Le lendemain matin, Yukimura se fit réveiller par une voix douce.

- Yukimura, debout...

Il se frotta les yeux et se releva. Il n'avait pas rêvé alors...? Tout cela était bel et bien arrivé...

- Fubuki-sempai..?

- Tu viens? Je t'ai préparé le petit-déjeuner.

L'adolescent hocha la tête. Il était content de se trouver ici avec lui. Il se leva et suivi l'adulte dans le salon.

- Tiens, installe-toi sur le canapé, je reviens.

Yukimura s'assit et vit Fubuki qui revenait de la cuisine avec plein d'aliments.

- Tu te sens mieux? Tu penses que tu pourras retourner au collège aujourd'hui ou pas? Demanda Fubuki en s'asseyant à côté de lui et en posant la nourriture sur la table.

- Je pense que oui...

- Tu es sûr? Tu te remets vite dis donc, tu étais très malade hier soir.

- Bah, c'est d'être près de vous, ça m'a fait guérir plus vite... Dit-il en rougissant.

Fubuki sourit avant de l'embrasser à nouveau. Il n'a pas pu résister; C'était plus fort que lui, ce que venait de dire le garçon l'avait vraiment touché.

Yukimura ne dit rien; Il se contenta juste de rendre le baiser à la personne qu'il aimait. après s'être détachés, Fubuki lui demanda avec un air à demi inquiet :

- Mais dis-moi, Yukimura, pourquoi est-ce que tu m'as dit que tes parents n'étaient jamais là..?

- Parce que c'est vrai. À cause de leur travail, ils partent tellement tôt le matin et reviennent tellement tard le soir que je ne les vois presque jamais. Ils font à peine attention à moi. Je dois tout le temps me débrouiller seul... Je parie qu'ils n'ont même pas remarqué que je n'étais pas là.

Fubuki le regarda d'un air désolé. Ça le rendait triste que Yukimura ne soit pas du tout proche de ses parents.

- Ce n'est pas comme vous, Fubuki-sempai. Vous, vous occupez toujours de moi, lui dit-il en le serrant fort dans ses bras.

Fubuki ne savait pas vraiment quoi dire. Il était triste pour l'adolescent, qui n'avait que lui pour prendre soin de lui. Il devrait parler aux parents du garçon à props de ça.. Il se demandait d'ailleurs comment il allait leur expliquer qu'il aimait leur fils et que c'était réciproque, étant donné qu'il était son coach et qu'il avait dix ans de plus que lui. Et aux autres joueurs de l'équipe aussi...

- Fubuki-sempai, qu'est-ce qu'on va dire aux autres..? Demanda Yukimura qui semblait avoir deviné ses pensées.

L'aîné fut surpris qu'il pose cette question au même moment où il était en train d'y réfléchir.

- Je ne sais pas vraiment... Je pense qu'il vaudrait mieux attendre un peu avant de leur dire la vérité.

- D'accord, fit le garçon en hochant la tête.

Ils finirent de manger leur petit-déjeuner et Yukimura alla s'habiller (Fubuki l'était déjà).

Quelques minutes plus tard, quand ils entrèrent dans la voiture, Fubuki demanda:

- Yukimura, tu es sûr que ça ne te dérange pas d'arriver au collège avec moi?

- Absolument pas! Et puis on a pas d'autres solutions.

Fubuki acquiesça et démarra la voiture.

- Yukimura, ne me refais jamais un coup comme hier soir! J'ai vraiment eu peur. Tu imagines si j'étais revenu plus tôt?

- Désolé... Mais si vous étiez revenu plus tôt, vous m'auriez sans doute trouvé sur le bord de la route en train de marcher..

- ..Yukimura, est-ce que tu allais chez moi...?

Celui-ci ne répondit pas. Au bout de quelques secondes,il finit par dire:

- Je ne sais pas vraiment... Je crois juste que j'étais triste et en colère, je voulais juste partir...

Fubuki caressa les cheveux de son petit protégé.

- Je te comprends...

Il prit un air sérieux.

- Moi aussi, quand j'avais ton âge, j'avais envie de fuir quand j'étais blessé.. J'étais très sensible. J'ai même dû arrêter le foot pendant un moment...

Yukimura ne comprenait pas ce qu'il voulait dire.

- Enfin bref, c'est du passé tout ça. Mais pour en revenir à tout à l'heure, ne me refais jamais ça.

Yukimura était content qu'il s'inquiète pour lui. Même s'il n'avait pas tout compris ce que l'adulte venait de lui dire...

- Promis, je ne recommencerai plus. Et puis maintenant, vous êtes là avec moi, donc je n'ai plus de raison d'être triste si je reste avec vous!

Fubuki lui sourit, mais ce sourire s'effaça quand il repensa à la situation actuelle.

- Yukimura... Tu sais que je ne peux pas te garder avec moi, tu dois retourner chez tes parents.

- Mais je n'ai pas envie! Je veux vivre avec vous, moi!

- Moi aussi, mais tu es encore mineur et ce sont tes parents qui doivent choisir. Tu n'as pas vraiment le choix. De plus, ils doivent s'iquiéter de ton absence..

- Eh bien alors je leur demanderai, je les supplierai même. Je ne veux pas être tout seul chez moi pendant qu'ils travaillent, je veux rester avec vous...

- Ce n'est pas aussi simple que ça.

L'adolescent baissa la tête. Ils étaient arrivés, et Fubuki se gara sur le parking. Les deux personnes sortirent de la voiture et entrèrent dans le collège.

- Allez, Yukimura, tu dois aller en cours maintenant.

- D'accord... À tout à l'heure, Fubuki-sempai! Dit le garçon en s'éloignant parmi la foule d'autres élèves.

L'entraîneur le regarda s'éloigner et se retourna pour rejoindre son bureau. "Cette situation est quand même étrange..." pensait-il. "Yukimura est beaucoup attaché à moi, et il ne comprend pas qu'il doit rester avec ses parents. Je suis sûr qu'il exagère, ses parents doivent quand même s'occuper de lui et ils l'aiment comme des parents aiment leurs enfant. Et je ne sais pas si.. notre relation est vraiment très saine..."

- Fubuki, vous êtes là! Je vous cherchais!

Celui-ci sursauta tellement il était plongé dans ses pensées.

- Ah, Mr. le directeur! Que vouliez-vous me dire?

- Vous êtes proche de Yukimura Hyouga, n'est-ce pas..? Je voulais vous parler de lui... C'est malheureusement une mauvaise nouvelle. Il a disparu, et on ne sait pas où il est. Ses parents ont appelé le collège tard hier soir, heureusement qu'il y avait encore des professeurs. Ils étaient affolés. Et comme vous avez été le dernier à le voir à l'entraînement... Je me demandais si vous ne saviez pas où il était.

- Eh bien, en fait... Il a fait une sorte de fugue, il était déprimé, et je l'ai trouvé sur le bord de la route, dans le noir, et il était gelé et presque inconscient. Je l'ai donc ramené chez moi pour le soigner.

Le principal équarquilla grands les yeux comme des soucoupes.

- COMMENT?! Vous avez emmené un élève chez vous,et en plus sans prévenir ses parents?! C'est illégal vous savez, vous pourriez être accusé de kidnapping et être renvoyé!

Malgré cela, Fubuki garda un visage calme.

- J'ai fait ce qui me semblait être le plus juste. On était bien trop loin de chez lui, je ne pouvais pas le ramener.

- Et ses parents, vous y avez pensé? Ils avaient l'air morts d'inquiétude!

- J'ai essayé de les appeler; Ils n'ont pas répondu.

- Parce qu'il aurait fallu appeler leur portable, par leur fixe, voyons! Enfin bref, si j'étais à votre place, je les appellerai tout de suite pour tout leur expliquer. Sur ce, je vous laisse. J'ai du travail.

Le principal tourna les talons et Fubuki marcha jusqu'à son bureau avec l'esprit troublé.


Assis devant son bureau avec le classeur contenant les fiches des élèves entre les mains, Fubuki recherchait celle de son petit protégé.

- Alors... Yukimura Hyouga... Ah, voilà.

Il prit le téléphone et composa le numéro écrit.

- Bon... Dit-il en soufflant.

Bip..bip..bip..bip..bip..

- Oui, allô?

- Yukimura-san?

- Oui, c'est bien moi. Vous êtes le collège de mon fils, c'est ça? Vous avez des nouvelles?

- Euh... Eh bien... Il a été retrouvé sur la route hier soir, mais... euh... son coach l'a trouvé et l'a ramené chez lui. Ne vous inquiétez pas, il est au collège actuellement et il va bien.

- Ouf! Mais.. je ne sais pas ce qui a pu le pousser a faire ça... Ne vous inquiétez pas, nous saurons le punir correctement. Merci encore. Bip...bip..bip...bip...

Fubuki raccrocha. Il n'avait pas su tout leur dire. Il n'avait pas PU. Il n'était pas timide, mais bizarrement lorsqu'il s'agissait de Yukimura il était gêné. Et puis... son père avait dit "le punir correctement"? Il était à peine inquiet pour son fils! Mais de toutes façons, l'adolescent devait bien retourner chez lui, et l'ancien attaquant ne pouvait pas garder Yukimura avec lui. Il était encore mineur, il ne pouvait pas choisir. "Il est encore mineur... Comment puis-je être aussi dégoûtant?! J'ai l'air d'un pervers! Yukimura n'a que quatorze ans et moi j'en ai vingt-quatre..! Mais il est tellement attaché à moi... Je ne crois pas qu'il réalise tout ce que ça implique...


Pendant ce temps-là, Yukimura était assis en cours d'histoire. Mais actuellement, cette matière ne l'intéressait guère. Il préférait être perdu dans ses rêves, un doux sourire aux lèvres... "Je suis tellement content que Fubuki-sempai partage mes sentiments..! Je ne peux pas attendre jusqu'à l'entraînement pour le voir..."

- Fubuki-sempai... Murmura-t-il.

- Hein?! demanda son voisin qui avait entendu.

- Hein, quoi?!

- Tu viens de dire quoi, là?!

- Hein?! Mais euh, rien du tout!

- Si, tu viens de dire Fubuki-sempai!

- Tiens, Yukimura! Puisque vous aimez parler, répondez donc à cette question, dit le professeur qui commençait à s'énèrver. Alors, qui étaient les philosophes des lumières?

- Euh... Des philosophes avec des lampes..?

Toute la classe se mit à rigoler. Le prof soupira désespérement. Tout le monde était mort de rire et Yukimura était rouge de honte. Il se rassit et le professeur continua son cours, pendant que quelques uns étaient encore en train de rire...

Toute la journée, Yukimura n'avait cessé de repenser à la soirée d'hier. Il avait enchaîné gaffe sur gaffe, et avait même confondu les toilettes des garçons avec celles des filles... Comme quoi l'amour lui retournait vraiment le cerveau! Mais au bout d'un moment, ses amis avaient quand même commencé à s'inquiéter...

- Yukimura, mais qu'est ce que tu as depuis ce matin?! Tu es bizarre!

- Moi, je sais ce qu'il a: Je parie qu'il est amoureux!

- Hein?! Mais non, n'importe quoi! S'exclama l'intéressé en rougissant.

- Allez, dis-nous qui est l'heureuse élue!

- IL N'Y A PAS D'HEUREUSE ÉLUE..!

Ça, au moins, c'était vrai.

- Menteur, ça se voit trop!

- Raaah, pis foutez-moi la paix! Cria-t-il.

- Ça va, calme-toi! Et viens, on à l'entraînement, là.

Yukimura les suivit jusqu'au terrain. Ils commençaient vraiment à l'énèrver, ceux-là! Il arrivèrent et les garçons entrèrent dans les vestiaires. Yukimura chercha le coach du regard, mais il ne se présentait pas. "Pourquoi il n'est pas là..?"

Il alla se changer, perdu dans ses pensées.

- Eho, Yukimura!

- ... Hein?!

- Mais c'est pas vrai, t'es tout le temps dans la Lune! C'est à cause de ce qu'il s'est passé hier soir?

Yukimura devint rouge comme une tomate.

- Hier... Hier soir..? Mais.. Co.. Comment tu sais...

- Ben oui, hier soir, après l'entraînement! Tu es parti en trombe tellement tu étais en colère.

L'adolescent souffla. Pendant une seconde, il s'était senti perdu.

- Ben...

- On est désolés de t'avoir vexé comme ça... On ne savait pas que tu étais si suceptible!

- N'empêche, dit un autre joueur, ça se voit que le coach Fubuki préfère Yukimura que nous.

- C'est parce que c'est l'attaquant vedette d'Hakuren, c'est tout. Il le fait juste plus travailler.

Le garçon aux cheveux bleu foncé se sentait mal à l'aise qu'on parle de lui comme cela. Il ne comprenait pas pourquoi les autres joueurs de l'équipe s'occupaient autant de ça. Il prit finalement la parole:

- J'ai juste beaucoup d'admiration pour le coach, car c'est un grand joueur qui a fait partie de l'équipe d'Inazuma Japan, et que je suis très fier de l'avoir comme entraîneur. C'est tout.

Tout le monde le regarda. Un de ses coéquipiers coupa la conversation.

- Bon, on ferait mieux d'aller s'entraîner, non? Au lieu de rester ici à parler pour ne rien dire.

Sur ces paroles, toute l'équipe sortit et se dirigea vers le stade.

- Fubuki-sempai! S'exclama Yukimura en le voyant arriver.

- Désolé si je suis en retard, j'avais quelques petites affaires à régler avec le principal. Mais faites votre entraînement, ne vous occupez pas de moi.

Comme il voyait que tout le monde allait s'entraîner sauf Yukimura qui restait à côté de lui en souriant, il lui demanda:

- Qu'est-ce qu'il y a, Yukimura?

- Je suis tellement content de vous revoir, Fubuki-sempai!

Fubuki était un peu gêné. Il ne savait pas trop comment gérer cette relation qui venait de naître. Il ne savait plus vraiment si c'était bien ou mal, que l'adolescent s'attache à lui comme ça. Lui aussi il l'aimait beaucoup, mais il se demandait s'il devait vraiment faire confiance à ses sentiments. Il lui posa une main sur l'épaule.

- Moi aussi, je suis content de te voir. Mais il faudrait que tu ailles t'entraîner maintenant.

- Fubuki-sempai, venez vous entraîner avec moi!

Celui-ci fut surpris.

- Voyons Yukimura, je ne peux pas. Je suis l'entraîneur...

- Et alors? Vous avez bien fait partie de cette équipe, il y a plus d'une dizaine d'années!

- Je voudrais bien, mais là il y a les autres joueurs, et il vaudrait mieux que tu t'entraînes avec tes coéquipiers pour le prochain match de la Holy Road que vous allez disputer. Mais promis, plus tard on jouera tous les deux au football.

- D'accord... Dit-il avant de rejoindre les autres.

Yukimura aurait vraiment voulu s'entraîner avec lui. Il avait attendu toute la journée pour le voir, et il devait jouer sans se soucier de son coach. Yukimura coura vers les buts, le ballon à ses pieds. Il se concentra sur le froid, la neige, le brouillard glacial...

- Blizzard éternel !

Le ballon finit au fond du but. Il aurait pu tout aussi bien utiliser son esprit guerrier, qui était même bien plus puissant, mais il aimait bien cette supertechnique, d'autant plus que c'était celle que Fubuki-sempai utilisait quand il avait son âge.

Environ trois quarts d'heure plus tard, l'entraînement était fini et tous les membres de l'équipe rentraient chez eux. Yukimura se précipita sur Fubuki qui se dirigeait sur sa voiture.

- Attendez-moi!

Le coach d'Hakuren se retourna.

- Yukimura? ...Qu'est-ce que tu fais là?

- Ben je rentre avec vous, voyons.

Fubuki soupira.

- Yukimura... Je t'ai déjà dit que c'était impossible, tu dois retourner chez toi.

- Mais je n'ai pas envie!

- On dirait un enfant de cinq ans, dit-il d'un léger rire. On se voit demain, à l'entraînement, d'accord?

- Mais moi je veux aller chez vous! Râla-t-il.

- Yukimura, si je te ramène chez moi, tes parents vont s'inquiéter encore plus et je serais dans de beaux draps s'ils portent plainte. Tu sais qu'ils étaient très inquiets hier soir quand ils ne t'ont pas vu? Ils ont même appelé le collège, et ils auraient appelé la police si ce matin je ne leur avais pas dit que tu étais sain et sauf.

- Bon, ça va, je retourne chez moi... Dit-il en s'éloignant vers l'arrêt de bus.

Fubuki sourit tristement avant de monter dans sa voiture et de démarrer.


Assis dans le bus, Yukimura réfléchissait à la scène qui s'était passé il y a quelques minutes. Il s'était conduit comme un enfant, à râler et bouder juste parce qu'il n'avait pas ce qu'il voulait. Quel imbécile il pouvait être... La vie de Fubuki-sempai n'appartenait pas qu'à lui! Il n'avait pas le droit de s'incruster comme ça dans sa vie et de risquer de le faire arrêter pour kidnapping. Et tout ça par sa faute... Fatigué par la journée qu'il venait de vivre, l'adolescent ferma petit à petit les yeux et s'endormit légèrement...

- Yukimura!

L'adolescent rouvrit les yeux en sursautant.

- ...Hein? Quoi?

- On est arrivés chez toi, dit le chauffeur de bus. Tu t'es endormi.

- Ah.. Euh... Merci de m'avoir réveillé.

- De rien, et à demain!

Yukimura lui sourit légèrement en sortant du bus. Il se frotta les yeux et marcha jusqu'à sa maison, où il entra. "Je vais encore être tout seul toute la soirée... J'aurais vraiment préféré être avec Fubuki-sempai. On aurait pu s'entraîner!" Il jeta son sac par terre et se dirigea vers la cuisine, où il découvrit deux personnes qu'il ne s'attendait pas à voir...

- Hyouga! On était si inquiets!

- Papa? Maman? Qu'est-ce que vous faites là? Vous n'êtes pas à votre travail?

- Comment voulais-tu qu'on travaille alors que notre fils était porté disparu? Dit sa mère en le serrant dans ses bras. On ne savait pas où tu étais, tu nous a fait si peur!

- Mais je vais bien, maman. Je suis juste... allé dormir chez un ami, c'est tout.

- Chez un ami? Intervint son père. Pourtant ce matin un professeur nous a téléphoné et nous a dit que tu avais fugué, et que ton coach t'avait retrouvé gelé sur le bord de la route.

Yukimura baissa la tête.

- Ça ne va pas de faire des choses comme ça?! Tu aurais pu mourir, tu te rends compte!

- Désolé...

- Désolé, c'est tout ce que tu as à dire?! Continua son père. La vie n'est pas aussi simple! Il faut souffrir soi-même parfois, et ne pas fuir comme un lâche! Est-ce comme ça que nous t'avons éduqué?! Parfois j'ai vraiment honte d'avoir un fils comme toi!

- DE TOUTES FAÇONS VOUS NE M'AIMEZ PAS, ET VOUS NE M'AVEZ JAMAIS AIMÉ! Explosa Yukimura. Vous ne vous occupez jamais de moi, vous ne me connaissez même pas! tout ce qui compte pour vous c'est votre travail!Vous... SHLAK!

Une claque de son père le fit taire sur le champ. L'adolescent resta bouche née et pétrifié, comme sa mère qui ne savait plus quoi dire.

- Monte dans ta chambre, ça t'apprendra à dire et faire des conneries!

Le garçon coura dans sa chambre, les larmes qui coulaient sur ses joues. " j'en ai... assez!" Pensa t-il en pleurant. Il s'assit sur son lit et prit sa boîte de mouchoir qu'il allait sans doute vider, puis il se moucha et essuya ses larmes. Combien de fois avait-il pleuré depuis hier...? Beaucoup trop de fois. Déjà qu'il voyait à peine ses parents, et maintenant il se disputait avec... Yukimura pleurait comme un enfant. Il se calma et se coucha sur son lit en serrant un coussin dans ses bras.

- Je voudrais tellement être avec Fubuki-sempai...

Et il s'endormit à nouveau.


toc, toc

- Hyouga...?

Celui-ci leva la tête de son oreiller, les cheveux ébouriffés.

- Mmmmmh... Maman..?

- Tiens, Hyouga, je t'apporte ton dîner, dit sa mère en entrant.

- Merci...

- Ça va...? Désolé pour ton père... Il est un peu à cran en ce moment, à cause de son boulot et... Après la fugue que tu as faite hier soir.

Yukimura la regarda avec un regard noir.

- J'avais remarqué...

- S'il te plaît, ne fais plus jamais ça... Tu nous as fait super peur. Heureusement que ce coach t'a trouvé. Il a été gentil avec toi, au moins..?

- Oui, bien sûr. Il m'a soigné et s'est bien occupé de moi.

- Tant qu'il ne t'a pas fait de mal, ça va. Et puis tu as l'air guéri.

Sa mère le prit dans ses bras et lui dit:

- Désolée, Hyouga, je dois redescendre pour continuer mon travail... Je t'aime.

- Bon appétit! Lui lança-t-elle avant de refermer la porte.

Yukimura baissa la tête. Il ne pouvait même pas passer un peu de temps avec sa mère... Il mangea son dîner et prit une feuille et un stylo. Une lettre qui était destinée à ses parents, qu'il posa sur son lit. Il prit son sac, mit un maximum d'affaires dedans et ouvrit lentement la porte de sa chambre, avant de rejoindre les escaliers et de descendre sur la pointe des pieds. Il entendit ses parents qui parlaient dans le salon.

- Voyons, ce n'est pas de sa faute à ce pauvre Hyouga... Il n'a pas tort, nous sommes toujours sur nos ordinateurs dans nos bureaux, et on ne se préoccupe pas de lui...

- En même temps, il n'a qu'à se concentrer sur ses études! plutôt que sur ce sport débile, là... le foot. Il faut que quelqu'un lui aprenne comment on devient un bon homme d'affaires!

- Mais il n'a que quatorze ans...

- Justement, c'est l'âge où il faut apprendre comment bien vivre dans ce monde. S'il continue comme ça, il faudra l'envoyer en pension. Je connais de très bonnes écoles à Tokyo et Osaka où il pourra aller étudier.

- Je ne sais pas si c'est une bonne idée... Il est très attaché à cet endroit et à ce collège...

- Peu importe; Il est temps qu'on prenne les choses en main.

Il en avait assez entendu. Les larmes aux yeux, il sortit discrètement de la maison.

Il marcha jusqu'à l'arrêt de bus en tremblant de froid dans la nuit noire. "ligne n°7... ligne n°7..." Se répétait-il en boucle. Il attendit le bus qui, heureusement, arriva au bout de quelques minutes.

- Eh ben mon p'tit, où qu'vous allez comme ça à c'tte heure? Demanda le chauffeur.

- Chez mon âme sœur, dit Yukimura en souriant et en tendant la monnaie pour acheter son ticket.

Le chauffeur lui sourit en retour et lui donna son billet. Alors que le bus redémarrait, le chauffeur demanda:

- Et à quel arrêt j'dois l'laisser, le bonhomme?

- Au sixième.

La route se passa tranquillement tandis que le chauffeur et Yukimura bavardaient ensemble. Au bout de trois quarts d'heure, ils étaient arrivés à destination.

- Allez, bonne chance gamin!

- Merci, à vous aussi avec votre trajet!

Tandis que le bus s'éloignait dans la pénombre, L'adolescent marcha le long de l'allée, bien motivé à faire ce qu'il avait en tête.