Titre : Les doigts nus de ses mains nues
Auteur : ylg/malurette
Base : Donjon : Zénith/Parade
Personnage : Herbert de Vaucanson
Genre : gen
Gradation : PG~/ K-max
Légalité : propriété du collectif Donjon ; je ne cherche ni à tirer profit ni à manquer de respect.
Thème : « mon petit doigt m'a dit » d'après 31 jours (24 mai '16)
Prompt : bonne fête à tous les canards !
Continuité/Spoil éventuel : début de série
Nombre de mots : 330
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Herbert contemplait ses doigts avec effarement. Alors comme ça il était capable de détruire n'importe quelle cible d'une pichenette, pour peu qu'elle soit verte ? C'était beaucoup de pouvoir entre ses mains.
Il pouvait faire ça d'un simple geste d'un seul doigt, du bout de l'index et peut-être aussi du majeur à condition d'avoir un pouce pour le retenir d'abord. Alors pourquoi pas de tous les autres doigts s'il s'en cassait un, ou pire qu'un adversaire les lui coupe ?
C'était fou ce qu'on pouvait faire de trois phalanges, quelques muscles et tendons… Un doigt forme un assemblage agile auquel on ne pense pas beaucoup d'habitude ; un assemblage fragile aussi.
Et que dire des plumes qui le recouvraient, maintenant qu'il pouvait, en un tournemain, en rendre une aussi tranchante que l'acier ?
« Je peux t'abattre d'un seul doigt, » pouvait-il se vanter désormais face à un adversaire – en espérant l'impressionner assez pour n'avoir jamais à le lui prouver. Il évitait également de préciser lequel, parmi ses doigts, des fois qu'on veuille tenter l'expérience de vérifier en les coupant l'un après l'autre…
Il avait des armes de destruction précise au bout de ses doigts qu'il utilisait pour ne pas tenir d'épée, pour écrire, pour se nourrir, pour accomplir toutes les tâches du quotidien, et il préférait ne pas penser aux plus triviales si possible… mais si ses pensées déraillaient ; pourquoi pas aussi pour caresser une femme aimée ?
Il voulait juste un moyen de survivre dans un monde dangereux où il n'avait plus le droit de porter une arme… et le voilà transformé lui-même en dégât ambulant. Merci, l'Épée du Destin et sa malédiction, vraiment !
Ses doigts, il s'en servait tous les jours sans plus y penser et ne les voyait même plus. Tout à coup, il les redécouvrait : des appendices comme étrangers. Il ne les reconnaissait plus et dut réapprendre, avec prudence et attention, ce dont étaient vraiment capables ces doigts nus de ses mains nues.
