2. Les révélations d'Albus Dumbledore
L'arrivée fut brutale. Il y eut un bruit sourd, un choc qui projeta quelques appareils au sol. Le train s'était arrêté. Le professeur McGonagall fronça les sourcils, à la vue des quelques minutes de retard qu'ils avaient prises sur l'horaire. « Quand donc allons-nous utiliser du matériel fiable? » se disait-elle. Elle descendit du wagon, Harry la suivant de près, choqué par cet brutal arrêt. Quelle ne fut pas sa surprise quand il vit où ils s'étaient arrêtés: directement dans le bureau de Dumbledore. Une parties des panneaux de bois recouvrant un des murs de la pièce s'étaient écartés, laissant un espace suffisant pour que le wagon puisse s'y glisser. Quant à la locomotive, Harry n'en vit aucunes traces.
Dans le bureau, un petit comité semblait l'attendre, faisant les cent pas. Albus Dumbledore, évidemment, Rubeus Hagrid, assis afin de ne pas se cogner la tête au plafond et, dans l'un des coins les plus sombres de la pièce, Severus Rogue, l'air énervé, les cheveux noirs. Il y avait également un homme inconnu, habillé en moldu examinant les tableaux de la pièce.
-Harry, que je suis content de te voir, dit Dumbledore en l'apercevant. J'espère que tu as fait bon voyage!
Dans la salle, tout le monde se précipita pour le saluer, Hagrid en particulier, tout heureux de le revoir. Rogue lui-même s'avança.
-Vous revoilà enfin parmi nous, Potter, dit-il lentement, sans desserrer les dents. Et en avance sur les autres étudiants par-dessus tout. J'ose croire que les raisons de votre retour sont justifiées. A moins que cela soit dû à votre ardent désir de progresser dans l'art subtil des potions et filtres, dit-il pour finir en esquissant un sourire.
Harry ne put que réfréner sa haine envers Rogue en serrant sa main froide. Il paraissait toujours aussi haineux et distant, mais il y avait quelque chose de changé. Son esquisse de sourire peut-être…
Sur ce, Dumbledore sortit sa baguette magique et, par un mouvement lent et précis, fit disparaître le wagon et le passage secret. En se tournant vers Harry, il dit en souriant: « Pratique ce terminus ferroviaire arrivant dans mon bureau! » Il se retourna et fit à nouveau des gestes avec sa baguette en prononçant: « Rapide-bureau-conférence! » Aussitôt on vit apparaître tables et chaises. Tous prirent place, Harry avec à ses côtés Hagrid et le professeur McGonagall.
-Bien, nous voilà réuni, commença Dumbledore. Il est temps pour nous d'expliquer au jeune Harry les raisons de sa venue précipitée à Poudlard.
Il se mit alors à raconter à Harry les derniers faits. Le monde sorcier était en pleine ébullition. Le conflit entre les Mangemorts et l'Ordre du Phénix était au bord de l'explosion.
-Pour l'instant, il n'y a eu que quelques accrochages. Des assassinats ciblés. Pas grand chose en comparaison de ce qu'il se prépare, dit-il. Voldemort est en train de rameuter ses soldats. Le point positif, c'est que nous aussi. Mais il y a un danger qui nous guette tous, un danger bien plus terrible que les Mangemorts. Mais pour cela, je cède la parole à notre invité moldu.
L'inconnu se leva et prit la parole.
-Bonjour, dit le moldu. Je suis le colonel Hargrove, de l'OSTM, l'office des services stratégiques moldus, les services secrets d'une organisation moldue qui tient des rapports étroits avec le monde sorciers. Je vais être bref. La guerre qui se prépare concerne autant les moldus que les sorciers. Nous coopérons avec l'Ordre du Phénix depuis fort longtemps. Nous avons déjà eu affaire avec des sorciers déstabilisés qui tentaient de causer du tort à notre monde. Mais là, ça dépasse tout. Vous savez que nous, moldus avons, malheureusement un goût immodéré pour les armes et la guerre.
Jusqu'ici, personne ne broncha dans l'assemblée. Harry avait son attention rivée sur ce moldu.
-Nous avons des rapports, continua le colonel Hargrove, que Voldemort tente d'adapter des armes moldues à la magie! Si c'était le cas, le professeur Dumbledore m'a affirmé que les dégâts seraient terribles au sein du monde moldu et celui des sorciers! Cela doit être stoppé à tout pris!
La révélation fit l'effet d'une bombe pour Harry. Comment était-ce possible? Que les deux mondes se côtoient, c'était normal. Mais que l'on adapte des armes à la magie… On nageait en pleine fiction. Voyant l'effet que ces paroles lui procuraient, le professeur Rogue s'adressa à Harry de sa voix la plus douce et méprisante: « Vous n'êtes pas sans savoir, Potter que la science des potions et la chimie moldue se ressemblent comme deux gouttes d'eau. Il n'y a pas de quoi s'étonner. Après tout, les concepts naturels restent les même pour tous. Sans méchanceté aucune, je pense que vous devriez être beaucoup plus attentif lors de mes cours. » Harry se sentit devenir rouge et confus. Personne n'en fit grand cas.
-Comme vous le savez tous ici, dit Dumbledore en reprenant la parole, une grande partie des Mangemores ont leurs enfants dans cette noble institution. Et malheureusement pour le professeur Rogue et certains autres élèves, presque tous dans la maison Serpentard! Je sais que la règle de Poudlard impose une égalité parfaite de traitement entre les différentes maisons. Mais la situation présente m'oblige à prendre des mesures. Il est bien clair que le fait d'avoir ces enfants sous notre responsabilité nous donne un avantage, celui de faire pression sur leurs parents. Ce que je crains, c'est l'explosion du conflit ici à Poudlard. Mais cela ne te regarde pas encore, Harry.
Après ces paroles, on acheva la réunion. Le professeur McGonagall emmena Harry dans une des hautes tours de Poudlard, sa chambre d'ici à la rentrés scolaire.
Lorsqu'il se retrouva seul dans cette grande pièce luxueusement aménagée, Harry se sentait vide, triste. Ses bagages avaient été montées, ainsi que d'autres, dont il aurait besoin pour sa sixième année. Il s'assit sur son lit et resta là, les yeux dans le vague, repensant aux nouvelles incroyables dont on lui avait fait part.
Il était perdu dans ses pensées, lorsqu'il entendit un léger raclement de gorge. Il leva la tête, et aperçu le professeur Dumbledore debout, devant lui qui l'observait.
-Harry, tu me paraît bien songeur, dit-il d'une voix douce et chaleureuse. Ce sont ces nouvelles qui te font perdre ton enthousiasme?
-Oui, professeur, j'ai peur. Peur que tout recommence, ces instants de peur.
-Tu sais, Harry, notre vie d'humain est faite de joies et de peines. C'est, ce qu'appellent les moldus, la condition humaine. Tu es préoccupé par les futurs événements, c'est tout à ton honneur. Mais tu dois d'abord penser au présent. Tu es à Poudlard, le château où tout est possible. Amuse-toi, profites-en, personne ne vas t'en empêcher avant la rentrée. Et certainement pas tes amis Ron et Hermione.
Se reprenant soudainement, Harry s'écria: « Ron et Hermione sont l ? »
-Bien sûr, Harry, ils t'attendent dans la grande salle pour le souper. Ils auront hâte que tu leur raconte tes vacances et ton voyage. Raconte-leur tout ce que tu sais. Tôt ou tard, ils finiront par l'apprendre. Il vaut mieux que cela soit de ta bouche. Allez, viens, ce soir, il y un gâteau de courge excellent. J'en raffole. Je te l'avais déjà dit ?
Harry suivit le professeur Dumbledore, rasséréné par ses paroles et par la présence dans Poudlard de ses amis.
