Chapitre 2

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Il regardait par la fenêtre, ignorant le rouquin qui s'était introduit dans son compartiment au début du voyage. Ce n'est pas qu'il n'appréciait pas le garçon mais sa présence le dérangeait. Il ne savait pas comment interagir avec une personne de son âge. À l'école moldue aucuns enfants ne lui avaient jamais adressé la parole. Il ne suffisait qu'un sourire dans sa direction pour apprendre qu'il valait mieux l'éviter. Dudley mettait un point d'honneur à dissuader tout le monde même les professeurs à sympathiser avec lui. Alors il n'avait simplement pas eu la chance d'exercer ses aptitudes sociales.

Avant le jour où il avait appris qu'il était sorcier il n'avait jamais tenu une conversation avec quelqu'un. Son premier essai n'avait pas été concluant. Hagrid avait un comportement un peu trop exubérant pour lui et il n'avait pas dit que quelques phrases que le demi géant se lançait dans un monologue. Sa deuxième conversation avait été courte. Il avait échangé quelques mots avec un garçon blond chez Madame Malkin. Le fait qu'il n'avait pas compris la moitié des termes qu'il avait utilisés n'avait certainement pas aidé son comportement asocial. Ils s'étaient quitté avant même d'avoir échangé leur nom. Ce qui ne le perturba pas le moins du monde. À ce moment là, il avait une migraine épouvantable qui commençait à le préoccuper sérieusement.

C'était un phénomène qui s'était répété que trop souvent à l'entente du monde magique. Lorsqu'il avait entendu Hagrid dire qu'il était un sorcier, il avait eu l'impression qu'un étau c'était refermé sur sa tête. Quelques secondes plus tard lorsqu'il avait enfin reçu sa lettre d'admission à Poudlard son crâne avait été transpercé de par en part par une douleur aiguë. Il avait failli perdre connaissance mais la douleur s'était estompée avant que sa vision se referme en un tunnel.

Le garde chasse après être entré dans une colère impressionnante lui avait expliqué maladroitement dans quelle situation il se retrouvait. La douleur était revenue à la charge à chaque nouveau mot ou concept. Comme s'il n'arrivait pas à accepter que la magie existe. Heureusement, elle était moins intense et il avait réussit à suivre les explications en serrant les dents en silence.

Bizarrement lorsqu'il était arrivé sur la voie 9 ¾, après un coup douloureux semblable à celui d'une poêle à l'arrière de sa tête, à la vue de quelques sorts et de l'enchantement du mur de la barrière, il n'avait pas connu d'autres douleurs. Le train malgré son appartenance évidente au monde magique n'avait occasionné chez lui aucune désagréable réaction. Par contre, lorsque le rouquin était entré dans son compartiment sa tête aurait pu exploser qu'il n'aurait pas plus souffert.

Par chance, le garçon était trop choqué d'avoir rencontré le grand Harry Potter pour remarqué le gémissement qu'il lui avait échappé. Après avoir montré cette cicatrice qu'il avait sur le front, Ronald Weasley et lui avaient parlé un peu. Cela élevait son total de conversation à trois et à voir la difficulté qu'avait le rouquin à paraître à l'aise, sa performance ne devait pas être fameuse. À moins, qu'il soit simplement intimidant. Ou qu'il soit nerveux d'être en présence d'une célébrité. Ils avaient donc parlé de l'école, de Quidditch, un sport auquel il cherchait encore à trouvé un sens et de la famille de Ron. Il était curieux de savoir quelles différences existaient entre une demeure sorcière et une moldue.

Il venait d'apprendre les merveilles du dégnomage lorsqu'une fille aux cheveux bruns épais et aux yeux noisette brillants d'intelligence avait ouvert la porte du compartiment. La même souffrance qu'il avait ressentit en voyant le rouquin la première fois se manifesta. Cependant, il commençait à avoir l'habitude après avoir lu les livres qu'il avait acheté au chemin de traverse. Il pouvait presque ignorer la douleur maintenant. Ses maux de têtes avaient toujours été sa plus grande faiblesse. D'autres blessures ne l'importunaient pas autant et l'expression de son visage ne s'altérait plus que lorsqu'il était pris par surprise ou que c'était vraiment intolérable.

La fille voulait savoir s'ils avaient vus un crapaud comme si le batracien avait pu pénétrer dans le compartiment alors que la porte n'avait pas été ouverte depuis que les deux frères de Weasley étaient passés. Son attitude lui parut immédiatement suspecte, cette Hermione Granger avait un autre motif pour cette visite que de faire preuve d'altruisme en aidant un garçon qui pouvait tout aussi bien ne pas exister.

Le regard qu'elle lui lança en le remarquant avait été étrange. On aurait dit qu'elle venait de le reconnaître et cela n'avait rien à voir avec sa célébrité dans le monde sorcier. Elle avait vraiment eu l'air surprise lorsqu'elle avait appris son nom. Son apparition fut courte mais singulière. Elle lui rappelait quelqu'un même s'il était incapable de savoir qui. Il était persuader de l'avoir déjà rencontrée quelque part et il avait un sentiment similaire à propos de Weasley. Peut-être les avait-il vus au chemin de traverse plus tôt cet été? Il ne pouvait en être sûr mais c'était l'explication la plus logique qu'il avait trouvée. Après le départ de Granger, le rouquin avait marmonné quelques insultes en son encontre. Il était trop embarrassé par son échec pour réaliser que la jeune fille si elle avait été un peu impolie n'était pas la responsable de son malheur. C'était lui qui avait été impressionnable et c'était fait avoir par ses frères. Au premier coup d'œil, il avait vu qu'il valait mieux rester sur ses gardes en leur compagnie. Weasley vivait depuis onze ans avec eux, il ne pouvait pas décemment l'ignorer. Cet épisode le distancia un peu plus du rouquin. Ils n'avaient déjà rien en commun. Il avait une famille alors qu'il n'en avait pas. Il avait des frères et une sœur alors qu'il était enfant unique. Il avait une enfance heureuse, lui il ne pouvait qu'en rêver. Il connaissait le monde sorcier depuis sa naissance, lui malgré la montagne de livre qu'il avait acheté pour comprendre un peu la société sorcière et qui lui avait causé d'innombrables migraines il n'atteignait pas encore son niveau de compréhension. Il n'était même pas à l'aise en compagnie de sorciers. Tout le surprenait à chaque instant et lui donnait un mal de tête.

Ils s'étaient changés immédiatement après le départ de Granger, suivant avec application son conseil et Weasley n'avait pas cherché à relancer leur conversation en voyant son silence. Pour éviter qu'une autre personne entre dans leur compartiment et qu'il réveille sa migraine, il jeta un sort inoffensif sur la porte quiconque toucherait à la poignée ressentirait un léger choc électrique. Un visiteur inattendu fut ainsi repoussé un peu plus tard et personne ne dérangea sa contemplation du paysage. Weasley impressionné par son sort faillit dire un mot mais la mine revêche de son nouvel « ami » l'en dissuada et il se contenta de le regarder avec admiration durant tout le reste du trajet. Après tout il avait jeté ce sort sans hésitation et il avait vaincu Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom alors qu'il avait à peine un an.

La vue du village de Pré-au-lard fut indolore. Cependant c'était peut-être seulement parce qu'il n'en vit pas grand chose dans l'obscurité. La traversée en bateau fut pénible. Granger, Weasley et un garçon qui allait par le nom de Neville Longdubat qui avait véritablement perdu un crapaud partagèrent une barge avec lui. Ils le fixèrent tout les trois pendant le cours trajet comme s'il était une espèce curieuse et rare. Ce ne fut que lorsqu'Hagrid annonça qu'ils arrivaient en vue de Poudlard qui le quittèrent des yeux.

Poudlard, le nom seul avait réveillé quelque chose en lui qui remuait dans sa tête douloureusement. Voir le château lui fit perdre tout ses moyens. Il lui semblait reconnaître la silhouette des tours, la forme des portes, l'emplacement des fenêtres. L'endroit lui était familier mais plus il essayait de se concentrer sur sa mémoire, de rechercher des souvenirs associés à ce lieu plus la douleur augmentait. Il finit par renoncer pour ne pas perdre connaissance au milieu d'inconnus. Malgré tout il lui était maintenant évident que ses migraines avaient un lien direct avec sa mémoire. Il était venu à Poudlard par le passé et il savait aussi qu'il était un sorcier. Il ne savait pas comment il avait perdu la mémoire mais il se jura de parvenir à la retrouver. Pour l'instant il allait mettre de côté sa recherche pour ne pas s'épuiser complètement et essayer d'apprécier le festin.

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Je regarde nerveusement autour de moi, le cherchant des yeux. Je sais que j'ai peu de chance d'apercevoir Salazar dans cette pénombre mais j'ai de grandes chances de trouver Godric. Sa chevelure flamboyante est assez colorée pour que je le retrouve lorsqu'il rejoindra le demi-géant qui mène les élèves de première année au château. J'ai été parmi les premières à descendre du train. Neville Longdubat est avec moi, encore plus nerveux que je le suis bien que ce soit pour des raisons totalement différentes. J'ai peur que Salazar m'ai reconnue et ne veuille pas me laisser une chance de m'expliquer. J'ai attendu si longtemps pour pouvoir m'excuser pourtant je n'ose espérer être pardonné. J'aperçois Godric enfin. Il est près du demi-géant et si je ne me trompe Salazar est à ses côtés.

-Première année, par ici! Première année, suivez moi! Pas plus de quatre par bateau, tonne l'énorme homme et tous les nouveaux élèves le suivent légèrement intimidés.

J'entraîne Neville avec moi et je rejoins à la course le bateau que prennent Salazar et Godric.

-Reste-t-il de la place, je demande par politesse en espérant qu'ils ne me rejettent pas. Godric bien entendu a une excuse, il ne se souvient pas de moi mais Salazar je ne suis pas certaine. Godric hoche la tête sans grande conviction après avoir jeté un coup d'œil à « Harry Potter ». Son expression est neutre mais il me fixe avec curiosité. J'ai soudain un doute. J'ai l'impression qu'il ignore qui il est. Du coin de l'œil j'examine sa réaction en voyant Poudlard et mon doute se concrétise. Un frémissement de douleur passe sur son visage et il regarde le château avec avidité. Comme s'il le reconnaissant mais ne comprend pas comment cela peut être. Salazar ne sait pas son passé mais il est à deux doigt de le découvrir. Ce n'est qu'une question de temps. Malgré tout je me promets de ne pas le brusquer. Qui sait comment il réagirait en apprenant tout ça?

Godric regarde Poudlard en fronçant les sourcils. L'endroit lui semble sûrement familier. Ses souvenirs sont enfouis plus profondément que Salazar.

Je réalise que c'est sûrement ma condition particulière qui m'a permis de savoir qui j'étais si jeune. Je suis une prophétesse, il m'arrive régulièrement d'avoir des visions du passé ou de l'avenir.

Je regarde mes deux anciens meilleurs amis se placer dans la file de première année qui attend de se faire repartir. Pendant que je réfléchissais, nous avons quitté les bateaux et pénétré dans Poudlard. La répartition, j'avais presque oublié. Je vais me retrouver dans ma propre maison. Salazar dans la sienne et Godric de même. Nous allons êtres séparer dans des dortoirs différents pendant sept ans. Nous allons partager que quelques cours et il y a si peu d'interaction inter-maison que nous allons nous perdre de vue. Je sens les larmes poindre dans mes yeux. Je ne veux pas que cela arrive. Le seul moyen est de tricher ma répartition. Peut-être le chapeau de Godric se laissera convaincre s'il me reconnaît.

J'ai peu d'espoir que cela fonctionne mais je ne peux m'empêcher d'essayer. Il faut que je sois répartie sois à Serpentard ou à Gryffondor. La première option est pratiquement impossible. Je ne suis pas assez ambitieuse et rusée pour Serpentard et je serais incapable de me fondre dans la foule. Surtout qu'ils n'accepteront jamais une née de moldue dans leurs rangs. Gryffondor est un objectif possible à atteindre. Je ne suis pas particulièrement courageuse mais je ne suis pas une pleutre ni une lâche et Godric aura plus besoin de mon aide pour retrouver la mémoire. Ça me chagrine d'avoir à laisser Salazar seul mais je ne peux faire autrement. Malheureusement la rivalité entre Gryffondor et Serpentard ne va pas aider un rapprochement entre nous. Il ne me reste plus qu'a espérer que mon plan fonctionne, qu'il retrouve la mémoire le plus rapidement possible pour que je fasse mes excuses et que je tente de recoller les morceaux entre nous trois. Puis entre nous quatre si jamais Helga met le pied à Poudlard pendant notre « scolarité ».

-Habbot Annah, annonce une femme à l'apparence stricte qu'a ma grande horreur je suis incapable de nommer. Je n'ai pas accordé d'attention à mon environnement, trop prise dans mes réflexions et la répartition est visiblement déjà commencée. J'attends nerveusement les G préparant un discourt pour le chapeau de Godric.

-POUFSOUFFLE!

-Granger Hermione, dit la femme et je sursaute. Je ne m'attendais pas à ce que mon nom soit le prochain. Je marche fébrilement jusqu'au tabouret et place le choixpeau sur ma tête.

-Lady Serdaigle, s'écrit le choixpeau dans ma tête en me reconnaissant sans attendre. Je rougis cela fait si longtemps que personne ne m'a appelé par mon titre.

-Gaspard, je pense en me rappelant le nom que Godric a donné à son couvre chef.

-Lady Serdaigle comme il fait bon de vous revoir! Comment est-ce possible… Vous vous êtes réincarné? Lord Serpentard et Lord Gryffondor sont aussi à Poudlard?

-Oui Gaspard mais j'ai peur qu'ils ne se souviennent plus du passé, tout les deux. Restez discret au sujet de leur identité. Il ne faudrait pas qu'ils aient un choc devant tout ces gens. Nos identités doivent rester secrètes, comprenez-vous? dis-je avec autorité.

-Comme vous voudrez Lady… Ou souhaitez vous être répartie?

-À Gryffondor Gaspard. Godric a grandement besoin de mon aide.

-Très bien. Au revoir Lady Serdaigle. GRYFFONDOR!

Je rejoins la table des Gryffondor avec soulagement et je jette à peine un coup d'œil à mes camarades de maison. Je regarde à tour de rôle Godric et Salazar anxieusement, je suis prise de peurs irrationnelles. Si jamais Godric se retrouvait à Poufsouffle et non à Gryffondor et si… J'essaie de me calmer mais ma tension est à son comble lorsque Salazar est appelé à son tour.

-Potter Harry.

Je l'observe marcher jusqu'à Gaspard et je sens que je ne suis pas la seule à anticiper sa répartition. J'avais presque oublié encore une fois qu'il était célèbre. Tout le monde sorcier attend impatiemment la répartition de leur sauveur. Il reste longtemps sous le choixpeau et je le vois mordre légèrement l'intérieur de ses lèvres et je suis certaine que je suis la seule à l'avoir remarqué. Ils ne le connaissent pas assez pour remarquer ce minuscule tic nerveux. Après ce qui me semble une éternité Gaspard se met à crier :

-GRYFFONDOR!

Je sens ma bouche s'ouvrir inélégamment mais je n'ai pas la présence d'esprit de la refermer immédiatement. Je n'arrive tout simplement pas à croire que Salazar soit répartit à Gryffondor. C'est tout bonnement impossible. C'est sûrement un coup de Gaspard ou il s'est trompé. La grande salle explose en applaudissements, les plus fournis de la cérémonie et sous les cris de : « On a POTTER! On a POTTER! » de deux rouquins qui ont l'air d'être les frères de Godric, Salazar rejoins la table des Gryffondor. Il a un sourire un peu incertain et il semble troublé. Je le vois dans ses yeux, parce qu'il n'est plus en parfait contrôle de ses émotions en ce moment et c'est extrêmement rare. Je me demande ce que Gaspard a pu lui raconter. Cinq minutes plus tard, Godric est appelé et il s'installe peu après à côté de Salazar et de ses frères. Il a un sourire qui s'étire jusqu'aux oreilles et il exsude de fierté. Tout c'est déroulé mieux que je l'aurais cru. Nous avons la chance d'être tout les trois dans la même maison. Une énorme part de mes problèmes vient de se régler et pour la première fois depuis une quarantaine d'année je m'endors profondément et sans mauvais rêve au sein de notre château.

Alors? Divertissant? Je suis avide de connaître vos commentaires.