Charlie reprenait doucement conscience.
Il avait froid.
Il sentait de l'eau sur son visage ce qui le fit se demander : petit 1, ce qu'il foutait à dormir sous la douche, petit 2, pourquoi l'eau était glacée, et petit 3, pourquoi il avait autant mal partout…Beaucoup de questions pour son esprit génial mais néanmoins embrumé et endolori.
Il voulut ouvrir les yeux. Dur. Ses paupières semblaient collées. La douleur pulsait dans sa tête, mais pas seulement. Dans son bras également, et son épaule, son dos…
Qu'est ce qui s'était passé déjà ?
Alleeeeez, Charlie, il est temps que tu te bouge les fesses et que tu ouvre les yeux, là. Douuuucement, une paupière après l'autre, la droite, c'eeeest bien. La gauche maintenant….Et ben voila ! C'était pas si dur, finalement !
Une lumière clignotait. Il y voyait par intermittence mais avait parfaitement reconnu le plafond beige et les murs en faux bois des toilettes du FBI. Elles se voulaient cosy et conviviales et l'on pouvait dire que c'était plutôt réussi.
Restait à savoir ce qu'il fichait, allongé dans l'une d'elles, sur la porte plus exactement, complètement trempé par une canalisation cassée…
Cassée…beaucoup de choses semblaient cassées autour de lui. Lui-même y comprit.
La bombe.
Merde !!!
Se rappelant brusquement de tout, le jeune homme voulut se relever en prenant appui avec ses mains. Bien essayé. Il poussa un petit cri de douleur et de surprise et retomba lourdement sur son bras gauche qui n'avait pas supporté le poids de son corps et qui lui faisait diablement mal.
Lorsque les petites étoiles eurent terminé de danser devant ses yeux, il comprit aisément pourquoi il souffrait autant. Ses vêtements étaient déchirés, il saignait un peu et …c'est quoi ce truc blanc qui sortait là ?
Il se tourna sur le côté pour vomir. Mon os, c'est mon foutu os !
Il se redressa en toussant, haletant et tremblant, un goût immonde dans la bouche. Il allait devoir éviter de trop regarder de ce côté là de son corps. Et ne pas tarder à bouger avant de choper un rhume sous cette flotte, si ce n'était déjà fait. De plus, l'odeur acide de ce qu'avait rendu son estomac quelques instants plus tôt commençait à le perturber de nouveau.
Il retira la ceinture de son pantalon et s'en servit pour mettre son bras en écharpe, ce qu'il fit avec mille précautions. Plutôt minable mais véritablement utile.
Il se décida à se lever, prudemment cette fois, en essayant de ne pas se faire mal.
Bon sang, que cette lumière était pénible ! Sous ce pseudo stroboscope, il avait l'impression de risquer la crise d'épilepsie à tout moment. Ajoutez à cela un nuage de poussière en suspension et vous obtenez une super ambiance de fin du monde !
Il fit quelque pas, mal assurés et sortit de la cabine. Il avait tellement mal au crane ! Cétait pas possible d'avoir aussi mal !
Il put alors observer l'étendue des dégât : les miroirs explosés, les portes soufflées, les canalisations pulvérisées et…l'entrée des toilettes remplacée par un amas de matériaux en tout genre.
Il eut chaud et froid en même temps.
Merde…répéta-t-il intérieurement
Il était enfermé ! Coincé. Bloqué.
Une vague de panique le submergea. Il n'avait jamais été particulièrement claustrophobe, mais là, il avait peur. Et, premier réflexe dans ce cas là : Don !
Il fouilla frénétiquement ses poches de sa main valide à la recherche de son portable.
Où il est, où est ce putain de portable ?!!!
Rien. Son souffle s'accéléra.
Réfléchis, bon dieu, réfléchis !! Où tu l'as mis ? Ah oui !
Sur le bureau de Don ! Bravo ! Note pour plus tard : ne jamais laisser son portable même pour aller aux toilettes...
- Putain de Merde !!! cria t'il cette fois, en se passant une main tremblante dans les cheveux. Il ne jurait pas souvent, quasiment jamais, mais là, c'était spécial.
- Ah, professeur Eppes, c'est ça ? entendit il soudain, je suis heureux de vous voir…auriez-vous l'extrème amabilité de m'aider, je vous prie ?
La voix était faible, mais l'accent sophistiqué et maniéré ne laissait aucun doute sur la personne à qui elle appartenait. N'importe qui d'autre aurait été ridicule en s'exprimant ainsi. Pas LUI.
Le Monstre…
Il était enfermé avec le Monstre.
