Titre: « Cueillons des champignons »

Titre: « Cueillons des champignons »

Rating: T

Disclaimer : Ca me tue de l'avouer mais tous ces personnages ne m'appartiennent pas, et l'intervention de Harry, Drago et d'autres dans ce récit n'est due qu'au génie d'une certaine J.K.Rowling. Tenter de gagner de l'argent par le biais de cette fiction serait donc purement dégueulasse, et impensable.

Avertissement :Ce récit tient compte du volume 6 mais pas du 7. Attention, il parle d'une relation… euh charnelle gné ? entre deux individus de sexe masculin !

Note de l'auteur : Oui, je sais, c'est cruel de laisser en plan dès le premier chapitre. J'ai eu tellement de choses à faire (inscriptions pour les facs et les prépas, devoirs en masse…) je vous promets rien mais j'essaierai de mettre à jour plus souvent --'

En prenant une voix aussi proche que possible celle de Rusard, Harry demanda :

« Alors M. Malefoy, on se promène seul dans le parc à cette heure-ci ? »

Chapitre 2 : Où la tragédie de la situation apparaît pleinement aux deux personnages

Drago sursauta et regarda par dessus son épaule, d'où provenait la voix. Bien sûr, il ne vit rien. Mais cette fois, il en était sûr : ce n'était pas le vent. Rusard était caché derrière un arbre, prêt à lui sauter dessus tel un vautour qui guette sa proie, peut être même aurait-il la joie de le tuer par infarctus. Il pourrait toujours plaider non coupable chez Dumbledore, comme quoi il voulait juste lui faire une blague, cet élève était trop sensible et tout ce baratin.

C'est en s'imaginant son propre enterrement que Drago Malefoy prit conscience que la situation n'était pas drôle du tout.

Et il se mit à reculer lentement, pour ne pas avoir l'air de fuir devant Rusard quand même. Il avait un nom à préserver, un honneur à garder. Mais il ne put s'empêcher de faire ses dernières prières.

« Pardonne-moi Pansy, de trouver que tu as une tête de bouledogue »

« Pardonnez-moi père, de n'avoir pas été à la hauteur »

« Pardonnez-moi mère, de refuser de vous embrasser le soir avant de me coucher »

« Pardonne-moi Zabini, de me foutre de toi parce que tu aimes Goyle. Tout le monde a ses faiblesses »

« Pardonnez-moi, Crabbe et Goyle, de me moquer ouvertement de vous quand vous êtes trop stupides pour le comprendre »

« Pardonne-moi Nott, de sortir avec tête-de-bouledogue alors que je sis très bien que tu l'aimes »

« Pardonne moi Granger, de te traiter de sang-de-bourbe »

« Pardonne-moi Potter, de te provoquer tout le temps… »

Hein ? Attendez… il devait y avoir une erreur quelque part ! Il venait tout juste de s'excuser auprès de Potter ! De Potter ! Ce n'était pas censé se passer comme ça ! Il y avait forcément une erreur dans le script ! Tout ça n'était… qu'un gigantesque malentendu ! Il ne pouvait pas s'excuser auprès de Potter, ni de Granger !

En parlant de Potter, il ne l'avait pas vu de la journée pour lui lancer ses habituels sarcasmes. Ca devait être pour ça qu'il était énervé depuis tout à l'heure.

Encore une gaffe. Comment avait-il pu ne serait-ce que penser que Potter avait une quelconque ombre de silhouette d'idée d'influence sur ses humeurs ? Tout cela n'avait ni queue ni tête. Et Rusard qui continuait de parler…

« Comment vais-je vous punir M. Malefoy ? Devrais-je vous pendre par les pieds dans les oubliettes en vous faisant chanter Alizée ? Ou peut-être pourrai-je simplement vous faire nettoyer les toilettes de Mimi Geignarde pendant le reste de votre scolarité… »

Drago ne l'aurait jamais avoué, mais il était terrifié. Il avait tellement peur qu'il en aurait chié dans son uniforme s'il en avait eu la force. Mais il sentait ses jambes flancher sous son poids, ses genoux tremblaient. Il n'avait jamais eu aussi peur de sa vie, même quand il s'était retrouvé en face de Dumbledore, quelques mois auparavant… Il entendait les feuilles et les branches craquer et ne distinguait pas la personne. Il avait l'impression que les pas venaient de partout à la fois.

Il reculait. Il reculait et s'enfonçait dans la forêt. Puis il trébucha, et les pas se rapprochaient. Drago, pétrifié, ne pouvait rien faire. Il se laissa approcher par Rusard, ou peut-être étaient-ce les fidèles de Voldemort, venus le punir du travail mal accompli. Au point où il en était, de toutes façons, il s'en foutait. Tout ce qu'il voulait c'était partir.

Dans un ultime moment de conscience, Drago se prit à penser qu'il n'était qu'un lâche, puis son cerveau s'évapora, et il sombra dans un trou béant dont il ne ressortit qu'une heure et demie plus tard.

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Le monde était noir pour Drago Malefoy. Son crâne l'élançait, et il y mettait, pour ainsi dire, tout son cœur. Drago tenta de porter sa main à sa tête mais un esprit malin semblait avoir posé sur chacun de ses membres un immeuble de dix étages au moins. Inutile d'espérer qu'il pourrait un jour soulever dix étages de béton. Il tenta alors de distinguer quelque chose mais, comme dit précédemment, son monde était noir. Sa vision était bouchée par un mur de chair appelé paupière. Et sur chaque paupière, un immeuble de cinq étages. Restons dans les proportions, additionnés ça fait dix.

Drago était littéralement cloué au sol, écrasé par une masse –inexistante, avouons-le – qui le contraignait à l'immobilité et l'ignorance, ainsi qu'à la douleur de son crâne qui se mettait à vibrer comme un chat qui ronronne. Non. Pire. Comme ce stupide chat de Granger qui ronronne et qui fait trembler tous les plafonds ! Voilà, le crâne de Drago vibrait comme Pattenrond !

Enfin bref. Drago était condamné à l'immobilité perpétuelle. Il ne se souvenait même plus de ce qu'il faisait là, de ce qu'il s'était passé.

Il entendait vaguement des bruits. Quelqu'un se déplaçait à côté de lui et il ne pouvait pas voir qui c'était ! C'était plutôt stressant comme situation.

Au moins il n'était pas mort. Relativise Drago. Tu es allongé sur le sol, dans la forêt interdite, tu ne peux plus bouger et quelqu'un que tu ne peux pas voir marche à côté de toi. Mais dis toi que ça pourrait être bien pire ! Tu pourrais être allongé dans un cimetière, au milieu d'une horde d'Inferi ; ou alors être allongé, drogué sur un lit, alors que Rusard dispose de toi selon son bon plaisir ! Tout compte fait cette situation n'était pas si effrayante. Ce n'était qu'une forêt après tout. Une forêt interdite. Pas de quoi en faire tout un plat !

Le vrombissement dans sa tête s'atténua un peu, et Drago parvint enfin à bouger son index. Tout n'était pas perdu. Il tenta d'ouvrir les yeux. Tout était sombre, et flou, mais il distinguait vaguement les contours d'un objet. Qui avait drôlement l'air d'être un visage. Peut être –et sûrement même- celui de la personne qu'il avait entendue.

La faible lumière l'empêchait de reconnaître les traits de ce visage, mais il se doutait que c'était un élève du lycée. Rusard, l'aurait déjà attrapé par le col et enfermé au cachot (ici Drago ne put s'empêcher de repenser à la scène du lit qu'il s'était imaginée quelques secondes auparavant, et tout son corps fut parcouru d'un frisson de dégoût et de peur), quand à d'autres professeurs, ils l'auraient emmené à l'infirmerie. Or, tout indiquait qu'il était toujours dans la forêt interdite.

Fier de ses déductions, Drago entreprit de regarder fixement le visage suspendu à quelques centimètres du sien jusqu'à ce qu'il puisse le reconnaître.

Voyons voir… déjà la personne avait des lunettes, ça se voyait, sans jeu de mot, comme le nez au milieu de la figure. Donc des lunettes, des cheveux sombres, des yeux brillants, de couleur verte à ce qu'il pouvait en juger…

« POTTER !!»

Drago vit des étoiles défiler devant lui, ainsi que quelques fleurs, trois cochons et une vache. Puis il s'évanouit à nouveau.

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Harry regardait son ennemi de toujours sombrer pour la deuxième fois de la soirée dans l'inconscience. Et il ne put s'empêcher d'avoir une pensée mauvaise. Un sentiment de puissance et d'invincibilité. Malefoy était un lâche ! Malefoy s'avouait vaincu ! Malefoy tombait dans les pommes ! Malefoy était faible, somme toute. Donc Malefoy était ridicule. Malefoy ne serait plus très longtemps le Prince des Serpentards. Malefoy était perdu, car Harry Potter allait le détruire ! Insérer ici un rire diabolique de méchant sortant de la gorge de Harry

Mais Potter fut soudain pris d'un affreux doute. Malefoy était allongé par terre et tombait dans les pommes pour la deuxième fois de la soirée. Ce n'était peut être pas normal. Sa chute serait peut être fatale! Et lui, Harry, qui se réjouissait de sa victoire ! A vaincre sans péril ne triomphe-t-on pas sans gloire ? Son adversaire était peut être mort à l'heure qu'il était ! Ca voulait dire qu'il serait expulsé de Poudlard ! Qu'il serait renvoyé chez les Dursley ! Qu'il se ferait peut-être violer tous les jours par son cousin ! Que son oncle lui ferait sentir ses pieds à longueur de week-end ! Que sa tante lui donnerait des vieux restes à manger ! NON ! Il fallait que Malefoy vive ! Il devait le sauver !

Dans un élan de bonté et d'angoisse, Harry se jeta sur le corps de Drago et colla son oreille sur la poitrine du Serpentard. Il n'entendit rien. Peut-être était-ce parce que son cœur à lui battait trop vite dans ses veines. Paniqué, il regarda autour de lui pour chercher de l'aide. Il n'y avait pas grand-chose. Quelques branches éparses, des feuilles mortes, un vent glacial, et le possible cadavre de Drago. Il se pencha sur son visage pour écouter la respiration du blond. Son souffle était très léger, mais il était vivant. Rassuré, Harry enleva sa cape d'invisibilité et en couvrit le corps de Drago, laissant la tête dépasser, afin de ne pas lui marcher dessus par mégarde. Il ne fallait pas que la température de son corps baisse.

Il s'assit à côté et observa le visage de son ennemi juré. Le voir sans ce masque méprisant était surprenant. Ses traits étaient détendus, il n'avait pas cet agaçant sourcil en l'air. D'autre part, sa peau était parfaite. Blanche, lisse… Harry voulut toucher mais se ravisa. Il valait mieux pour lui qu'il ne s'enfonce pas plus. Si Malefoy se réveillait maintenant, il l'étriperait sûrement sur place.

Pourtant, il avait l'air si calme… Comme un enfant qui dort…

Harry se rendit compte avec horreur qu'il venait d'avoir une pensée blasphématoire, contraire à sa religion anti-Malefoy, et s'exila contre le tronc de l'arbre le plus loin du Serpentard, mais de façon à ce qu'il puisse garder un œil sur lui. Il s'enroula dans ses vêtements et tenta de dormir, mais ses yeux restaient obstinément ouverts. Il voyait Malefoy. Il voyait son visage pâle, inexpressif, et il regardait avec douceur cette absence de haine. Ca le rassurait. Il avait toujours cru que Malefoy dormait avec une expression haineuse collée sur le visage, et ce moment lui prouvait le contraire.

Bizarrement, il en fut plus heureux que déconcerté.

Harry ferma les yeux et pensa à Malefoy, avant de sombrer dans un sommeil plutôt léger mais réparateur.