Et voici le deuxième chapitre, où l'on rentre vraiment dans l'histoire. Enfin, dans une partie, car une histoire de vie, c'est plein de petites histoires. Comme je n'ai pas encore publié ma liste des personnages, un petit rappel:

Lily Evans et les Maraudeurs: je ne vous fait pas l'affront de vous les présenter.
Luth Selwyn: Narratrice de l'histoire, essaye de ne pas trop penser à la guerre et d'arrêter de penser à Remus (ou pas);
Ann Johnson: meilleure amie de Luth, très bavarde et expansive. Sort avec Phillip Bell, capitaine de l'équipe de Serdaigle;
Mary McDonald: amie de Luth à Gryffondor également. Ne s'entend pas avec Lily et a des amis dans d'autres maisons;
Mandy Caldwell: meilleure amie de Lily dingue de Sirius (même si elle a un copain) et gardienne de l'équipe de Gryffondor;
Evan Rosier: cousin au Xieme degré de Luth et futur mangemort (pour ceux qui ne connaissent pas les classiques^^);
Keith Selwyn: p'tit frère de Luth, Gryffondor, 4eme année;
Marlène McKinnon: nouvelle prof de DCFM;


Chapitre 2 : Les joies de la Septième Année

DRIIIIIIIIING!

DRIIIIIIIIING!

DRIIIIII… PAF!

Aaah, la satisfaction de donner un grand coup à mon réveil. Ça faisait longtemps, deux mois à vrai dire, que je ne l'avais pas connue. J'avoue qu'elle ne me manquait pas plus que ça. J'entends un grognement mécontent à ma droite. Hmm, Mandy au réveil, d'une humeur de chien. Un vrai plaisir.

- Debouuuuuuut tout le moooooonde! crie une voix stridente.

Ann aussi est un vrai plaisir... C'est là que les différences entre nous sont les plus flagrantes. Ann peut sauter du lit et être fraîche comme une rose. Mandy aboie dès que quelque chose va de travers. Mary fait tout tomber, Lily se frotte les yeux en se demandant quoi faire (elle qui, d'habitude, comprend tout plus vite que tout le monde, met trois mille ans pour arriver à sortir des draps) et moi... Moi, je gifle mon réveil et je me cache sous la couette.

Une heure plus tard, nous débarquons dans la Grande Salle en traînant les pieds. Le professeur McGonagall distribue déjà les emplois du temps. Je regarde le mien. Nous sommes le... 2 septembre 1976... donc un... jeudi. Wah, temps de réflexion : 2 minutes. Va falloir que j'accélère si je veux suivre le rythme. J'attaque par… un double cours de Runes. On aurait pu faire pire pour commencer l'année. On aurait aussi pu faire mieux…

Je regarde l'emploi du temps de Mary, assise à côté de moi.

- C'est de la triche!

Elle ne commence qu'à onze heures!

Après avoir longuement comparé nos emplois du temps et que j'aie dit et répété que le mien était détestable, méprisable, haïssable, inadmissible, enrageant, déprimant, insurmontable, rempli à craquer, épuisant et tout ce qui va avec, je me dirige vers la salle de Runes en compagnie de Lily et Remus. D'ailleurs, c'est le cours où je suis à côté de lui et heureusement, sinon je ne survivrais pas. Je déteste cette matière. Pourquoi doit-on avoir un ASPIC de Runes pour faire Médicomage ?

J'entre dans la salle de classe et m'affale sur ma chaise. Remus me regarde avec un sourire.

- Si tu commences l'année dans cet état, je me demande ce que ça sera en mai.

- Faut voir le bon côté des choses, ça pourra pas être pire.

Il secoue la tête en souriant, mais n'a pas le temps de répondre : la prof entre sans se presser. Elle se laisse tomber derrière son bureau, ouvre son livre d'un air las, nous salue de la tête. Eh bien, il n'y a pas que moi qui ne suis pas en forme !

- Vous savez que les ASPICs vous attendent à la fin de l'année, nous allons donc commencer sans tarder. Prenez vos livres page 34 et traduisez le texte des lignes 1 à 77.

J'échange un regard morne avec Remus. Le cours va être très long.

oOoOo

Le cours a été très long. Tous les jeudis matins comme ça, je ne vais pas résister. Heureusement que l'après-midi commence par une heure de libre. Pendant que les autres vont en Divination ou en Étude des Moldus, Lily, Remus et moi retournons dans la salle commune. Le temps que je pose mon sac, Lily a déjà un livre d'ouvert devant elle. J'écarquille les yeux. Remus me fait un clin d'œil et sors un jeu d'échec.

- Une petite partie, Luth?

- Ça sera toujours préférable aux devoirs de Runes...

Nous commençons la partie. Remus est un adversaire redoutable. Non seulement il est doué, mais en plus, il connaît la parade suprême: parler à son adversaire en même temps. Et comme je ne suis pas du genre à dénigrer une conversation avec Remus, je me fais avoir. Après mon troisième échec, je grogne:

- Je ne comprendrai jamais comment fait Sirius pour ne pas perdre à chaque fois.

- C'est facile, répond Lily sans lever le nez de son parchemin. Il le voit tellement souvent qu'ils n'ont plus rien à se raconter.

Remus pouffe.

- Le jour où Sirius Black n'aura plus rien à raconter, les Serpentards feront de la magie rouge.

- La réciproque est vraie? je demande à Remus avec un sourire retors.

Il me regarde avec un air suspicieux et fait mine de réfléchir avant de répondre.

- Euh... Oui.

Mon sourire s'agrandit. Je tends la main à Remus.

- On parie?

- On parie quoi? demande une voix derrière moi.

Je sursaute et me retourne. James, Sirius et Mandy se tiennent derrière nous.

- Le cours est déjà fini? s'étonne Lily.

- Non, on sèche, Li…

- La ferme Potter !

Wow, quelle véhémence ! Visiblement, James n'a jamais eu aussi peu de chances de l'approcher. Tout le monde regarde Lily avec des yeux ronds. Seul Sirius ne se formalise pas de la scène et, s'asseyant sur la table entre Remus et moi, nous demande d'un ton autoritaire.

- Alors, c'était quoi cette histoire de pari?

Aïe. Comment noyer le poisson ? A moins qu'on ne lui dise ? Non, ce ne serait pas drôle ! Comment savoir ce qu'en pense Remus ? Je cherche sa jambe sous la table, mais je cogne le pied de bois avec un bruit sourd. Sirius s'offusque :

- Eh, on n'essaye pas de communiquer sous la table, je connais.

- Mais ça n'a rien à voir ! Je veux juste…

- Taratata, tu me prends pour un fraudeur débutant ? Je sais bien que tu veux changer de sujet ! Alors, c'est quoi cette histoire de pari ?

Je reste un instant interdite, pesant le pour et le contre. Voir Remus s'efforcer de faire taire Sirius pendant toute une journée est tentant, mais… Que Sirius se force au silence par lui-même serait une torture bien plus raffinée… Alors, pour ou contre ?

- Mon Sirichounet d'amour, dit alors une voix suave derrière le Sirichounet en question. Si tu continues à harceler Luth, tu vas subir une terrible malédiction...

Contre. C'est un truc entre Remus et moi. Seulement nous.

- Mais oui, tout ce que tu voudras mon Lupinou adoré! s'exclame Sirius en parodiant la parade nuptiale de la groupie moyenne de James.

Je me mords la langue pour ne pas rigoler et prends brusquement ma décision.

- Remus, laisse donc ce pauvre Sirius tranquille, on va l'inclure dans le pari.

Mon sourire sadique est de retour. Remus se penche pour me voir et grimace devant mon expression.

- Luth, on t'a déjà dit que tu faisais peur?

- Oui, souvent. Je suis particulièrement douée pour terrifier mes proches.

Remus fronce le nez et Sirius, inquiet, descend de la table. Il s'est aperçu que finalement, il était peut-être trop curieux, mais c'est trop tard. Je sens que tous les autres nous fixent avec attention.

- Voilà ce que je vous propose, tous les deux. Sirius, avec Remus nous parlions de toi...

Je lui fais un sourire suggestif. Monsieur rentre dans le jeu et se penche sensuellement.

- Tu ne me feras pas peur ! Je suis un Gryffondor !

- C'est ça, c'est ça... Donc, nous allions parier que si j'arrive à faire faire de la magie rouge aux Serpentards…

Il explose de rire, immédiatement suivi par James.

- De la magie rouge aux Serpentard? Je te souhaite bonne chance, Luthine!

J'hésite à les piler sur place. Non seulement leur confiance en mes capacités est nulle, mais en plus, Sirius m'a appelée Luthine. Erreur fatale. Je vais le tuer.

- Sirichounet d'amour, écoute la suite du pari avant de rigoler. Si j'arrive à faire pratiquer la magie rouge aux Serpentards, tu devras te taire pendant toute une journée sans user d'aucun sortilège. Et que ça soit bien clair : si tu ne prononces ne serait-ce qu'un seul mot, même pour répondre à un prof, tu devras recommencer le lendemain. Quant à toi, Remus… tu me devras un gage.

Les deux garçons ont brusquement pâli. Sirius, sûrement devant la difficulté de son gage. Et Remus… par peur anticipée du sien. C'est vrai que j'ai la réputation de ne pas y aller de main morte, niveau gage. La dernière fois, Mandy a dû jouer la groupie de Rogue. Pas très ragoûtant, n'est-ce pas ? Mais qu'est-ce que c'était drôle à voir !

Autour de nous, les autres sont morts de rire, même Lily. Quelle sadique ! Sirius muet pendant toute une journée, c'est le défi le plus dur à relever de tout Poudlard, j'en suis sûre. Mais il est tellement fanfaron qu'il va accepter...

- Ok, je tiens ton pari.

Qu'est-ce que je disais!

- Moi aussi, dit Remus.

- Tu prends des risques! s'exclame James, visiblement inquiet.

- T'inquiète, Cornedrue, elle en prend aussi… répond-il avec un air de comploteur.

Il se penche vers Sirius et lui murmure quelque chose à l'oreille. Le visage de son ami s'éclaire et il s'exclame « excellent ! » avant de se redresser et de me regarder, hilare. Remus, toujours calme, me dit alors :

- Luth, si tu n'atteins pas ton objectif avant Halloween, non seulement tu devras ne parler qu'à Sirius pendant toute une journée sans râler…

Hein?

- ...mais tu nous devras aussi un gage. Un gage chacun! termine Sirius, triomphant.

- Mais… mais pourquoi ne parler qu'à Sirius pendant toute une journée, je demande, ne voyant pas en quoi c'est si horrible.

- C'est pourtant simple : Sirius s'est retrouvé avec l'obligation de se taire si tu gagnes alors qu'il n'a rien demandé… enfin presque. Donc, par juste retour des choses, si tu gagnes, il lui faut un interlocuteur attentif pendant le même laps de temps !

Remus, espèce de vampire croisé avec un loup-garou et une vélane! Traître ! Sirius va en profiter comme un fou et je suis prête à parier que les autres m'abandonneront lâchement à mon sort pour aller papoter entre eux ailleurs.

- Oh et, évidemment, les mêmes règles s'appliquent à toi, croit bon de préciser Black. Si tu parles à quiconque d'autre, tu devras recommencer… Et tu auras bien sûr obligation de répondre à mes interrogations…

- C'est hors de question ! je finis par m'exclamer. Pourquoi je devrais avoir trois gages quand vous n'en avez qu'un chacun ? Surtout que vous n'avez rien à accomplir !

- Parce que c'est toi qui as lancé l'idée, Luthine ! me répond Black sans se départir de son sourire. Et que, si tu gagnes, tu pourras profiter de deux vengeances puisque tu as deux adversaires, alors que nous n'en avons qu'une !

- Je m'en fiche, c'est quand même trop déséquilibré ! Surtout que je sais que tu inventeras ce qu'il y a de plus tordu et…

- Eh là, du calme, intervient alors Lily. Pas la peine de vous énerver, ce n'est qu'un pari. Je pense que Luth a raison, c'est trop déséquilibré. Trois gages alors que vous n'en aurez qu'un chacun, ce qui lui fera deux vengeances et trois pour vous, ça ne va pas. Je suggère que vous vous en teniez à un gage chacun.

Tout le monde la regarde avec des yeux ronds. Lily qui ne dénonce pas un pari ? Mieux, qui joue l'arbitre ? Elle est malade ?

- Oh, ne me regardez pas comme ça ! dit-elle en claquant la langue. Vous préférez que je vous enlève des points ?

- Euh non, du tout ! Ta solution me convient parfaitement, Lily, répond précipitamment Remus. Je renonce à mon gage.

Je réfléchis un instant. Ils ne peuvent pas m'obliger à faire ça. C'est horrible. Cela dit… je sais ce qui m'attend, je suis fixée et je ne risque pas d'avoir une mauvaise surprise. Enfin, si, avec le gage que me choisira Sirius. Mais ça limitera les dégâts.

- Ca me convient aussi.

Sirius suit le mouvement.

- Mais ne vous réjouissez pas : je gagnerai !

- C'est ce qu'on verra, Luthine.

- Ne m'appelle pas comme ça, sinon…

- Ah, tu ne peux rien faire : mon gage est déjà fixé !

Il est très fier de sa répartie, mais j'en ai encore en réserve :

- Oui, mais celui de Remus ne l'est pas… Embête-moi et c'est lui qui en pâtira. Je crois que sa vengeance sera plus terrible que la mienne !

- … Vicieuse ! s'exclame Sirius, blême.

- Euh, fait le principal concerné, je crois qu'on devrait prendre un arbitre… Pour éviter les problèmes de ce genre !

Approbation générale. Il reprend :

- Je propose Lily !

- Très bonne idée.

- Eh, non ! J'veux pas ! s'écrie Lily, paniquée.

Elle est peut-être malade, mais pas au point d'avoir une responsabilité dans un pari plus ou moins interdit par le règlement.

Sirius lui fait ses yeux de chien battu.

- S'il te plait, Madame la Préfète-En-Chef! Il n'y a rien d'illégal... C'est juste pour mettre de l'ambiance...

- Oh oui, pitié Lily! On fera tout ce que tu voudras !

- Je te ficherai la paix ! promet même James.

Sa phrase provoque le silence et tous les regards se tournent vers lui. Estomaquée, Lily reste un long moment à le dévisager sans rien dire. Puis, lentement, un sourire se forme sur ses lèvres. Mais ce n'est pas un sourire victorieux ou mesquin. Je dirai plutôt que c'est un sourire appréciateur. Ca me semble bizarre.

- D'accord, j'accepte.

J'ai l'impression qu'un nouveau pari va être conclu. Où va-t-on si James et Lily se mettent à avoir des relations… aimables ? Visiblement, Mandy se pose aussi la question.

- Dites, remarque-t-elle soudain, vous ne seriez pas en retard en Arithmancie par hasard?

Oups.

oOoOo

Ah. Ah. Ah. L'année commence bien. Une heure de retenue pour avoir raté le début du cours. Nos mines éplorées et nos « Excusez-nous, on n'a pas encore retenu l'emploi du temps on est allé en Enchantements » n'a pas fait céder le professeur Vector. Mais bon, si on voit le côté positif de la chose, ça devient tout de suite plus drôle. Je serai une heure toute seule avec Remus.

oOoOo

Vendredi matin. Réveil difficile, évidemment. À noter une légère amélioration par rapport à la veille: mon réveil n'a volé qu'à huit mètres de mon lit.

Premier cours de la journée: Défense Contre les Forces du Mal. J'arrive devant la salle en discutant avec Ann. Nous marchons derrière les garçons, sans vraiment regarder où nous allons. Grave erreur, car je me heurte brusquement à un mur et manque de tomber par terre. Heureusement, Ann me rattrape avant que je touche le sol. Le mur en question s'avère être Remus.

- Hey, tu pourrais faire att…

Je m'arrête net. En me mettant à sa hauteur pour lui parler, je suis passée à côté de Sirius et James, qui affichent tous deux un air mauvais. Je suis leur regard et grimace. Et zut. Dumbledore nous a mis en Défense Contre les Forces du Mal avec les Serpentards! Il tient vraiment à ce qu'on s'entretue ?

- Eh ben, le sens de l'équilibre de certains est aussi bon que leurs capacités mentales, dit une voix horriblement familière à mes oreilles.

- C'est vrai, répond Remus d'un ton léger, c'est d'ailleurs pour ça que tu ne tiens pas plus de cinq minutes par match sur ton balai, n'est-ce pas Rosier?

Merci, Remus. Je t'aime, je t'adore, je t'adule... Ouais bon, n'exagérons rien. Parce qu'évidemment, je vais passer pour une peureuse à n'avoir pas répondu moi-même.

De l'autre côté du couloir, la bande d'affreux s'excite.

- C'est peut-être aussi pour ça que tu n'oses pas monter sur un balai, Lupin, ricane Rogue.

- Et c'est pour la même raison que tu ne te laves jamais, Rogue? Tu as peur de te casser la figure en sortant de la douche?

Et toc. Nous voilà à égalité. James rit à gorge déployée, Sirius me donne une bourrade dans le dos (moins fort, je pense, sinon je vais vraiment me casser la figure!) et Remus lève les yeux au ciel, sans pouvoir s'empêcher de sourire. Rogue me jette un regard mauvais. Evan sort sa baguette. Je renifle, méprisante.

- Tous en place, les enfants, le terrible Evan Rosier va nous faire une démonstration de ses pouvoirs!

Rosier lève sa baguette, mais Rogue l'empêche d'intervenir.

- Laisse-les dire, Evan, c'est ce qu'ils cherchent. Tu vas te prendre une retenue. De toute façon, tu sais bien que tu vaux mieux que ces S... traîtres à leur sang, se reprend-il.

Je fronce les sourcils. D'habitude, Rogue n'intervient jamais quand il s'agit de mettre la pâtée aux Maraudeurs. Quelle mouche l'a piqué?

- C'est une belle alliance, n'empêche. Les Sang-de-Bourbes unis aux traîtres à leur sang... Je me demande ce que vont donner les gosses. Des Cracmols, sûrement, s'exclame Bellatrix, pendue au cou de Lestrange.

- Avant de parler, langue de vipère, apprends donc à marcher sans ton garde du corps, rétorque Sirius, mauvais.

BB Black (j'adore ce surnom et pour cause : c'est moi qui l'ai trouvé. Il veut dire « Bellatrix Bellona Black) est piquée au vif. Elle sort sa baguette à son tour.

- Tu veux voir ce que je vaux, Black? fait-elle en insistant bien sur le « Black ».

- Ça pourrait bien me faire rire, en effet, bébé, répond-il sur le même ton.

L'entente de son surnom lui fait serrer les dents et elle lève sa baguette. Rosier la suit, Lestrange aussi. James se joint à Sirius et j'hésite un instant avant de faire de même.

- CA SUFFIT!

Nous nous tournons tous en direction du cri. Lily bouscule Ann et Rogue sans ménagement et vient se placer entre les deux groupes.

- Rangez-moi ça immédiatement ou j'enlève trente points à tout le monde!

En parlant, elle fixe Rogue d'un air féroce. Voilà donc pourquoi il ne voulait pas que Rosier de batte avec les autres. Pour que personne ne risque de toucher Lily. Comme c'est touchant

La tension dans l'air est palpable. James baisse immédiatement sa baguette en regardant la rousse d'un air peu amène. Je l'imite, comme Sirius.

- Excellente initiative, Miss, dit une voix calme sur ma droite.

Nous sursautons tous. La prof de Défense Contre les Forces du Mal se tient dans l'encadrement de la porte. Comme lors du banquet de la rentrée, elle a l'air austère. Pas un sourire, mais pas un air méchant non plus. Inexpressif. Je trouve ça pire que quelqu'un qui a l'air franchement méchant, au moins on sait à quoi s'attendre. Elle, pour savoir ce qu'elle pense...

Miss McKinnon nous invite à entrer d'un ton sec.

- Je ne veux plus jamais (elle insiste sur le « jamais ») voir une chose pareille se reproduire devant ma salle de classe. Est-ce bien clair?

Personne ne répond. C'est que ça doit l'être.

Le cours commence. La prof, après s'être plus que brièvement présentée, veut « évaluer notre niveau dans sa matière ». Et devinez par quel sort on attaque? Expelliarmus! Le truc qu'on a appris en deuxième année… Si on fait ça jusqu'au ASPICs, non seulement on va s'ennuyer ferme, mais en plus on va rater nos examens. Et, accessoirement, se faire trucider par l'espèce de fou furieux qui sévit hors de Poudlard.

Pour tromper l'ennui, je décide de choisir mes victimes pour le pari. Oui, oui, j'ai parlé au pluriel. Je sais que les garçons sont retors et si un seul Serpentard fait de la magie rouge, ils sont capables de dire que les termes du pari ne sont pas respectés. Il me faut donc au moins deux cibles. La première est évidente. Rosier. C'est le plus approprié. Quant à la seconde… Je fixe le groupe, pensive. J'élimine Rogue, qui en bave déjà assez, voire trop, avec les Maraudeurs. Mon regard se pose sur le tout nouveau couple, Bellatrix Black et Rodolphus Lestrange. Dans le genre couple écœurant, ils sont pas mal.

En voyant Lestrange se disputer avec Rosier et BB Black, une idée machiavélique naît dans mon esprit. Si, avec ça, les garçons ne sont pas satisfaits, je ne parle qu'à Sirius pendant toute une semaine. Enfin, peut-être pas. Faut pas non plus exagérer.

oOoOo

Le premier week-end de ma dernière année à Poudlard aurait pu mieux se passer. Les profs ont, semble-t-il, décidé de frapper fort pour commencer l'année. Même James s'est mis au boulot. Faut dire que quand trente centimètres de parchemin à rendre pour l'Enchantement, la recherche des conditions optimales pour l'élevage des Mandragores et les sortilèges de défense basiques à réviser pour la Défense Contre les Forces du Mal ne représentent qu'un quart de vos devoirs, ça devient difficile de les faire à la dernière minute.

oOoOo

Mon premier mardi de cours aurait aussi pu mieux se passer. Du fait de mes options, je dois être la seule élève de l'école qui a l'immense chance de commencer à onze heures ce jour-là.

Je dors donc tranquillement quand une tempête entre dans le dortoir.

- Debout ma Lulu adorée!

Ma couette m'est retirée brutalement.

- ANN!

Comment ai-je pu oublier qu'elle avait toute sa matinée de libre après son heure de Divination ? Comment ? Je n'en sais rien. En revanche, je sais que je suis maintenant bien réveillée et traumatisée psychologiquement par ce réveil barbare. Le septembre écossais est plutôt frais et je ne laisserai personne, pas même ma meilleure amie, m'arracher ma couverture sans combattre ! Hardi les cœurs, courageuse Gryffondor, défends ton bien !

Assise, je tire un coup sec et ramène une belle portion de tissu vers moi. Je te tiens, tu seras sauvée ! Dans moins d'une minute nous repartirons au pays du rêve bleu, où Remus me déclarera sa flamme, juché sur sa grande licorne blanche et m'emmènera… Je ne saurai malheureusement jamais où : ma force au réveil n'égale pas celle d'une Ann en pleine forme. La couette m'échappe et va mourir sur le lit voisin. Je suis vaincue.

- J'te déteste! je dis en me levant malgré tout.

Attrapant mes vêtements, je m'enferme dans la salle de bain en prenant bien soin de claquer la porte. Le rire d'Ann retentit derrière moi. Oui, je la déteste, cette espèce de sadique.

Bon, je ne la déteste pas tant que ça. Là, par exemple, je suis bien contente d'être seule avec elle pour qu'elle me raconte comment elle a mis la main sur Phillip Bell. Et puis, on a beau être diamétralement opposées, je ne sais pas ce que je ferais sans elle. Il faut bien quelqu'un pour me rappeler que non, l'amour n'est pas le mal, que si, les blagues des Maraudeurs sont drôles et que les balais ne servent pas qu'à faire le ménage. Inversement je suis chargée de la ramener sur terre quand elle oublie que pour voler, mieux vaut choisir un balai de Quidditch plutôt que les ailes de l'Amour. On peut dire qu'elle est ma face blanche et moi sa face noire quelle ironie.

Un quart d'heure plus tard, je sors de la pièce dans un meilleur état d'esprit. Ann a fait mon lit pour se faire pardonner et m'attend, assise en tailleur dessus. Elle mâchonne sa plume d'un air ennuyé en fixant ses cours éparpillés devant elle.

- « Les rêves prémonitoires: impacts psychologiques et influence sur le futur », je lis à l'envers. Passionnant.

- Mais oui! Si tu savais le nombre de choses qui se sont produites à cause de ces rêves et qui n'auraient jamais eu lieu sans eux!

Je fais une moue dubitative.

- D'accord, concède ma meilleure amie, écrire quarante centimètres de parchemin là-dessus, c'est ennuyant.

- Qu'est-ce que je disais!

Ann chasse mes mots d'un geste de la main.

- Bon, fait-elle d'un ton sentencieux. Parlons.

- Tu as raison, parlons. Qui, je sais déjà. Je veux savoir où, quand et comment.

Elle passe une main dans ses cheveux, embêtée, mais ne se fait pas prier pour commencer.

- Bon, tu sais que l'année dernière, on se tournait déjà autour…

- Oui, j'en ai un douloureux souvenir…

C'est à cause de cette période que je n'aime pas Bell. Il ne supportait pas qu'Ann soit constamment avec moi, même si j'avais l'obligeance de partir à chaque fois qu'il voulait lui parler. Il devait avoir peur que je lui fasse de la concurrence.

- Oh, Luth, tu ne vas pas lui en vouloir éternellement pour ça ! On a parlé de cela et il m'a promis de faire des efforts. D'ailleurs, ça se voit non ?

- Oui, c'est vrai : maintenant, il me dit bonjour au lieu de m'ignorer.

Je vois le visage d'Ann se tordre d'inquiétude. Je m'empresse de la rassurer :

- Eh, ce n'est pas pour ça que je ne vois pas d'un bon œil le fait que tu sortes avec lui ! Je ne l'apprécie pas plus que ça parce qu'il est un peu… maladroit envers moi, mais ça ne fait pas de lui un salaud, hein.

Son soulagement est visible et elle reprend avec entrain :

- Tu te souviens, je suis allée au mariage de ma cousine…

- Oui, ça, je sais. Même que tu m'as traînée dans toutes les boutiques de robes de soirée sorcières existantes pour en trouver une à ton goût. Quel rapport avec ton Roméo ?

- Il était invité aussi.

Attention, conte de fée en approche, je répète, conte de fées en approche ! Après l'exclamation d'usage, je la presse de continuer.

- On m'avait placée à côté de lui durant la cérémonie.

- C'est affreusement romantique !

Je suis un brin ironique, mais j'imagine trop la scène. Phillip récitant les mots en même temps que le Matrimomage, Ann devenant toute rose et s'exclamant « oui ! » à la place de sa cousine… Bell a trop la tête de l'emploi et Ann est assez romantique pour s'être laissée séduire par une telle mise en scène. Notez que moi, je serais partie en courant. Si, si, je vous jure.

- Oh, ne te moque pas, espèce de vieille fille !

Mais elle veut vraiment que je finisse vieille fille ou quoi ? C'est la deuxième fois en deux jours qu'elle me le dit ! Je me rebelle :

- Vieille fille, moi ? Dois-je te rappeler le nombre de conquêtes que j'ai à mon actif ?

- Hum, non merci, sinon tu vas me répéter qu'ils étaient presque tous exécrables et qu'aucun garçon n'est capable de romantisme sans avoir une idée derrière la tête et pas forcément celle qu'on croit. Or, je ne partage pas ton point de vue ! Phillip est très romantique et il se comporte très correctement avec moi !

- Pff, il cache bien son jeu, c'est tout !

- Ah non… C'est juste que c'est moi qui ai une idée derrière la tête !

Après un instant de surprise, j'éclate de rire.

- Hum... bon, tu marques un point.

Mais elle ne me convainc pas. Ma dernière relation s'est révélée désastreuse. Tiberius McLaggen, un Gryffondor d'un an de moins que moi qui fait craquer absolument toutes les filles, est sorti avec moi uniquement parce que ma mère est un membre de la Confédération des Sorciers Diplomates. Il s'y connaissait, en déclarations romantiques et autres bêtises du genre. Mais son grand truc, c'était les soirées mondaines. Il voulait qu'on se montre constamment et était d'une possessivité insupportable. Ce n'était même pas de la jalousie ! Je n'étais rien qu'un bel objet qu'il aimait exhiber. À la fin, je ne le supportais plus. Comme il aimait voir les choses en grand, je l'ai largué en lui faisant une scène au milieu de la Grande Salle. Étrangement, depuis, il ne peut plus m'encadrer…

- Je ne sais pas comment tu as pu supporter un type aussi exécrable, fait Ann, qui visiblement a deviné à qui je pensais.

- Et je ne sais pas comment tu peux sortir avec un mannequin qui a un thermobrossage* digne de Lolita Wizbruz !

(C'est un mannequin célèbre pour son coup de tête dans une publicité moldue qui a fait le tour du monde.)

- Moque-toi, le jour où tu sortiras avec Remus, on en reparlera.

- Jamais, donc. Raconte plutôt la suite!

Ann soupire devant mon pessimisme, mais reprend néanmoins :

- Donc, il est resté très silencieux durant toute la cérémonie…

Ouf, la scène née dans mon esprit n'avait donc pas eu lieu.

- Mais quand les mariés ont ouvert la danse, il m'a invitée presque immédiatement.

Ah, tout compte fait, c'était peut-être encore pire.

- Il danse très bien, soit dit en passant.

- Vous avez dansé quoi ? La valse ?

- Ben oui, quoi d'autre à un mariage ?

- J'aurais aimé être là pour voir ça ! je dis en éclatant de rire.

- Ça n'a rien de drôle ! Tu es d'un manque de romantisme, d'imagination et de délicatesse affligeant, Luth. On va te marier avec un sorcier des cavernes !

- Holà, les chaînes du mariage ne sont pas pour moi ! Continue donc, au lieu de changer sans arrêt de sujet !

- Nous avons dansé un moment, puis il m'a entrainée dans le jardin…

Les joues d'Ann sont toutes roses. Son regard se fait lointain, perdu dans le souvenir d'une soirée magique, mais ses yeux pétillent et elle enroule à toute vitesse ses boucles brunes autour de ses doigts.

- On a discuté un moment et puis… Je ne sais pas trop, ça s'est fait naturellement… J'ai trébuché, il m'a rattrapée et… j'sais pas, on s'est regardé et puis c'est peut-être lui qui m'a embrassée, peut-être moi… Voilà, tu sais tout !

Elle saute d'excitation sur le lit, avide de connaître mon avis. J'ai le droit de me taire ? Ce genre de situation me hérisse au plus au point…

- Et après, vous vous êtes revus ? Il t'a dit « je t'aime » ? Comment il est avec toi ?

Et Ann de tout m'expliquer : combien de fois ils se sont vus avant la rentrée, où, qu'est-ce qu'il s'est passé évidemment qu'il lui a dit je t'aime qu'il est un peu jaloux, mais pas trop qu'il écoute ce qu'elle lui raconte… Plus son récit avance, plus je suis sceptique. Bell ne peut pas être aussi parfait pour Ann. Il a forcément des défauts qu'elle n'a pas encore découverts. C'est normal, tous ces efforts qu'il fait, c'est le début de leur couple. Mais je suis sûre que bientôt, il va en faire moins. Et il révélera son véritable visage. Dit comme ça, ça fait un peu mélo. Mais les histoires d'amour finissent mal, en général.

oOoOo

L'heure passe vite et nous devons bientôt nous mettre en route pour notre cours d'Arithmancie, ce qui ne nous empêche pas de continuer à bavarder.

- Au fait, c'est quand les sélections de Quidditch ? je demande à Ann en arrivant devant la salle.

- Dans deux semaines.

- Tu es prête ?

- Prête à quoi ? dit-elle en essayant d'avoir l'air d'ignorer de quoi je parle.

Mais elle ne m'aura pas. Tous les éléments sont enfin rassemblés pour qu'elle tente sa chance : son père, marchand de balais, lui a offert un Flèche d'Argent pour son anniversaire elle sort avec le capitaine des Serdaigle elle aime la concurrence et, élément non négligeable, il y a enfin une place de libre chez les Gryffondors !

- Ne fais pas comme si tu ne comprenais pas. Je suis sûre que tu pourrais faire une super batteuse !

- On parle de Quidditch ? dit une voix dans notre dos.

Nous nous retournons d'un bloc. James nous regarde d'un air soupçonneux. Derrière lui, Remus et Peter soupirent d'un air désolé et Sirius croit bon de nous expliquer :

- Il est interdit de parler de Quidditch si le capitaine de l'équipe n'est pas présent. Vous pourriez être soupçonnées de pactiser avec l'ennemi et de comploter contre Gryffondor. Et le préfet que voici pourrait fort être obligé de sévir le cas échéant, continue-t-il en désignant Remus qui s'incline dans une révérence grotesque.

Je pouffe.

- Eh bien, je crois qu'on n'est pas sorties de la taverne, Ann. Tu devrais plutôt te présenter chez les Serpentards, ils sont moins regardants !

- Tu veux intégrer l'équipe? questionne aussitôt James, curieux.

Mais ma meilleure amie n'a pas le temps de répondre que la prof nous fait entrer. James la fixe, l'air de dire « on en reparlera », puis il s'éloigne avec Sirius.

- Ma pauvre Ann, fait Remus en nous suivant à l'intérieur, tu t'es engagée sur un chemin dangereux. Il ne va plus te lâcher, maintenant.

oOoOo

Et effectivement, dès que nous arrivons à table le midi, James apostrophe Ann avec le ton du père auquel la fille a caché une information capitale.

- Tu as quelque chose à me dire, toi !

Les garçons s'assoient en face de nous et Sirius lance d'un air malicieux :

- Qui parie que Mandy est invitée à se joindre à nous avant qu'elle fasse moins de vingt pas dans la Grande Salle ?

Remus considère James et Ann, déjà plongés dans une discussion enflammée, avant de se décider :

- Moins de dix pas.

- Je tiens, fait Sirius. Peter ?

L'intéressé fait un signe de négation tout en se servant du jus de citrouille. Il m'en propose d'un geste en même temps que Sirius me demande :

- Et toi, Luth ?

- Oui, merci…

- Pardon ? dit Sirius en levant un sourcil.

- Non, je voulais dire merci Peter. Et non merci Sirius. Un pari dans les pattes, c'est amplement suffisant. D'ailleurs, Remus, ça pourrait bien te coûter ta place de Préfet, si Lily savait tout ce que tu paries depuis ta première année ! je dis, taquine.

- Mais comme tu es gentille, tu ne lui diras rien, me répond-il sans même lever un sourcil.

Ciel, ce gars est désespérant. Impossible à déstabiliser. Comment voulez-vous que je réussisse à retenir son attention si rien ne le perturbe ?

- Je…

Il tourne brusquement la tête vers l'entrée de la salle.

- 1… 2… 3… 4… 5… 6… 7… 8… 9…

- MANDY ! J'AI UN SCOOP ! hurle James.

Et Remus de se tourner vers son ami avec un sourire tranquille :

- Gagné, Sirius !

- Non ! Ce n'est pas possible ! Il l'a appelée à neuf pas ! Neuf ! gémit l'autre en tendant je ne sais trop quoi à Remus par-dessous la table.

Il me regarde avec des grands yeux éplorés et je hoche les épaules, impuissante. Et surtout morte de rire. Plus mauvais perdant que Sirius, difficile de trouver. James, peut-être. Ou moi.

- Alors, James, quel est ce scoop ? demande Mandy, arrivant enfin jusqu'à nous. Elle pousse Sirius sans ménagement pour s'installer à côté de son capitaine.

- Va y avoir une autre fille dans l'équipe ! s'exclame James, surexcité.

En face de lui, Ann ne cache pas sa joie. James l'a déjà vue voler. Bien sûr, elle va passer les sélections parce que James ne triche jamais en Quidditch. C'est trop important, voyons. Mais elle a de bonnes chances d'être prise. Je lève un pouce, heureuse pour elle.

- Ah, au fait, Luth, me dit soudain Remus au bout d'un moment. Notre retenue aura lieu lundi prochain, à 19h, dans les cachots. On devra faire un résumé des tomes XVI et XVII du Grand Historique des Sortilèges Traditionnels Érythréens.

- Ca promet d'être passionnant, je grimace, déjà morte d'ennui.

Mais dans ma tête, mon neurone de la groupie en furie affiche un air niais en sautant de joie comme un fou.

oOoOo

« Les runes nouvelles argentines sont très proches des runes anciennes employées par les sorciers satanistes japonais. Pour cette raison, on a longtemps pensé que des sorciers japonais bannis avaient émigré en Argentine afin de pouvoir continuer à exercer leurs pratiques occultes. Cependant, certaines différences majeures viennent renverser cette théorie. Ainsi, le symbole désignant… »

- Ann, à ton avis, ici la rune Gyfu, elle veut dire cadeau ou sacrifice ?

Installée dans la salle commune avec Mary et Ann, je planche sur une version de runes alors que la nuit tombe sur le parc.

- Attends, je finis le devoir de Divination et je suis à toi.

- Bon… Il va falloir que je trouve de l'aide ailleurs. Je doute que les astres puissent m'aider à trancher sur la question.

Je lorgne sur le parchemin de Mary, recouvert de sa belle écriture ronde, mais c'est un devoir d'Astronomie. Me mordant les lèvres, je regarde ma propre copie. Si les profs n'avaient pas à affronter l'écriture quasi illisible de Peter, les pâtés de Rogue ou le style très particulier de Sirius, je suis sûre qu'ils s'arracheraient les cheveux devant mes devoirs. J'écris très petit et souvent mes lettres ne font pas la même taille. Heureusement, j'ai appris à compenser en soignant la présentation de mes copies.

Je songe à trouver la solution à mon runique problème en jouant à pile ou face avec un Gallion quand mon regard se pose sur quelque chose qui pourrait bien me tirer de l'embarras. Ou plutôt quelqu'un. Remus. Evidemment. Pourquoi n'y ai-je pas songé plus tôt ? Hum… Peut-être parce qu'il a déjà fort à faire avec Peter qui ne semble rien comprendre rien à son devoir de Botanique.

- Remus ? je lance. Tu pourrais me dire pourquoi tu t'acharnes à expliquer de la Botanique alors que tu n'en fais plus depuis deux ans ?

L'intéressé hausse les épaules.

- Pour avoir bonne conscience, peut-être ?

Peter se mord les lèvres, coupable. On dirait qu'il s'en veut de monopoliser l'attention de son ami mais qu'il ne peut pas s'en empêcher. Il les veut, ses ASPICs.

- Je te propose qu'on fasse un échange. Tu laisses l'experte en Botanique que je suis aider Peter et tu me finis ma version de Runes.

Remus pèse le pour et le contre.

- Je ne devrais pas accepter. Si jamais Lily entend ça, je vais avoir droit à une leçon de morale. Elle va passer ses nerfs sur moi en m'expliquant combien mon comportement est indigne d'un préfet.

- Bah, vois le bon côté des choses, au moins ce n'est pas sur James qu'elle criera.

- Et en quoi est-ce un bon côté ?

- Tu ne te sacrifierais pas pour ton ami ?

Il ne peut s'empêcher de sourire.

- Ce que tu es retors, Luth. Comme je sais que tu n'as pas ta place à Serpentard, je me contenterai de dire que tu aurais fait un sacré Maraudeur.

- Qui te dit que je ne suis pas une sacrée Maraudeuse ?

J'essaye de ne pas montrer ma joie face au compliment qu'il m'a fait. Ce serait suspect.

- Peut-être le fait que Maraudeur n'existe pas au féminin ?

- Je ne te croyais pas si macho. Et je ne parle pas aux machos. Peter, tu viens ?

- Hum, tu aurais dû te taire, Remus, non ? rigole celui-ci. Ce n'est pas toi qui répètes toujours que le silence est d'or ?

Remus reste silencieux, piégé par sa propre doctrine. Je pouffe, mais il admet la défaite avec classe. Remus reconnaît toujours ses torts. Je ne sais pas comment il fait. Moi, je suis d'une mauvaise foi à toute épreuve.

Peter s'empresse de se lever et de venir me rejoindre. Ann qui a, bien entendu, tout écouté me lance un regard réjoui.

- Oh, ça va, je souffle. Tu es d'une discrétion remarquable.

Elle secoue la tête en riant et retourne à son travail.

- Alors, c'est quoi le problème ?

- On doit expliquer les trois propriétés de la Branchiflore. Jusque là, j'ai à peu près compris. Mais après il faut expliquer pourquoi c'est intéressant de cultiver des Branchiflores en aquarium en dessous de plants de Bulbobulb pendus au plafond…

- Oula, heureusement que je n'ai pas lu le sujet du devoir en sortant de cours, sinon je serais en pleine dépression, je fais, déjà découragée. Tu as ton livre ?

Il me le tend, ouvert à la page correspondant au cours. Avec de l'encre effaçable, il a souligné quelques passages. Je les lis rapidement.

- Hum… Voyons, le Bulbobulb mue… Est-ce que par hasard son ancienne peau ne contient pas quelque chose qui favorise la croissance de la Branchiflore ? Parce que, dans ce cas, elle tomberait dans l'eau et la nourrirait…

Mais Peter secoue la tête.

- Non, j'ai déjà cherché. Au début Remus était persuadé que j'avais compris de travers et James et Sirius m'ont chambré pendant un moment. Mais finalement j'ai pu leur prouver que j'avais raison !

Il a l'air très content de sa victoire. Je fronce les sourcils, désapprobatrice. Je n'ai jamais vraiment apprécié la manière dont James et Sirius traitent Peter et même Remus, qui est plus clément, le croit souvent plus bête qu'il ne l'est.

- Arrête d'écouter James et Sirius, ça fait belle lurette qu'ils n'ont plus ouvert un livre de botanique ! En plus, tu n'as jamais remarqué que les matières où ils sont les meilleurs sont celles où on fait de la pratique ?

- Oui, fait Ann sans plus s'occuper de sa Divination. Agiter une baguette, ça, ils savent faire.

- Vous êtes jalouses d'eux ou quoi ? s'étonne le garçon en fronçant les sourcils.

- Non, on énonce juste une vérité ! je réponds. Tu devrais avoir un peu plus confiance en toi, c'est tout.

Il soupire et balaye ma remarque d'un geste de la main. Je lève les yeux au ciel. Peter a toujours admiré ses trois amis. Ce n'est pas la première fois que je lui fais ce genre de remarque et ce n'est pas la première fois qu'il élude. Nous retournons à l'étude des Branchiflores. Peter reprend :

- Apparemment les écorces mortes de Bulbobulb sont nocives pour la Branchiflore.

- Ah bon ? Alors c'est une question piège. Chourave adore ça.

Peter gémit.

- Mais si, mais si, tu vas t'en sortir, je compatis en lui tapotant le dos. Tu as fait des recherches sur l'élevage de Branchiflores en aquarium ? Peut-être que les Bulbobulbs empêchent la prolifération des plantes ?

- Mais oui ! dit-il et son visage s'éclaire. Je vais aller voir ça à la bibliothèque !

Il se lève et ramasse vite ses affaires.

- Merci beaucoup, Luth ! Tu me sauves la vie !

- Super Luthine à la rescousse ! je lui lance tandis qu'il s'éloigne, rasséréné.

- Le pauvre, dit Mary en levant la tête de sa copie. Je me suis toujours demandé ce qu'il fichait avec les Maraudeurs.

- Oui, moi aussi, fait Ann. Comment peuvent-ils accepter un rat de bibliothèque comme lui ?

- Arrête ça, Ann. Tu le juges sans le connaître. J'ai l'impression que tu l'as pris en grippe dès que tu l'as vu. Tout le monde ne peut pas être un sex-symbol !

Elle hausse les épaules. Mary continue :

- Comment il peut accepter que James et Sirius le traitent comme ça ?

- Pourquoi tu préfères rester avec nous plutôt qu'avec Lily et Mandy ? je demande.

Elle me regarde avec des yeux étonnés.

- Parce qu'on t'accepte comme tu es, c'est tout.

- Elles ne sont pas obtuses, remarque Mary.

- Non, mais elles n'aiment pas certains aspects de ta personnalité. Les Maraudeurs apprécient Peter. Il se débrouille comme un chef avec les livres, a une certaine capacité de travail, est discret, a des oreilles partout et ne risque pas de concurrencer Potter et Black niveau popularité. Alors ils acceptent aussi ses faiblesses, c'est tout. Leur façon de les combler, c'est de les lui rappeler continuellement.

Ann rit, habituée à mes expertises psychologiques. Mary en a entendu aussi quelques-unes, mais ma science radicale la laisse toujours sans voix.

- Tu devrais faire psychomage, grommelle-t-elle en se remettant au travail.

- Non merci, Médicomage suffira bien je n'ai pas envie de consumer mes jours en d'austères études.

oOoOo

Lundi soir. Heure de retenue avec Remus. Chouette ! Nous avons quitté les autres en râlant. Enfin, j'ai quitté les autres en râlant parce que je râle tout le temps et que Remus ne râle jamais. Ann m'a souhaité bonne chance et Sirius a froncé les sourcils et corrigé :

- On dit « bon courage ».

Elle a haussé les épaules sans même le regarder. Il faut dire qu'elle s'est levée presque en même temps que nous et a quitté la salle en dansant à moitié à l'idée d'aller passer une heure dans les bras de Phillip.

Remus et moi écrivons en silence depuis bientôt cinq minutes. J'en ai déjà marre. Le Grand Historique des Sortilèges Traditionnels Érythréens est encore plus ennuyeux que le sujet de Divination d'Ann à propos de l'impact psychologique des rêves prémonitoires sur le futur. Je soupire.

- Déjà ? dit Remus en levant la tête. Je savais que tu n'étais pas d'une patience à toute épreuve, mais je pensais que tu tiendrais au moins dix minutes !

- Je ne sais pas pourquoi je prendrais la peine de faire ce devoir puisque tu lis deux fois plus vite que moi. En plus, tu prends des notes en même temps. Je n'aurai qu'à rédiger !

- Eh, je fais le tome XVI et toi le XVII.

- Oh, parce que tu crois que Vector va lire notre blabla ? Je ne suis même pas sûre qu'il connaisse le contenu des bouquins…

En effet, quand Rusard nous les a donnés, ils étaient recouverts d'une épaisse couche de poussière et quand j'ai ouvert mon exemplaire, la couverture a résisté. J'ai presque cru qu'elle allait grogner.

Un miaulement empêche Remus de répondre et nous rappelle à l'ordre. Je lève les yeux au ciel, mais Remus, avec son habituel sourire mystérieux, sort discrètement sa baguette et l'agite en direction de Miss Teigne que Rusard a laissée comme seule surveillante. Un bruit suspect dans le couloir l'a persuadé de se lancer à la poursuite de Peeves. Où des trois Maraudeurs restants.

L'animal sursaute soudain, puis se fige. Je siffle, impressionnée.

- Petrificus Totalus… informulé ?

- Oui, c'est un des très rares sortilèges que Peter a maîtrisé avant James, me répond mon ami.

- Il ne s'en est pas vanté ?

J'avoue n'être qu'à moitié surprise.

- Oh, non. James a été tellement vexé qu'il a boudé pendant deux jours. Et Peter n'aime pas se mettre James à dos.

- Ça ferait du bien à ton copain d'avoir Peter sur le dos, tiens, je grogne.

Remus rit doucement.

- Il a déjà bien assez à faire avec Lily.

Pas faux.

- Et toi, tu n'as rien à faire avec personne ? je dis, très curieuse.

J'ai pris soin de prendre un air taquin. Il ne faudrait pas qu'il croie qu'il m'intéresse.

- Oh, tu sais, s'occuper des affaires de cœur de trois Maraudeurs passablement handicapés à ce niveau-là ne me laisse aucun temps pour moi…

Ah, ah, il élude la question. Qu'est-ce que je dois comprendre, que personne ne l'intéresse (ce qui, au final, n'est pas si dramatique au moins, je n'ai pas de concurrente) ou qu'il ne veut pas en parler ? Et que répondre ? Ann me dirait de ne pas m'écarter de l'objectif.

- Parce qu'évidemment, tu es un expert en la matière !

- Evidemment…

- Tu ne nous cacherais pas une petite amie, par hasard ?

- Ah, je suis démasqué ! J'avoue tout, répond Remus, dramatique.

Mon cœur bat soudain un peu plus vite. J'espère qu'il joue vraiment la comédie.

- Qui est l'heureuse élue ?

« … que j'aille l'étriper de mes mains », grogne le neurone de la groupie en furie.

- Bellatrix.

Ah oui, il plaisante, c'est certain. Quel soulagement ! J'en ris :

- Je vois pourquoi tu préfères t'occuper des histoires de cœur de tes copains. Ca doit en effet être plus amusant que de rejoindre ta chère et tendre… enfin, si tant est que Bellatrix puisse être considérée comme une tendre personne…

- Certes, un rocher serait plus aimable. C'est donc avec joie que je me dévoue corps et âme à la noble tâche d'aider autrui.

Bon, je crois que je n'apprendrai rien sur lui ce soir. Plus discret, tu meurs. Alors autant en apprendre sur le compte des autres, n'est-ce pas ?

- Je peux comprendre que James requiert la moitié du temps à lui tout seul. Mais Peter et Sirius ?

Remus me regarde, amusé.

- Convaincre Peter que oui, il peut plaire à une fille, relève du sport de haut niveau. A sa décharge, il faut avouer qu'il se fait écraser par des personnalités comme James et Sirius.

- Et comme toi.

- Je n'oserais pas me comparer à eux.

Je soupire. Il le fait exprès ?

- Remus, tu sais que ce n'est pas parce que tu n'es pas aussi exubérant que personne ne te remarque ?

- N'exagère rien, dit-il en se remettant au travail.

- Je n'exagère rien.

- Eh bien j'espère que tu te trompes.

Le ton est brusque, il ne sourit plus. Quoi, il ne veut pas qu'une fille s'intéresse à lui ? Mais pourquoi ? Il aime les garçons ? Si c'est le cas, quel gâchis ! Voyant que je fronce les sourcils, son expression s'adoucit et il plaisante franchement :

- Je ne veux pas d'une bande de groupies comme celles qui courent après Sirius.

Je n'aurai aucune explication sur son drôle de comportement. Ce gars est plus secret qu'une tombe et encore, c'est peu dire. Je choisis d'enchaîner sur Sirius.

- Tiens, en parlant de Sirius, pourquoi a-t-il besoin de ton aide ? Quand on a autant de groupies que lui, on devrait fort bien pouvoir se débrouiller tout seul.

- Ah ! Mais avoir des groupies et savoir parler aux filles sont deux choses qui ne vont pas nécessairement de paire !

- Faux ! je rétorque. Quand un garçon plait aux filles, c'est justement parce qu'il sait leur parler. Relation de cause à effet !

- Ou qu'il est gâté par la nature comme dirait Sorcière Hebdo, contre Remus.

- Oui. Bon.

- Et Sirius est gâté par la nature.

Certes. Mais dire ça serait m'exposer aux commérages et je déteste les commérages. Sauf quand c'est Ann ou moi qui les racontons. J'enchaine donc sur une pente moins glissante :

- Donc tu me dis que Sirius ne sait pas parler aux filles. Mais il n'en a pas besoin : un simple « bonjour » et elles tombent toutes dans les pommes !

- Je n'ai pas dit qu'il ne savait pas parler aux filles, Luth ! Tu interprètes trop mes propos. Défaut typiquement féminin.

Je tire la langue, meilleure réponse selon moi à cette réplique hautement machiste. Mais, curieuse, je lui demande quand même d'expliquer.

- Il ne sait pas parler à la fille. Nuance !

- Mais je viens de t'expliquer qu'il n'a même pas besoin de parler !

- Oh, Luth, tu es désespérante ! Ce n'est pas toi, l'année dernière, qui a « expliqué » à McLaggen qu'il était méprisable parce qu'il n'aimait que ce que tu représentais et pas ce que tu étais ?

- Euh… si, je confirme prudemment, ne voyant pas le lien.

Wow, mais c'est qu'il a retenu tout ce que j'ai dit ! Peut-être ai-je un espoir ! Youhou !

- Alors tu devrais comprendre que Sirius souhaite la même chose.

- Mais nous sommes dans des situations totalement différentes ! Il n'a qu'à sortir avec elle et au bout d'un moment, il se rendra bien compte si elle est réellement amoureuse ou non.

- Luth Selwyn, la fille la plus bornée de l'univers.

- Merci, je grogne.

- Tu es d'une mauvaise foi digne d'un Serpentard.

- Je ne vois pas en quoi, je me vexe. Quand on a un fan-club, on en profite, point !

- Tu aimerais toi, être avec une personne que tu aimes et t'apercevoir que finalement elle n'aime que ton image ?

C'est que ça ne m'est jamais arrivé… J'étais loin (très loin) d'être amoureuse de ce crétin de McLaggen. Il était juste mignon, en fait. Mais amoureuse ou pas, devoir toujours être en représentation est une chose détestable. Donc non, je n'aimerais pas. Mais comme je le disais, je ne suis absolument pas dans le cas de Monsieur Black. C'est un garçon, c'est fondamentalement différent. Et comme je n'aime pas qu'on me mette face à mes contradictions, je réponds :

- Je n'en sais rien ! Ce n'est pas comme si quelqu'un m'aimait et que la question se posait.

- Qu'est-ce que tu en sais, qu'aucun garçon ne t'aime ?

Je relève la tête et le fixe. Je n'aime pas du tout son air. Ses yeux pétillent, il semble très fier de lui et, plus je le fixe, plus son sourire s'élargit, pour devenir un rire franc.

- Tu sais quelque chose ?

Mais Remus lève les mains et mime une fermeture éclair qui se referme sur ses lèvres.

- Je ne dirai rien.

- PARLE ! je m'exclame. Tu as commencé, tu finis !

- Je n'ai rien commencé, c'est toi qui interprètes !

- Je t'en ficherai, des interprétations ! Ton comportement prouve ta culpabilité ! Allez, crache le morceau !

- Non, je serai muet comme une tombe.

- Et bientôt tu seras dans la tombe, si tu ne m'avoues pas tout ce que tu sais ! je le menace en sortant ma baguette.

- Je sais seulement que vous iriez très bien ensemble et que tu devrais faire un peu plus attention au monde qui t'entoure. Voilà, j'ai avoué !

- Je veux un nom !

- Hors de question.

- Rictusempra !

Remus tombe sur le sol, secoué de rire par mon sortilège de chatouillis.

- Quelle maison ? Serdaigle ? Poufsouffle ? Gryffondor ?

- Je… te ferai… ha ha ha, remar…quer… qu'il y a… quatre maisons… à Poudlard !

- Aucun Serpentard ne peut aller avec une Gryffondor, voyons. Alors ? J'attends !

- Tu… peux attendre… très longtemps… La douleur… ha ha, ne me fera… pas céder…

- Vraiment ? Alors tu resteras comme ça toute l'heure et…

Je m'interromps brusquement. Des bruits de pas résonnent dans le couloir.

- Finite incantatem ! je chuchote à toute vitesse.

J'aide Remus à se rasseoir sur sa chaise et il a à peine le temps de libérer Miss Teigne de son Petrificus Totalus que la porte s'ouvre à la volée, laissant place à un Rusard furieux. Voyant Remus, encore rouge d'hilarité et le peu que nous avons écrit, il nous jette un regard suspicieux.

- Continuez ! grommelle-t-il en se penchant vers Miss Teigne, qui crache furieusement vers mon ami.

Frustrée d'avoir été interrompue, je me remets à ma traduction. Ce n'est pas dans le Grand Historique des Sortilèges Traditionnels Érythréens que je trouverai la réponse à ma question. Remus était-il au moins sérieux ? Si oui, de qui parlait-il ? De lui, sans oser me le dire ? Non, ça ne lui ressemble pas. Si ? Rah, je ne sais pas quoi penser. Bah, peut-être que Grand Historique va me donner un sortilège pour lui faire cracher le morceau. Sinon, je mènerai mon enquête. En commençant par ses copains. Si Remus est au courant de quelque chose, les autres Maraudeurs doivent l'être aussi.


La dernière scène m'a donné de ces maux de tête... et je n'en suis toujours pas satisfaite! Ces personnages peuvent être très têtus pour qu'ils le veulent.

Pour tout commentaire, une dragée surprise de bertie crochue offerte!

Sinon, dans le prochain chapitre, on retrouve Luth de mauvaise humeur (pour changer) qui a des nouvelles d'une vieille amie et essaye de composer avec ses camarades eux aussi un peu électriques.