Au matin Siegfried se réveille le dernier, lui qui pourtant est habitué à être le premier du château debout. Hilda apparaît dans la chambre, déjà vêtue, le regard enfiévré qu'elle arbore depuis déjà quelques jours, sans que Siegfried ne puisse savoir d'où il vient.
Il réalise ce qu'il a fait cette nuit. Certes elle lui a demandé mais cela reste un blasphème. Il ne sait quoi dire : doit-il implorer son pardon ?
- Tu crois que tu es là pour te prélasser ? - demande-t-elle d'une voix cassante. - Remues-toi ! J'ai des projets grandioses pour notre royaume
Gêné, Siegfried sort du lit. Il récupère ses vêtements qu'il enfile en un instant, et s'incline devant sa princesse. Mais elle ne le regarde pas, elle est empêtrée dans ses pensées, elle ne sort que quelques petits rires machiavéliques. Aussi, il s'apprête à sortir quand elle lui dit :
- Oh Siegfried ! Tâche d'être plus actif ce soir. Je veux un homme, pas un gamin timide et balbutiant
Cette phrase lui fait l'effet d'une gifle. Qu'elle critique sa virilité, il s'en fiche. Normalement son honneur aurait dû s'en froisser, mais c'était sa Reine, elle avait le droit de le critiquer, même l'humilier, il acceptait. Surtout qu'il reconnaissait volontiers avoir été nul cette nuit. Il avait à peine osé la toucher, elle si pure et lui si … indigne. Il l'avait laissé tout faire : ce n'était pourtant pas sa méthode habituelle. Mais là, paralysé par la situation…., il s'était montré plus inexpérimenté qu'un puceau impubère ! Alors qu'elle en soit mécontente, et sûrement frustrée il le comprend. Elle pourrait même le punir si elle le voulait.
Mais non, elle lui demandait de revenir le soir même ! Lui donnait-elle une autre chance ou faisait-elle de lui son amant attitré ? Bien sur, l'un comme l'autre était interdit : la Reine avec un valet ! Fut-il guerrier divin, même du plus haut rang, cela était impensable ! Et pire encore, une prêtresse d'Odin devait rester chaste ! Toutes ces transgressions, ces blasphèmes l'effrayaient. Si Odin les punissait ?
Ce jour là, Hilda lança l'offensive contre le sanctuaire grec, malgré les supplications de sa jeune sœur.
La Princesse Freya demanda son aide à Siegfried, mais offusqué par la demande, il refusa ouvertement. S'opposer à sa Reine ? Plutôt mourir aussitôt. Refuser de lui obéir, c'était inconcevable. Hilda avait changée ? C'était normal. Tout le monde change : évolution, responsabilités… leur amour. Certes, elle agissait un peu bizarrement depuis quelques temps. C'était peut être à cause de leur liaison ? Oui, c'était cela qui l'avait changée. Et c'était en partie sa faute. Il savait bien que c'était une offense à Odin, mais elle le voulait tant, et il la désirait tellement. Était-ce si mal de s'aimer ? Si Odin avait mis tant d'amour pour elle dans son cœur, n'était-ce pas pour qu'il la rende heureuse ? Oui c'était cela son rôle, la protéger, la servir et la rendre heureuse. C'était là son devoir.
Hilda était souveraine, ses décisions n'ont pas à être discutées. Ce n'était pas à lui de juger. Il n'était que serviteur, pas politicien. De quel droit aurait-il pu critiquer les décisions de Sa Reine ? La jeune Princesse avait perdue la tête ! Qu'elle s'occupe de jouer avec ses fleurs et Hagen, et qu'elle laisse aux adultes les décisions pour le bien du royaume. Jamais il ne trahira Sa Reine, Son Amour. Jamais.
La suite lui donna raison : la Princesse Freya s'enfuit du palais pour rejoindre leur ennemi. Quelle petite écervelée ! Qu'est ce qui a pu lui passer par la tête ? C'était quoi ça ? Sa crise d'adolescence ou quoi? Mademoiselle se rebelle contre l'autorité ? Si les ennemis n'étaient pas sous nos murs, la guerre imminente, il serait allé récupérer cette sale gamine par la peau du dos et lui aurait passé l'envie de foutre la merde, toute princesse fut-elle ! Mais cela devra attendre la fin de la bataille, et la victoire sur Athéna, dont il ne doutait pas. Il eut une pensée émue pour son ami Hagen, qu'il savait épris de la jeune Princesse. Comme il devait souffrir ! Double trahison. Alors qu'il avait, lui une chance d'être heureux : Freya n'était pas prêtresse, et en tant que simple cadette, elle aurait pu un jour épouser Hagen, sans trop de difficultés. Quel gâchis !
Mais pour l'heure, la guerre devait être sa seule priorité. Enfin, pas seulement à vrai dire. Hilda le réclamait toutes les nuits. Et il en devenait à chaque fois plus épris, plus passionné, plus dévoué à sa souveraine.
- Oui, comme ça ! Oh Siegfried … enfin je retrouve mon puissant guerrier… donne-moi toute ta vigueur …. Mon dragon des glaces
Siegfried la pénétrait avec entrain, en la menant plusieurs fois aux bords de l'extase. Accrochée au bord du lit, elle gesticulait pendant qu'il promenait ses mains le long de sa colonne vertébrale, avant de la basculer une fois de plus vers l'avant. Il s'accrochait à ses hanches à chaque coup de reins qu'il lui donnait. Elle avait voulu s'offusquer de cette position canine qu'elle jugeait indigne d'elle mais il avait pris pas mal d'assurance au fil des nuits, et devant son regard enflammé, elle s'était soumise, elle ! Mais elle ne le regrettait pas. Il l'emmenait ainsi au paradis, où ils s'y retrouvaient plusieurs fois par nuit.
Épuisées, ils se laissèrent tomber sur le lit, en sueur mais repus.
- Tu es parti bien tôt hier matin
- J'avais du travail, la guerre….
- Bien sur. Mais ne t'avise pas de m'insulter en me remplaçant par tes petites servantes
- Glaps !
- J'ai fermé les yeux pendant des années, mais c'est fini. Je ne veux plus les voir se pavaner dans mon palais ! Ou je les fais disparaître.
- Il n'y aura personne d'autre que vous - dit-il dans un souffle brisé.
- Ahah, il vaudrait mieux. Parce que je ne partage pas.
Elle lui enfonça ses ongles dans l'épaule
- Tu n'appartiens qu'à moi
- Oui Mon Aimée
Le même jour, trois servantes manquèrent à l'appel. Elles avaient été renvoyées à leur famille et leur village. L'une d'entre elles pleurait à chaudes larmes. Siegfried était peiné de voir partir la jolie Solveig. Certes, il avait toujours été amoureux d'Hilda, mais il l'avait cru inaccessible éternellement, alors il s'était oublié dans d'autres bras. Et attaché à cette jeune servante douce et discrète. Elle ne lui avait jamais reproché ses absences, sa distance et parfois sa tristesse. Elle l'avait compris sans qu'il s'explique, c'était reposant d'être auprès d'elle. Il avait même songé à lui proposer le mariage. Il en débattait en tout cas, quand la guerre avait éclatée. Et maintenant, il l'avait chassée. C'était la volonté de Sa Reine, il devait obéir, mais il ne comprenait plus. Solveig n'était pas une rivale pour Hilda, alors pourquoi cette méchanceté gratuite ? Ça ne ressemblait pas à sa princesse !
- Seigneur, Seigneur ! Des intrus sont arrivés dans le royaume !
La guerre d'Asgard commence... Que pensez-vous de ma vision des choses?
Bonne année à vous chers amateurs de St Seiya
