blabla:

Et voici pour ce deuxième OS de l'event! Après une relation fraternelle toute douce entre Tensei et Tenya, voici une relation qu'on pourrait qualifier... d'explosive, sans mauvais jeu de mots.

Pour ce qui est des fleurs, le muguet représente le bonheur retrouvé. On peut en offrir à une personne avec qui on s'est disputé, pour lui montrer qu'on a envie de se réconcilier. Pour les roses, on en offre pour prouver que l'on souhaite s'excuser, que l'on est conscient de ses erreurs, et la couleur blanche représente la pureté, l'humilité et le respect. Pour finir, le lys blanc est tout simplement un message d'amour pur et sincère. De cette manière, Katsuki tente donc de faire comprendre (un peu maladroitement) qu'il souhaite s'excuser, se réconcilier, tout en disant à sa mère qu'il l'aime profondément.

Et tout ça avec des fleurs, parce que notre Katsuki est un peu une tanche dans le fond.

En tout cas, merci d'avoir lu! Sur ce, je vous fais des bisous et vous dis à demain pour le troisième thème!