Peu de temps après avoir définitivement clos cette courte discussion, Ashley, Emma, et Ruby choisirent, d'un commun accord, de revenir sur le sujet touchant de la relation amoureuse absolument merveilleuse que partageaient, depuis un bon moment déjà, David Nolan avec leur chère amie Mary Margaret, pour la seule et unique raison qu'elles considéraient toutes qu'ils faisaient un couple très émouvant, et cela malgré le fait que David était malheureusement toujours marié à son épouse de toujours, l'insupportable Kathryn.

_ Même si Sean me rend très heureuse, je suis en quelque sorte jalouse de ce que vous vivez David et toi, avoua presque immédiatement Ashley,...
_ C'est absurde, Ash'!, s'exclama Mary Margaret.
_ Non, ce n'est pas absurde, la corrigea Emma, pour la seule et unique raison que je vois tout à fait où Ashley veut en venir. Même si, j'en suis le premier témoin, David s'est souvent comporté comme un idiot à ton égard, vous n'en formez pas moins un couple magnifique...
_ C'est un peu comme si vous étiez fait l'un pour l'autre!, ajouta Ruby.
_ Même si je crois pas un mot de cette célèbre et indémodable notion d'« histoire d'amour avec un grand A », compléta Emma, le fait est que vous avez, David et toi, ce petit quelque chose qui me fait croire que, finalement, peut-être qu'il y a, dans ce bas monde, une certaine forme de happy ending.

Mary Margaret cessa un moment de s'amuser à coiffer à la simple force de ses doigts les longs cheveux blonds et bouclés d'Emma.

Même si elle avait parfaitement conscience de la propreté des cheveux de son amie en raison de leur éclat, elle ne put s'empêcher de faire comme si elle essuyait ses mains contre l'arrière de sa longue jupe blanche.

Puis, le plus naturellement du monde, elle contourna la table du restaurant qu'elle occupait avec ses amies depuis près de cinq heures maintenant, dans l'objectif de s'installer de l'autre côté de celle-ci, aux côtés de sa plus vieille amie, Ruby.

_ Ce n'est pas ce que tu disais au début, grogna Mary Margaret, une fois assise, en direction d'Emma.
_ C'était en partie parce qu'il était marié, Mary!

Mary Margaret pencha la tête sur le côté. Emma n'avait malheureusement pas tout à fait tord...

Même si elle n'en était pas persuadée en raison de ses forts sentiments pour David Nolan, Mary Margaret pensait que, peut-être, elle avait fait la plus belle erreur de sa vie en s'entichant si radicalement de lui. Mais, le fait était qu'elle n'était pas entièrement responsable de ce qu'elle ressentait pour lui pour la seule et unique raison que, comme toute personne sensée, elle ne pouvait pas réellement contrôler ses sentiments. Elle savait très bien que ce n'était pas bien, du point de vue moral, de tomber sous le charme d'un homme qui était en couple avec un autre femme. Mais c'était plus fort qu'elle. Elle avait l'impression qu'être aux côtés de David était une nécessité. Il fallait qu'elle soit près de lui, coûte que coûte. C'était un peu comme si son cœur avait pris la curieuse décision de diriger toutes les cellules de son pauvre corps impuissant. Et puis, aussi étrange que cela puisse paraître, ce n'était jamais que lorsqu'elle était en la compagnie de celui qu'elle avait longtemps surnommé John Doe, en raison du fait que son identité était demeurée inconnue pendant presque tout le temps de son terrible coma, qu'elle avait l'impression d'être elle-même. D'une certaine manière, ils formaient, à l'instar du Yin et du Yang notamment, une solide dualité oppositive complémentaire et, de cette manière, ils comprenaient que, même s'ils se débrouillaient pour ruiner au mieux leur amour, ils savaient qu'ils n'y arriveraient jamais totalement.

_ Après tout, il paraît qu'il est Charming et que tu es Snow White..., fit remarquer Emma, en adressant à sa colocataire le plus sincère de ses sourires.

Mary Margaret leva les yeux au ciel.

Soudain désorientée dans le cours de la conversation de ses amies, Ruby fronça les sourcils.

_ Excusez-moi mais je n'ai pas l'impression d'avoir vraiment suivi le cours de votre discussion..., dit Ruby. Qu'est-ce que c'est que cette histoire de Charming et de Snow White?

Emma haussa les épaules. Elle jeta un rapide coup d'œil en direction de Mary Margaret et lui adressa, une nouvelle fois, un sourire plein de tendresse.

_ Ruby a raison, Emma..., insista Ashley. Où veux-tu exactement en venir, en disant que David est Charming et que Mary Margaret est Snow White?
_ Oh, c'est vraiment trois fois rien..., répondit Emma. Mais, puisque vous semblez réellement motivées à ne pas me laisser tranquille tant que vous n'aurez pas obtenu de réponses, je vais tout de même vous le dire. En fait, c'est à cause de Once Upon A Time.
_ « Once Upon A Time »?, l'interrogea Ruby.
_ Oui, Once Upon A Time. C'est le titre du vieux livre de conte qu'Henry trimbale un peu partout depuis mon arrivée en ville.
_ D'accord, répondit Ruby en hochant la tête de haut en bas. Cela ne me dit pas pour autant pourquoi tu insinues que David est Charming et que Mary Margaret est Snow White...

Plus que jamais décidée à brutalement rompre le silence, Mary Margaret prit la décision de mettre un terme à la longue série de détails de son amie, Emma, pour aller droit au but.

_ Il est persuadé que nous sommes tous des personnages de conte de fée, dit-elle.
_ C'est mignon comme tout!, affirma Ashley.
_ Et qui serions-nous, Ashley, toi et moi?, demanda Ruby, curieuse comme jamais de découvrir quel personnage de conte de fée Henry voyait en elle.
_ Ashley serait Cinderella; tu serais Red Riding Hood et je serais the Savior.

Ruby sourit, étonnement très satisfaite du choix du petit Henry Mills en ce qui la concernait – d'autant plus que Little Red Riding Hood avait toujours été l'un de ses personnages de conte favori...

_ Et les autres?, demanda Ashley.
_ Quels autres?
_ Les autres habitants de Storybrooke, pardi!

Toujours à l'écoute des dires d'Henry, Emma récita tous les noms de personnages de conte que son fils avait associé aux divers habitants de Storybrooke.

_ Et Regina Mills est the Evil Queen, conclut-t-elle, mettant ainsi fin à son discours.

Mary Margaret, qui avait presque oublié ce détail en apparence insignifiant, ne put s'empêcher de sourire.

_ Oh et bien, voilà qui explique sa haine incroyable envers toi, Mary, déclara Ruby.
_ J'avoue que ce serait une explication plus ou moins plausible étant donné que je n'ai strictement rien fait dans cette vie pour mériter une telle haine de sa part.
_ Tu aurais dû dire cela plus tôt, Emma, continua Ruby. Comme ça, nous aurions tous compris que, en vérité, ce n'était pas pour le possible meurtre de Kathryn Nolan que notre chère Mary était si injustement enfermée en prison mais parce que, comme elle était « the fairest of them all », elle attirait les foudres de l'Evil Queen.
_ En fait, le livre d'Henry ne traite pas tout à fait les contes comme nous avons l'habitude de les entendre, dit Emma...

D'un rapide geste de la main, Ruby l'invita à poursuivre.

_ Dans Once Upon A Time, si l'Evil Queen déteste Snow White, ce n'est pas pour sa beauté – au contraire, je serais presque tentée de dire qu'elle est bien plus ravissante que Snow White; mais là n'est pas la question – mais pour ce qu'elle lui a accidentellement fait subir dans sa jeunesse. D'après les dires de Reg—l'auteur, Snow White est responsable de la mort de l'amour de sa vie, ce qui n'est pas vraiment le cas mais, encore une fois, là n'est pas la question.
_ Et qu'en est-il des autres personnages?, demanda Ruby.
_ Cinderella a fait un pacte avec le méchant Rumpelstiltskin. En échange de son bonheur au bras du prince, elle devait lui offrir son premier enfant; Red Riding Hood n'a jamais véritablement été attaquée par le Bad Wolf puisqu'elle est, elle-même, le Bad Wolf, le chaperon rouge lui sert de remède contre une éventuelle transformation les soirs de pleine lune et Snow White est une guerrière à en faire pâlir Xena, Warrior Princess!

Une nouvelle fois, Ashley, Emma, Mary Margaret et Ruby laissèrent leurs voix s'envoler dans un tourbillon de rires.

Une fois remise de ses émotions, Ashley attrapa délicatement la main de Mary Margaret et la caressa tendrement du pouce.

_ En tout cas, tu es vraiment « the fairest of them all », dit-elle.
_ Merci, Ash'...

Ashley lui adressa un rapide clin d'œil complice avant de reprendre la parole.

_ Et bien, tu vois, Ruby?, déclara-t-elle en frappant dans ses mains – comme pourrait très bien le faire Mary Margaret en raison de son métier d'institutrice – dans l'objectif de souligner les paroles suivantes de son court discours et de les marquer, par la même occasion, comme conclusion finale de la discussion. Ce serait absurde d'imaginer un couple formé par the Evil Queen et the Savior!


Convaincue de pouvoir être tranquille pendant un court moment, Emma ralluma son téléphone portable et composa machinalement son code PIN.

Une fois que son cellulaire fut complètement en état de marche, il se mit à vibrer frénétiquement dans ses mains.

Attirée par les sons curieux et répétitifs que provoquait l'objet électronique de son amie, Mary Margaret leva lentement les yeux dans sa discrétion. Complètement aspirée par ses propres agissements, Emma ne prit même pas conscience de ce fait.

Elle se dirigea vers le menu, se rendit dans l'option paramètres et coupa le vibreur de son téléphone.

Une fois sûre de ne pas avoir attiré l'attention de ses trois meilleures amies, ce qui n'était malheureusement pas vraiment le cas, elle se rendit à la page d'accueil de son cellulaire et fut surprise de constater qu'elle avait reçu, pendant le court instant où elle l'avait éteint, plus de dix-sept messages sur son téléphone portable. Et tous étaient de la part d'un seul et unique destinataire, madame le maire.

Comme si elle était pressée d'annoncer à sa petite amie ce qui se tramait à présent à table, elle ne prit même pas la peine de lire ces fameux messages. Au contraire, elle en composa un tout nouveau. « D'après les dires de Mary Margaret, the Evil Queen et the Savior formeraient un couple « absurde ». Le problème c'est que, dans notre cas, the Savior est supposée sauver the Evil Queen en la poussant à croire à nouveau en l'amour... », écrivit-elle avant de glisser discrètement son cellulaire dans la poche arrière de son blue jeans.


Ruby haussa les épaules avant d'annoncer fièrement qu'elle maintenait toujours son pari, malgré cette nouvelle découverte.

Après tout, toutes ces idées de possibles identités féeriques ne provenait jamais que de l'esprit tourmenté d'un enfant de dix ans, tout au plus, ce qui, somme toute, voulait dire qu'il n'y avait même pas un gramme de vérité dans ces paroles insensées. Du moins, le pensait-elle...


Tout à coup, un bruit se fit entendre. Des coups sourds et répétitifs.

Habituée à entendre ce son à la fois agressif et doux depuis aussi longtemps qu'elle pouvait s'en souvenir, Ruby leva machinalement les yeux vers la porte d'entrée et de sortie du restaurant.

_ Bouh!, déclara-t-elle en faisant semblant de frissonner. Quand on parle du loup...

En bonne associée de sa grand-mère, Ruby se dirigea vers la porte pour ouvrir à son invité surprise. Sans même comprendre ce qu'elle voulait dire, Ashley, Emma et Mary Margaret la suivirent attentivement du regard.

_ Bonsoir, madame le maire!, s'écria Ruby, faussement étonnée de sa venue.


Lorsqu'elle découvrit que sa petite amie avait personnellement fait le déplacement jusqu'au modeste restaurant de Granny, Emma sentit son corps se laisser aller à un frisson si puissant qu'il s'installa jusque dans sa moelle épinière.

Elle prit cependant la décision d'agir comme si de rien n'était. Elle prit une profonde – mais discrète – inspiration, avant de retourner à ses activités précédentes. Elle tendit donc l'oreille pour suivre sagement le fil de la discussion qui se déroulait à l'entrée du restaurant.


_ Qu'est-ce qui vous amène par ici par une heure aussi tardive?
_ Je n'ai aucun compte à vous rendre, miss Lucas..., répondit froidement Regina.
_ Oh, merci. Vous aussi vous semblez en très grande forme, madame le maire.
_ Ne vous moquez pas de moi, miss Lucas. N'oubliez pas que, en raison de mon statut dans cette ville, je pourrais sans problème vous envoyer en prison.
_ Dans ce cas, autant alerter au plus vite le shérif!, dit-elle, dans un sourire avant de jeter un rapide coup d'œil en direction d'Emma.

En bonne hôte, Ruby prit cependant la décision de se comporter plus poliment à l'égard de cette femme qu'elle avait bien du mal à supporter depuis bien des années et lui proposa un café.

_ Non merci, miss Lucas. En vérité, si je suis ici, c'est pour voir miss Swan.