Salut ! Je voulais juste vous remercier de prendre le temps de lire cette fiction. Je vous signale au passage que c'est ma première alors soyez cléments s'il vous plaît ^^.

Je ne peux pas encore donner de rythme de parution très précis pour le moment, mais je vous promet de ne pas excéder les deux semaines d'attente. Merci encore, j'espère que ce chapitre vous plaira. Il est un peu plus long, et il y a beaucoup plus de dialogue. Bien que le rythme soit lent, il était essentiel alors bon, le prochain sera mieux je penses, c'est la mise en place qui prend un peu de temps je suppose.


Le tunnel s'étirait, il s'étirait sans fin. Il avançait dedans, perdu, dans le noir le plus total. Comment savait-il qu'il s'agissait d'un tunnel ? Il n'en avait pas la moindre idée. Le tunnel continuait, il marchait, marchait… Et vit le bout.

La sortie était lumineuse, mais en aucun cas chaleureuse. Il était soulagé d'en voir la fin, mais plus il s'avançait vers la sortie plus elle reculait. Il commença à courir dans sa direction, mais elle semblait hors d'atteinte. Forçant l'allure, des larmes de désespoir coulaient le long de ses joues. Jamais il ne pourrait atteindre la sortie, il le savait. Alors il ralentit et continua de marcher. Tout droit, dans le noir dans le froid, ses pieds s'enfonçant de plus en plus dans la boue du sol, et son esprit dans le flot de ses larmes.

Des mains surgirent des parois, des mains rouges de sang, et dont les doigts osseux se terminaient en griffes acérées. Pris au dépourvu, il ne pouvait plus échapper à leur emprise et n'avait d'autre choix que de hurler pendant qu'elles l'écorchaient vif. La douleur occupait tout son esprit, il était prisonnier.

Eren ouvrit brusquement les yeux. Tout était noir ici. Non pas tout. Sa vue était juste brouillée, et il ne s'en rendit compte qu'une fois qu'il eut cligné plusieurs fois des yeux. Il haletait, cherchant son souffle après ce qu'il devina être, un cauchemar terrifiant. Il ne se souvenait pas de tout, mais la sensation des griffes sur sa peau était on ne peut plus présente tout de même. Il grimaça à ce souvenir, et remarqua que s'il ne voyait pas bien au début, c'était parce que ses yeux étaient noyés de larmes. Interloqué, il leva paresseusement un bras pour s'essuyer et s'empressa de se redresser afin de regarder ce qu'il y avait autour de lui.

Bon. Il n'était pas dans son lit.

Quoi ? Mais pourquoi était-il dans un lit qu'il ne connaissait pas ? Il regarda la pièce dans laquelle il se trouvait. Non. Ce n'était décidemment pas sa chambre. Affolé, il jeta des regards perdus autour de lui. Mur, fenêtre, armoire fauteuil… Visage ? Il se stoppa net dans ses mouvements pour étudier le visage qui était relié à un corps… Une personne ?

Eren se rendit compte qu'un homme se tenait dans un fauteuil à côté du petit lit dans lequel il se trouvait. Et cet homme le fixait.

Il était blond, large d'épaules avec deux yeux bleus comme un ciel d'été. Et plutôt âgé. Plus âgé que lui en tout cas. Eren ne comprenait pas ce qu'il se passait. L'homme continuait de le regarder, mais prit finalement la parole.

- Bonjour. Sa voix grave mourut dans le silence sourd de la pièce.

Ce fut au tour d'Eren de le dévisager. Bonjour ? Pourquoi lui disait-il bonjour ? Et pourquoi ne comprenait-il pas ce qu'il faisait là ? Toutes ces interrogations dans son esprit confus à cause du réveil, furent les ingrédients nécessaires à l'élaboration de sa superbe réplique :

- Heu… Quoi ? Il eut du mal à reconnaître sa voix éraillée et rauque, lui-même avait l'impression d'avoir crié durant une semaine sans interruption.

L'homme sourit discrètement avant de reprendre la parole.

- Est-ce-que ça va ?

En ce moment même, plus perdu qu'Eren n'existait pas. L'angoisse monta en lui en même temps que les souvenirs de la veille et l'horreur de la veille ne tarda pas à apparaître non plus. Il se rappelait de tout, d'absolument tout. Son réveil, la dispute avec son père, les cris dans la salle à manger, son évasion, le tunnel, sa peur, la sortie, les soldats… Les soldats ! Il les avait… Il les avait… Non. Il ne pouvait pas se le dire. Il ne pouvait même pas le penser. Mais la réalité était là, ses faits, gravés dans sa mémoire, et l'incroyable fatigue encore présente en lui ne pouvait être due qu'à une seule chose : il avait utilisé son pouvoir.

Un cri de peur sortit de la gorge et il oublia tout ce qui se trouvait autour de lui. Il ne ressentait que de la douleur. La douleur d'avoir quitté son foyer, la douleur d'avoir perdu son meilleur ami, mais surtout, la douleur d'avoir ôté des vies. Tué, oui, il avait tué. Et il méritait de mourir pour ça. Il n'était qu'un minable, jamais il n'aurait pu être roi, son père avait raison, il n'était qu'un monstre.

Se roulant en boule, il se réfugia dans le coin de la pièce opposé à l'homme et commença à se bercer doucement d'avant en arrière, la tête entre les mains, délirant de plus en plus. Les visages des cadavres défilaient devant ses yeux, jamais il ne les oublierait. Mieux valait mourir tout de suite alors, non ? Eren ne savait plus. Il comprit qu'il se trouvait sûrement ici grâce aux silhouettes des buissons.

Deux mains sur son épaule le rappelèrent à la réalité. Le blond le tenait fermement, et s'était dangereusement approché. Il ne le repoussa pas, il n'en avait ni la force, ni la volonté. Seuls se pleurs brisaient le silence, seul ses gémissements lui rappelaient qu'il était en vie.

L'homme attendit qu'il se calme, et ne parla que lorsqu'Eren se borna à renifler, en lui tendant un mouchoir par la même occasion, pour lui permettre de s'essuyer le visage.

- Je suis Erwin Smith. Il se tut de nouveau.

Eren savait bien qu'il attendait qu'il daigne lui dire son nom en échange mais pour une raison qui lui échappait encore il ne voulait pas qu'il le sache. L'adolescent brisé n'émit cependant pas tellement de résistance lorsqu'il raffermit son emprise sur ses épaules et dit finalement :

- Eren Jaeger. Puis il ajouta ironiquement, ne pouvant s'en empêcher :

- Pour vous servir. Il rit à sa propre blague.

C'était minable. Il était minable. Mais il avait besoin de rire. Rire pour ne pas pleurer. Mais apparemment l'homme n'en avait que faire. Il restait là, en face d'Eren, en attendant qu'il se calme. Ils restèrent ainsi quelques minutes, quand Eren se calma de nouveau.

- Eren. Son nom sortait comme une approbation. Tu es… Le prince n'est ce pas ?

A ces mots, Eren paniqua de nouveau. Il ne pouvait supporter ce mot. Prince. Voilà pour lui tout ce qu'il était ? Il cracha littéralement ses mots à la figure d'Erwin.

- Je suis Eren, se contenta t-il de dire, décidant de s'en tenir au strict minimum de parole dorénavant. Mais encore une fois, il ne put s'empêcher de rajouter :

- Et juste Eren.

Erwin le considéra étonné, puis lui dit avec le plus grand sérieux, comme s'il avait lu dans ses pensées.

- Eren alors. Comme je te l'ai dis, je suis Erwin Smith, et nous sommes dans un village assez loin du château pour que je sois sûr qu'ils ne viendront pas te chercher ici.

Eren le considéra un instant, avant de réaliser ce que venait de lui dire Erwin. Il baissa les yeux et fixa le sol. Ainsi était-il au courant… Il déclara à voix basse, avec amertume, très triste de se retrouver dans sa situation, seul chez un inconnu qui savait déjà dans quelle merde il se trouvait.

- Alors vous le savez hein… Ce connard s'est lancé à ma recherche et n'a pas pu s'empêcher de le dire à tout le monde n'est-ce pas ? Dites-moi Smith, que feriez vous si votre géniteur, qui s'avère être un enculé de première, vous enfermait tout au long de votre existence ? Si vos projets pour l'avenir seraient ceux de rester dans un trône à engraisser tranquillement sans jamais pouvoir mettre un pied dehors ? Toujours surveillé, escorté, cloîtré entre les murs de votre château tel un oiseau en cage ? Vous auriez fait comme moi vous ? Vous vous seriez enfuit de cette prison ?

Erwin répondit d'une voix plus douce :

- Oui Eren. Je me serais enfuit. Je comprends ce que tu ressens crois moi. Mais le garçon n'avait pas fini

Et si des soldats vous avaient trouvé, vous les auriez tués vous ? Il releva brusquement la tête et hurlait à présent. Vous les auriez tués ? Des pas se firent entendre mais il n'en eut que faire et continua de déverser sa peine sur cet inconnu. Si vous aviez eut à choisir entre vous faire prendre et enfermer de nouveau ou bien les tuer pour la liberté, qu'auriez vous fait, qu'auriez vous fait hein ? Mais Erwin n'hésita pas sur les mots à répondre. Il restait calme, calme en dépit de cette âme tourmentée de chagrin qui lui hurlait dessus.

- Eren, Je sais au moins aussi bien que toi à quel point la liberté peut être chère au cœur d'un homme. Il s'attendait à ce que l'adolescent parle de nouveau mais comme ce ne fut pas le cas, il continua sa tirade en prenant bien garde à maintenir le contact visuel. Je suis au courant pour ton identité, ta fuite, et… Il hésita quelques instants.… Et ce que tu as fait à la lisière de la forêt. Eren, j'ai vu ce que tu as fait. Il y eut une courte pause mais Eren le regardait, captivé par ses mots.

- Ecoute, je suis à la tête d'une organisation… Qui n'est pas en accord avec le régime imposé par ton père. Le sujet était délicat. Eren réagit enfin et sa voix éraillée retentit de nouveau :

- Vous êtes des rebelles ? Il ne semblait pas avoir d'inquiétude dans son expression. Juste de l'étonnement. Erwin se détendit légèrement.

- Oui. Nous sommes un groupe de rebelles. Cette démonstration de ton pouvoir… Etait impressionnante. Tu pourrais être un de nos plus précieux éléments comprends-tu ? De plus, toi seul parmi nous connaît aussi bien les lieux de château. Il baissa encore d'un ton. Eren, rallie notre cause. Ce que je te montre là, c'est un chemin ardu et violent, des épreuves très dures, et peu être un combat sans avenir, ou dans lequel tu ne voudrais pas intervenir. Mais même si je ne peux garantir ton confort, ni même ta survie, je peux t'offrir la liberté. Tu peux être libre ici. Pas là bas Eren. Je te laisse le temps qu'il faut pour réfléchir à ma proposition, et d'ici ta réponse, tu as le loisir de disposer des locaux à ta volonté. Essaie juste de te faire discret, afin qu'une personne ne faisant pas partie de l'organisation ne te reconnaisse et te dénonce. Etant donné ta valeur, et excuse moi de parler ainsi de toi, je vais te confier à la garde d'un de mes hommes. Mais je ne veux pas que tu le prennes mal, on n'est pas là pour t'enferm… Eren lui coupa la parole.

- C'est d'accord. Ce fut au tour d'Erwin de tomber des nues. Et aussi à son tour d'émettre cette splendide réponse qui l'avait fait sourire à peine plus tôt.

- Quoi ? Eren répéta en détachant bien chaque syllabe :

- C'est d'accord. Puis il ajouta : je ne veux plus grandir sous le joug de mon père, je le tuerais même s'il le faudrait. Il n'y a pas de temps de réponse, elle est là : Je suis d'accord. Je me rallie à vous. Et je sais que vous allez me demander de me laisser escorter, par mesure de sécurité, mais que vous avez peur que je le comprenne de travers. Mais ne vous en faîtes pas, vous avez le droit de m'escorter.

Erwin sembla sur le point de répondre mais Eren continua en faisant mine de ne pas l'avoir remarqué, même si ils savaient tous les deux qu'il venait de l'ignorer. Dans la même foulée, il aperçu quelques personnes derrière le blond, mais n'y prêta pas plus attention, il aurait tout le temps de le faire après.

- Mais je pose certaines conditions à ce traitement. Il attendit un moment et ce fut le hochement de tête d'Erwin qui le poussa à aller au bout de son idée.

- Vous pourrez me surveiller, mais faîtes le bien. Je ne sais absolument pas de quoi je suis capable quand je me laisse emporter, c'est la stricte vérité. Tout petit déjà, je causais pas mal d'incidents, et c'est d'ailleurs une des raisons pour laquelle mon père m'a autant couvé. Ce qui m'amène à la deuxième condition : contrairement à lui, au lieu de tout faire pour m'en priver, je voudrais apprendre à maîtriser ce don. Et je sais que je vais avoir besoin d'aide de spécialistes. Alors j'attends de vous et de vos rebelles, que vous me fournissiez cette aide.

Erwin resta bouche bée. Décidemment, ce gosse renfermait bien des surprises. Il passait de terrifié à négociateur. Et il négociait très bien. De plus, chacune des conditions posées l'arrangeait fortement. Oui, ce serait une excellente affaire. Erwin sourit très franchement cette fois ci et se releva. Eren, qui se rendit-compte qu'il avait passé tout son temps de parole assis dans le coin de la pièce, fit de même en rougissant légèrement d'embarras. Erwin lui fit face de nouveau et dit :

- C'est d'accord. D'accord pour tout. Il se tourna ensuite vers les autres personnes présentes dans la pièce. Je te présente Hanji Zoe, Petra Ral, Auruo Bossard, Erd Gin, Gunter Shultz et Levi Ackerman.

Eren s'autorisa enfin à regarder les autres personnes présentes dans la chambre (il se souvint qu'elles étaient entrées lorsqu'il avait hurlé après le chef des rebelles).

La première qu'il avait nommé, Hanji, était une femme assez grande, les cheveux bruns partant dans tous les sens malgré sa queue de cheval. Elle portait des lunettes rectangulaires, qui pourraient lui donner un air strict et sévère sans son expression faciale joviale. Oui, elle avait l'air pétillant, pleine de vie, et Eren décida qu'il l'aimait bien au premier regard. La petite femme à côté, Petra, était une rousse aux cheveux courts attachés de deux petites barrettes sur le côté. Son air sage lui donnait une allure enfantine que sa petite taille confortait. Elle lui souriait gentiment, pleine de gentillesse. A côté d'elle, Auruo le fixait avec un air supérieur qui déplut fortement au garçon. Mais inutile de s'énerver maintenant, pensa t-il. Il aurait tout le temps de le faire une fois intégré. Il détourna donc son attention sur les deux suivants, Erd et Gunter. Le dénommé Gunter avait une coupe de cheveux noire assez bizarrement penchée sur le côté, tandis qu'Erd arborait des cheveux longs attachés derrière la tête. Ils semblaient tous deux droits et sérieux, et étaient presque aussi grand qu'Erwin, qui présentement était la personne la plus haute en taille. On ne pouvait pas en dire autant du dernier nommé, Ce Levi. Lui arborait des cheveux soyeux et noirs, coupés à la undercut, et un air blasé, voire profondément ennuyé. L'attention d'Eren resta sur lui un peu plus longtemps, car malgré sa petite taille, c'était lui que l'on remarquait le plus dans ce groupe. Eren n'aurait su expliquer pourquoi d'ailleurs.

Il détourna finalement son regard et Erwin le remarquant, continua de lui parler.

- Ces six personnes sont celles qui possèdent les dons les plus importants dans notre organisation, et je pense qu'elles seront celles qui seront le plus à même de t'intégrer ici. Levi est notre plus précieux élément pour l'instant, ce sera donc à lui d'assurer ta protection.

Eren acquiesça, et espéra intérieurement que ce Levi serait assez fort pour le maîtriser au cas où… Il referait une crise. Erwin, à son mouvement, reprit la parole :

- Hanji, dit t-il en se tournant vers elle, je te charge de la progression d'Eren avec son pouvoir. Tu pourras faire appel à n'importe qui présent dans cette pièce pour t'épauler dans la tâche. Les autres, je vous demande juste de veiller un peu de temps en temps sur Eren, afin de vous assurer que tout va bien. Vous devrez évidement aider Hanji si elle vous le demande compris ?

Tous se mirent en position de salut, un poing paume vers le ciel au niveau du cœur et l'autre vers le bas du dos.

- Oui monsieur ! Erwin les fit rompre d'un hochement de tête et les congédia.

- Vous pouvez repartir.

Tous les six marchèrent vers la porte mais Erwin retint Levi qui faisait de même.

- Non pas toi Levi, tu dois rester auprès d'Eren souviens-toi. Son ton était moins doux que tout à l'heure, Eren fronça les sourcils, pourquoi Erwin était-il dur envers son « plus précieux élément » ? Il ne s'interrogea pas plus car Levi répondit, et il fut captivé par sa voix grave.

- D'accord, il vient avec moi alors. Où est-ce-que je l'installe ? Etrangement, il se pliait aux ordres sans broncher.

- Dans la chambre inoccupée voisine de la tienne, afin que tu puisses bien t'en charger. Commence donc par lui faire visiter les lieux.

Erwin sortit lui aussi de la pièce sur ces mots, laissant Eren et Levi seuls dans la chambre.

- Bon alors tu viens le morveux ?