Soyons fous! Je poste la suite aujourd'hui! Merci pour les com's de la journée! ^^
Il m'est déjà arrivé pas mal de choses... Pas mal d'accidents.
Je me suis même déjà fait tirer dessus.
Mais la sensation que vous procure une voiture vous rentrant dedans est vraiment spéciale.
C'est une énorme boîte de conserve inoffensive qui, agrémentée d'un mélange de force gravitationnelle et de vitesse vous broie littéralement. Vous faisant passer du stade d'être humain à celui de poupée en chiffon.
En gros, une pomme ne serait pas tombée sur la tête de Newton mais lui aurait atterri dans la face après avoir été lancée par Joe DiMaggio. Et à ce moment-là, il est clair qu'il ne se serait pas posé la question de savoir pourquoi la pomme ne s'était pas arrêtée en chemin. Il l'aurait ramassée et l'aurait renvoyée de toutes ses forces en ayant la délicatesse de remercier Joe en l'injuriant copieusement.
Vous comprendrez donc que je ne me suis pas demandé quelle était la marque de la voiture et de ses freins ou encore quel était le sexe de son conducteur et ses antécédents médicaux. Ni pourquoi cette même voiture s'était retrouvée à ce moment précis lovée dans ma hanche.
Non, la seule chose qui m'est venue à l'esprit avant que je ne perde connaissance, c'est une flopée de douces imprécations qui n'ont pas pu franchir mes lèvres.
Et la dernière chose que j'ai sentie... C'étaient des mains. Une marque américano-juive dont le conducteur était de sexe féminin. Une brune élancée aux formes généreuses répondant au nom de Lisa Cuddy.
Quand j'ai rouvert les yeux, je m'attendais à voir un plafond blanc vieilli par le temps. Au lieu de ça, j'ai vu un petit lustre accroché à un plafond bien plus proche du sol que celui d'un hôpital.
Je ne sentais plus mon corps. L'incapacité de bouger s'ajoutait donc à mon inaptitude à reconnaître les lieux.
_ House!
Ça, c'était le doux chant du soulagement.
J'ai senti l'être vivant qui avait prononcé mon nom se déplacer et s'asseoir au bord de ce que devait être un canapé.
Puis l'être a posé la main sur mon bras. Premier contact physique qui me permettait de constater que mon sens du toucher était toujours intact... Et que Lisa Cuddy pouvait avoir un effet délétère sur ma personne.
Je venais de me réveiller et je m'imaginais déjà sa main glissant un peu plus vers la droite et s'insinuer plus bas.
Bah! Après tout... Je ne suis qu'un homme.
Au moment donc ou je repartais vers le monde enchanté du fantasme, elle a jugé bon de se pencher au-dessus de moi.
Je ne sais pas si ma vue était troublée par une quelconque drogue ou le jeu de lumière causé par le lustre... Toujours est-il, que j'ai eu l'étrange impression que ses yeux étaient plus brillants que d'habitude… ou plus humides.
Elle m'a souri. Et si je n'étais pas dans l'incapacité de bouger, j'aurais sûrement répondu à cette marque d'affection par un sourire béat. Dieu merci j'étais paralysé!
_ Comment vous sentez-vous?
Comme quelqu'un qui s'est fait renverser par une voiture.
_ ...
Dans la vie, le silence peut vous préserver de toute agression verbale ou oculaire. Ne l'oubliez jamais.
_ House?
Mais quand vous venez de vous réveiller après avoir été percuté par un véhicule, un silence peut être pris comme un manque de réaction. Et souvent, quand quelqu'un recherche une réaction vis-à-vis d'une personne qui vient de reprendre connaissance, il a cette curieuse manie de se pencher. Au point que son visage frôle presque celui... d'un homme ordinairement subjugué par la beauté de sa supérieure...
Mon cerveau était toujours en panne.
_ House...
Vous vous doutez bien qu'elle s'est un peu plus penchée. Et, la situation ne le permettant pas, je n'ai pas pu réfugier mon regard dans son décolleté... J'étais piégé.
Mes poumons commençaient à manquer d'oxygène...
Et mon cerveau était définitivement en panne.
Mais la romance s'arrête là. Nous aurions pu nous perdre dans le regard de l'autre puis, d'un imperceptible mouvement elle aurait porté sa main à mon visage. J'aurais battu des cils telle une damoiselle en détresse et nos lèvres se serraient allongées de façon à ce qu'elles entrent en contact dans un baiser se voulant à la fois tendre et passionné.
Sauf que dans le manuel de recherche de réaction, la phase numéro trois n'est pas le sempiternel baiser que s'infligent les adolescents boutonneux des vieux Disney mais bel et bien le contact brutal entre mains et épaules.
Page 30, alinéa 3.
« Prendre le patient entre ses deux mains fermes et le secouer comme un prunier provoquera un réveil progressif et la réactivation de ses sens. »
Vous le connaissez cet alinéa n'est-ce pas?
Cuddy aussi le connaissait, malheureusement pour moi.
_ House!
Par contre, elle ne m'a pas secoué. Ça ressemblait plus à un déracinement.
Et ce qui a suivi a définitivement rompu le charme et m'a fait comprendre pourquoi le prince charmant prenait toujours un temps fou avant d'embrasser les princesses comateuses. Il ne s'agit en rien d'un doute lié au réveil de la belle mais d'une répugnance vis-à-vis de l'état du tube digestif de celle-ci. Quand quelqu'un vient de se réveiller d'un coma peu avancé, il y a de fortes chances, qu'en plus d'avoir mauvaise haleine... Il vous rote au visage.
Comprenez alors ma consternation quand les mèches de Cuddy se sont soulevées sous le souffle putride de ma bouche.
Accablé et vidé de toute énergie, mon corps flasque de stupeur est retombé sur la masse inconnue tandis qu'une expression d'incommodité se peignait sur le visage de ma patronne.
Elle l'avait eu sa foutue réaction.
J'ai repris rapidement connaissance, mais j'ai préféré feindre l'inconscience pendant un certain temps... J'avais quand même roté au visage de ma supérieure!
Il me fallait un certain temps pour admettre cette dure réalité et vivre avec.
Après... Mon côté Sherlock Holmes était assez intrigué par le lieu où je me trouvais.
Cuddy n'a pas de lustre... Et moi non plus... Je crois...
En tout cas, après m'être fait renversé par une voiture, je ne me retrouvais pas vraiment à l'endroit le plus approprié.
J'ai levé une paupière, puis une autre. Personne...
Personne?
J'ai essayé de me redresser vivement mais un « crack » inquiétant a résonné du côté de ma hanche et m'a cloué sur le canapé, me laissant tout le loisir de gémir de douleur.
_ House?
Zut! J'aurais préféré qu'elle entende s'échapper des grognements de plaisir plutôt que ça!
Comprenez-moi. Mon honneur était en jeu. Et j'avais réagi de façon plutôt puéril... Bon ok, presque désespérée! Je ne voulais pas me retrouver seul dans un endroit inconnu!
Je m'enfonce?
Bah...
_ Vous êtes un idiot.
Tiens! Ça faisait longtemps que nous ne nous étions pas échangés des mots doux.
J'ai grommelé quelque chose comme "vous m'en voyez ravi" en essayant en vain de me redresser. Rien à faire! Et la main qu'elle a posé sur ma jambe n'a pas arrangé mon état.
Après la paralysie, me voilà impuissant. Quant à ma conscience... Voilà qu'elle défaillait encore.
Si je n'étais pas si orgueilleux, j'aurais sûrement soufflé un " je me sens mal" en me cambrant légèrement. Au moins, sa main aurait glissé par inadvertance jusqu'à mes...
_ Comment vous sentez-vous?
Ah non! Ça fait deux fois qu'elle me la sort celle-là!
_ Comme quelqu'un qui s'est fait renversé par une voiture!
J'ai vu son visage apparaître dans mon champ de vision. Sourcils froncés, elle m'a jaugé en silence.
_ QUOI?
_ Vous avez mal quelque part?
Bon sang!
Laissez-moi réfléchir... A la hanche!
J'ai fermé les yeux et j'ai inspiré longuement.
_ Après examen, vous me semblez en forme.
J'ai rouvert immédiatement les yeux.
En forme? Avec une hanche en lambeaux?
En forme? Alors que j'étais paralysé?
Lisa Cuddy et moi avons assurément un concept différent de la "forme".
_ En FORME? ai-je alors souligné.
Elle a hoché la tête.
_ Rien de cassé, aucun muscle froissé. Un énorme hématome mais à part ça...
Comment a-t-elle su pour mon hématome?
Étais-je mis à nu sur ce canapé?
J'ai gigoté, mal à l'aise.
Elle a accentué sa prise sur ma jambe avec un sourire narquois.
_ J'ai juste soulevé votre haut. Votre pudeur est intacte.
Et en plus, elle lit dans les pensées!
Parfaite...
_ Dieu merci, rien de cassé, vous avez eu de la chance.
_ Ce n'est pas ce que dit ma hanche. ai-je grommelé en grimaçant
_ Ça aurait pu être pire, vous auriez pu passer sous ses roues, être broyé...
Vraiment charmante.
_ Ou perdre la deuxième jambe, perdre une main, vous ouvrir le crâne sur le bitume...
Fine, délicate...
_ Avoir un œil en moins, ou finir asexué ou...
Tout en douceur et tendresse.
Elle a haussé les épaules, ne trouvant plus quoi me balancer. Après ça, j'entendais presque ma hanche soupirer de soulagement.
Vous connaissez Hannibal? Hannibal Lecter. Un homme charmant. Un homme qui a du goût.
Cet homme charmant s'est pris d'amour pour un agent du F.B.I : Clarice Starling. Celle qui le coursait et qui ne rêvait que d'une chose, le voir à nouveau derrière les barreaux. Un couple tout à fait charmant donc.
Dans la séquence finale du film, après s'être pris une balle en essayant de sauver celui qu'elle voulait voir derrière les barreaux ou enfermé en hôpital psychiatrique. (Un couple charmant vous disais-je!) Clarice se réveille dans un endroit inconnu. Son bras est recousu, la balle retirée, et elle est vêtue d'une robe noire Gucci. En bas, un magnifique festin l'attend : cervelle de supérieur à la provençale.
Pourquoi je vous parle de la charmante Clarice?
Parce que, pendant une fraction de seconde, je me suis vu dans cette robe Gucci, me réveillant après un léger coma.
"Cuddy n'a rien d'un psychopathe amateur de viande humaine!" me direz-vous... Il n'empêche... Elle a les canines anormalement longues... Et cette lueur dans son regard...
Si elle n'avait pas le rôle d'Hannibal dans cette séquence de ma vie, l'inconnu à qui appartenait le lustre l'était sûrement.
Seul point positif dans cette situation... Ma pudeur était intacte! Vous vous doutez bien qu'Hannibal s'est rincé l'œil en habillant l'agent Starling!
Seul l'homme a le droit de se rincer l'œil. C'est un équilibre naturel à ne pas bouleverser.
Pour revenir à ma condition de femme, j'étais dans la même situation que Clarice... Et mon imagination n'a rien arrangé quand une odeur d'herbes provençales s'est frayée un chemin jusqu'à mes narines.
Me voilà donc allongé sur un canapé inconnu, dans un lieu inconnu, tenu fermement par la cuisse, en proie à une entité encore inconnue... Sur le moment... Ça devait être le désir... La main de Cuddy était anormalement trop haute sur ma cuisse anormalement crispée accrochée à un bassin anormalement frustré...
Ça m'apprendra à porter des pantalons!
Ce qu'il y a de soulageant avec le jean, c'est que le contact charnel est diminué.
Priant pour que mes attributs masculins restent au repos, j'ai soupiré en jetant un coup d'œil autour de moi. Essayant au passage de me défaire de sa prise. Rien à faire. Elle me tenait.
Et j'ai tendance à me demander si cette soudaine proximité et cette gêne apparente n'était pas sa façon tout particulière de se venger de la course poursuite.
Humpf.
_ Où sommes-nous?
Enfin quelque chose de constructif! Mon cerveau repartait sur de bonnes bases.
J'en ai soupiré de soulagement.
_ Aucune idée.
J'ai écarquillé les yeux. Ce n'est pas vraiment la réponse que j'attendais!
Elle a haussé les épaules.
_ Nous sommes chez... Un particulier...
Et en plus elle se fichait de moi!
_ Cuddy... ai-je bougonné en tentant de me redresser.
De son autre main, elle m'a agrippé à l'épaule et m'a plaqué contre le canapé.
Dans d'autres circonstances, j'aurais pu apprécier le geste... Mais là, les herbes provençales et la robe Gucci hantaient mon esprit qui fonctionnait au ralenti.
_ Détendez-vous!
Me détendre alors que ma vertu et peut être ma vie étaient en danger?
_ Bon sang! me suis-je étranglé en gigotant de plus belle.
Cette fois-ci, elle s'est carrément couchée sur moi. Je me suis figé et j'ai retenu mon souffle.
_ C'est bon? Et après ça, il voudra une sucette?
J'ai levé les yeux au ciel.
_ Vous n'avez rien de cassé, mais vous êtes peut être coincé, ne faites pas de gestes brusques...
_ Vous m'écrasez... ai-je soufflé en tentant de garder mon calme.
Sa main n'était plus sur ma cuisse mais bien plus haut... Et centrée...
Et voilà que ma tension artérielle montait en flèche...
_ Vous m'avez fait peur.
Ah non... Pas la séquence émotion! Pas dans cette position!
_ Moi aussi, j'ai vu la vie de Newton défiler devant mes yeux.
J'ai à nouveau essayé de me relever. Cette fois-ci, elle s'est lâchée de tout son poids.
Mes attributs n'allaient pas tenir le coup.
_ J'aimerais y voir plus clair!
Et calmer ma frustration!
_ A une condition!
J'ai froncé les sourcils.
_ Vous garderez votre calme, et vous n'essaierez pas de bondir de ce canapé.
Dommage qu'il me soit impossible de plus froncer les sourcils.
_ Ok.
Elle a hoché la tête et s'est redressée. Au grand soulagement de mon entre jambe... Et de mon orgueil.
Si on n'y regarde de plus près, ma situation n'était pas si désespérée. Mes jours ne semblaient pas être en danger. Le canapé était confortable... Et la vue que ma supérieure m'offrait sur son décolleté était tout sauf désagréable.
Je me serais vite laissé porter par les pensées les plus légitimes que puisse avoir un homme si le cadre de ma captivité ne m'avait pas poussé à être insupportable.
Oui. Captivité. Ce n'est nullement un mot sur lequel vos yeux ont ricoché.
Je me trouvais dans un lieu inconnu, retenu de force sur un canapé par une Cuddy qui semblait de plus en plus mal à l'aise.
Ou je venais de roter...
Peu importe.
Je n'étais pas libre de me lever ou de coller mon bassin à celui de ma supérieure et cette odeur d'herbes provençales commençait à me faire tourner de l'œil...
Ou c'était le vue sur la proéminente poitrine de Cuddy...
Peu importe.
J'étais en captivité... Et captiver par la respiration de ma patronne.
_ Où est mon portable? ai-je demandé en tâtant mes poches.
Elle a soupiré de soulagement.
Qu'est-ce qu'elle croyait? Que j'allais me répandre en invectives?
Peut-être...
En tout cas, ça aurait été tout à fait légitime.
Je ne me répète sûrement pas assez mais... J'étais retenu captif dans un lieu inconnu!
_ Je suis vraiment désolée House. Je n'ai pas été très professionnelle sur le coup.
J'ai jeté un coup d'œil à mon entre jambe.
_ Alors recommencez le travail.
Elle m'a lancé un regard mi noir mi amusé. (Je vous assure! Ça existe!)
_ Sérieusement...
_ Que s'est-il passé au juste? Ils étaient armés? Vous n'aviez pas le choix? Vous avez paniqué? Vous vouliez manger provençale? Rassurez moi et dites-moi qu'on est chez une tante.
Elle a inspiré longuement en se tortillant les mains puis s'est lancée.
Et j'ai dû m'accrocher.
_ Quand vous vous êtes fait renverser, le responsable s'est tout de suite rangé sur le côté en manquant de vous rouler dessus au passage. Je me suis pré... Je me suis hâtée de façon professionnelle et non passionnelle auprès de vous afin de vérifier vos points vitaux…
Et c'est moi l'amoureux transi?
_ Sur le coup, vous ne respiriez plus mais il m'a suffi de vous tourner AVEC précautions sur le dos pour que ça reparte. Mais vous étiez définitivement inconscient. Je m'apprêtais à appeler les secours en usant de gestes tout à fait contrôlés...
Elle a paniqué et ces soit disant gestes contrôlés devaient être fébriles. Au point qu'elle n'arrive pas à composer le numéro, ce qui a laissé le temps à l'autre malade...
_ De vous embarquer. A peine, avais-je le dos tourné que la moitié de votre corps avait disparu dans la voiture! Imaginez ma colère en le constatant...
Ce malade avait osé bouger mon corps alors que je venais de me faire percuter?
_ Le pire dans tout ça, c'est qu'elle avait de la force...
Elle? Sûrement une haltérophile.
_ Une amie à vous. a-t-elle précisé avec une grimace.
J'ai froncé les sourcils.
Comme pour me répondre, la personne en question est entrée dans mon champ de vision.
La vieille!
J'aurais dû parier 300 dollars.
J'ai balbutié quelque chose d'incompréhensible sous le regard alarmé de Cuddy.
_ Elle m'a affirmé habiter tout près... Et c'était le cas... Alors…
_ Ne blâmez votre compagne.
Je me suis crispé d'horreur.
Bon ok...
Je me suis crispé de gêne!
Et la teinte rougeâtre que prenait les joues de Cuddy m'a confirmé que c'était aussi le cas pour elle.
_ Nous ne sommes pas ensemble. avons-nous alors déclaré à l'unisson.
La vieille nous a souri puis est repartie.
_ Sortons d'ici!
J'ai tenté de me lever, sans succès.
_ Calmez-vous...
_ Comment voulez-vous que je me calme? Cette vieille jument pique-pocket a réussi à me soulever!
_ Je n'en reviens pas moi-même mais...
Je me suis penché sur le côté afin de jeter un coup d'œil sous la table, puis le canapé.
_ House...
J'ai tendu le coup vers la table.
_ Qu'est-ce que vous faites? a-t-elle demandé en se penchant à son tour.
_ Cherchez avec moi.
_ Mais quoi?
Je me suis redressé et j'ai vrillé mon regard dans le sien.
_ Votre lueur d'intelligence!
Elle a émis un hoquet puis s'est levée.
_ J'aurais bien voulu vous y voir vous!
_ En toute circonstance, je reste professionnel!
_ J'ai été légèrement dépassée par les évènements...
_ Et après ça, c'est moi qui tenais à passer du temps avec vous?
Elle s'est crispée. Et malheureusement pour moi, j'étais bel et bien lancé.
Foutue témérité!
_ Vous avez paniqué! Et on ne panique pas pour un simple employé! Surtout quand on est médecin!
Je me suis redressé de façon à avoir une position relativement assise.
Cuddy a croisé les bras et m'a défié du regard.
_ Qu'est-ce que vous voulez que je dise au juste?
_ Bah... Je sais pas! Que vous tenez à moi plus qu'à un autre employé, que ma compagnie vous plait, que vous me trouvez charmant et que vous êtes libre ce soir!
Foutue témérité et foutu cerveau à l'arrêt!
Les traits de son visage se sont adoucis et de mon côté, je n'avais pas encore pris conscience de mes précédentes paroles.
_ C'est une invitation à sortir?
Foutue témérité, foutue cerveau à l'arrêt et foutues questions de rhétorique!
_ Mais qu'est-ce que vous me voulez au juste? me suis-je exclamé, complètement à la ramasse.
Elle s'est rapprochée en penchant la tête.
_ Vous! Qu'est-ce que vous voulez?
_ Sortir d'ici!
_ Je ne parlais pas de ça...
_ Vous allez m'aider oui!
Ma perte de calme l'a grandement amusée.
_ House...
J'ai tendu la main d'un air menaçant.
_ Ok.
Elle s'est un peu plus rapprochée, s'est penchée et a glissé un bras sous mon aisselle gauche.
Cette soudaine proximité a manqué de me voir faire un arrêt cardiaque.
Comprenez-moi. C'était Lisa Cuddy!
Et elle sentait incroyablement bon...
Comment ça je suis complètement accro?
_ Prêt?
J'ai hoché la tête d'un imperceptible geste, évitant au mieux de croiser son regard.
Elle s'est alors redressée brusquement, resserrant au passage sa prise sur moi.
Et me voilà hissé, debout sur mes deux jambes.
Et comme nos deux cerveaux semblaient être à l'arrêt, nous n'avons pas jugé bon de réfléchir aux conséquences de cette action soudaine.
J'ai alors pris conscience que la terre tournait relativement vite et que j'étais définitivement plus lourd que ma patronne.
_ HOU...
Le reste de son mot s'est perdu dans les plis de ma chemise alors que nous basculions en direction du sol.
Pas la peine de vous préciser combien j'ai souffert du contact brutal avec le sol.
D'un autre côté, le corps de Cuddy avait amorti ma chute. Et cette situation m'avait laissé le loisir de constater, qu'après tant d'années, sa poitrine était restée ferme.
_ House... Qu'est-ce que vous faites?
_ Entretien avec la patiente... Les patientes... Simple examen de routine, surtout ne bougez pas.
J'ai levé les yeux et je l'ai vu sourire.
Bon point pour moi.
Apparemment, elle ne m'en voulait pas de l'avoir prise pour un airbag.
_ Ça va?
Et elle s'inquiétait de ma santé.
_ Je suis en bonne compagnie. ai-je répondu en louchant sur sa poitrine.
_ Ce n'est pas gratuit.
Nos regards ce sont à nouveau croisés. Si ma hanche ne me faisait pas si mal, j'aurais sûrement éclaté de rire. Lui offrant au passage une nouvelle victoire.
_ J'peux payer en nature?
Son sourire s'est élargi.
_ Dans ce cas-là... Je ne serais pas la seule à prendre du plaisir.
En tout cas, cela impliquait le fait qu'elle prendrait du plaisir avec MOI.
_ Bien...
Prenant appui de part et d'autre de son corps, je me suis relevé en réprimant un cri de douleur.
Elle a suivi mon geste d'un regard attentif, prête à me retenir si mes forces m'abandonnaient.
Heureusement pour moi, l'honneur fut sauf.
_ Tout va bien? a demandé une troisième personne.
Ah! La vieille Hannibal! Je l'avais presque oublié celle là!
Cuddy s'est relevée à son tour et m'a glissé mon portable dans la poche.
_ Oui merci. Nous allons partir maintenant. Le docteur House a besoin de soins.
_ Très particuliers. ai-je précisé en lui lançant un regard éloquent.
Réprimant un sourire amusé, elle a ramassé ma veste sur le canapé.
Je me suis alors adressé à la vieille femme qui semblait déçu de ne pas nous voir rester pour le dîner... Ou pour "son" dîner.
_ Merci de m'avoir écrasé et manqué de me paralyser à vie en déplaçant mon corps meurtri! Charmante maison!
_ Mais de rien.
Brrr! Cette vieille était vraiment flippante.
_ Excusez le. est intervenue Cuddy en se glissant sous mon bras droit.
_ Où est ma canne?
_ Dans la voiture.
_ Vous le faites exprès?
_ C'est sûrement sa façon à elle de profiter de vous. a déclaré la vieille.
_ Merci! nous sommes nous écriés.
Elle nous a alors gratifiés d'un sourire narquois avant de prendre définitivement congé de nos deux personnes.
_ Vous allez taxer niveau consultation. m'a glissé Cuddy tandis que nous avancions vers la sortie.
Nous y voilà! Pourquoi faut-il toujours qu'elle me rappelle ce genre de détails dans de telles situations!
_ Un pied devant l'autre docteur...
C'est bon! Je sais marcher...
_ Vous êtes agaçante.
_ C'est l'une des raisons pour laquelle vous êtes attiré par moi, non?
Je me suis figé.
Dans un moment d'égarement, lui aurai-je déclaré quelque chose qui allait dans ce sens?
_ House?
Elle a relevé la tête puis m'a fait face.
_ Vous êtes gêné?
Mais bon sang! Sortez de ma tête!
_ Pourquoi le serais-je? ai-je répliqué sur la défensive.
Elle m'a offert l'un de ses plus beaux sourires.
Il devenait clair à présent qu'elle voulait assurément ma mort!
_ Vous me devez une invitation au restaurant du coup. a-t-elle murmuré en rapprochant son visage du mien.
Oui, vous avez bien lu. En rapprochant SON visage du MIEN!
Mon cerveau avait beau être à l'arrêt, je comprenais très bien ce que ce geste signifiait.
Il s'agissait clairement d'une invitation à l'embrasser.
Et je n'allais pas me faire prier deux fois.
Avec toute cette histoire... Je l'avais bien mérité non?
Un lot de consolation tout à fait acceptable et non négligeable.
Au moment donc où j'ai senti son souffle effleurer mon menton, j'ai baissé un peu plus la tête.
Elle était là. Enfin! La friandise interdite s'offrait à moi.
Mes lèvres se sont entrouvertes, avides de sentir le goût de ce chocolat si particulier. Avides de goûter à la douceur du cacao.
J'étais prêt à happer de ma langue la liqueur fruitée de sa bouche...
Elle a reculé avec un fin sourire puis m'a offert son dos.
Je dé-tes-te la liqueur!
_ Ne brûlons pas les étapes. m'a-t-elle glissé avec satisfaction.
Étapes? Quelle étapes? Celle de l'agrafe de son soutien-gorge?
Comment ça je deviens grossier?
Cette professionnelle de la baisse de slip de bain venait de se jouer de moi en m'allumant.
Au final, elle a avait tout raflé. Une excursion gratuite en ville, du spectacle de rue, une prochaine nouvelle paire de talons et mon consentement à l'inviter au restaurant.
De mon côté, je n'avais que mes yeux pour embrasser ses lèvres.
La vie est vraiment mal foutue!
Je ne demandais pourtant pas la lune. Juste un rapport sexuel avec la femme qui se trouvait devant moi.
Et non! Je ne suis pas amoureux.
En tout cas je l'espère...
Et cessez de sourire!
Le jour où j'avouerais mon amour pour cette créature bureaucratique, Wilson sortira du placard!
...
Me reste plus qu'à prier pour qu'il soit hétéro...
Comment?
Si je l'ai emmenée à ce fameux restaurant?
Bien sûr! Sinon, je ne serais plus de ce monde pour en témoigner.
Une soirée tout à fait normale entre deux collègues. Même si l'un d'entre eux à la possibilité de vous faire chanter pour de malheureuses heures de consultations et le nombre de zéros sur votre paye.
Il ne s'est strictement rien passé.
A quoi vous attendiez-vous?
Pendant ce dîner, ma seule préoccupation était de devoir m'acheter de plus grands pantalons. Qu'est-ce qu'on peut se sentir à l'étroit dans un simple bout de tissu...
Mis à part ce curieux détail, il m'est venu à l'esprit que partager du temps avec ma supérieure était loin d'être désagréable. C'est fou ce que le travail défigure les gens!
Nos rapports restent néanmoins les mêmes... Même si je dois plus souvent sortir ma carte bancaire devant des pingouins ou des dorades.
Détrompez-vous! Il s'agit là simplement d'un nouveau loisir qui consiste à passer un certain temps en compagnie d'une amie.
Rien d'autre.
...
Vous savez quoi?
Lisa Cuddy a une tache de naissance sur la fesse droite.
Mais ça... Ça reste entre vous et moi.
FIN
