Chapitre 2
La mère de Rosy faisait boire Balto. Il était trop faible pour se lever et boire dans une gamelle, il fallait donc lui verser l'eau dans la gueule avec une seringue que lui avait donnée le vétérinaire, et doucement, car sinon ça lui faisait mal. Quand elle fut partie, Boris sortit de sa cachette et revint s'installer prés de Balto.
- J'ais pas l'impression que son état s'améliore, ce genre de fièvre peut facilement être mortelle, et...
- MEL ! Ça suffit ! Dit Jenna. On est tous au courant de ça !
Boris caressait délicatement la tête de Balto.
- Il va s'en sortir. Hein que tu va aller mieux mon petit.
Puis Balto recommença à parler, ou plutôt il essaya de crier :
- Papa ! Il faut aller le chercher. Tarak, arrête-toi !
- Tu m'emmènes encore en ville ? Demanda Balto à son père, alors qu'ils marchaient dans la forêt.
- Oui, répondit Kitok.
- Mais maman ne veut pas !
- Elle ne peut pas comprendre, ton grand frère non plus, il faut être un chien pour comprendre qu'on est fait pour vivre avec les humains, et toi aussi.
C'est alors que la voix grave de Tarak se fit entendre.
- Peut être qu'on ne peut pas comprendre ça, mais on sait que les hommes veulent massacrer les loups jusqu'au derniers, nous ignorons pourquoi, mais c'est ce qu'ils essayent de faire.
Kitok n'était pas étonné qu'Aniu ait demandé à son fils aîné de les surveiller lui et Balto, et une fois de plus il constata à quel point le jeune loup était naturellement doué pour la traque, la surveillance et la surprise.
- Balto n'ira pas plus loin !
Tarak sortit de sa cachette et se planta devant Kitok, le dominant de sa haute taille, et même l'écrasant de sa masse. Ce n'était encore qu'un adolescent, il était bien jeune par rapport à Kitok. Mais il était tellement plus grand et plus puissant, tellement plus majestueux, et avait une voix tellement plus grave et profonde, que Kitok paraissait presque pitoyable en comparaison.
- Tarak écoute-moi, je... enfin je...
Mais le regard orange du grand loup blanc plongeait dans le sien, et il fut incapable de prononcer un mot de plus.
- Tu n'iras pas en ville avec Balto ! Dit Tarak sur un ton ferme.
Puis il quitta le chemin et passa derrière Kitok. Quand ce dernier se retourna pour essayer de lui parler, Tarak avait disparut comme par magie, encore une chose pour laquelle il était doué ! La voie vers la ville semblait libre, mais Kitok savait que ce n'était même pas la peine d'essayer d'y emmener Balto avec "Big brother" qui le surveillait.
- Puisque c'est comme ça, nous allons promener, et faire des courses pour t'apprendre à courir.
Plusieurs heures après, Balto était bien fatigué, mais heureux d'avoir dégourdit ces jeunes muscles. Lui et son père retournaient à la tanière. Quand tout à coup ils entendirent Tarak crier :
- COUREZ ! DES CHASSEURS !
Kitok n'avait rien senti ni entendu, mais il savait que Tarak n'était pas du genre à plaisanter sur ce sujet, et il voulut prendre Balto dans sa gueule pour aller plus vite. Mais trop tard ! Balto entendit un sifflement puis un choc mat sur son père, tout de suite suivit par le bruit effroyable de la détonation. Kitoktomba au sol, et lâcha Balto qui roula par terre. Quand il se remit sur ces pattes, il vit son père au sol, gémissant et se tordant de douleur.
Il resta quelques instants immobile, ne sachant que faire, et sans se rendre compte qu'on s'approchait de lui. Puis une main l'attrapa, et il se retrouva face au visage d'un homme qui l'examinait. Au-dessous de lui des chiens de chasse aboyaient furieusement, prêts à le déchiqueter si l'homme le reposait par terre.
- Tu as raison, il est à moitié loup, il faut trouver ses frères et sœurs pour les tuer, ces bêtes peuvent être très dangereuses si elles n'ont pas peur de l'homme.
- Que fait-on de ce sale chien, il est bien touché.
- Achève-le, s'il fréquente une louve s'est qu'il a mal tourné.
Balto ne voyait pas ce qui se passait, mais il entendit le nouveau coup de feu qui lui déchira les oreilles.
- Les chiens ont trouvé la trace, cria un autre homme un peut plus loin. Je crois qu'elle mène à une vielle tanière qui était inoccupée l'année dernière, je sais où elle est.
- Très bien, allons-y.
L'homme tenait Balto à bout de bras maintenant, prés d'un buisson. Soudain, une tornade blanche en jaillit ! Ni les hommes ni les chiens n'eurent le temps de réagir, Balto se trouva pris dans de formidables mâchoires et fut emporté à toute vitesse dans les bois. C'est alors qu'il se rendit compte que le monstre blanc qui l'avait attrapé n'était autre que son grand frère.
Puis il repensa à son père, il n'avait pas encore compris ce qui c'était passé.
- PAPA ! Il faut aller le chercher. Tarak, arrête-toi !
Mais son grand frère se contenta d'émettre un grondement qui lui ordonna de se taire, ce qu'il fit.
Tarak courait ventre à terre, et souvent des branches fouettaient la tête ou l'arrière train de Balto, mais il ne s'en plaignait pas, comprenant que la situation était grave. Ils arrivèrent enfin à la tanière, Tarak déposa Balto par terre, puis discuta très vite avec sa mère. Balto n'avait pas fait attention à ce qu'ils disaient, il en était encore à essayer de comprendre ce qui venait de se passer, mais il entendit quand même les aboiements des chiens de chasse : Les hommes venaient ici ! Ce n'est que bien plus tard qu'il compris le terrible choix que sa mère et son grand frère durent faire : Il fallait fuir, rapidement et tout de suite ! Mais Aniu et Tarak ne pouvaient transporter dans leurs gueules qu'un seul petit chacun, alors qu'il y en avait trois ! Il fallait donc choisir celui qui allait devoir rester, celui qui devait mourir pour sauver les deux autres ! Pourquoi est-ce Balto qui a été abandonné ? Peut être parce qu'il était le plus petit et le moins fort, ou peut être parce qu'il était plus proche du chien et pas assez loup ?
Tarak attrapa Waoss, Aniu prit Nitti, puis ils partirent en courant, ils n'avaient même pas le temps de dire quoi que ce soit à Balto ! La situation était trop urgente, ils leurs fallaient prendre le plus d'avance possible s'ils voulaient avoir une chance de s'échapper, la moindre seconde de perdue aurait pu être fatale.
- Maman ! Tarak ! Où allez-vous ?
Mais sa mère et son frère étaient déjà hors de vue, Balto se mis à courir de toutes ces forces dans leur direction, mais avec ses petites pattes il était bien incapable de les rattraper, ni d'ailleurs de semer les chiens qui se rapprochaient dangereusement.
- Attendez-moi ! TARAK, MAMAAAAAAAAAAN !
Balto se mis à paniquer, c'était la première fois de sa vie qu'il se retrouvait complètement seul, et ces chiens qui étaient presque sur lui maintenant, et les chasseurs qui arrivaient derrière ! Il ne savait pas quoi faire, il aperçut une fente entre deux rochers et instinctivement s'y précipita, juste quand un grand chien arrivait sur lui. Il échappa in extremis à son coup de dent et se blottis au font de la fente, mais elle était juste assez profonde ! Le chien enfonça son museau entre les deux pierres et essaya d'attraper Balto, un autre fit de même au-dessus, leurs mâchoires claquaient à quelque centimètre de lui, et ils grognaient et aboyaient furieusement, d'autre derrière aboyaient aussi. Balto hurlait de terreur, il se voyait déjà mis en pièce par ces monstres, quand tous d'un coup ils se retirèrent, puis se calmèrent : Leurs maîtres étaient là !
Une main gantée s'introduisit dans la fente et agrippa Balto qui essayait de se défendre en vain, puis il se retrouva dehors, entouré par au moins six hommes et une dizaine de chiens.
- Tiens donc, comme on se retrouve ! Alors tes parents t'on abandonné ?
Les autres partirent à la poursuite de Tarak et Aniu, mais peut de temps après ils revinrent bredouilles, et passablement énervés. Celui qui tenait Balto releva sont bras pour le mettre en évidence.
- Bon, on en fait quoi de ça, je le balance aux chiens pour qu'ils le bouffent ?
- Mmmm, on pourrait essayer à nouveau le coup de l'autre fois, les loups ne doivent pas être vraiment loin, non ?
- Ouais ! C'est une bonne idée.
Ils revinrent prés de la tanière et attachèrent Balto à un arbre, puis ils semblèrent partir.
