Bonjour les gens!

Ceci est donc le deuxième chapitre de la musique adoucit les mœurs. Je sais, il m'en a fallu du temps. alors je m'excuse pour le délai, pour les erreurs d'orthographes (je sais que j'en ai fait quelques unes au premier chapitre et dans celui-là il doit en avoir aussi.) Je remercie les quelques lecteurs qui passaient par là et qui ont eu la gentillesse de me laisser une review. ça fait plaisir!

Je ne suis pas entièrement satisfaite de cette petite chose à laquelle je m'attelle, mais je la finirai.

La chanson présente dans ce chapitre est de Thoinot Arbeau - Belle qui tiens ma vie [1589]. vous la trouverez sur youtube.

Dernière chose que j'ai oublié de dire la dernière fois : GLEE ne m'appartient pas.

J'espère que ça vous plaira. bonne lecture!


Comme chaque matin, dés l'aube, elle regardait la rue prendre vie. Dés l'aube. Le même manège se répétait. Dés l'aube. La population, doucement, se réveillait. Dés l'aube…

Et elle, de sa fenêtre, avait l'illusion d'être coupée de ce monde. A travers la vitre, les salutations étouffées des commerçants et des livreurs lui semblaient si loin.

A travers la vitre, protégée de l'agression de la vie à l'extérieur, elle observait sans être vue.

Elle ne sortait plus de sa chambre. Elle n'en avait pas envie. Elle n'en avait pas besoin. Elle se nourrissait de la vie des autres, elle qui n'en avait plus. A force d'observer la rue, elle reconnaissait même certains de ses badauds. Elle avait fini par leur donner des noms. A ces badauds récurrents. Elle leur fabriquait une vie, leur inventait une famille, des amis. Remplissait les blancs.

Il y avait le jeune enfant des rues, qui vendait ses services de coursiers. Il y avait le gentilhomme de la fleuriste qui venait toujours à la même heure, le matin, et repartait avec un bouquet de roses rouges. Toujours. Elle le soupçonnait fortement de venir juste pour la jolie vendeuse, et de ne pas oser lui offrir ce fameux bouquet qu'il lui achetait quotidiennement. Il y avait la vieille dame qui, sous le coup de la mi-matinée, s'installait sur le trottoir, en face, sur son tabouret, et, tout en tissant ses paniers d'osiers, hélait chaque passant qu'elle reconnaissait pour tailler une petite bavette.

Elle s'était attachée à cette petite vieille, à force de la regarder depuis sa fenêtre, chaque jour, mener sa petite vie. Elle la voyait plaisanter, rire à ce qu'on lui disait, échanger des banalités. Cette vieille femme, voutée par le poids des années, lui semblait heureuse, pleine de vie. Elle lui faisait presque envie. Elle l'imaginait avec une famille nombreuse, une vie simple, des petits enfants…Elle aimait bien l'imaginer ainsi. Elle préférait. Elle qui ne désirait plus rien, elle qui ne voulait plus rien, elle trouvait cela rassurant. Des gens heureux. Des gens vivants. Ça la changeait.

Elle aimait, quand le temps s'y prêtait, ouvrir ses fenêtres pour laisser entrer dans son univers le brouhaha extérieur, pour l'aider à s'oublier, un peu, pour l'aider aussi, parfois, à sortir de sa propre existence. Pour s'échapper de cette maison, de cette pièce, de cette vie.

Par cette belle matinée d'été, près de la fenêtre ouverte, elle tentait désespérément de s'empêcher de penser à cette vie qu'elle portait. Elle était épuisée par ce mélange de honte, de dégoût de soi, de colère, de peine, de douleur et de deuil. Elle n'en pouvait plus de ses cauchemars. Elle n'en pouvait plus de ses réveils brutaux pour s'apercevoir, hébétée, au milieu de la nuit, que sa réalité était pire. Elle en pleurait. Jusqu'à se rendormir, vidée.

Et cette nuit n'avait pas été tellement différente des autres. Juste une répétition des semaines précédentes. Au moins, pour une fois, ses nausées matinales lui accordaient un répit. D'ailleurs, en y repensant, elle cherchait pourquoi elles étaient appelées matinales, ces nausées, alors que, d'après sa courte expérience, elles l'incommodaient toute la journée. Mais pour le moment, elle profitait de ce répit, à sa fenêtre, ouverte sur cette matinée ensoleillée. Elle prenait de grandes gorgées d'air frais, les paupières closes et le visage tendu vers la chaleur du soleil. Cette accalmie lui procura un bien-être qui la fit sourire.

Alors, si elle ne se trompait pas, c'était la quatrième fenêtre en partant de la droite du deuxième éta... Et Rachel arrêta de penser. Comme ça. À sa simple vue. Elle ne bougeait même plus, immobilisée par ce visage angélique, se donnant aux rayons du soleil d'été, souriant. Elle attendit que son cœur s'en remette, avant de reprendre son souffle. Il lui fallut quelques instants supplémentaires pour se souvenir du pourquoi elle se trouvait là. Puis le charme s'interrompit au moment où la belle se détourna du glorieux astre du jour et que son visage fut déserté par l'éblouissant sourire dont elle avait gratifié le monde un peu plus tôt.

Rachel, sans réfléchir, oubliant ce qu'elle avait planifié la veille, fit la seule chose qui lui vint à l'esprit devant cet ange, elle chanta :

Belle qui tiens ma vie

Captive dans tes yeux,

Qui m'as l'âme ravie

D'un souris gracieux,

Viens tôt me secourir

Ou me faudra mourir (bis)

Aux premières notes, Quinn chercha la provenance de cette voix. Son regard tomba sur un petit bout de femme, sur le trottoir d'en face, et qui la fixait, elle. Quinn réalisa alors, avec étonnement, que cette sérénade s'adressait à elle. Prise d'une peur soudaine, elle se retira dans sa chambre, s'ôtant de la vue de cette étrangère, tout en laissant la fenêtre ouverte. Sans en connaître la raison, son coeur battait la chamade.

Pourquoi fuis-tu, mignarde,

Si je suis prés de toi

Quand tes yeux je regarde

Je me perds dedans moi,

Car tes perfections

Changent mes actions (bis)

Elle ne comprenait pas. Qui était-elle ? Pourquoi ? Elle ne la connaissait pas. Elles ne s'étaient jamais rencontrées. Elle en était sûre. Elle ne savait pas pourquoi elle se sentait si ….vulnérable ? Elle jeta un autre coup d'œil à la chanteuse au teint mat et à la voix d'or. Des passants s'étaient arrêtés pour l'écouter et un cercle de spectateurs s'était formé autour de la jeune chanteuse qui n'avait pas lâché des yeux la fenêtre de Quinn.

Tes beautés et ta grâce

Et tes divins propos

Ont échauffé la glace

Qui me gelait les os,

Et ont rempli mon cœur

D'une amoureuse ardeur.

Finalement, doucement, Quinn commença à réapparaitre à la fenêtre. Prudemment. Elle restait sceptique. Mais elle ne pouvait pas s'empêcher d'écouter. Cette voix lui donnait la chair de poule. Cette voix lui berçait l'âme. Ou ce qu'il en restait…

Mon âme voulait être

Libre de passion,

Mais l'amour s'est fait maître

De mes affections

Et a mis sous sa loi

Et mon cœur et ma foi.

Rachel avait occulté la foule amassée devant elle. Son attention se portait uniquement sur cette fenêtre. Et plus particulièrement, sur la jeune demoiselle qui s'y trouvait. Le reste, désormais, était sans importance. Ce qui était plutôt étrange pour elle qui aimait répéter à qui voulait l'entendre, que son seul amour était et resterait la scène.

Approche donc ma belle,

Approche-toi mon bien,

Ne me sois plus rebelle

Puisque mon cœur est tien,

Pour mon mal apaiser

Donne-moi un baiser.

La jeune beauté la regardait maintenant. Et Rachel voulait l'éblouir. Elle voulait l'impressionner. Et, pour la première fois de sa vie, elle voulait conquérir autre chose que le monde du spectacle. Ce que voulait Rachel, Rachel l'obtenait. Et ce qu'elle désirait, c'était séduire cette blonde. L'unique auditrice qui comptait à ses yeux.

Je meurs, mon angelette,

Je meurs en te baisant

Ta bouche tant doucette

Va mon bien ravissant

À ce coup mes esprits

Sont tous d'amour épris.

Quinn se laissait porter par la mélodie, par la voix de cette petite brune. Elle appréciait la chanson, bien qu'elle ne comprenait pas trop pourquoi cette parfaite inconnue lui faisait l'honneur d'une sérénade, mais elle décida d'en profiter. Et puis cela faisait si longtemps. Même si elle n'était pas interessée, cela faisait toujours du bien à l'égo. Sans s'en apercevoir, Quinn se mit à sourire.

Plutôt on verra l'onde

Contremont reculer,

Et plutôt l'œil du monde

Cessera de brûler,

Que l'amour qui m'époint

Décroisse d'un seul point.

Elle souriait! Elle souriait ! Et elle souriait grâce à elle! Rachel avait l'impression d'avoir accompli un exploit tant elle se sentait fière. Mais maintenant qu'elle avait éveillé l'interêt de la belle, elle ne devait surtout pas le perdre. Elle lui fit donc sa plus gracieuse révérence et fit mine de se retirer.

- Qui êtes vous? Pourquoi avez-vous fait cela?_ vraiment, elle ne comprenait pas.

- Je ne suis qu'une pauvre chanteuse inspirée par la plus belle des muses! (Rachel était assez contente de sa trouvaille, Quinn trouva cela juste un peu trop) Je n'ai pas pu me retenir en la voyant à sa fenêtre!

Vous... Vous reverrais-je? _Quinn ne savait pas pourquoi elle posait cette question, mais il fallait qu'elle sache.

Avec un sourire Rachel répondit :" plus tôt que vous ne le pensez! Ayez juste confiance en l'avenir!"

Et sur ces mots, Rachel disparut des yeux de Quinn.