Suite directe du chapitre 1, parce que certains OS n'auront pas de suite chronologiques, voilà quoi :) bizarrement, j'ai réussi à l'écrire assez facilement, les mots sont venus tous seuls (en même temps c'est pas long, alooors...) donc je suis assez satisfaite.

Sinon, pas de bêta, la correction se fera sur le tas (pour changer hein!).

Tout est à Square Enix et je vous souhaite une bonne lecture !


-Au fait, pourquoi je suis là ?

La journée avait si bien commencé pourtant. Roxas s'était réveillé avec une fabuleuse odeur de nourriture cramée, Seifer s'était senti très bête et un garçon plutôt pas mal avait corrigé les erreurs de Seifer. En plus de ça, ils avaient rigolé (surtout Roxas), s'étaient disputés (surtout Seifer et Aurore), et avaient bien mangé (surtout Roxas, parce que c'est sa maison). Tout allait bien, jusqu'à ce qu'Aurore se rappelle qu'il n'était pas chez lui et qu'ils ne se connaissaient pas d'avant.

Présentement, ils sont installés à la table dans l'appartement de Roxas, près de la fenêtre, et à côté de la plante verte (qu'il a un jour retrouvée devant sa porte). Derrière le châtain se trouve un mur, alors que derrière Roxas et Seifer se trouve la partie "salon" avec une télé et une PlayStation, en face de son lit double et d'un placard. Plus loin encore, il y a un chambranle qui donne sur l'espace cuisine, à côté une porte cache la micro salle de bain.

-Parce que je suis là, je squatte et tout, mais je vous connais pas en fait.

Comment lui expliquer que c'était pour son bien, sans que ça ait l'air d'un kidnapping ?

-Regarde ton t-shirt, Aurore, répond Seifer.

Le châtain s'exécute, puis lève la tête en fronçant les sourcils. Seifer montre Roxas du menton :

-Voici Sam.

-Mais ma Sam avait un t-shirt où était écrit "Je suis Sam"..., répond le garçon, en riant.

Ah oui, ça lui dit vaguement quelque chose. S'il se souvient bien, la fille est même partie assez tôt, oubliant qu'elle ne devait pas boire et qu'elle devait surveiller quelqu'un. Piètre Sam, si vous voulez l'avis de Roxas.

-D'accord, accepte-t-il en se servant du jus. Donc, Sam. Et toi, tu es ?

-Seifer Almasy.

Le regard d'Aurore s'illumine, ce qui fait hausser un sourcil de Roxas. Sa réputation l'aurait précédé ? La véritable question est quelle réputation : receleur ou président ?

-T'es le mec qui gère la fraternité ou le comité disciplinaire ! S'exclame Aurore, avec admiration après avoir fini son verre.

Le fameux truc douteux à l'autorité reconnue par beaucoup trop de monde. Roxas a refusé d'aller dans la résidence que gère le comité disciplinaire à cause de ses allures de sororité et de fraternité réellement bizarre.

Mais comment Roxas connait-il Seifer aussi intimement ? Enfin, façon de parler : ils ont dormi ensemble, dans le même lit, on peut dire qu'ils ont littéralement couché ensemble. Plusieurs fois en plus. Il ne s'est rien passé, mais ils ont passé un certain cap dans leur relation, non ?

Oui. Sans doute. Peut-être pas...

-Encore un de tes minions.

Quoique mignon colle aussi.

-T'as voulu rejoindre le comité ? S'étonne Seifer, en l'ignorant.

-Non, je n'habite pas très loin, mais des potes parlent en permanence de toi, 'me manquait juste un visage à mettre sur le nom.

-Seifer Almasy, pour te servir.

Roxas pourrait être jaloux de l'attention particulière qu'Aurore a pour le garçon aux cheveux dorés à ses côtés, mais voir Seifer se gonfler de fierté sous le regard caramel le satisfait tout autant.

-Aurore, passe-moi le jus, s'te plait.

Aurore s'exécute sans poser de questions, ni froncement de sourcils, pour lui donner la bouteille de jus qu'il avait déposée par terre. Roxas l'attrape, le remercie avec un clin d'œil puis sert tous les verres. Il est sûr que la plupart des choses sur la table ne viennent pas de son frigo et que Seifer est allé faire quelques courses matinales, qu'il niera.

-T'as pu récupérer le jeu de Demyx ? Demande-t-il, l'air de rien.

-Déjà filé au concerné. J'ai quelques courses à faire en plus, il est quelle heure ?

Aurore se fait les poches, se rappelant soudainement qu'il avait un portable à garder sur lui. Roxas se retourne vers la télé où il a un radioréveil qui sert surtout d'horloge.

-Midi dans trois minutes.

-T'as perdu quelque chose, Aurore ? Demande Seifer en buvant son jus.

-Dis pas merci, surtout.

Aurore se lève, paniqué, se palpant à la recherche de son précieux appareil. Roxas aimerait bien être à sa place, mais il s'égare.

-Quelqu'un peut me faire sonner ?

Oui, oui, ne t'inquiète même pas.

Roxas se contorsionne pour attraper son portable abandonné sur le sol près de l'entrée, à côté de la prise disponible, puis le jette dans les mains du pauvre petit châtain, qui a l'air d'un chiot perdu. Comme si Roxas allait manquer l'occasion de récupérer son numéro de téléphone.

-Merci.

-De rien, tu vois Seifer ? Ça s'appelle la politesse.

Le grand blond a un sourire indulgent, presque rempli de pitié, alors qu'il boit fièrement son lait à fraise ; qui a eu l'idée d'inventer ça ?

-Bof, j'adhère pas trop à ce concept.

Il n'adhère pas trop à Roxas non plus, mais est-ce qu'il s'en plaint ?

Une sonnerie retentit plus loin, en provenance du lit. Aurore se précipite dessus pour virer les couettes et soupire de soulagement en voyant son portable attendre sagement sur le drap gris clair avec des motifs blancs de similis.

Roxas hausse un sourcil face à l'état dans lequel il fout sa chambre, mais c'est Seifer qui parle :

-Tu ranges, n'est-ce pas ?

-Oh. Oui, oui, t'inquiète.

Aurore ramasse la couette par terre, puis s'empresse de faire le lit plus proprement qu'il ne l'a trouvé, bordant les bords et secouant les coussins pour les mettre par-dessus. Les deux blonds s'observent pour être sûrs de ce qu'ils ont sous les yeux, avant de suivre le troisième garçon du regard.

-Quoi ? Je sais faire mon lit.

Ils s'observent encore, pour se mettre d'accord et changent de sujet :

-Qui veut du lait ? Demande Seifer.

-Avec de la vanille, s'te'p.

Aurore tend sa tasse avec Seifer, l'air innocent alors qu'il vient de violer leur langue ; seulement au sens littéraire, pour son plus grand regret.

-C'est bon pour moi, réplique Roxas.

Seifer se lève avec son assiette et la tasse d'Aurore pour aller jusqu'au coin cuisine.

-T'as fini ? Seifer va faire la vaisselle.

Seifer ne sait pas préparer mais au moins il sait laver les choses. En même temps, il trempe dans tellement de trucs sombre, encore heureux qu'il sache laver derrière lui.

-Yep, c'est bon pour moi.

Ils débarrassent pour apporter les couverts sales au grand blond à balafre qui manie l'éponge et le savon à la perfection. Roxas adorerait le voir plus souvent à l'œuvre, ça lui ferait moins de corvées. Aurore se penche vers la fenêtre pour voir la vue qu'il a, buvant sa tasse de lait froid, mais elle n'est pas fabuleuse du tout.

-On est dans quel quartier, au juste ?

-Quartier de l'horloge, on est pas loin de la gare, je suis à trente minutes en voiture de la fac du Garden.

-Oh d'accord, je connais pas du tout.

Roxas vient se rasseoir quand l'autre garçon finit sa tasse, tout en observant Aurore évoluer dans son environnement, s'arrêtant pour fixer des détails, ou par simple curiosité. C'est un petit appartement, il aura vite fait le tour.

-Aurore viens voir, j'ai un truc à te montrer.

Roxas ouvre sa galerie de photos et clique sur la dernière, avant de poser son portable sur la table qu'Aurore puisse voir ce dont il parle. Il s'agit d'une photo prise la veille au soir avec un Aurore endormi, alors que Seifer tire la langue et Roxas fait un grand sourire moche en montrant toutes ses dents, tout en faisant le selfie. Aurore a une ardoise où est écrit "je m'appelle Aurore et je tiens pas l'alcool !". Le concerné rigole en la voyant.

-Mais non, vous l'avez prise hier ? À quel moment ?

-Quand j'ai déposé Xion. Tout le monde a droit à sa petite photo pour son premier retour de soirée avec moi !

Aurore se marre encore, avant de se l'envoyer par message.

-Énorme ! Dit-il encore amusé, en déposant les portables sur la table. Au fait, t'as des chiottes ?

-Non, non, on pisse sur la plante.

Aurore hausse un sourcil incrédule, ce qui à quoi Roxas répond avec un sourire sarcastique. Le regard marron brille de défiance et le garçon ose s'avancer vers le pot montré. Merde, non, il ne va pas vraiment le faire, si ?

Chaque pas qu'il fait surprend Roxas, parce qu'il ne s'attendait pas à tomber sur ce genre de mec. Très bien, heureusement que Roxas est joueur, puisqu'il pose son coude sur la table et appuie sa mâchoire dans le creux de sa main, comme pour le mettre au défi de continuer.

Aurore lui adresse une œillade fière, sans en démordre et s'arrête devant la plante, les mains devant sa braguette. Sa gorge vient de s'assécher d'un coup, alors que des papillons prennent leur envol dans son ventre. Non, il ne le fera pas quand même, si ?

Si, il va totalement le faire. Il ne va pas l'arrêter. Aurore baisse sa braguette. Merde, il va le faire. Roxas hausse les sourcils, en attente de la suite. Non, impossible, il ne pousserait pas le jeu si loin. Aurore sourit en défaisant sa ceinture. Si, si, il va le faire. Il se mordille le coin de la lèvre, alors qu'il ne sait pas si son ventre pourra s'en remettre.

-Rox et Rouky, putain vous foutez quoi ?

Intervient Seifer, presque sidéré par leurs enfantillages et gâchant le plaisir coupable de Roxas. Espèce de jaloux.

-J'ai demandé si vous aviez des chiottes.

-Ne sois pas bête Rouky, bien sûr qu'on en a : derrière la porte.

Aurore tient son short kaki en se dirigeant vers la pièce désirée, en lui adressant un sourire espiègle. Roxas se vengera s'ils couchent ensemble un jour et le fera pleurer de plaisir.

-Rox, c'était pour quoi ça ?

Roxas tourne la tête vers lui, tout sourire, innocent. Seifer n'y croit absolument pas, vu son air dubitatif quand il s'assoit à côté de lui.

-Je plaisantais.

-Maintenant qu'on sait qu'il adore jouer avec le feu, t'amuses pas à l'allumer.

-Hm, pas garanti.

De toute façon, Seifer fera le premier mouvement avant lui, tel qu'il connaît le grand blond irrésistible.

-Il est mineur, annonce-t-il.

Qui Seifer essaye-t-il d'arrêter, lui-même ou Roxas ?

-Ça, t'en sais rien.

Seifer rit par le nez, abandonnant l'idée d'essayer de le convaincre, puis attrape sa veste posée par terre, puisqu'ils ont sauvagement jeté leurs vêtements avant de coucher ensemble la veille. Ils ont dormi dans le même lit, d'accord, c'est comme s'ils avaient couché ensemble ?

-Je bouge, j'ai des courses à faire.

Seifer se lève pour aller enfiler ses chaussures dans l'entrée. Roxas s'abstiendra de commenter mentalement cette action, pas sûr que son deuxième cerveau y survive. Il le suit et ouvre la porte pour lui, gentleman qu'il est.

-Rouky, j'me casse, surveille tes arrières !

Il aurait mieux fait de lui ouvrir la porte dans la gueule, tiens. Aurore fait du bruit dans la salle de bain, sans doute pour aller plus vite.

-Y a pas de raison, casse-toi avant de dire plus de merde.

-On se voit lundi, prends soin de toi, Rox.

Seifer lui lance un sourire en coin, caresse sa joue, son pouce glissant sur sa bouche, lui offre un dernier clin d'œil pour l'aguicher, puis s'enfuit comme un voleur, abandonnant un Roxas tout feu tout flamme.

L'enfoiré. Il n'est pas sûr de survivre à un autre départ de ce genre.

-Merde, je l'ai raté ! Jure Aurore à l'intérieur. Je voulais lui dire au revoir…

Roxas ferme la porte, un sourire trop satisfait qu'il essaye de cacher, alors qu'il se sent fondre. Seifer Almasy n'a pas volé son titre du gars le plus sexy.

-Regarde par la fenêtre, il va passer devant.

Aurore se met à la fenêtre, comme conseillé et attend sagement le passage de cet incube blond séducteur. Roxas le rejoint, sans trop entrer dans son espace personnel, mais assez près pour tester les eaux. Déjà que Seifer a mystérieusement marqué des points, pas question qu'il soit à la traîne.

-Tu l'aimes bien ?

-Il est cool, répond Aurore avec admiration. T'as vu sa cicatrice ? Ses yeux ? Ses combats ? Ses muscles ? Sa réputation ?

Bien sûr, Roxas est tombé dans le même panneau que lui quand ils se sont rencontrés, mais il a vite trouvé le petit enfoiré derrière sa barrière de dents blanches et de sourires à dix milles watts. Peu de gens arrivent à traverser l'illusion, Aurore est mal parti, pauvre gosse.

-Bienvenue dans l'illusion.

-C'est-à-dire ?

-Tu comprendras bien assez tôt.

La ruelle qu'ils voient depuis sa fenêtre mène à une grande place plus bas, peu éclairée par le soleil d'avril à cause de l'architecture mal foutue. Seifer sort du bâtiment et lève la tête pour leur sourire. Aurore agite sa main, en bon minion qu'il est, alors que Roxas le salue avec son majeur. Vite, qu'il sorte de sa vue. Seifer ricane en se barrant au pas de course.

Mince, il a encore oublié de demander une carte mémoire.

Roxas s'étale sur son lit, avant d'attraper une manette de jeu.

-Une partie, ça te tente ?

-Euh… ouais ?

Il lui lance la manette, puis tape la place à côté de lui. Visiblement, Aurore n'a rien d'autre à faire que finir dans son lit. En tout bien, tout honneur !

Malheureusement, le rencart improvisé se termine bien trop vite à son goût quand son portable vibre sur la table. Roxas est chic type, alors même quand il n'a pas envie de décrocher, il le fait quand même. Il met le jeu en pause, puis fait signe à un Aurore qui râle parce qu'il est mauvais et qu'il perd, de se taire.

-Oui, Demyx ? Répond-il.

-Salut Sam, ça va ? Je te dérange ?

-Oui, je suis en rencard là.

Il adresse un regard amusé à un Aurore rougissant et lui lance un clin d'œil, qui lui fait tourner la tête. Yes, il sent le score monter.

-Ta gueule Sam, t'es chez toi, t'as les volets ouverts, je les vois depuis chez moi.

Roxas a tendance à oublier que Demyx est un putain de stalker professionnel.

-Et alors ? Rencard dans le pieu.

-Bien sûr, j'arrive dans cinq minutes, Seifer m'a filé mon jeu et une deuxième manette, on va le tester ensemble.

Personne ne peut arrêter un Demyx prêt à lézarder chez son meilleur pote.

-D'accord, se résigne-t-il. À tout de suite.

Puis il raccroche, peut-être qu'il n'aurait pas dû répondre finalement…

Roxas soupire en regardant son invité, lèvres pincées.

-Un pote va venir, ça ne te dérange pas ?

-Pas du tout, faut que je décolle de toute façon, je ne vais pas passer la journée ici, il est bientôt quatorze heures…

Déjà ? Que le temps passe vite quand on s'amuse.

Aurore récupère son portable, remet son gros pull, s'enroule dans son écharpe et va se chausser dans l'entrée. Roxas culpabilise un peu de le mettre à la porte à cause de Demyx. Fichu blond.

-Besoin d'un chauffeur ?

-Non, répond Aurore, je n'habite pas loin. Faut juste que je prenne le train.

-T'es de quel côté ?

-Terrasse du couchant, c'est quoi, dix minutes de train ? Rien du tout.

-Heureusement que je t'ai récupéré alors.

-Ouais, Olette habite à une plombe de chez moi, en plus !

Qui est cette Olette ?

Quand Aurore est fin prêt, Roxas l'accompagne en bas de l'immeuble, puis lui ouvre la porte. Autant attendre Demyx, tant qu'à faire. Aurore sort dans le petit froid d'avril, une écharpe autour du cou, puis lui sourit.

-Par où est la gare ?

Roxas pointe la gauche avec sa tête.

-Par là-bas, remonte la pente pendant dix-quinze minutes, t'y seras.

-Merci, à une prochaine.

-Quand tu veux. À plus Aurore.

Les prunelles marron pétillent quand il rit dans son écharpe, alors qu'il s'éloigne doucement... Toutefois, il s'arrête, hésite quelques secondes, avant de finalement revenir vers lui. Il s'appuie contre le chambranle de la porte, les lèvres rougies à force d'être mordillées, ses joues se sont teintées à cause du froid et ses yeux caramel brillent encore.

Ce garçon est terriblement mignon.

-Au fait, je n'ai rien dit parce que ça ne m'a pas dérangé, mais… Je suis cool pour "Aurore" ou "Rouky" hein, aucun souci, sache juste que mon prénom est Hayner.

-Hayner ?

Le prénom glisse sans problème dans sa bouche, il pourrait s'y habituer.

-Oui, tout simple. Tu t'appelles vraiment Sam ?

-Non, mais tu n'as pas encore gagné le droit de connaître mon vrai prénom.

Hayner serre sa bouche, un sourire amusé, secoue la tête, avant de s'éloigner.

-Bye Rouky.

-À plus Rox.

Il est plus près de son prénom qu'il ne l'imagine. Roxas n'est sûr de survivre à ce genre de départ non plus.