Octavius revenait à Vendeaume, trainant ses pied et en faisant craquer son dos douloureux. Sa lourde armure pesait sur ses épaules et ses muscles. Il venait de détruire un nid de troll et massacrer au moins quatre de ces immondes créatures qui menaçaient les villages alentours. S'il avait eu vingt ans, il serait sûrement en train de gambader avec une tête de troll en trophée et avec une jolie fille sous le bras. Son armure était encore tachée de sang et un bocal rempli de graisse de troll pendait à sa ceinture. En passant les lourdes portes de la ville, deux gardes l'abordèrent.

- Monsieur, vous êtes demandé à la cour du roi immédiatement.

- Pourquoi? S'ils veulent que je bute un dragon ou que je retrouve un vieux truc au fond d'un trou ils n'ont qu'à faire la file comme tout le monde.

- C'est un ordre direct d'Ulfric Sombrage, je vous conseille d'y obéir.

- Ça va, j'arrive !

C'est avec déplaisir qu'Octavius traina les pieds jusqu'au palais. Il n'était plus jeune et ces trolls l'avaient épuisé. Il passa les grandes portes du palais de Vendeaume et fut immédiatement accueilli par Ulfric lui-même qui le salua. Ils étaient de bons amis, ayant vécu une histoire semblable. Deux hommes qui avaient fait de lourds sacrifices pour l'Empire et qui en étaient sortis trahis.

- Salutations, Dovahkiin, je suis heureux de vous revoir.

- Moi de même. Répondit Octavius qui souhaitait rentrer chez lui au plus vite.

- Nous avons… comment dire… un problème assez délicat, surtout en ce qui vous concerne.

Octavius haussa les sourcils et la curiosité le raviva.

- Nous avons intercepté un petit convoi elfique qui tentait de traverser nos terres. Nous les avons écrasés, mais ils avaient avec eux deux Khajiits.

- Et alors ? Mon peuple lèche les bottes des Thalmors depuis longtemps.

- Oui, mais ces deux la sont…

Octavius s'impatienta et haussa très légèrement le ton, ce qu'aucun autre homme un minimum sensé n'aurait fait.

- Arrêtez de tourner autour du pot et venez-en aux faits.

- Ils prétendent être vos enfants.

Octavius écarquilla les yeux et son cœur ne fit qu'un bond. Il ne pouvait pas avoir d'enfant, il avait toujours fait attention et si ça avait été le cas il aurait pris soin de sa famille. Cette nouvelle le bouleversait, il ne pouvait pas y croire.

- Ça doit être une erreur !

- Je l'ignore, ils vous attendent dans la salle de guerre.

Octavius s'élança avec hâte au travers du hall puis il passa la porte. Les deux jumeaux étaient assis à la table, buvant et mangeant comme s'ils n'avaient rien avalé depuis des jours. Ralof et deux autres Sombrages les surveillaient avec attention. Ralof, qui était aussi un bon ami d'Octavius, ne s'attendait pas à trouver les enfants du Dovahkiin en massacrant une bande d'elfes arrogants. Il les accompagnait et protégeait pour son vieux compagnon à qui il devait la vie. En voyant leur présumé père entrer dans la salle, les deux Khajiit se levèrent de leur siège et Octavius eu comme un choc. Ils lui ressemblaient et quelque chose dans leur regard lui laissait croire qu'ils étaient bien sa progéniture. La jeune femme s'approcha d'Octavius avant de le gifler. Sa tête pivota par la force du coup et son regard se dirigeait maintenant ver Ralof et Ulfric, tous deux surpris.

- Je crois qu'ils sont de moi… Dit-il à ses deux amis.

Il fixa alors la jeune femme dans les yeux et put y lire toute la colère et la tristesse de Nirn.

- Toi ! Espèce de salaud ! Tu nous as abandonnés !

Octavius était bouche bée, jamais il n'avait cru être un jour témoin d'une telle scène. Il n'arrivait pas à répondre à la jeune femme qui lui criait des injures. Le jeune Khajiit calma sa sœur avant de prendre la parole devant son présumé père.

- Salut…heu…c'est un peu compliqué, mais je vais faire simple. On est tes enfants et notre mère est Aina, je m'appelle Thri et elle c'est Mirra.

Octavius prit quelques secondes pour digérer la nouvelle avant d'enfin parler :

- Premièrement, Aina qui?

Devant ce manque de respect, la jeune femme s'avança encore, mais son frère la retint. Le jeune homme lui-même serait les dents, mais il garda son calme.

- Aina de Torval.

Octavius se rappela alors des nuits qu'il avait passées à Torval avec cette femme. Il ne pensait pas l'avoir mise enceinte, ayant bien pris ses précautions. Une vague de colère s'empara alors d'Octavius. Il avait des enfants et cette pétasse ne l'avait pas informé ! pensa-t-il sur le coup de la colère. Pourquoi lui avoir caché ? D'un autre côté il se disait que toute la légion avait probablement passé sur cette fille après lui et qu'il n'était sûrement pas le père.

- Écoutez les jeunes, je ne crois pas être votre père même si j'ai quelques doutes. Il n'y a qu'une seule personne qui peut dire si vous avez mon sang… suivez-moi.

Les jeunes Khajiit s'exécutèrent et les Sombrages les suivirent à l'extérieur de la ville dans une clairière où Octavius s'arrêta.

- On fait quoi ici ? Demanda la jeune femme impatiente, mais personne ne lui répondit.

Sans prévenir Octavius hurla vers le ciel et appela Odahviing qui répondit rapidement à l'appel par un rugissement et se posa tous près des Sombrages affolés. Les jumeaux furent plus que surpris et émerveillés de voir un vrai dragon d'aussi près, comme dans les légendes.

- Pourquoi m'as-tu appelé, Dovahkiin?

- Les deux Khajiit là, quelle odeur a leur sang?

Odahviing ne se posa pas de question avant d'approcher son museau des jumeaux et de les renifler. Surpris de l'odeur qu'il venait de sentir, il se retourna vers son ami, Octavius.

- L'odeur n'est pas pure, mais ils ont du sang de dragon qui coule dans leurs veines.