De nouveau, warning pour les spoilers, après au même niveau que pour l'OS précédent, désolée ! Une nouvelle fois, donc, si vous n'êtes pas arrivés vers les chapitres 220, évitez de lire, sauf si vous vous moquez totalement du spoil, auquel cas vous pouvez vous faire plaisir !
Disclaimer : J'adorerai que ça ait changé depuis la dernière fois mais non, sorry... Ils sont toujours tous à Katsura Hoshino, sauf ma petite Élise ^-^
Bonne lecture !
Kanda/OC : Être seul et être vivant n'est pas compatible
Flanc droit. Flanc gauche. Torse. Tête. Jambes.
Une imperceptible pause, et l'enchaînement reprend.
Flanc droit. Flanc gauche. Torse. Tête. Jambes. Pause. Flanc droit flanc gauche torse tête jambes pause flanc droit flanc gauche…
La rupture entre chaque enchaînement est pour ainsi dire invisible, et le guerrier reprend son combat sans difficulté aucune. Ses longs cheveux dansent derrière lui, sans le ralentir en rien, attachés.
Il n'y a quelques jours que Kanda est revenu, mais tout le monde s'est déjà habituée à le voir lutter contre les mannequins de la salle d'entraînement. Bien sûr, Bookman disparu, il n'y a plus personne pour pouvoir lutter contre lui, alors on se contente de le regarder faire. Qu'il emploie un sabre ou qu'il lutte à mains nues, il se place dans un coin de la salle, et le reste du monde cesse instantanément d'exister pour lui.
Seul résonne le bruit de ses coups, ses pas eux-mêmes émettent à peine plus qu'un bruissement, laissant des traces de pas peu visibles sur le sol.
Généralement, plusieurs heures s'écoulent ainsi, et puis, toujours sans mot dire, il repart. Marie l'écoute toujours attentivement pendant ces moments-là. C'est que le géant aveugle s'inquiète un peu pour son ami. Ils ont peu parlé, depuis son retour, et pour ce qu'il en sait, Kanda n'a pas parlé à grand monde.
Ce jour-là, cela fait deux heures que Kanda lutte seul contre son mannequin d'entraînement, ou contre un autre ennemi, peut-être, plus insidieux et contre lequel il éprouve autrement plus de haine. Marie l'écoute avec attention, tout en s'entraînant de son côté. Il n'est pas supposé repartir en mission avant plusieurs jours, et il prend plutôt philosophiquement la situation, même s'il sait que pendant ce temps-là, des gens qu'il aime sont en danger. La peur qu'il éprouve pour eux est présente, bien sûr, mais il ne peut la laisser l'envahir. Alors il lutte contre elle en silence, à sa façon.
Et puis il entend des pas, des pas qu'il reconnaît dans l'instant.
Il se lève, et accueille la jeune femme avec un sourire calme. Il reconnaît toujours le claquement très léger des quelques centimètres de talon qu'elle porte, sa façon très vive d'avancer, et puis son souffle qui s'accélère quand elle vient de descendre un nombre bien trop grand d'escaliers et de traverser des halls entiers pour donner une simple feuille à une seule personne.
- Bonjour, Élise, dit-il avec gentillesse. Tu cherches quelqu'un ?
Il devine le sourire dans sa voix, quand elle lui répond. Un sourire fatigué, mais qui semble sincère.
- Marie, justement, c'est toi que je venais voir. Ils m'ont donné une feuille pour toi, pour la prochaine mission.
Marie entend le silence derrière lui. Kanda a arrêté son combat et, s'il n'en est pas totalement sûr, Marie pourrait penser avoir entendu une variation dans son rythme cardiaque. Presque imperceptible, certes, mais surprenant tout de même de la part de Kanda.
- On ne te voit plus très souvent par ici, dit-il avec prudence.
Elle rit. Son rire est cassé.
- Je crois qu'ils ont peur que, si je m'entraîne, je finisse par assassiner Leverrier. Et puis, tu sais ce que c'est, je suis une sentimentale, et j'ai du mal à gérer les souvenirs.
Sa voix tremble sur la fin, et Marie ne sait pas quoi dire. Il s'en doutait un peu. Élise ne sait pas.
- Tu le ferais ?
- Je ne sais pas.
Elle a répondu du tac au tac, avec une spontanéité empreinte de tranquillité.
- Je n'arrive pas de savoir ce qui me répugne le plus entre l'idée de tuer et lui, dit-elle, glaciale. Ils le savent tous, là-haut, et ils ne savent pas non plus. Si un jour, il s'avère que c'est le mauvais qui me répugne le plus… Je serai effacée.
Elle hausse les épaules.
- Je ne sais plus pourquoi on se bat, de toute façon.
Marie devine que son regard se perd dans le vide. Il devine, à l'envol des battements de son cœur, à qui elle pense. Il devine qu'elle souffre. Il devine qu'elle cherche, avec toute sa bonne volonté. Il devine qu'elle ne trouve pas. Il a envie de lui dire. Lui dire que Kanda est revenu. En même temps, il ne sait pas comment elle réagira. Elle finira par l'apprendre, il n'en doute pas, mais il ne sait pas si ce moment est le bon moment.
Élise s'ébroue, secoue la tête, chasse les idées noires.
- Je file. Je suis la seule qui accepte encore de courir les couloirs, alors il faut que je parte.
En un instant, elle a disparu, ses pas se perdent au milieu des autres et le bruit de son cœur disparaît au milieu du brouhaha formé par tous. Marie se retourne. Kanda est un face de lui.
- Tu ne comptes pas aller la voir ? demande-t-il.
Sa voix est calme, simplement un peu curieuse. Il ne la voit pas, bien sûr, mais Kanda détourne le regard, et une grimace déforme son visage.
Il ne sait pas. Il ne sait pas s'il devrait voir Élise.
- Je crois qu'elle souffrira bien plus si tu n'y vas pas.
Ça il le sait. Il en a une conscience presque douloureuse. Bien sûr, il ne veut pas qu'Élise souffre. Pourtant, il hausse les épaules, et dépasse Marie pour sortir de la salle. Marie ne dit rien. Il n'y a plus rien à ajouter.
Kanda marche dans le quartier général. Cet endroit ne représente plus rien, à un tel point que ça en devient terrible. Il marche, monte des escaliers. Il sait où il va. Il s'arrête devant une porte ouverte. Il y a du bruit et quelques rires à l'intérieur. Reever et Élise plaisantent, elle lui donne une feuille, s'excuse que son passage soit aussi bref, et franchit la porte.
Puis se fige.
Le temps s'arrête avec son cœur.
Elle se sent trembler.
Kanda.
L'émotion pure brûle dans ses veines.
Kanda.
Tous ses dossiers, toutes ses feuilles, tous ses livres s'éparpillent sur le sol.
Kanda !
Elle fait un pas vers lui, une main tendue. Il saisit son poignet, pour presser la main de la jeune femme directement contre son torse. Elle sent les battements de son cœur, réguliers comme ceux d'un métronome, résonner sous sa paume. Elle ferme les yeux. Un instant plus tard, ils sont serrés l'un contre l'autre. Les membres de l'équipe scientifique cessent de faire du bruit, pour leur laisser un peu temps.
Ils ne savent pas comment ils se sont éloignés de ce lieu. Ils auraient pu rester figés ainsi pour… Pour toujours, très honnêtement. Juste à savoir que l'autre est là.
Élise se retourne, et son regard croise celui de Reever. Elle lui adresse un sourire timide, et quelques instants plus tard, ni elle ni Kanda ne sont plus là. Reever secoue la tête, amusé, et se lève pour aller ramasser ses papiers. Oui, bien sûr, l'Ordre va exploser quand ils vont apprendre ça, mais il peut bien laisser un peu de temps à ces jeunes, non ? Ils l'ont bien mérité.
Ils s'arrêtent dans la chambre d'Élise. Et ils s'embrassent. Elle caresse sa joue.
- Tu es vivant, dit-elle.
Elle le dit à peine plus fort qu'un murmure. Elle semble avoir peur que, si ces mots sont dits avec trop de force, il disparaisse complètement. Kanda l'embrasse, presque avec fureur, et elle lui répond, comme toujours, avec douceur, avec tendresse. Kanda ne fait pas dans la tendresse, mais le baiser se ralentit légèrement. Ils finissent par s'écarter, et quand il croise le regard d'Élise, Kanda ressent une émotion curieuse.
Une émotion nouvelle.
Il a bien remarqué, qu'il a changé, depuis la mort d'Alma. Il n'est pas stupide, et il n'est pas aveugle non plus. Ne serait-ce que pour certaines de ses modifications corporelles, les différences n'ont pas pu lui échapper. Pourtant, pour une fois, cette sensation n'est pas complètement désagréable. Élise soupire contre lui, et il ferme, brièvement, les yeux.
Il se sent bien et, mon dieu, il y avait longtemps qu'il n'avait pas éprouvé cette sensation.
Tellement longtemps qu'il ne se souvient pas de la dernière fois où ça lui est arrivé.
Élise murmure son prénom. Lui ne parle pas, mais il la serre plus fort contre lui. Il ne sait pas faire ces choses-là. Il ne sait pas dire des mots doux, et il n'est pas doué pour les mots d'amour, ni même pour les choses les plus banales qui peuvent constituer des discussions dans un couple. Ça ne semble pas déranger Élise. Elle répète son prénom avec un sourire, et puis elle l'embrasse en se mettant sur la pointe des pieds.
Le temps s'arrête toujours pour les amants. Il sait bien, le temps, que bientôt ils devront se séparer. Que les corps s'éloigneront l'un de l'autre. Que, peut-être, demain, l'un des deux sera mort.
Alors le temps décide de leur faire une petite faveur. Il ralentit. Bien sûr, ce ne sera jamais assez long, mais il n'y peut rien, le temps, il ne peut pas faire mieux, lui, on ne va pas lui demander l'impossible, quand même !
Kanda et Élise ignorent le temps.
Ils ignorent tout ce qui tourne, tout ce qui gravite autour d'eux. Ils ignorent l'Ordre, les ordres, les exorcistes, Central, ils ignorent absolument tout ce qui ne les concerne pas, au moins pour aujourd'hui.
Et vraiment, pour quelques heures - quelques heures à peine ! - tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Voilà donc un deuxième OS tout simple - tout mignon peut-être ? - qui vous a plu j'espère ! Une nouvelle fois, n'hésitez pas à faire vos propositions pour des couples, des OCs ou des situations, et n'hésitez pas à me dire si vous aimeriez lire la suite d'un OS en particulier aussi ^-^ Je compte écrire sur des OCs différents à chaque fois, mais je suis ouverte à toutes les propositions !
Prochain OS prévu : Allen/OC
Bien le bonsoir,
Just Dya.
