Myriam : Merci ! :D (bordel je suis émue) C'était le but, dépeindre un peu le cadre, l'atmosphère... Qui est un peu glauque, en effet. Mais ça ne va pas rester aussi glauque tout le temps...
Matsuyama : Hm, c'est vrai émé Ca me semblait approprié. Disons que je préfère que ça vienne progressivement (bon ça va pas traîner pendant trois ères généalogiques non plus hein) (la suite donne beaucoup plus d'éléments) …A vrai dire, j'ignore ce qu'est le disclamer :'B C'est le résumé ? Exactement, ça se passe avant l'entrée de Tom à Poudlard. Intrigant c'est ce que je visais, alors merci !
La suite a mis TROP de temps à arriver, mais la voici. Je m'excuse envers les personnes (elles sont au moins deux) qui ont peut-être attendu désespérément :B Mais le temps passe tellement vite (ouh)
Bref, puisse cette suite ne pas être trop décevante !
3 novembre 1953
_ Je m'appelle Virginia Mave. Je suis née le 3 Août 1926, et j'ai vécut jusqu'à mes quinze ans dans l'orphelinat Wool, sur Bredgar Road, à Londres.
Ma voix devint plus assurée.
_ Comme vous le savez sûrement, si vous avez pris la peine de vous intéresser à ses origines, Tom Jedusor a vécut dans cet orphelinat lui aussi. Nous avons le même âge. Je... Je ne lui parlais pas vraiment, quand nous étions enfants. Tom Jedusor ne parlait guère, que ce soit avec moi ou avec les autres. Il n'était pas comme nous. Différent. Mystérieux. J'ai toujours eu un intérêt démesuré pour les mystères. Comme tous les enfants, peut-être.
Ma voix s'éteignit sur ce « peut-être ». Je n'étais pas sûre de ce que je devais raconter ensuite. Comment raconter votre histoire quand votre public en comprend le sens mieux que vous ? Comment raconter votre histoire quand – finalement – vous n'en êtes pas le personnage principal ?
Les histoires commencent toujours de la même façon. Par une journée normale. Mon histoire ne fait pas exception. Ce jour-là, c'était une journée normale.
29 août 1937
C'était une journée normale.
Un matin comme les autres, entre les murs de ce même orphelinat où j'étais née onze ans plus tôt.
J'ouvris les yeux dans un bâillement, et la première chose que je vis fut une oreille humaine beaucoup trop proche de mon visage. Li s'était endormie dans ma chambre. Nous étions toutes les deux allongées sur mon petit lit au matelas trop mou. Nous nous étions contorsionnées étrangement pour ne pas finir avec une partie quelconque de l'anatomie de l'autre dans la bouche, et Li semblait sur le point de tomber.
Je me levai et la poussai un peu contre le mur. Elle grogna faiblement, ouvrit les yeux d'un air totalement paniqué, marmonna un mot inintelligible, et ses paupières s'abaissèrent presque aussitôt. Endormie à nouveau.
Je jetai un coup d'œil à la montre sur ma table de chevet. 8H45. Audrey allait arriver, lançant son sempiternel « Debout, c'est l'heure ! » de sa voix désintéressée.
La porte de ma chambre s'ouvrit dans un couinement. Audrey ne jeta pas un regard à l'intérieur, comme à son habitude, et elle se contenta de cracher « Debout, c'est l'heure ! ». Li grogna avec hargne et se mis difficilement en position assise. Ses cheveux blonds coulaient doucement dans son dos, et faisaient comme un voile doré sur ses épaules. Elle se tourna vers moi en s'étirant.
_ Bonjour...
_ Bien dormi ?
_ Horriblement mal. Ces lits sont vraiment trop petits.
_ En même temps, fis-je avec un sourire, ils sont faits pour une seule personne...
_ Tu aurais pu trouver un moyen plus direct pour me dire que tu veux plus que je dorme dans ta chambre...
Li me lança un coussin, qui me rata de peu et s'écrasa finalement sur mon bureau.
_ Râté ! chantonnais-je en sautillant sur place
Li leva les yeux au ciel en arquant exagérément ses sourcils, caricature parfaite d'une peste insolente.
_ Je dois descendre, il faut que j'aille en ville m'acheter une nouvelle chemise !
Lisa me fit un signe de la main tandis que je sortais de la chambre.
Quelqu'un d'autre marchait dans le grand couloir. Tom Jedusor ne daigna m'accorder qu'un bref regard tandis que nous nous croisions.
Je me souviens de ce que j'ai ressenti quand ses yeux noirs se sont accrochés aux miens, aussi bref l'instant fut-il. Toujours cette peur instinctive qu'il m'inspirait, cette méfiance inexplicable et pourtant si évidente. Je me sentais comme un animal face à son prédateur. Une terreur mêlée à une fascination malsaine. Jusqu'où pouvais-je m'approcher du danger avant qu'il ne me blesse ?
Tom Jedusor s'éloigna, ses pas légers sur le parquet sombre, et je ne pu m'empêcher de le suivre du regard.
Tom Jedusor était terrifiant mais il était aussi, paradoxalement, la chose la plus intéressante de ma vie. Il y avait mes amis, bien-sûr. Et la nourriture, naturellement.
Mais Tom était un mystère. Pour moi qui n'avais connu que les éternels murs gris de l'orphelinat, et qui ne connaîtrais que ça pour encore de longues années, le défi que représentait Tom Jedusor restait, malgré son caractère effrayant, beaucoup trop intrigant pour que je ne m'y risque pas.
Le risque avait toujours été une notion beaucoup trop abstraite pour moi. Il me suffisait d'être particulièrement agile et attentive pour me réfugier hors de portée dès que le danger déciderait de frapper. Avancer prudemment, toujours plus près, observer la menace discrètement, rester silencieuse et patiente, et, lorsque la bête devenait furieuse et tentait de détruire autour d'elle, être vif, disparaître. Rien ne m'avait jamais paru aussi simple. Comme s'approcher lentement du feu jusqu'à pouvoir y plonger sa main, mais sans jamais le faire.
Tellement simple.
