Disclamer : les personnages et l'univers appartiennent à Masami Kurumada.

Zina : Merci pour ton com et un grand merci de ne pas trouver ce couple étrange, lol. Oui, Hyoga et Shiryu passent beaucoup de temps ensemble dans l'arc Hadès. voici la suite et j'espère que l'histoire continuera à te plaire. Merci encore !

Voici la suite, bonne lecture à tous !


Chapitre 2

Appartement de Hyoga

Hyoga sursauta et se jeta sur le téléphone avant que la sonnerie stridente ne réveille son fils. Il regarda furtivement l'heure, minuit trente. Il s'était couché il y avait un peu plus d'une heure. Qui pouvait l'appeler si tardivement ?

Dix minutes plus tard, il tambourinait à la porte d'en face. Shiryu vint ouvrir, à moitié endormi et juste vêtu d'un pantalon enfilé à la hâte :

- Hyoga ? Qu'est-ce qui t'arrives ?

- Viens garder Gabriel, il dort ! Reste chez moi en attendant que je revienne. Il y a un problème. Il faut que j'y aille ! expliqua-t-il rapidement en tirant son ami à peine vêtu chez lui. Il referma tout aussi vite la porte de l'appartement de Shiryu et lui montra la chambre de son fils et la sienne pour qu'il se recouche :

- Je reviens le plus vite possible, fais comme chez toi ! Je te revaudrais ça ! dit-il encore avant de quitter les lieux en toute hâte.

Shiryu, encore éberlué par la rapidité de ce qui venait de se passer se contenta de jeter un coup d'œil à l'enfant qui dormait profondément avant d'aller s'installer dans le lit de Hyoga. Il soupira d'aise en enfouissant son visage dans l'oreiller qui laissait s'échapper l'odeur si familière de son ami, s'apercevant d'un coup qu'elle lui avait manquée. Il souriait en se rendormant.

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Hyoga courait comme si sa vie en dépendait. Il arriva en bas de l'immeuble de Camus en même temps que Milo qui avait fini par s'inquiéter que son bras droit ne réponde pas à ses nombreux appels :

- Milo ! Vite, il y a un problème avec Camus !

- Tu sais où c'est ?

- Oui, suis-moi ! cria le jeune homme en s'élançant dans l'escalier.

Ils arrivèrent rapidement devant la porte close de l'appartement du français et Hyoga sortit les clés que Camus lui avait confiées du temps de leurs rendez-vous quand il lui enseignait la langue de son pays.

Ils le trouvèrent inconscient dans le salon, la bouteille vide encore tenue par sa main traînant à terre. Milo resta tétanisé par le spectacle du français, ses longs cheveux indigo en désordre répandus sur le canapé et son visage blême.

Heureusement, Hyoga réalisa rapidement la situation en découvrant une plaquette vide de médicaments sur la table basse :

- Bon Dieu, mais qu'est-ce qui lui a pris ? hurla-t-il en prenant son pouls. Aide-moi ! cria-t-il à Milo en soulevant Camus.

Ce dernier réagit enfin et se précipita pour l'aider à soutenir son ami que Hyoga guidait jusqu'à la salle de bain où ils le déposèrent sous la douche :

- Essaie de le réveiller, arrose-le et n'hésite pas à le gifler ! dit-il en disparaissant dans l'appartement.

- Qu'est-ce que tu vas faire ? s'inquiéta Milo en s'emparant de la douche.

- Fabriquer un cocktail pour le faire vomir, ce qu'il a pris n'est pas grave, mais ajouté à l'alcool, il a besoin de l'évacuer !

Réveiller le français ne fut pas une mince affaire, mais Milo se battait avec une énergie nouvelle, ce que lui avait dit Hyoga le rassurait en partie sur les intentions de Camus.

Un instant, il avait eu peur qu'il ne se soit suicidé, mais visiblement le français était juste à bout et avait fait un cocktail un peu trop chargé. Pourquoi ? Il verrait ça plus tard…

Camus ouvrit enfin les yeux, mais ce n'est pas Milo qu'il vit en face de lui, mais le cauchemar de ses jeunes années et il le repoussa violement en hurlant :

- Laisse-moi espèce de pervers !

- Camus…

- Ne l'écoutes pas, il délire ! intervint Hyoga en arrivant avec un verre dont le grec ne chercha même pas à savoir ce qu'il contenait. Pendant ce temps le français continuait à l'invectiver méchamment :

- Tu ne m'as pas fait assez souffrir, hein, ricanait-il, je ne suis pas seulement ton objet sexuel, je dois devenir celui de tes nombreuses relations ? Et ma mère qui…

Hyoga coupa court à son discours en profitant de la bouche largement ouverte pour y faire tomber le liquide en pinçant le nez de Camus pour le forcer à l'avaler.

Ce dernier suffoqua et devint blanc comme un linge :

- Hyoga tu sais vraiment ce que tu fais ? s'inquiéta Milo.

Mais le blond attrapait déjà une bassine alors que Camus commençait à sursauter sous la réaction violente qu'avait provoquée la mixture sur son estomac qui rejeta tout en bloc.

Hyoga et Milo n'eurent que le temps de le maintenir et de dégager sa chevelure.

Une heure plus tard, le français dormait paisiblement dans son lit, lavé et vêtu d'un caleçon et d'un tee-shirt que Hyoga avait déniché dans un tiroir. Milo veillait à ses côtés :

- J'ai nettoyé et fais du café. Tu en veux Milo ?

- Merci, dit celui-ci en saisissant la tasse que lui tendait son employé. Tu sais ce qui lui a pris ?

- Non, mais ça doit avoir un rapport avec ça, dit-il en lui tendant une page de magazine qu'il avait trouvé froissée en rangeant le salon.

Milo s'en saisit et regarda mais ne vit rien de particulier, il la posa sur le lit et releva la tête vers Hyoga :

- Comment as-tu su ?

- Il m'a appelé vers minuit et demi pour me dire que je devrais m'occuper de Shiryu à sa place pour la journée de demain car il ne serait pas là. Vu l'heure et sa voix, j'ai préféré venir voir.

- Tu crois qu'il a voulu… commença le grec.

- Non, le coupa Hyoga, aucune chance. Ce qu'il a pris n'est pas fatal et il le savait… Plutôt un besoin d'oubli je dirais. Mais il te le dira, tu peux rester ?

- Oui, bien sûr… Mais au fait et Gabriel ?

- Je l'ai confié à Shiryu. Figures-toi que Camus lui a indiqué l'appartement qui venait de se libérer en face du mien, expliqua le blond. Je me demande d'ailleurs ce qu'il a bien pu penser de tout cela…

Milo sourit, Camus pensait vraiment à tout. En imposant au chercheur son ami si près de son univers, il ne pouvait que découvrir rapidement ce qui retenait toute l'énergie de Hyoga en dehors de son travail :

- Vas-y si tu veux et ne vous pressez pas demain matin, je resterais ici jusqu'à ce qu'il se réveille, alors appelle sur mon portable au cas où.

- Ok, dit Hyoga, il reste encore du café dans la cuisine si tu veux, rajouta-t-il avant de repartir chez lui.

Milo s'installa confortablement dans le grand lit du français, lisant en tout sens la page arrachée trouvée par Hyoga. Pris d'une subite idée, il se rendit au salon pour trouver la totalité du magazine qui était bien celui que Camus avait emmené en quittant son bureau et retourna s'installer auprès de lui, veillant sur son sommeil. Malheureusement ce dernier était en français et le grec maîtrisait mal cette langue. Courageusement il se lança dans le déchiffrage des titres des différents articles.

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Appartement de Hyoga

Comme chaque matin, Gabriel sauta de son lit pour se précipiter dans celui se son père en criant un joyeux :

- Bonjour papa !

Mais ce matin-là il s'ensuivit un véritable cri d'effroi de l'enfant quand la tête qui surgit des draps se révéla être aussi brune que son père était blond :

- Gabriel ! Attends, je vais t'expliquer, plaida Shiryu pas habitué à ce genre de réveil en fanfare, mais déjà l'enfant courait dans l'appartement en criant désespérément :

- Papa ! Papa !

Shiryu jura et se précipita à sa suite sans prendre le temps de se vêtir. Il le rattrapa au salon où Gabriel se jetait sur le canapé en y découvrant son père qui venait de s'asseoir émergeant de sa courte nuit :

- Calme, je suis là, dit-il en recevant la petite tornade blonde qui séchait déjà quelques larmes avant de partir, rassurée, tranquillement à la cuisine.

Hyoga le suivit du regard en souriant et s'aperçut alors que son ami s'était figé sur le seuil du salon. Il reporta son regard sur lui et fit de même.

Shiryu, ses longs cheveux noirs en batailles, juste vêtu d'un caleçon dévoilant son corps splendide, avait les joues en feu et le regard rivé sur lui, également à demi nu.

Ce n'était pourtant pas une première pour les deux garçons qui avaient partagé leur intimité de se voir dans cette tenue, mais étrangement ce fut presque comme s'ils se découvraient pour la première fois.

Hyoga pouvait admirer à loisir les muscles de son torse bien dessinés, les longues jambes fuselées et musclées rafraîchissant sa mémoire de ces images qu'il observait en cachette autrefois et qui le faisaient tant fantasmer. Les longs cheveux d'ébènes qui se perdaient ça et là sur ce corps si parfait à son goût et qu'il savait soyeux au possible pour les avoir démêlés et caresser plus d'une fois. Le tout dégageait toujours avec force, et peut-être encore plus encore que dans ses souvenirs, cette incroyable sérénité. Mais pourquoi semblait-il si gêné ?

Un cri joyeux venant de la cuisine et réclamant son petit-déjeuner mis brutalement fin à la magie de ce moment. Shiryu tourna les talons et repartit précipitamment alors que Hyoga enfilait rapidement un jogging et un tee-shirt pour rejoindre son fils.

Le brun ferma la porte de la chambre avant de se laisser glisser sur le sol, bouleversé par ce qu'il venait de découvrir et resta ainsi de longues minutes ainsi avant de se décider à bouger.

Une fois rhabillé plus décemment, il s'éclipsa discrètement de l'appartement et retourna chez lui.

Hyoga sentit son cœur bondir douloureusement dans sa poitrine en entendant la porte d'entrée se refermer, mais vaillamment, il se retourna tout sourire pour servir Gabriel qui lui offrit en retour le plus beau des siens. Comme seuls savent si bien le faire les enfants et qui apaisent les plus vives douleurs du cœur…

Dans l'appartement d'en face, Shiryu se glissa sous la douche, reprenant peu à peu ses esprits. Il s'était récemment posé la question de ses sentiments vis-à-vis de son ami et maintenant voisin, la réponse venait de lui sauter aux yeux… Le voir se réveiller, ses cheveux blonds en tout sens, serrant dans ses bras un bout de chou qui lui ressemblait tant, l'avait complètement pris au dépourvu. Déjà la veille, cette image l'avait profondément troublée… mais là… une chaleur s'était répandu dans son corps… une chaleur qu'il n'avait pas ressentie depuis bien longtemps. Depuis trois ans en fait. Avait-il été si lâche pour fuir tout ce temps ses propres sentiments ? Non, il venait seulement de les comprendre.

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Appartement de Camus

Camus émergea doucement, surpris de ne pas être plus mal en point. Une violente nausée le saisit et il se précipita aux toilettes, allant ensuite à la salle de bain.

Une douleur lancinante lui vrillait le crâne mais quoi de plus normal avec ce qu'il avait pris ? Il se dirigea vers la cuisine en se demandant si son estomac supporterait du café, étonné de la tenue qu'il portait. Il ne se rappelait même pas avoir été se coucher. Il se figea sur le seuil de la pièce qu'il venait d'atteindre et se demanda un instant s'il était encore sous les effets de l'alcool :

- Bonjour Camus, comment tu te sens ?

- Milo ?

- Tu veux du café ? Ou préfères-tu d'abord une aspirine ?

Camus jeta un coup d'œil au salon, en ordre, et sans aucune trace de ses excès de la veille. Il prit l'aspirine et le café, s'installa à la table de la cuisine et attendit que le premier fasse effet avant de poser la question qui lui brûlait les lèvres.

Milo le laissa tranquillement émerger et partit dans le salon téléphoner à Hyoga pour le rassurer sur l'état du français. Il trouva ce dernier encore chez lui et discuta un moment boulot avec lui avant de revenir vers son bras droit :

- Tu te sens mieux ? demanda-t-il à nouveau.

- Oui, ça va… Milo ?

- Oui ?

- Que fais-tu ici ? Et comment es-tu entré ?

- Hyoga m'a ouvert, il s'inquiétait et moi aussi. Si tu m'expliquais ?

Mais seul le silence lui répondit.

Le grec se resservit un café et vint s'asseoir en face de son ami. Camus gardait la tête baissée vers sa tasse. Milo tendit sa main et la releva doucement, jusqu'à plonger dans les prunelles qui reflétaient en cet instant toute la détresse de son propriétaire :

- Camus, parle-moi…

- Ah quoi bon, c'est du passé, répondit le français qui s'était rapidement repris et se dégagea en se levant.

Mais Milo ne voulait pas abandonner si vite, pas après ce qu'il avait pu déduire de sa nuit de veille. Il se leva et le rattrapa, l'entourant de ses bras et glissa sa tête sur son épaule. Le français se figea :

- Ne comprends-tu pas Camus que je t'aime ? J'étais si heureux hier quand tu m'as accordé ce baiser. J'ai cru mourir en te découvrant dans cet état… si Hyoga n'avait pas réagi si vite.

- Milo…

- Non, laisse-moi finir ! J'ignore ce qui te ronge autant… ce pourquoi tu t'interdis d'aimer. Tu as dit des choses horribles cette nuit… des choses qui m'ont fait mal.

Camus sursauta mais ne chercha pas à se dégager :

- Je veux juste t'aimer comme tu le mérites. Laisse-moi guérir tes blessures. Laisse-nous une chance, l'implora-t-il.

Camus ne bougeait toujours pas, Milo ne desserra pas son étreinte et enfouit sa tête dans sa chevelure, humant avec délice les effluves de shampoing qui s'en dégageaient.

De longues minutes s'égrenèrent ainsi sans qu'aucun d'eux ne mettent fin à ce moment d'intimité, comme si le temps se suspendait, accordant une pause au français pour se décider.

Un choix à faire… un tournant à prendre… comment savoir si c'est le bon ? Si tout ne s'effacera pas demain brutalement ? Juste un pas… un tout petit pas… un espoir enfin ?

Camus se tourna lentement et plongea son regard dans celui de l'homme en face de lui, doucement son visage se rapprocha jusqu'à sentir son souffle l'effleurer. Milo sentit son cœur s'emballer et combla le reste de la distance, unissant leurs lèvres.

Elles se caressèrent d'abord, se goûtant mutuellement. Milo resserra légèrement son étreinte, attirant un peu plus le français dans ses bras. Ce dernier noua les siens autour de son cou et approfondit un peu le baiser, passant sa langue sur les lèvres de son patron, en prenant la direction.

Le grec répondit à l'invite et le laissa envahir sa bouche, savourant cette première victoire même s'il devinait que la bataille serait encore longue. Mais pour le moment présent, il s'abandonna, ivre de bonheur et le corps frissonnant de toutes parts.

Rapidement leur baiser s'enflamma. Leurs langues jouaient, se caressaient, se quittaient pour mieux se retrouver ensuite et s'entraîner encore et encore, les laissant sans souffle. Mais Camus finit par le rompre et enfouir sa tête dans le cou du grec

- Je ne suis pas prêt Milo…

- On a tout notre temps, lui répondit ce dernier sans desserrer son étreinte, caressant doucement le dos du français.

Oui, maintenant il avait tout son temps pour apprivoiser et guérir l'homme blessé dans ses bras, pensa-t-il en souriant.

Ooo000ooO

Shiryu sortit de son appartement et frappa à celui d'en face, comme il en avait convenu la veille au soir. Presque une éternité avant, songea le japonais en s'armant d'un sourire. Gabriel vint lui ouvrir, une brosse à cheveux dans les mains :

- Papa ! Dépêche-toi ! C'est Shiryu ! cria-t-il en repartant rapidement dans la salle de bain.

- J'arrive ! Où tu as mis ton maillot de bain ? répondit Hyoga en passant rapidement devant son ami avec un sourire d'excuse. Je l'ai ! Tu crois que c'est sa place sur le canapé ? gronda-t-il doucement.

- C'n'est pas moi ! répondit son fils innocemment. J'n'arrive pas à me coiffer !

- Donne, intervint Shiryu en lui prenant la brosse et en démêlant ses cheveux avant de la tendre à son ami qui s'en débarrassa en la posant sur le premier meuble venu.

- Merci Shiryu, dit Hyoga. Tu as tout ? demanda-t-il encore à son fils

- C'est bon !

Ils quittèrent rapidement l'immeuble, Hyoga tenant Gabriel par la main, en pleine explication de sa future journée à leur tout nouveau voisin qui l'écoutait en souriant.

L'école se trouvait à proximité et Gabriel embrassa les deux adultes avant de courir vers ses camarades :

- Ouf ! On est à l'heure ! s'écria Hyoga.

- C'est comme ça tous les matins ? l'interrogea Shiryu, amusé.

- Là, ça allait encore, des fois c'est vraiment juste, lui répondit son ami en souriant. A nous maintenant, tu veux boire un café ? Enfin plutôt un thé, tu le préfères au café le matin, je crois ? On a un peu de temps devant nous…

- On ne risque pas d'être en retard, pour mon premier jour ? répondit Shiryu en le suivant néanmoins dans un café tout proche où ils s'assirent tous les deux.

- Non. Et je te dois une explication pour cette nuit. Merci d'ailleurs à ce propos…

- C'est rien, Gabriel ne s'est pas réveillé. En fait, je ne t'ai même pas entendu rentrer, dit-il pensivement.

- Tu dormais si bien, je n'ai pas eu le cœur de te réveiller, expliqua son ami en souriant.

C'est vrai, pensa Hyoga, quand il était revenu, Shiryu dormait à poing fermé serrant fermement entre ses bras son oreiller comme un trésor. L'image l'avait fait sourire et il s'était installé dans le canapé.

Shiryu rougit légèrement à sa remarque et plongea dans sa tasse de thé :

- Que s'est-il passé ? demanda-t-il.

- Camus a eu un souci et j'ai dû aller chez lui en catastrophe. Milo doit y être encore, il m'a appelé tout à l'heure pour me donner de ses nouvelles. Tout allait bien, ils n'arriveront sans doute pas tout de suite. Du coup, tu vas être obligé de me supporter pour ton premier jour.

- Ce n'est pas vraiment un problème. De toute façon, on doit travailler ensemble non ?

- Oui, mais sur un nouveau projet et je ne pense pas qu'ils nous le donneront aujourd'hui… vu les circonstances. Hyoga fit une pause avant de continuer. Je préfère te prévenir, je ne suis pas vraiment facile dans le travail et…

- Et ? l'encouragea Shiryu.

- J'ai rejeté tous les assistants que Milo a essayé de m'imposer jusqu'à maintenant, en général je préfère travailler seul. Je voulais que tu le saches.

- Tu as toujours fonctionné ainsi Hyoga, je ne vois pas où est le problème, lui répondit Shiryu en souriant.

Non… ne me souris pas comme ça Shiryu… ça fait trop mal…

- Ma vie a changé, reprit-il gravement en tentant d'ignorer ses battements de cœur qui s'étaient brutalement affolé. Je ne suis plus celui que tu as côtoyé à la fac.

- On ne change jamais complètement, tu sais. Et puis ce bout de chou qui vit avec toi a forcément bouleversé ta façon de voir les choses, c'est on ne peut plus normal. Mais tu auras bien le temps de me raconter tout cela. Je ne compte pas démissionner aussi vite Hyoga, affirma Shiryu en ancrant ses émeraudes dans l'azur de ceux de son vis-à-vis.

Non… je n'abandonnerais pas avant de voir ton vrai sourire sur ton visage… celui que je connais… celui qui m'a tant manqué… pas maintenant que j'ai enfin pris conscience de ce que je ressens pour toi Hyoga…

Le blond sembla un instant déstabilisé par le regard insistant de son ami, mais très vite il coupa le lien, fuyant une fois de plus :

- D'accord, on essaie mais ne viens pas te plaindre ensuite ! accorda-t-il un peu à contrecœur.

- Ne t'inquiètes pas, tu ne verras même pas la différence, je sais me faire discret quand il le faut, sourit Shiryu.

Comment pourrais-je ne pas te voir Shiryu…. rien que ta présence me comble de bonheur… mais il y a Gabriel et pour lui, je dois m'en tenir à ma ligne de conduite… mais avec toi à mes côtés, je crains le pire…

Ils gagnèrent ensuite le bureau et la matinée s'écoula rapidement. Hyoga regagna son labo et confia Shiryu aux bons soins de son stagiaire, plus féru d'informatique que d'analyse, et qui se fit un plaisir d'expliquer au nouvel arrivant les méandres des programmes que la société utilisait.

Shiryu se retrouva très vite dans son élément en découvrant le projet sur lequel travaillait encore son ami et qui arrivait effectivement à son terme. Il comprit également rapidement que le plus gros manque de Hyoga était toujours son organisation et entreprit de remettre en ordre les différents résultats et analyses.

Vers treize heures, il alla voir la secrétaire de Milo, seule autre personne qu'il connaissait ici, pour lui demander où acheter des bentos. La jeune femme se fit un plaisir de lui en faire livrer deux et Shiryu osa pénétrer dans le sacro-saint labo de son ami :

- Hyoga ?

- Oui ?

- Viens manger, j'ai fait livrer des bentos, tu les aimes toujours non ?

Le blond leva la tête de son microscope et regarda pensivement son nouvel assistant qui lui souriait :

- Rien ne change tu disais ce matin non ?

- C'est vrai, rien ne change totalement. La preuve en est que je dois toujours veiller à ce que tu te nourrisses correctement… se moqua gentiment Shiryu.

Hyoga sourit à son tour :

- Je termine ça et j'arrive, dit-il.

- Ok, cinq minutes ! Pas plus ! répondit Shiryu avec un air des plus sérieux en faisant demi-tour.

Le blond reporta son regard dans le microscope en souriant, se hâtant de terminer son observation pour rejoindre son assistant.

Il eut un temps d'arrêt en pénétrant dans son bureau, découvrant la pièce presque entièrement rangée. C'est vrai que Shiryu était particulièrement ordonné contrairement à lui et il avait déjà mis sa matinée à profit pour dégager le bureau ainsi que la petite table et le canapé d'habitude recouvert de divers papiers et revues scientifiques :

- Viens t'asseoir, lui dit Shiryu en souriant.

Il obéit et chercha son stagiaire du regard :

- Ne le cherches pas, je l'ai envoyé en salle informatique pour qu'il apporte quelques améliorations au système d'exploitation que je dois utiliser.

- Mais ce n'est pas vraiment son boulot…

- Non… mais il devrait revoir son orientation car au moins dans ce domaine, il est très doué ! Contrairement à la science.

- De ce côté, tu n'as pas tort. Au labo c'est une catastrophe ambulante, soupira Hyoga en commençant à manger.

- J'imagine que tu as dû piquer des crises quand tu l'avais avec toi.

- Tu n'as pas idée ! En fait, je n'ai jamais trouvé quelqu'un qui soit aussi parfait que… commença Hyoga avant de s'interrompre brutalement devant ce qu'il allait dire.

- Aussi parfait que qui ? demanda innocemment Shiryu.

- Ça n'a pas d'importance, répondit le blond en replongeant dans son bento. Oublie !

Mais son ami se méprit sur ce brusque revirement et sentit une vague de jalousie l'envahir qu'il masqua bien vite sous un sourire triste. Après tout, comment pouvait-il lui reprocher de préférer avoir quelqu'un d'autre à ses côtés alors que lui n'avait compris que ce matin ses sentiments pour lui ? Il réalisa ce qu'avait dû endurer Hyoga tout au long de leurs années de fac devant son amitié. Elle avait du lui paraître bien dérisoire parfois :

- Tu sais, s'il y a vraiment quelqu'un avec qui tu veux travailler, tu devrais peut-être le dire à ton patron. Je suis sûr qu'il ferait le nécessaire pour me remplacer rapidement.

- Shiryu…

- A moins que cette personne ne soit plus de ce monde… pensa subitement tout haut le brun.

- Plus de ce monde ? Oh, je vois, tu penses à la mère de Gabriel ? Non, cela n'a rien à voir avec elle.

Shiryu se leva, ne sachant pas vraiment si cela était une bonne nouvelle pour lui. Après tout, il aurait peut-être préféré que cette personne si parfaite pour le blond ne soit plus vivante :

- Où vas-tu ? demanda Hyoga.

- Chercher du café. Il me semble que tu préfères le café au thé non ?

- Tu n'as pas oublié ça non plus ?

- Non, je n'ai pas oublié… ça et tant d'autres choses.

Le jeune chercheur le regarda sortir pensif… Il avait fort bien compris sa méprise mais il ne pouvait pas lui révéler que cette personne si parfaite n'était autre que lui. Il se prit la tête entre les mains en pesant qu'il se trouvait en plein dans ce genre de situation qu'il redoutait tant. Il devait faire attention à ses paroles… il ne voulait pas le blesser davantage qu'il ne venait de le faire. Mais ne pouvait se déclarer non plus… Quelle ironie, pensa-t-il, j'ai enfin retrouvé celui que j'aime mais je n'ai plus le droit de l'aimer.

- Un problème ? l'interrompit Milo.

- Non, juste une réflexion personnelle, éluda-t-il. Comment va Camus ?

- Mieux, mais il ne viendra que demain, et toi comment ça se passe avec ton nouvel assistant ?

- Oh, il est parfait, regardes mon bureau si tu en doutes, lui répondit Hyoga.

Milo sourit :

- Bonjour monsieur, dit Shiryu en arrivant. Vous voulez une tasse de café ? Votre secrétaire m'en a donnée un plein thermos.

- Bonjour Shiryu, je veux bien oui, répondit-il en s'installant au côté de Hyoga, ça changera de mon bureau.

Shiryu fit le service et s'installa à genoux en face d'eux :

- Nous avons l'habitude de nous retrouver autour d'un café pour discuter de l'avancée des projets que je confie à Hyoga, expliqua Milo au brun. Vous vous adaptez ?

- Oui, sans problème pour la partie rapport, j'ai mis de l'ordre ce matin dans le projet sur lequel travaille actuellement Hyoga.

- Tu as fait ça ? s'étonna ce dernier.

- Oui, pendant que tu travaillais au labo.

- Mais tu as rangé tout le bureau !

- J'ai eu le temps de faire les deux. Il me reste quelques analyses à classer et ce que tu es en train de finir, lui répondit son assistant.

- Bien, très bien même ! Je suis ravi que vous vous entendiez ! intervint Milo. Shiryu vous allez être d'un grand secours à notre tête brûlée !

- Merci monsieur…

- Oh, pas de monsieur, appelez-moi Milo comme tout le monde ici, d'accord ?

- Oui… Milo

- Bien ! Camus sera de retour demain et je pourrais vous confier le projet sur lequel vous allez essentiellement travailler à partir de maintenant.

- Qui consiste en ? demanda Hyoga curieux.

- Ça, c'est pour demain, dit-il en se levant. Bon je retourne à mon bureau !

- Tu as encore des trucs à faire ici ? demanda Hyoga à Shiryu dès qu'ils furent seuls.

- Pas spécialement, pourquoi ?

- Mets une blouse et suis-moi au labo, il faut que tu familiarises avec les différents appareils, même si tu en connais déjà les trois quarts.

Milo souriait en retournant à son bureau deux étages plus haut. Hyoga était tout comme Camus, même si leurs raisons étaient différentes, il s'interdisait d'aimer. Mais le grec était persuadé que Shiryu pouvait faire tomber ses barrières… tout comme lui ferait tomber celles du français.

Ce dernier ne lui avait encore rien dit de son passé et de ses blessures. Après leur baiser et ces quelques mots, il était allé prendre une douche et la conversation s'était tout naturellement orientée sur le travail à son retour. Mais le français lui avait demandé de passer ce soir.

Même s'ils mangeaient souvent ensemble le soir après le travail, Milo n'était jamais allé chez lui à part cette nuit. En général ils se retrouvaient toujours à l'extérieur et y mangeaient. Le grec avait respecté ce choix du français en ne l'emmenant pas non chez lui. Sa demande l'enchantait d'autant plus que ce dernier avait insisté pour qu'il vienne partager son repas. Même s'il ne dévoilait pas encore, cela ne ferait que resserrer leurs liens.

A suivre….