Auteur : Yami Flo
Genre : Général, Humour ; vignette située dans l'enfance de Yuffie, ou pourquoi certains employés de Shinra cherchent à éviter Wutaï à tous prix.
Disclaimer : Rien ne m'appartient, malheureusement, car je ne suis pas la créatrice de Final Fantasy 7.
Résumé : Quelques années avant le météore. Godo Kisaragi reçoit un employé de la Shinra. Yuffie n'est pas des plus heureuses et le laisse savoir.
Un Dîner Presque Parfait
Le dîner avait pourtant bien commencé. L'employé de Shinra dont il avait déjà oublié le nom – ce n'était, après tout, qu'un cadre mineur et non pas un des gros bonnets de la compagnie – n'était pas venu avec une horde de Turks, contrairement à ce que Godo Kisaragi avait craint. Jusque quelques soldats qui devait s'amuser à présent dans le quartier de la lanterne rouge.
Pathétique.
Et enrageant. Ainsi, Wutaï n'était pas assez menaçant pour y envoyer autre chose que ces rebus, même pour une visite officielle ?
Faisant tout de même bonne figure pour la forme, le maître de Wutaï avait rendu les honneurs et fait préparer plusieurs des mets les plus fins et les plus raffinés que pouvait offrir la nation à ses hôtes indésirables.
Sa fille s'était, pour une fois, tenue tranquille. Elle n'avait pas cherché à fuguer, n'avait pas lâché des rats dans las chambres de invités, n'avaient pas fouillé subrepticement leur poches, ni tirer la langue à leurs visiteurs.
Les choses s'annonçaient plutôt bien, donc.
Enfin, jusqu'à ce que, la première bouchée à peine avaler avec difficulté – l'art de tenir les baguettes n'était visiblement pas enseigner à Midgar – le larbin de Shinra se mette à cracher feu et flammes. Enfin, pour être franc, il était devenu très rouge, avait eu l'air de suffoquer, poussait des râles incompréhensibles et courrait à droit et à gauche comme s'il avait été atteint d'un sort de folie.
Godo Kisaragi porta prudemment un morceau de viande à son nez et renifla, cherchant l'odeur d'un poison, l'explication la plus probable à cette débandade. Le résultat ne fut pas ce qu'il escomptait. « Mais on dirait que ça sens… le wasabi… » Finit-il tout bas, réalisant brusquement ce qui venait très certainement de se passer.
Yuffie.
Que lui avait-elle dit ce matin, déjà ? Quelque chose comme quoi 'elle avait honte de lui pour accepter de recevoir ce *censuré* chez eux et en plus de le traiter comme un invité de marque alors que lui et ses *censuré* d'employeurs avaient totalement pillé leur pays et *censuré*, ils avaient piqué toute leur matéria !'
Ce à quoi il avait répondu que 'elle ne comprenait visiblement rien à la politique et que, bien sûr, il n'était pas plus heureux qu'elle de recevoir ces *censurés* de Shinra, mais en tant que chef d'Etat, il ne pouvait faire autrement.'
Avait suivi une longue diatribe sur le fait que 'lorsqu'elle serait reine, elle les enverrait tous se faire *censuré*.' Auquel il avait placidement répondu à la petite fille de 10 ans que 'ce n'était pas encore demain la veille, alors en attendant, promets moi de ne pas faire de vague pendant que nous recevrons ce Monsieur.'
Le regard sombre, elle avait promis de ne rien faire… pendant la réception et le dîner. Oui, mais avant ? Oh, Godo savait qu'il aurait dû faire attention à ses mots !
Que lui avait dit Shao, la vieille cuisinière ? Que Yuffie était venue prendre un fruit comme collation ce matin en cuisine, pendant la préparation du festin.
Et, honte sur lui, il n'avait rien suspecté. Mais il aurait dû ! Surtout en voyant sa fille unique si polie, si bien coiffée, engoncée dans la tenue traditionnelle royale de quatorze kimonos superposés sans qu'elle se plaigne de leur poids cumulé.
La jeune princesse héritière manipulant avec soin ses baguettes, et qui, à aucun moment n'avait interrompu son repas pour suivre des yeux le représentant de Shinra, continua de porter ses aliments à sa bouche et de manger comme si de rien n'était son repas.
Tout au plus se contenta-t-elle d'esquisser un minuscule sourire et de répondre hautainement. « Tss, ces gens de Shinra… aucunes manières. Ne trouvez-vous pas, père ? »
Oh la garce… mais quelle actrice, songea une seconde son géniteur tout en gardant une expression neutre. Expression qui s'effondra aussitôt qu'il reposa les yeux sur le dignitaire de la Shinra, toujours entrain de courir comme un fou partout tout en tenant sa gorge.
D'un geste, il indiqua à l'une des servantes de tendre au malheureux laquais du Président une pleine cruche d'eau, sur laquelle il se jeta comme ses maîtres sur la matéria.
Lord Godo soupira. L'incident diplomatique n'était pas loin, il le sentait. Enfin, peut-être réussirait-il à calmer les choses sans trop de problèmes.
Il pouvait déjà s'estimer heureux que, tout à sa joie pas si secrète que ça pour ceux qui la connaissaient bien, sa fille n'ait pas décidé d'improviser une dance de la victoire séance tenante…
