(Shiba Tatsuya, point de vue)

C'est la rentrée aujourd'hui

Le temps est magnifique et la journée sera vraisemblablement belle et tout serait parfait si je n'avais pas un léger problème d'ordre personnel.

Ce problème, c'est ma sœur qui chemine à coté de moi sans un mot. Depuis que nous avons quitté la maison, elle n'a pas dit un mot et pour une raison que j'ignore, elle semble aussi me faire la tête.

La journée avait pourtant commencé comme d'habitude.

Je me suis levé avant l'aube et je me suis rendu à mon entrainement quotidien au temple de Yakumo sensei. A mon retour deux heures plus tard, j'ai trouvé ma sœur comme d'habitude prête pour partir à l'école.

Jusque là, rien d'anormal, sauf que généralement quand je reviens de mon entrainement matinal, ma sœur m'accueille toujours avec un solide petit déjeuner. Mais là rien ! Je n'ai pas osé lui demandé ce qui se passait. Je connais assez bien ma bien-aimée petite sœur. Mes instincts me disaient qu'elle était de mauvaise humeur. Et quand, elle est dans cet état, mieux vaut ne pas la provoquer !

On court le risque de se retrouver dans un bloc de glace. Mais, je me demande ce qui la dérangeait ! Intuitivement, je savais que j'étais un peu responsable de sa mauvaise humeur. Le fait qu'elle ne m'ait pas de petit déjeuner signifie qu'elle veut me punir.

Mais pourquoi me punir ? En retraçant mes actions des dernières 24 heures, je voyais pas ce que j'aurais pu faire pour qu'elle me fasse la tête !

Je sais que ma sœur agit parfois comme une enfant gâtée, qu'elle est capricieuse et parfois même égoïste et possessive, mais elle n'est pas méchante ! Et chacune des ses actions a une signification.

Alors que nous avions déjà fait plus de la moitié du trajet qui menait à l'école, je ne trouvais toujours pas où j'avais failli selon ma sœur. Je lui jetais rapidement un coup d'œil, mais elle l'ignora comme elle continuait de regarder obstinément devant elle.

- Miyuki

- …

- Miyuki. Cette fois-ci j'avais haussé le ton et comme prévu, elle ne répondit toujours pas. Mais elle stoppa net pour me faire face.

- Quoi ?

Il y avait de la colère dans ce simple petit mot. « Oh mon dieu, ça doit vraiment être grave » pensais-je. Autant crever l'abcès tout de suite.

-Miyuki, je ne sais pas ce j'ai fait pour t'énerver, mais si tu ne dis rien, on sera dans une impasse

Elle ne dit rien pendant un moment qui me paru durer une éternité, ses magnifiques yeux bleus figés dans les miens. J'aime me plonger dans les yeux de ma sœur. Ma sœur est la plus belle fille que je connaisse. Elle est si belle que parfois, je me demande si nous sommes vraiment liés par le sang tellement elle est différente de moi.

Ses longs cheveux sont aussi sombres que la nuit la plus noire, aussi lisses que les meilleurs fils de soie qui existent, si beaux qu'ils captent naturellement la lumière. Son teint est aussi blanc que la neige la plus pure. Autant que je me souvienne, ma sœur n'a jamais réussi à bronzer peu importe ses tentatives. Ses magnifiques lèvres sont si biens dessinées et le rire et le sourire qu'elles exposent pourraient mener n'importe qui à sa ruine. Mais ce qui frappe le plus sur son magnifique visage, ce sont ses yeux. Ils sont d'un bleu tirant sur le gris et à chaque fois que j'y plonge, je me sens fondre. Dieu seul, s'il existe, sait pourquoi je suis faible devant ses yeux alors que rien sur terre ne me fait peur.

Mais pour l'instant, ces yeux me fixaient avec toute la colère dont était capable leur propriétaire. Je voyais bien qu'elle faisait tout pour paraitre aussi fâchée que possible. Ma sœur a un immense défaut c'est qu'elle m'adore autant que je l'adore, à cause de cela, elle est incapable vraiment ressentir un quelconque ressentiment à mon égard. Moi-même, je suis incapable de m'énerver et encore moins me fâcher à cause d'elle.

Mais, résoudre le problème immédiat était la priorité d'autant plus que ça faisait un moment que nous regardions dans les yeux sans rien dire et ça commençait à attirer une attention non désirée de la part des passants. Une bonne part de ces derniers était bien sur des élèves de notre école. Encore des rumeurs en perspective qui courront sur notre compte.

Je pris la main de ma sœur et l'entrainais vers le café le plus proche devant nous. L'établissement n'avait pas ouvert depuis longtemps et la clientèle n'était pas nombreuse. A peine deux tables occupées et une bonne odeur de croissant chaud flottait dans l'air.

Ça tombait bien, je mourrais justement de faim. Je me dirigeais vers une table au fond de la boutique et en galant homme que je suis, je tirais une table pour ma bien-aimée sœur. Que voulez-vous ? Les femmes d'abord, ensuite, je m'asseyais face à elle. En temps normal, nous nous asseyons toujours l'un à coté de l'autre mais ce matin, autant respecter le courroux de ma sœur.

La serveuse qui vint prendre nos commandes rougit violemment en voyant ma sœur. Quelque chose qui arrive très souvent à mon grand déplaisir. Garçon ou fille, qui que ce soit qui posait les yeux sur ma sœur était stupéfait pour ne pas dire frappé par la beauté de ma sœur. La plupart du temps, ils la regardaient stupidement, incapable de prononcer un mot, comme s'ils n'arrivaient pas à croire qu'elle était réelle. La pauvre fille ne faisait pas exception à la règle apparemment ! Je la ramenais sur terre en commandant rapidement deux croissants et un café pour moi et un chocolat chaud pour ma sœur.

Après qu'elle nous eut servi, j'engloutissais sans attendre mes deux croissants tout en regardant ma sœur. Elle sirotait sa boisson chaude en me regardant elle aussi.

-Je t'écoute Miyuki.

-Onii-sama, est-ce que tu ne me cacherais pas quelque chose ?

Je fronçais les sourcils. Lui cacher des choses ? Mais quoi ? Miyuki sait pratiquement tout sur moi. Depuis que nous vivons comme frère et sœur, j'ai ouvert toute ma vie à Miyuki tout comme elle-même ne me dissimule rien. Et même dans l'hypothèse ou je lui cacherais effectivement des choses, elle est suffisamment intelligente pour comprendre qu'y a toujours une bonne raison dans ce cas.

Après un long moment de réflexion ou je repassais en revu mes actions de ces derniers jours, je ne voyais toujours pas de quoi elle parlait.

-non je ne vois pas, dis-je en secouant la tête de gauche à droite.

- je parle de cette histoire de mariage avec Saegusa sempai !

-mariage…? Ah… !

Pendant un instant, la confusion envahit mon esprit, puis tout devint clair. Après le tournoi des 9 écoles, les dix Grandes familles avaient décidé de me faire entrer dans leur rang. Evidemment, faisant moi-même plus ou moins déjà parti d'une des dix Grandes familles, il était hors de question que j'accepte leurs proposition, du moins pas pour le moment.

Cette histoire remontait à plus de trois semaines. Comment Miyuki en aurait-elle eu vent ?

Notre tante bien sur ! Elle a du appeler Miyuki hier soir ou très tôt ce matin d'où son comportement. Tante maya aime bien s'amuser aux dépens des ses « mignons neveux » selon son expression favorite ! La vérité c'est qu'elle aime bien faire jaillir le coté possessif de ma sœur !

Bon si ce n'est que ça, autant la rassurer tout de suite !

-d'abord, ce n'est pas un mariage mais une promesse d'engagement pour de futures fiançailles. J'ai refusé bien sur !

-je sais que tu as décliné leur offre, mais que tu me caches quelque chose d'aussi important ! Onii-sama je vais finir par croire qu'il y a quelqu'un d'autre tu aimes plus que Miyuki !

-i personne d'autre Miyuki ! Tu es la seule chère à mon cœur !

-vraiment ? Pour une raison que j'ignore, elle rougit légèrement. Bon ! ça faisait longtemps que le caractère de ma sœur ne m'étonnait plus. Pour une fille de son standard, la flatterie et les compliments des gens la laissait de marbre en général. Ça la gênait même. Mais, quand il s'agissait de moi, elle rougissait toujours avec un petit air embarrassé. Trop adorable !

-C'est vrai Miyuki, tu es la seule femme qui occupe mon cœur !

Bizarre, je sentis moi-même que le choix de mes mots était ambigu. Cela ressemblait un peu trop à une déclaration d'amour ! À ce qu'un homme dirait à la femme qu'il veut épouser. Certainement pas le genre de choses qu'un frère dirait à sa jeune sœur. Pour ma défense, je ne suis pas un homme normal. Je ne sais même pas quel aspect peut revêtir ce que l'on nomme « amour » d'un point de vue romantique. Le seul amour qui ait du sens dans mon esprit est la très profonde affection que j'ai pour ma petite princesse. Miyuki du aussi sentir que mes paroles pouvaient prêter à confusion car, elle rougit encore un peu plus mais cette fois étonnement, elle semblait plutôt satisfaite de ma réponse.

-très bien Onii-sama ! Mais tu dois quand même me consoler si tu veux que j'oublis rapidement.

-ok ! Dis-moi ce que tu veux Miyuki.

-trouve tout seul. Il faut au moins que ce soit satisfaisant.

Le sourire qu'elle arborait était éblouissant. Un sourire de déesse !

Peu importe parce je venais de me souvenir d'un vieux film que j'avais vu l'année dernière avec ma sœur. L'histoire se déroulait à Londres de l'époque victorienne. Il y avait une scène ou un homme jurait fidélité à une dame tout en lui baisant la main. Pour une raison inconnue, ma sœur a toujours voulu que nous rejouions cette scène. Jusqu'à aujourd'hui, j'ai refusé de le faire. Mais là maintenant, si je lui faisais enfin son baisemain, serait-elle satisfaite ?

L'avenir nous le dira.

J'écartais nos deux verres du coté du mur pour faire de la place sur la table. Ma sœur paru intriguée par ce geste mais ne dit rien.

Je pris sa délicate main droite et la portait à mes lèvres tout en gardant mon regard fixé sur elle. Je sais que dans un vrai baisemain, i pas de contact et de plus, l'homme doit soit s'incliner devant la dame, soit mettre un genou à terre. Mais cela importe peu dans notre situation. Ma sœur a toujours adoré que je lui témoigne toute mon affection avec des gestes plutôt qu'avec des mots. Aussi j'embrassais sa main tendue vers moi.

Sans avoir à me retourner, je sentais les regards de tous les clients du café tournés vers nous. De presque vide à notre arrivée, le magasin était maintenant rempli à environ un tiers de sa capacité totale. A tous les coups, ils devaient se dire qu'on ne devrait pas flirter en public. Mais je les ignorais. Qu'ils pensent ce qu'ils veulent ! C'est leur problème.

Mon baisé a duré environ trois seconde avant que je ne relâche sa main. De rouge, le visage de Miyuki était maintenant cramoisi !

Elle avait baissé les yeux. Bien, au moins, j'ai pu la surprendre. Et la satisfaire aussi peut-être.

Puis sans avertissement, Miyuki se leva, prit son sac et s'avança jusqu'à ma hauteur. Avant que je puisse dire quoi que ce soit, elle déposa rapidement un chaste bisou sur ma joue et se dirigea vers la sortie. Son doux parfum de lavande flottait encore dans l'air tandis que moi je me dirigeais vers le comptoir pour payer l'addition.

Quel drôle de matinée !

(Miyuki point de vue)

Mais à quoi pensait Onii-sama ?

Je sais que je lui ai dit de faire ce qu'il voulait mais quand même ! Un baisemain ! En plus en public !

Onii-sama prévoyait-il de me faire mourir d'embarras et de joie ?

Autant je reconnais que j'ai souvent demandé à Onii-sama de me faire un baisemain, autant il a toujours refusé prétextant que c'était un geste démodé. Bon, c'est vrai que je n'ai jamais pris cela au sérieux mais, j'avoue que quand j'avais vu ce mouvement pour la première fois dans un film, je m'étais aussitôt mise dans la tête qu'un jour, Onii-sama me referait la même chose.

Et il l'a fait ! Quand je ne m'y attendais pas en plus. J'étais si contente et si gênée que je suis sortie tout de suite du café. Même sans voir mon visage, je savais qu'il devait être d'un rouge très prononcé. Et mon cœur qui battait fort comme pour faire écho à la joie que je ressentais.

En toute franchise, je ne sais pas comment je me suis retrouvé à l'école et c'est avec grand peine que j'ai pu suivre les cours de la matinée. Le souvenir de ses lèvres sur ma main ne cessait de me hanter et le doux frisson que j'ai ressenti à ce moment-là était exaltant !

Cependant, ma bonne humeur a failli être gâchée à l'heure du déjeuner.

Onii-sama m'a avertie au préalable qu'il ne pourrait pas manger avec moi parce qu'il avait fort à faire. Aussi ai-je déjeuné avec les membres du conseil des élèves dans nos quartiers.

Et comme c'est devient une habitude, la présidente, Saegusa Mayumi a encore demandé Onii-sama !

Franchement, depuis que je fais parti du conseil, il ne se passe pas un jour sans que cette fille n'évoque mon frère pour une raison ou pour une autre !

Je sais que Onii-sama est quelqu'un de formidable et tout mais, je déteste l'idée que l'on cherche à me l'arracher. Mayumi sempai est une descendante directe d'une des dix grandes maisons et si elle s'intéresse sérieusement à Onii-sama, ça va risquer de compliquer les choses pour nous.

Onii-sama est à moi uniquement. Qu'elle s'occupe des ses deux grands frère et oubli un peu le mien !

Si comme Honoka, elle est elle aussi tombée amoureuse de lui, le nombre de rivales potentielles ne fera qu'augmenter et cela m'ennuierait beaucoup.

Maintenant que j'y pense, Onii-sama avait aussi des admiratrices au collège, mais, ces dernières avaient toutes peurs de l'aborder à cause de son caractère froid et presqu'antisocial. Et puis, tout ceci doit être un peu de ma faute, c'est moi qui lui ai suggéré d'interagir avec les gens de son âge.

Onii-sama contrairement à la plupart des garçons de sa génération n'a jamais été comme un enfant. D'aussi loin que vont mes souvenirs, il a toujours été un enfant incroyablement sérieux, se sentant plus à l'aise avec des adultes plutôt qu'avec ses pairs. Peut-être était-ce parce qu'il a muri très vite ou encore parce qu'étant un génie sur le plan intellectuel, il devait sans doute trouver ennuyeux la fréquentation des autres gamins.

Dans notre enfance, j'ai assisté à plusieurs reprises à des occasions ou il était invité à jouer avec les autres. Mais non, monsieur a toujours refusé ! Pas étonnant qu'on ne l'invita plus jamais par la suite !

Nos trois années de collège sont ainsi passées sans qu'Onii-sama ne se fasse une seule relation qu'on pourrait qualifier d'amicale. Aussi, une fois sûre que nous pourrions entrer tous deux à first Hight, je lui ai fermement conseillé de s'ouvrir un peu plus aux autres et de se faire des amis.

Je ne sais pas ce qu'Onii-sama prévoie pour nous dans le futur, mais quoique ce soit, il lui faudra inévitablement des appuis en dehors de la famille et apparemment, il a suivi mon conseil. Ça m'embête tout de même que se soit une Saegusa qui attire le plus son attention !

(Mayumi point de vue)

Quelle horrible journée, j'ai passée aujourd'hui. Horrible parce que vraisemblablement, je n'ai pas vu le garçon qui peuple mes rêves aujourd'hui.

Une semaine, après le tournoi des 9 écoles, mon grand-frère m'apprit que père avait fait parvenir une promesse de fiançailles à Shiba Tatsuya lors de la cérémonie de clôture. Ça m'a surprise parce que ce soir-là, j'avais dansé avec lui à maintes reprises et il ne m'a rien dit !

Cet enfant à des nerfs d'acier et c'est frustrant parfois !

Je veux dire que je suis Saegusa Mayumi, fille ainée du clan Saegusa, présidente du conseil des élèves de first Hight, une magicienne de génie, une fille courtisée par les plus puissantes familles du pays et même du monde et pourtant, pour la première fois de ma vie, un garçon reste insensible à mes charmes.

Et un garçon de seulement deux ans plus jeune en plus !

J'ignore si l'intérêt que je lui porte est d'ordre intellectuel ou d'ordre romantique. Ou peut-être même les deux ! Il ne se passe pas un jour sans que je ne pense à lui et aujourd'hui, pendant le déjeuner, j'ai senti que j'avais exaspéré sa sœur !

Ah cette fille, Shiba Miyuki, la petite sœur de celui qui m'intéresse. Une beauté sans égale ! La seule fille pour laquelle je peux non seulement me sentir jalouse, mais je peux aussi bien malgré moi devenir homosexuelle tellement elle est magnifique !

En parlant de jalousie, le soir de la cérémonie de clôture du tournoi des 9 écoles, alors que je voulais prendre un peu d'air, j'ai surpris les deux Shiba en train de danser une valse dans les jardins de l'hôtel. Je me suis cachée instinctivement en les apercevant tourner doucement sous la clarté lunaire ! C'était magnifique et pendant toute la durée de la danse, je fus incapable de bouger de ma cachette. Epier les gens ne fait pas parti de mes habitudes, mais pour une raison que j'ignorais, je n'ai pas pu m'empêcher de les observer.

Mon esprit était comme gelé, comme au ralenti et quand la musique s'est arrêtée, j'ai enfin pu me ressaisir !

Quelle n'a pas été ma surprise de voir que Tatsuya-kun m'observait de là ou il était. Il était impossible qu'il puisse me voir car j'étais dans une poche d'obscurité totale, mais allez savoir comment, il me regardait fixement les yeux dans les yeux, comme s'il savait que j'étais là depuis un moment. Quand je suis retournée dans l'hôtel en toute hâte, j'étais en colère et je mourais vraiment pour la première fois de jalousie.

En colère parce que j'avais été découverte alors qu'à la base, je ne voulais pas les épier. Et jalouse parce que la scène à laquelle je venais d'assister m'avait fait comprendre que ce que j'éprouvais pour lui étais bien plus fort que je ne l'imaginais. De plus, toute la tendresse, l'amour et l'affection qu'il y avait dans ses yeux quand il dansait avec sa sœur me disait clairement qu'il n y avait plus de place dans son cœur pour une autre femme !

Alors que quelques minutes auparavant, j'avais aussi dansé avec lui, ça me frustrait que ce qu'il m'a déclaré être une vraie tragédie avec moi se transformait en un délice avec sa sœur.

Ces trois semaines de vacances me parurent interminables. Je failli l'appeler à plusieurs reprises mais pour lui dire quoi ? Il n'est pas le genre à aller à un rendez-vous ni à sortir juste pour le plaisir quoique je suis sûre que si c'est sa sœur qui le demande, il n'hésiterait pas. Franchement, il la gâte trop !

Aujourd'hui, j'espérais qu'il viendrait déjeuner avec nous dans la salle du conseil. Non, en vérité, je voulais le voir mais il n'est pas venu. Miyuki nous annonça que son frère serait occupé.

Miyuki n'aime guère à priori que d'autres filles accaparent son frère. Elle est très possessive dès qu'il s'agit de lui et certaines mauvaises langues à l'école racontent que le frère et la sœur étaient un peu trop proches pour des personnes de sexe opposées.

En vérité et c'est cela qui fruste énormément, ces rumeurs sont trop vraies hélas !

Tatsuya et Miyuki sont dans des classes différentes, mais il ne se passe pas un jour d'école sans qu'on les voie ensemble.

Ils ont bien sur leurs amis respectifs dans leur classe, mais voir un Shiba l'un sans l'autre est presqu'impossible.

Shiba Tatsuya est un challenge, peut-être le plus grand défi de ma vie. L'avoir en tant qu'homme va être difficile. Je pensais qu'à cause de la beauté de sa sœur, ses gouts en matière de femmes sont très relevés. Mais il n'en est rien le fait qu'il adore et gâte sa sœur et le fait que celle-ci soit une authentique déesse de beauté n'ont rien à voir.

J'ai compris que Tatsuya aime Miyuki parce qu'elle est sa sœur. Elle aurait été laide qu'il l'aimerait toujours.

Tatsuya n'est pas comme la majorité des garçons influencé par le physique d'une fille. Pour susciter son attention, il faut malheureusement passer par l'intellect. Et il faut reconnaitre que Miyuki est loin d'être stupide ! En fait elle est même très intelligente. Pas autant que son frère, mais elle est quand même la meilleure élève après lui.

Mais sur le plan de l'intelligence, je crois que j'égale au moins Miyuki. Après tout, comme elle, j'ai aussi été représentante des élèves !

Si je veux l'avoir, il va falloir accélérer les choses dans la mesure où le temps joue contre moi. D'ici quelques semaines, je devrais quitter mon poste de présidente du conseil et me préparer pour l'université. J'ai le sentiment que si je m'éloigne de Tatsuya-kun, il pourrait complètement me faire sortir de sa vie. Qu'à cela ne tienne, même étudiante, je trouverais le moyen de le voir ! Car gagner son cœur après de durs combats doit être la plus grande des jouissances !