Je vous met tout de suite le chapitre 2, histoire que vous vous mettiez dans le bain !
Bonne lecture !
Sonia.
Chapitre 2
Le jardin -ou plutôt le parc- qui s'étalait devant le manoir d'Harry et Ginny était méconnaissable. Des centaines de chaises trônaient devant une petite estrade, encerclée par un arc fleuri. Un long tapis blanc séparait les chaises en deux groupes et de multiples petites fleurs blanches s'étalait entre les brins d'herbes, fraîchement tondu. Les grands chênes, appréciés pour l'ombre qu'ils procuraient en cette cuisante journée étaient entourés de rubans blanc et doré. La plupart des invités étaient déjà là, discutant joyeusement. Tous semblaient se connaître. Moi, je n'étais qu'une intruse et une inconnue aux yeux de tous. Certains visages m'étaient familiers ; sans doute des personnes hautes placées dans le ministère. Je cherchais des yeux Ginny ou même Harry. Je ne pouvais décidemment pas rester seule, assise sur une chaise à attendre que la cérémonie se passe. D'un pas décidé, je me dirigeai vers le grand manoir, slalomant entre les multiples personnes. Connaissant bien la maison pour y avoir été souvent invitée, je montais directement à l'étage. Je frappai doucement à la porte de la chambre, entendant de nombreux cri en provenir.
- Oui ! Cria Ginny d'une voix exaspérée.
Je ne mis pas longtemps à deviner l'état dans lequel était ma meilleure amie. Agitée, elle criait sur tout le monde en se rongeant les ongles pourtant joliment manucurés. Lorsqu'elle m'aperçut, son visage crispé se détendit et elle se précipita sur moi, en m'étouffant dans ses bras.
- Hermione ! Enfin te voila ! Tu as les alliances n'est ce pas ? Demanda t-elle soudainement inquiète.
Je levai les yeux au ciel tout en faisant apparaitre un écrin de velours à l'aide de ma baguette magique.
- Tadam ! M'écriai-je en secouant la petite boite devant ses yeux.
Elle sourit et se laissa tomber sur un des fauteuils occupant la pièce. Je la suivis et m'assis à ses côté posant un bras qui se voulait rassurant sur son épaules dénudée. Elle me regarda tristement et remonta son bustier qui ne cessait de descendre.
- A non, hein ! Pas de ça, Ginny ! Je te vois venir avec ton petit discours que toutes les future mariée nous sorte, genre je suis nulle, je sers à rien, je fais la plus grosse erreur de ma vie et blablabla et blablabla. Alors je prends de l'avance en te disant qu'Harry et toi êtes faits pour être ensemble et tu ne fais pas une erreur en l'épousant.
Elle me fixait avec des yeux tellement ronds que je ne pus m'empêcher de rire. Elle s'apprêtait à me demander quelque chose mais une voix l'interrompit :
- Et bien voila un beau discours ! Ginny, tu as intérêt à écouter euh... ?
- Hermione.
- Voila, Hermione !
Une jeune femme avec de longs cheveux blonds très lisses débarqua depuis la salle de bain. Il fallait vraiment être de mauvaise foi pour ne pas avouer qu'elle était magnifique. Ses yeux verts étaient hypnotisant et les traits de son visage étaient semblables à ceux d'un ange. Il me semblait l'avoir déjà vu quelque part mais impossible de me souvenir où.
- Hermione ? Hermione, comme Hermione Granger? Demanda t-elle soudain surprise en me détaillant de haut en bas.
Son comportement m'agaça légèrement. Qu'est ce que ça pouvait bien lui faire de toute façon si j'étais Hermione Granger ou pas ? Ginny décida de répondre à ma place quand elle comprit que la remarque de la blonde m'avait mise en rogne.
- Elle-même !
Je la foudroyai du regard mais elle n'y prêta pas attention. Mes yeux se reportèrent alors sur la blonde. Elle semblait émerveillée et s'avança d'une démarche gracile vers moi en me tendant sa main.
- Enchantée ! Je suis heureuse de te rencontrer enfin ! Ginny m'a tellement parlé de toi !
Je regardais sa main mais ne la serra pas pour autant. D'une voix glacée je lui demandai :
- Et tu es ?
Ses joues pales s'empourprèrent et je regrettai en l'espace de quelque seconde d'avoir été aussi désagréable. Elle ne m'avait pourtant rien fait.
- Oh...Oui...Excuse moi. Je suis Maëlla Van Broussik !
J'acquiesçai et lui serrai finalement la main. Soudain, son nom me percuta. Maëlla Van Broussik...Mais oui ! Le « record » de Malefoy ! Alors c'était elle ? Cette beauté sur patte ? Elle paraissait pourtant douce et gentille...Rien à voir avec le faux blond...Comment pouvait-elle aimer un homme aussi désagréable que lui ? Après tout, elle tentait de copiner avec moi malgré mon manque d'entrain...Cela devait être dans son tempérament...Douce et gentille. Je lui fis un petit sourire et demanda poliment :
- Vous vous connaissez depuis longtemps ?
Les deux femmes échangèrent un regard entendu et Ginny dit d'un regard malicieux :
- En réalité, pas vraiment ! On s'est croisée un jour dans les couloirs du ministère alors que j'allais voir Harry et elle Drago. J'avais vaguement entendu parler d'elle dans les journaux et nous avons rapidement fait connaissance. Depuis, nous nous invitons régulièrement !
Drago ? Elle l'appelait par son prénom maintenant ? Manquait plus que ça...Ecœurée par ce que je venais d'apprendre, je leur souris amicalement et partis en direction de la porte en me justifiant :
- Je vais voir Harry. S'il est dans le même état que toi, il a besoin de moi !
Je me retournai et fit un petit clin d'œil à Ginny qui me répondit par le même geste.
- Salut Maëlla.
- Salut !
Je déguerpis rapidement de la chambre et me retrouvai seule, une nouvelle fois. Une grande tristesse s'insinuait lentement en moi tel du poison. Je m'assis contre le mur, à même le sol. Je devais faire quelque chose. Non seulement j'avais déjà perdu ma dignité mais je perdais à présent mes plus chers amis. Ginny était ma seule confidente et il en avait été de même pour elle. Apparemment ce n'était plus le cas. Je ne pouvais pas en vouloir à Maëlla, elle était vraiment sympathique. Non, je ne pouvais m'en prendre qu'à moi-même. Je devenais de plus en plus pathétique. Ma compagnie allait-elle se limiter à quelques chatons qui partiraient de chez moi lorsqu'ils en auraient marre ? Je me laissai tomber le long du mur, me prenant la tête dans les mains. Ma vie était un vrai chaos. Alors que tous se mariait, travaillait convenablement et était reconnu, moi je tombais dans les profondeurs du désespoir.
- Tiens, tiens, tiens...Granger. Quelle bonne surprise ! Ca fait un bout de temps qu'on ne s'était plus revus...
Je relevai des yeux haineux vers l'homme qui se tenait face à moi. Un sourire sarcastique était peint sur ses lèvres.
- Malefoy...Ravie de te revoir...
- Tout le plaisir est pour moi ! Railla t-il d'un ton sonnant étrangement faux.
Je ne rajoutai rien et rebaissai la tête. A mon plus grand étonnement, sa main se tendit devant moi. Je la regardais, éberluée, ne sachant ce que je devais faire avec. Il leva les yeux au ciel, prit ma main dans la sienne et aida à me relever. Je le regardai soupçonneuse.
- Tu t'es décidé à changer de disque ? Je ne suis plus la petite sang-de-bourbe qu'il ne faut surtout pas toucher ? Demandai-je avec une pointe d'ironie dans la voix.
Les yeux du blondinet devinrent soudain très froids et son visage se figea. Je compris rapidement que ma réplique ne lui avait pas plu. Il semblait sur le point d'entrer dans une colère noire mais à mon plus grand soulagement, ses épaules se détendirent et il lâcha dans un murmure :
- Laisse tomber...
Il dut lire ma surprise dans mes yeux car son fidèle sourire en coin apparut sur ses lèvres et il répliqua :
- Ecoute, miss, la guerre est terminée et les hostilités fermées. J'ai muri, j'ai changé. Je ne suis plus le petit être arrogant que tu as connu durant nos années Poudlard. Mais ne te fais pas de film, Granger, je te déteste toujours, tout comme je déteste Potter et Weasley.
Il ne m'impressionnait guère et ce n'était son petit discours à l'eau de rose qui allait changer mes positions. J'étais décidé à être désagréable et personne ne m'enlèverait ça de la tête.
- Hum...Intéressant...Mais alors, qu'est ce que tu fiches ici ? Je ne sais pas si tu es au courant mais c'est le mariage de ton pire ennemi...
Il haussa les épaules et consentit à répondre d'une voix morne :
- Maëlla est amie avec Ginny qui l'a invité donc je l'ai accompagnée.
J'hochai imperceptiblement la tête et m'apprêtai à m'en aller retrouver Harry quand il me demanda soudainement :
- Au faite, tu ne l'aurais pas vu ?
- Qui ? M'enquis-je agacée.
- Maëlla.
- Dans la chambre.
Il me regarda désespéré et je lui désignai vaguement la porte derrière laquelle se trouvaient les deux femmes.
- Merci.
Je détournai le regard et m'en allait pour de bon. Je ne croyais pas un traître mot de ce que m'avait affirmé Malefoy. Lui ? Changer ? Impossible ! Il avait été innocenté, lui et toute sa famille après la mort de Voldemort mais il était insensé qu'il se soit repenti. Toutefois, sa réaction face à ma réplique sur les enfants nés de moldu m'avait profondément choquée. Il avait semblé...contrarié quand j'avais utilisé ce mot. Comme s'il avait pleinement pris conscience de son sens.
Tout le monde retenait son souffle et de nombreuses larmes vinrent se mêler aux fleurs blanches jonchant le sol. Soudain, Ginny prononça les seuls et uniques mots déclenchant son union officielle avec Harry.
- Oui, je le veux, souffla t-elle alors qu'un grand sourire illumina le visage de mon ami.
Délicatement, il lui passa alors la main derrière la nuque et l'attira à ses lèvres d'une infinie douceur. J'en avais des frissons. Personne n'avait jamais montré autant d'amour à mon égard, excepté Ron, et encore, il avait toujours été brusque et maladroit. Tous les invités se levèrent alors et applaudirent le nouveau couple bruyamment. Maëlla, debout à côté de moi, jubilait de plaisir. Elle félicita rapidement Harry et Ginny et descendit de la petite estrade, se précipitant vers Malefoy qui, étant ni témoin, ni demoiselle d'honneur -je souris à l'idée qu'il puisse porter une robe rose moulante à froufrous- était resté assis sur une des nombreuses chaises occupant le jardin. Elle se jeta littéralement dans ses bras et l'embrassa en mettant du cœur à l'ouvrage. Je détournai les yeux. Non pas que ce débordement d'amour en public me dégoutant mais...Non, en faite si ça me dégoutait. Cette fille me dégoutait et m'agaçait au plus haut point. Je ne me comprenais pas moi-même. Elle était adorable, douce, gentille, belle, appréciée par tout le monde et surtout elle respirait la joie de vivre. C'était surement son bonheur trop débordant qui m'irritait. Le faux blond éclata de rire face à sa réaction et la serra fort dans ses bras. J'avoue avoir eu un pincement au cœur...Tout petit, hein ! Je n'avais aucunement l'envie d'être à sa place dans les bras de cet homme, sexy certes, mais stupide, mais il était vrai que la voir si heureuse me rendait de plus en plus affligée. Ma solitude ressurgissait et malgré ma jolie robe blanche griffée, mes talons assortis et ma coiffure presque réussie, ce sentiment d'être oubliée de tous renaissait en moi. Je descendis à mon tour de la petite estrade où se tenait les jeunes mariés quelques secondes plus tôt me rendant compte que j'y étais à présent seule -encore- et me dirigeai vers le long buffet aménagé sous une tonnelle joliment décorée. Je frôlai un groupe de femmes qui piaillaient aussi fort que des perruches. Impossible de ne pas entendre leur conversation qui semblait intéressante à leurs yeux. Malgré tous les efforts du monde, il aurait été impossible que je n'entende pas mon nom. Ravagée par la curiosité -sans doute un de mes plus gros défauts- je ralenti le pas et restai à proximité.
- ...Et c'est pour ça qu'elle n'aurait pas pu venir aujourd'hui ! Révéla une petit femme se portant bien et dont sa robe rose fuchsia faisait ressortir son côté saucisson.
Les trois femmes autour d'elle avaient les yeux écarquillés et se rapprochèrent un peu plus de leur amie. C'était incroyable à quel point certain cas de la gente féminine m'exaspéraient. Une grande brune très mince, pas du genre mannequin mais plutôt asperge, demanda toute excitée :
- Non !! Je n'y crois pas ! Tu penses réellement que c'est vrai ?
- J'ai des sources sures, répliqua la dodue d'un air supérieur, apparemment fière d'avoir bouché un coin à ses copines.
Une autre qui n'avait encore rien dit lâcha, éberluée :
- Ca alors...Hermione Granger et Victor Krum saison numéro deux ! J'adore !
Je failli m'étrangler. Moi ? Avec Krum ? Et puis quoi encore ! Quoi que cela ne ma déplairai pas tant que ça...J'aurais un petit-ami et on parlerait de moi...Enfin je veux dire, de façon véridique. Je repris rapidement mes esprits et me concentra sur la conversation :
- ...parce qu'elle l'accompagne actuellement au championnat du monde de Quidditch !
- Oh je comprends mieux alors pourquoi notre troisième pilier du trio d'or était absent !
Troisième pilier du trio d'or ? C'était carrément un nom à rallonge ça ! J'avoue qu'au fond de moi-même, une petite pointe de fierté était apparue. Toutefois, elle disparut bien vite lorsqu'une nouvelle question de l'asperge vint gâcher ma joie.
- Mais c'était qui alors la demoiselle d'honneur à côté de Maëlla Van Broussik ? Tu sais, celle qui tenait les alliances.
Un long silence s'ensuivit où chacune des femmes étaient perdue dans leur pensée, cherchant sans doute une excuse valable à ma présence.
- Surement une remplaçante payée pour ça...Tenta la quatrième femme.
- Tu crois ?
Je n'écoutai pas la suite. Ce que je venais d'entendre m'avait dégouté et blessé. Les gens ne me reconnaissaient même plus. Pour eux, j'étais une grande femme, mariée avec un grand joueur de Quidditch mondialement connu. Tous devaient penser que j'étais la femme la plus heureuse du monde, épanouie, avec un métier qui me rapportait une petite fortune. Ils étaient bien loin de la vérité. Seuls Ginny, l'imbécile -Ron- et Harry étaient au courant de ma piteuse situation. Toute envie de manger m'avait quitté et je cherchais des yeux Ginny ou Harry. Ne trouvant aucun des deux, je marchai d'un pas lent et trainant vers un coin du jardon isolé. Tandis que je traçai mon chemin, je ruminai mes sombres pensées tout en ressassant les mots que j'avais entendus. Une colère profonde était encrée dans mon cœur et une force nouvelle s'empara de mon corps. Moi qui était habituellement passive et me laissai vite dépasser par les évènements comptai riposter. C'était de la folie et absolument pas dans ma personnalité. Je fis demi-tour et marcha décidée vers le groupe des quatre femmes. Le saucisson m'aperçue et fit signe aux trois autres de se taire. Toutes se retournèrent alors et me regardèrent avec dédain. Je m'arrêtai finalement devant elles et tendis la main. Un sourire hypocrite s'afficha sur mon visage et je m'exclamai d'une voix faussement enjouée :
- Bonjour ! Je m'appelle Hermione Granger, troisième pilier du trio d'or, vingt-deux ans, célibataire -je leur lançai un regard appuyé- et meilleure amie des jeunes mariés !
Toutes me fixaient avec des yeux ronds comme des soucoupes. L'asperge se reprit en premier et éclata d'un rire si aigue qu'il me fit mal aux tympans. Lorsqu'elle remarqua qu'aucune de ses amies ne l'avait suivi, elle se tut et me lança un regard foudroyant. Il était évident qu'aucune ne me croyait. Elles avaient plutôt l'air énervé et choqué qu'un imposteur ose parler de la sorte de leur idole.
- Oh, je vois, vous ne me croyez pas n'est-ce pas ? Surement pensiez-vous que je serais plus belle que ça, avec plus de classe et un homme accroché à mon bras. Ne bougez pas. Je vais vous chercher des preuves puisque c'est apparemment ce dont vous avez besoin.
Fière de mon petit discours et de son effet, je tournai les talons et cherchai une personne capable de défendre ma cause. Harry et Ginny étaient toujours invisibles et il était hors de question que j'adresse la parole à Ron qui était appuyé machinalement contre un arbre un peu plus loin. C'est là que je les aperçus, étroitement enlacés, se balançant au rythme de la musique douce flottant dans l'air. Cette scène si romantique me déstabilisa quelque peu mais je me repris bien vite, me rappelant le but de ma requête. Je m'approchai d'eux et ignora le regard perçant de Malefoy, m'adressant qu'à Maëlla :
- Excusez-moi de vous déranger, mais Maëlla j'ai vraiment besoin de toi.
Surprise par mon changement de comportement envers elle, Maëlla me regarda quelques secondes puis fit un sourire désolé au blondinet qui semblait fâcher après moi (ce qui ne changeait pas de d'habitude). Elle lui souffla d'une voix à la fois douce et malicieuse :
- Solidarité féminine oblige...Désolée !
Je remarquai que les coins des lèvres de Malefoy tressaillirent avant qu'il lui fasse un signe de tête sérieux. Elle lui donna deux petites tapes amicales sur le torse et se tourna vers moi avec un grand sourire :
- Je suis à toi !
J'entendis l'autre grogner derrière et nous partîmes en direction des vieilles commères. Je résumai rapidement la situation à la belle blonde qui se faisait une joie de leur clouer le bec. Je remarquai de loin leur air franchement étonné quand elles aperçurent Maëlla à mes côtés. Cette dernière arborait d'ailleurs un sourire particulièrement vicieux. Lorsque nous arrivâmes à leur hauteur, Maëlla les détailla d'un regard perçant. Je sentis qu'elles étaient mal à l'aise et je ne niais pas me sentir supérieur à ces greluches. Finalement, la belle blonde ouvrit la bouche et leur dit d'un ton calme mais emplit de reproches :
- Au cas où vous ne m'aviez pas reconnu, je me présente, Maëlla Van Broussik. Mais je pense que vous l'aviez deviné vu les regards incessants que vous me jetez à Drago et moi. Enfin bref, j'ai entendu dire que vous aviez besoin de preuve concernant l'identité de mon amie, Hermione Granger ?
Les quatre femmes étaient comme figées, fixant avec des yeux exorbités Maëlla. Elles acquiescèrent lentement de la tête tandis que leur teint virait rapidement au rouge.
- Et bien voila, c'est fait.
Une petite blonde que je n'avais pas encore caricaturé secoua énergiquement la tête et planta son regard de fer dans celui de Maëlla :
- Ecoute moi bien Van Broussik, ce n'est pas parce que tu te tapes le plus beau mec du pays que tu peux te permettre de nous parler comme ça. En plus, je ne crois toujours pas qu'elle soit Hermione Granger, cracha t-elle tout en me montrant négligemment du doigt.
Bouillonnante de colère, je lançai un regard en biais à Maëlla et remarqua que toutes ses barrières étaient tombées. Ses yeux étaient rouges et particulièrement brillants. Elle s'était montrée agressive et presque méchante durant trois minutes mais son caractère sensible avait repris le dessus. Je levai les yeux au ciel, légèrement agacée par son manque de répartie. C'est vrai quoi ! Ce n'était pas bien compliquer de remettre cette petite peste à sa place. Elle ne me croyait pas quand je lui disais que j'étais Hermione Granger ? Peu importe ! Je savais qui j'étais, c'était le principal. Je n'allais pas me battre contre cette teigne, ce n'était pas moi qu'elle avait insulté ouvertement. Bon d'accord un peu mais bon ...J'attrapai Maëlla par le bras avant qu'elle nous inonde la pelouse et la trainai un peu plus loin tout en lançant aux greluches sans un regard :
- Pensez ce que vous voulez, après tout je n'ai pas à me justifier.
Je devinai qu'elles se regardaient abasourdies et continua mon chemin. Je regrettai d'être aller les voir quand je les avais entendus. Mais ça avait été plus fort que moi. Toute cette histoire ne m'avait que conforté un peu plus dans mon idée d'être totalement oublier. Nous nous assîmes sur deux chaises vides un peu à l'écart de la fête. Maëlla renifla bruyamment et je me demandai une nouvelle fois comment Malefoy était-il tombé amoureux d'une fille comme ça. C'était tout le contraire ce que je lui avais connu. Plus par pitié que par sympathie, je me levai et m'accroupis devant Maëlla. Elle me regarda bizarrement et essuya une larme qui perlait sur sa joue.
- Je suis désolée, Maëlla. Je ne pensais pas que ça se terminerait comme ça, dis-je sincèrement.
- Ce n'est pas de ta faute...Articula t-elle. Mais...Oh et puis zut j'ai besoin de le dire à quelqu'un. Promet moi de ne pas répéter ce que je vais te dire ! M'ordonna t-elle en reprenant un peu du poil de la bête.
Elle ne m'intimidait absolument pas, au contraire. Quand elle était déterminée je la trouvais...comique. Je lui promis toutefois que je tiendrais parole.
- Bon. Et bien...Hier Drago m'a demandé en mariage. Et...j'ai accepté.
- Logique lâchai-je d'une voix neutre.
Ce mariage ne m'étonnait pas. Malefoy n'était jamais resté plus d'un mois avec la même fille. Maëlla était l'exception et il était normal qu'il l'épouse s'il avait trouvé son âme-sœur.
- Félicitation, continuai-je sans ponctuer ma voix d'accents hystériques généralement réservés pour ces nouvelles.
Blondie releva des yeux de chien battu vers moi et je vis rapidement que ses yeux semblaient être sur le point de déborder. Je ne dis pourtant rien, la laissant chercher ses mots.
- Je...Tu dois me trouver ridicule. Je n'ai aucune raison de pleurer mais...Je...Je suis née moldue, Hermione. Drago est un sang-pur et que je sais que cette union ne sera pas bien vue par un grand nombre de personne. C'est Drago Malefoy, le fils d'une des plus riches familles d'Angleterre, que dis-je, d'Europe ! Il est destiné à une femme de son rang, pas à quelqu'un...Comme moi.
Même si je ne le montrai pas, j'étais stupéfaite devant cet aveu. Maëlla, née moldue ? Et elle allait se marier avec Malefoy ? Ce petit prétentieux arrogant qui n'avait jamais manqué une occasion de me rappeler à quel point son sang était pur contrairement au mien ? Comment cela était-il possible ? Je voulais bien croire qu'il s'était repenti, lui et sa famille, qu'ils étaient à présent devenus une famille « bien », « respectable » et « noble », mais tout de même. Pouvait-on changé au point de métamorphoser ses idéaux ? Je secouai fébrilement la tête. Maëlla due percevoir mon désarroi car elle essuya ses larmes et me dit d'un ton franchement hautain que je ne lui imaginais pas jusqu'alors :
- Je sais ce que tu penses. Comment le fils Malefoy a-t-il pu s'amouracher d'une « sang-de-bourbe » ? C'est contraire aux règles et patati et patata mais laisse moi te dire que l'amour peut faire tomber toutes les barrières et...
Je sentis le rouge me monter aux joues. Non mais pour qui se prenait-elle ? Elle me connaissait mal, moi et son futur mari. Essayant de garder mon sang-froid, je grognai entre mes dents :
- Dis-moi, Maëlla, depuis combien de temps es-tu en Angleterre ?
D'après la tête que fit Blondie à l'entente de ma question plutôt hors-sujet, je compris qu'elle s'attendait à une réponse cinglante d'une antagoniste à son mariage.
- Euh...Je...Euh...Deux ans. Je suis suédoise.
- Et que sais-tu de l'histoire de l'Angleterre, continuai-je d'un ton parfaitement neutre cachant mon énervement.
- Euh...Et bien...Bégaya t-elle, Harry Potter a détruit Voldemort, grand mage noir avec ton aide et celle de Ron et Ginny et...
- Et rien. Tu ne sais rien. Tu ne sais que ce que tout le monde autour de toi raconte mais tu es une petite ignorante, ingrate et imbu de sa personne ! M'écriai-je, les larmes aux yeux.
Je m'étais pourtant interdite de pleurer mais cette fille, si parfaite, si aimable avait ouvert en moi une plaie qui serait difficile à fermer. Je n'avais pensé aucun mot que je lui avais balancé mais je me sentais tout de même libérée d'un poids. Maëlla me regardait avec de gros yeux, prête à exploser en larme ou de fureur, je ne sus laquelle de ces deux option elle s'apprêtait à choisir car je m'excusai aussitôt. Elle sembla alors se détendre et me demanda d'une voix douce et maternelle :
- Tu peux me raconte si tu veux.
J'inspirai profondément. Que voulait-elle que je lui dise ? Que des centaines de personnes se sont éteintes devant mes yeux et que je n'avais rien fait, continuant de me battre avec force alors que mes amis tombaient un par un autour de moi ? Que depuis ce jour, honteuse de cette situation que tout le monde jugeait d'héroïque, je me suis repliée sur moi-même, évitant le regard des autres. Personnes à ce moment là ne pouvait comprendre ma peine et mon désarroi. En publique, je n'avais jamais eu de problème à cacher ma gène. Un large sourire suffisait à tromper tout le monde. Même Ron, qui à cette époque était mon petit-ami n'y avait vu que du feu. Alors, seule pour la première fois avec mes remords et ma tristesse, je m'étais involontairement coupée du monde. Quatre ans après, mon mal-être s'était ressenti sur ma vie et j'étais devenu un déchet, une loque, une jeune femme oubliée dont on ne retenait que ses exploits dans son école de sorcellerie. Pittoresque. Etait-ce réellement cela que Blondie voulait entendre ?
- Je suis aussi née moldue et ton Drago Malefoy n'a jamais manqué une occasion de me rabaisser. Il a toujours haït les sorcier dont le sang n'est pas pur et je suis seulement surprise qu'il est pu tomber amoureux de quelqu'un comme toi. C'est tout. Je ne te reproche rien.
Elle me fit un petit sourire triste puis chuchota :
- Je sais.
Je n'ai jamais su si elle savait qu'il était incroyable qu'elle sorte avec Malefoy vu sa condition ou si elle savait pour mon statut. Je sentais la carapace que je m'étais forgée durant quatre ans s'effriter légèrement. Ma capacité à encaisser les chocs devenait de plus en plus réduite et le visage dur et impassible que je me forçai à montrer fondait comme neige au soleil. Je voulais montrer à quel point j'étais forte, à quel point tout ce qui m'entourait m'était indifférent mais tous ces mariages, tout ce bonheur qui n'était pas mien se refermaient autour de moi telle une prison dont les murs portaient des inscriptions me rappelant que je n'étais pas comme les autres, que j'avais laissé ma vie filer entre mes doigts.
Voila pour ce deuxième chapitre !
Alors ? Vous commencez à saisir l'embrouille ? Bon ok j'avoue ya pas encore d'embrouille XD
Reviews ? Pleeeeeeaaaaaaaaseeee !
