Non.
Il avait effacé le message lui étant adressé et avait écrit ces trois petites lettres à la place. Il ne savait pas qui lui parlait, mais de toute évidence ce n'était pas nécessaire de lui mentir, en plus de ça, cette personne semblait être au courant pour ses "activités" extra-scolaires.
Il retourna chez lui, l'esprit occupé par cette mystérieuse personne. Il se demandait qui cela pouvait bien être, mais il ne trouva aucune réponse, même pas une piste. Il oublia la question une fois sur le pas de sa porte, ce n'était pas si important certainement. Peut-être qu'il ne le saurait jamais et que leur échange s'arrêterait là.
Aucune importance de toute façon, il avait d'autres chats à fouetter.
Il signala son retour à la maison, et se répondit lui-même, il avait toujours cette habitude étrange en rentrant, cette habitude qui avait le don de lui plomber le morale. Il y avait des chances pour que Shintaro soit masochiste tout compte fait.
Il monta à l'étage lentement, gravissant les marches de l'escalier unes à unes en se disant qu'il devrait peut-être les balayer bientôt, tel le maniaque qu'il était.
Son sac posé sur son bureau, sa veste retirée et rangée, Midorima s'allongea sur son lit en fixant le plafond. Il appuya sur le bouton du poste à portée de main et lança son CD, laissant un doux morceau de piano emplir la pièce et en chasser le silence. Il retira ses lunettes et les posa sur sa table de nuit, fermant les yeux pour apprécier la mélodie.
La musique avait un pouvoir immense sur les gens, notamment sur Shintaro. Grand fan de musique classique, il pratiquait le piano, seul instrument capable de vraiment l'apaiser. En écouter en rentrant du lycée lui permettait de calmer ses nerfs après une journée éprouvante, ou tout simplement de lui faire du bien.
Ses doigts bougeaient dans les airs, suivant les notes et la mélodie comme s'il y était. Midorima vivait la musique et cette dernière l'aidait à vivre.
Lorsqu'il s'asseyait devant son piano, qu'il laissait à ses doigts toute la liberté possible, qu'il appuyait doucement sur les touches noires et blanches de l'instrument, Shintaro se sentait ailleurs, il se sentait différent, lui-même. Son esprit se perdait dans les notes, il se laissait aller où la musique le transportait. Il ne pouvait pas mentir, ni faire comme si de rien était. Il ne suivait jamais les partitions, préférant se laisser aller et exprimer tout ce qu'il taisait en permanence. Une échappatoire en quelque sorte.
Il avait d'ailleurs longtemps hésité à rejoindre le club de musique du lycée, mais il ne se sentait pas prêt à partager ça avec des inconnus, sa musique était la retranscription mélodique de qui il était, il ne voulait que quelqu'un l'entende. Pas tout de suite, ou peut-être jamais.
Une fois le morceau achevé, le vert remis ses lunettes et se redressa sur son lit. Il balaya du regard la pièce, elle était si...banale. Aucune décoration, aucune personnalisation, seulement des livres un peu partout, sur les étagères, sur le bureau, sur la commode et même au bout de son lit. Rien d'autre, aucune photo, aucune peluche, aucun souvenir. Cette chambre aurait pu appartenir à n'importe qui comme à personne.
Il se leva et retira son uniforme stricte, le remplaçant par une tenue à l'aise composée d'un t-shirt et d'un jogging en se disant que jamais de la vie il ne sortirait fagoter de la sorte. Il ne comprenait d'ailleurs pas ces gens qui se baladaient comme ça alors qu'ils ne faisaient pas de sport. Un jogging n'est pas un vêtement bon sang de bois ! C'est pour dormir ou pour se dépenser, pas pour...s'habiller !
Enfin soit. S'il devait relever tous les défauts de l'humanité, le pauvre n'était pas sorti de l'auberge.
Midorima se rassit sur son lit avec son ordinateur sur les genoux. Après avoir vérifié ses mails au cas où il recevrait des nouvelles de sa famille, il lança un épisode de Bleach. Le seul manga qu'il suivait depuis sa sortie sans vraiment savoir pourquoi... Il avait déjà regardé une dizaine de fois chaque épisode de l'animé mais il ne pouvait s'empêcher de recommencer à chaque fois. Pareil avec les tomes qu'il dévorait encore et encore, attendant avec impatience le prochain. Fait surprenant, Uryuu Ishida n'était pas son personnage préféré malgré leurs nombreuses similitudes... Non non, celui qu'il aimait le plus était Ulquiorra, celui qui avait un trou à la place du cœur.
Le vert avait une vision du cœur plutôt...sanglante. Pour lui ce n'était qu'un muscle pompant le sang, rien de plus. Il ne lui trouvait pas de sens philosophique ou romantique. L'amour n'était que l'attachement mutuel entre deux êtres, rien à voir avec le cœur. Il se demandait qui avait pu pondre une idée si débile, franchement.
Une fois l'épisode terminé, l'adolescent se leva et descendit à la cuisine pour réchauffer son plat préparé. Ce n'était pas très bon, mais quand même meilleur que ce qu'il aurait fait lui-même. Pour dire, il n'était même pas capable de cuire du riz ni même un œuf sur le plat. Tellement catastrophique que ça en devenait ridicule.
Il dégusta son riz et son bœuf ma foi assez fade, en silence. Il avait déjà essayé de se parler à voix haute tout seul, mais il ne trouvait rien à se dire. Et puis il se trouvait incroyablement ridicule surtout ! En plus il avait lu quelque part, il ne savait plus où, qu'un repas sans trop de bruit favorisait la digestion, donc il n'allumait pas la tv, ni la radio, pour ainsi faciliter son transit. Quel homme sage ce Midorima !
Il continua sa folle soirée en prenant une douche qu'il accueillit avec bonheur, réservant les bains pour le weekend. Il attendait toujours que l'eau soit brûlante pour passer sous le jet, très frileux, il ne supportait pas l'eau froide et préférait sortir rouge comme une écrevisse, même en plein été, plutôt que prendre une douche tiède. Une odeur de jasmin embauma la cabine lorsqu'il commença à se savonner, il aimait vraiment ce gel douche, floral et printanier. Shintaro aimait bien les odeurs de fleurs, sa mère lui avait d'ailleurs dit qu'il voulait être fleuriste quand il avait 4 ans, une idée qu'il avait totalement abandonnée, se passionnant plutôt pour les sciences et la médecine.
La folle soirée du vert continua par ses devoirs scolaires, à savoir ses exercices de mathématiques et la réalisation de ses fiches pour les cours du jour. Il prenait soin de réserver une heure chaque soir dans son emploi du temps débordé pour ses révisions et l'apprentissage de ses leçons. C'était quasiment le seul de toute sa classe à ne jamais faire de grimace pour une interrogation surprise, étant donné qu'il connaissait son cours sur le bout des doigts.
Il avait d'ailleurs un peu de peine pour tous ces élèves en difficulté qui se ramassaient toujours des notes catastrophique, enfin, seulement pour ceux qui faisaient des efforts. Ceux qui ne fichaient rien, il s'en tamponnait le coquillard, ils l'avaient bien cherché après tout ! Il avait déjà pensé à se proposer pour de l'aide aux devoirs ou du soutien scolaire, sans jamais en trouver le courage, quel couard il faisait par moments.
Une fois ses travaux scolaires terminés, il s'allongea sur son lit avec son téléphone. Il attendait toujours 21h pile pour appeler, comme un rituel…Ou juste une habitude maniaque qui refusait d'appeler à 20h58…
Le premier numéro appartenait visiblement à une vieille dame, certainement aussi âgée que sa grand-mère. Il avait réveillé la pauvre femme qui dormait depuis déjà une bonne demi-heure, visiblement il y avait des gens vraiment abruti dans son lycée pour écrire ce genre de numéro à la vue de tout le monde ! Ce genre de comportement immature et irrespectueux avait le don d'énerver Shintaro qui fronça les sourcils à s'en faire des rides.
Il devait se calmer avant d'appeler la prochaine victime, au cas où ce serait le même genre de blague pas drôle. Du coup il appela Kise, il avait l'intuition que le blond arriverait à le calmer, il ne savait pas vraiment pourquoi, peut-être sa voix joviale et son rire communicatif, en espérant qu'il ne pleure pas…
-Allo, Kise ?
-Oh Midorimacchi bonsoir ! Tu vas bien ? Dis tu m'appelles plus tôt que prévu, je te manque ou quoi ?
-Non pas du tout, j'avais juste le temps… Mais je vais relativement bien, merci.
-Pourquoi tu te sens obligé de dire tout ça ? Je te demandais juste un oui Midorimacchi…
-Désolé je ne savais pas qu'il y avait des ordonnances spéciales pour répondre à cette question…
-Tu recommences là Midorimacchi…
La voix du blond ne paraissait pas du tout ennuyée, malgré ses dires, mais plutôt amusée. Shintaro pouvait capter le petit ton taquin à travers le téléphone.
-Tu as passé une bonne journée Kise ?
-Oh la routine, les cours, le foot, oui je fais du foot, et après je suis allé à mon agence pour mon rendez-vous de ce week-end… C'était une journée banale en somme.
-Une agence… Tu es mannequin ou quoi ?
-Oui c'est ça ! Enfin mannequin c'est un bien grand mot, je pose pour un petit magazine d'adolescentes… Rien d'extraordinaire, mais ça m'aide à arrondir les fins de mois depuis que ma mère s'est faite licencier… Enfin je ne voudrais pas t'embêter avec ça, et toi ta journée ?
-Tu ne m'embêtes pas Kise, justement, je suis là si tu veux parler. Hm, ma journée était similaire à celle de la veille, rien de nouveau.
-J'y penserai alors, merci… Dis tu fais un sport toi ? Ou tu fais partie d'un club ?
-Non rien du tout…
-Oh c'est dommage, je serais venu te voir~ enfin même si je ne sais pas à quoi tu ressembles… Décris-toi s'il te plait !
-Je suis un homme…
-Oh ! Heureusement que tu me le dis ça, je n'aurais pas deviné sinon !
-J'ai des lunettes aussi… Et je suis plutôt grand.
-J'aime bien les lunettes, ça donne l'air intelligent !
-Dans mon cas ça me donne surtout la vue, mais soit…
-D'ailleurs en parlant de lunettes, aujourd'hui au réfectoire j'ai croisé un garçon qui en avait. Il m'a regardé bizarrement, mais il avait des yeux magnifiques, je te jure, il m'a…hypnotisé ! Il a dû me prendre pour un dingue à le regarder comme je l'ai fait… Mais bon il n'a pas détourné les yeux non plus donc je pense que je ne suis pas vraiment en tort de ce côté…
Shintaro garda le silence quelques instants, il n'était pas sûr à 100% mais Kise était bien en train de parler de lui non ? Devait-il lui dire ou garder le secret de cet échange visuel pour lui ? Était-il prêt à déjà se révéler autant au blond ?
-Tu sais Kise c'est impoli de fixer les gens.
-Désolé Midorimacchi, je ne recommencerai plus, promis !
-Bien dans ce cas.
Kise rigolait doucement dans le combiné. Un rire frais, pur et enfantin, un vrai rire. Un rire différent que son sourire de l'après-midi, mais tout aussi beau.
-Tu as quel âge Midorimacchi ?
-17 ans.
-Oh alors tu es en deuxième année ? Comme moi, imagines, peut-être qu'on est dans la même classe, ou qu'on se croise tous les jours sans le savoir… C'est bizarre quand je me dis que je passe à côté de toi sans même y faire attention, que je te laisse tout seul alors que tu as besoin de mes câlins…
-Je n'ai pas besoin de tes câlins Kise…
-Tout le monde en a besoin de mes câlins, ils sont trop cools !
-Si tu le dis.
-C'est dingue de ce dire qu'on partage la vie de tellement de gens sans vraiment en faire partie, être juste dans le décor de leur existence...
-A mon sens la chose la plus dingue est de se dire qu'un jour une personne puisse résumer notre univers tout entier... Foutaises !
-J'imagine que tu n'es jamais tombé amoureux Midorimacchi.
-Je n'en vois pas l'intérêt.
-C'est justement parce que tu y cherche un intérêt que tu ne peux pas le trouver.
-Je ne sais pas..
La discussion des deux jeunes gens continua encore un bon moment, le blond ne pouvait plus s'arrêter de parler, et le vert se plaisait à l'écouter décrire les terribles entraînements qu'il subissait au foot ou encore la façon dont il choisissait son shampoing. Seulement toutes les bonnes choses ont une fin.
-Midorimacchi je suis désolé je dois raccrocher, sinon senpai va me tuer de l'avoir délaissé si longtemps pour un autre garçon...
-Je comprends, je te laisse vaquer à tes occupations, bonne nuit Kise.
-Bonne nuit Midorimacchi, fais de beaux rêves~
Le vide empli à nouveau la chambre de Shintaro, la rendant que plus angoissante. Presque heureusement, il avait encore un numéro à appeler, quelques minutes à combler et quelqu'un à qui parler. Certes, il n'était plus l'heure d'appeler les gens, de les déranger dans leur sommeil mais Midorima avait besoin de ça pour trouver le sien.
Depuis quand au juste cette activité était-elle devenue si importante pour lui ? Pourquoi avait-il besoin de ça pour se sentir mieux ?
Il n'avait pas les réponses, juste la solution, continuer, encore et encore, sans relâche.
Malheureusement pour lui le numéro le laissa se heurter à une messagerie. Il rappellerait le lendemain soir.
Seulement maintenant il était bien embêter, il ne savait pas quoi faire, la fatigue ne semblait pas vouloir pointer le bout de son nez, et il n'avait aucune idée avec quoi s'occuper… Ah que les soirées et les nuits pouvaient être longues parfois, quand le sommeil avait décidé de ne pas gratifier le vert de sa lourde et pesante présence. Il comptait plus les nuits blanches passées allongé dans son lit à attendre que ses rêves s'emparent de lui.
Pendant ces soirées, il tentait un tas de choses, comme la lecture, le visionnage de film ou de série, prendre un bain ou boire un chocolat, compte les moutons oui regarder les étoiles… Rien ne marchait, et cette situation revenait de plus en plus souvent. Il avait pensé à contacter un médecin au sujet de ses insomnies, mais si le problème ne se révélait non pas physique mais psychologique, il était certain de devoir aller consulter un psy. Ce qui, évidemment, n'était pas dans ses projets, pas le moins du monde.
Et puis franchement, ce serait du temps perdu que d'aller voir un psy, il ne ferait que lui énoncer des faits dont il avait déjà connaissance comme le fait qu'il doit se faire des amis, s'ouvrir aux autres, et tout un tas de sornettes du même acabit. Tellement prévisible.
Afin de ne pas perdre son temps durant les longues heures où il ne trouverait pas le sommeil, Shintaro se releva de son lit et commença à ranger sa chambre. Ou plutôt à trier, car sa chambre était dans un état de propreté tellement avancé qu'on aurait pu manger de la soupe par terre –ce qui reste tout de même déconseillé, le sol risquerait d'être glissant-. Il ouvrit son armoire et commença à ranger ses vêtements par couleur et par taille, ce n'était pas difficile car seulement 3 couleurs ressortaient : le noir, le blanc et le gris. Il avait bien un ou deux t-shirts de couleurs, à savoir un vert et un rouge, mais jamais il ne portera ça en public, ne demandez pas pourquoi.
Une fois son armoire rangée, ses fiches triées, ses livres alignés et ses cheveux coiffés, Midorima se recoucha pour s'endormir quelques minutes plus tard.
Shintaro avait déjà pensé à pratiquer un sport, cela l'aiderait peut-être à assez fatiguer son corps pour que son esprit soit poussé à s'endormir, il faudrait qu'il réfléchisse plus sérieusement à la question quand même.
Après un réveil difficile et un bol de céréales molles, Shintaro était déjà partit pour le lycée. Il faisait le trajet à pied ce qui lui prenait un certain temps. Il ne prenait le bus que lorsque la pluie était annoncée ou que les températures devenaient que peu supportables. L'avantage à faire le chemin à pied, c'est qu'il pouvait s'arrêter pour aller acheter son lucky item, aujourd'hui l'objet en question était une plaque de chocolat. Il l'avait choisie au caramel, il aimait beaucoup les aliments très sucrés, contrairement à ce que son allure pouvait laisser croire.
Armé de sa tablette, il entra au lycée pour se diriger vers les toilettes et effacer le numéro de la pauvre vieille dame de la veille. Il laissa celui de la jeune fille pour aujourd'hui, à contrecœur, mais il ne l'avait toujours pas eu au téléphone alors il s'interdisait de l'enlever.
Il fut encore étonné ce matin, son « Non. » n'était plus là, remplacé par un « Tu veux que je t'aide ? ».
Deux questions se posaient alors dans sa tête. La première était : quand ? Quand cette personne avait pu écrire ça ? Il était toujours le dernier à partir et le premier à rentrer, il n'avait vu personne ce matin ni hier soir… Donc quand ce message aurait-il pu être inscrit ?
La seconde question était : l'aider à quoi ?
L'aider à appeler les gens ? L'aider à faire ses fiches ? A faire à manger ? A choisir ses vêtements ? A se laver ? A se br…Non rien. Peut-être qu'il voulait juste…l'aider à être heureux ?
Midorima ne savait pas quoi répondre, il n'était pas certain des intentions de cette personne, ni aucune idée de ce à quoi il pensait. Il voulait lui demander de le laisser tranquille mais sa curiosité était piquée à vif.
Il ne laissa qu'un « Bonne chance. » avant de quitter la pièce, encore plus perdu qu'avant.
Le premier cours de la journée semblait durer des heures… Comme si le temps s'était irrémédiablement arrêté. C'était l'un des pouvoirs du professeur d'histoire, il avait la faculté de stopper le temps alors qu'il le racontait. Parler des grandes guerres, des croisades et des samouraïs, ça aurait dû être intéressant, vivant et captivant. Mais non, c'était juste barbant, assommant et ennuyant. On ne comptait plus le nombre de bâillements et d'endormissements durant les heures d'histoire, ce cours battait tous les records.
La seule personne qui semblait encore totalement éveillée était celle devant lui, ce garçon dont il n'avait pas retenu le nom et qui ne cessait de gigoter sur sa chaise. Dieu qu'il était agaçant à se tortiller de la sorte ! Il ne pouvait détacher son attention de ce dos qui ondulait d'un côté puis de l'autre, cette tête qui balançait à gauche puis à droite, et ces pieds qui frappaient par terre dans un rythme entrainant. On aurait presque pu croire que sous ces cheveux presque noirs se cachaient des écouteurs, mais il n'en était rien, ce garçon semblait danser sous la mélodie monotone du cours, pour une raison ma foi, totalement inconnue. Il n'était même pas en rythme en plus.
Shintaro se pencha légèrement sur sa table et tendit son bras, à son bout tendait son critérium dont il pointa la mine dans la nuque de son pauvre camarade qui sursauta au contact en couinant.
-Hm, Takao un peu de silence je te pris, tes camarades veulent suivre le cours…
-Désolé, c'est sorti tout seul…
Par chance, ce professeur était aussi sévère qu'intéressant, alors il n'avait pas à s'en faire. Le-dit Takao se retourna sur la table du vert en se frottant la nuque et s'adressa à lui en chuchotant.
-Pourquoi t'as fait ça ? Ça fait super mal…
-C'était le but, nanodayo.
-Mais je t'ai rien fais t'es trop méchant !
-Tu m'empêche de suivre le cours !
-Quoi ? Ben pourquoi… ?
-Tu te tortilles sur ta chaise ça me déconcentre.
-Oh je vois, en fait tu es tellement attiré par mon corps que tu n'arrives plus à penser à autre chose…Fallait le dire plus tôt Mido…Midorima c'est ça ?
-Midorima Shintaro. Mais je ne suis pas attiré par ton corps, idiot !
-C'est ça Shin-chan, aller ne fais pas ton timide~
-Shin-chan ? Qu'est-ce ?
-Midorima Shintaro c'est trop long et ennuyeux, alors ce sera Shin-chan !
-Jamais.
-Maaais !
-Takao c'est déjà la deuxième fois aujourd'hui…Retourne toi et laisse ton camarade tranquille…
-Désolé monsieur, c'est Shin-chan qui me posait une question sur le cours.
-Ne m'appelle pas comme ça bon sang !
-Midorima qu'est-ce que tu n'as pas compris ? Tu veux que je reprenne depuis le début ?
-Non non non ! J'ai tout compris, grâce à Takao, merci encore…
Il ne perdait rien pour attendre celui-là ! Et c'était quoi cette nouvelle manie de chaque personne lui adressant la parole de l'affublé de surnoms tous plus ridicules les uns que les autres ?
Quand la sonnerie retentit pour marquer la fin de la tortu…du cours, le vert n'eut même pas besoin d'interpeller Takao que ce dernier se retourna.
-On a eu chaud tout à l'heure Shin-chan !
-La faute à qui ? Et ne m'appelle pas comme ça.
-Pourquoi pas ? C'est mignon~
-Justement ! Et puis c'est beaucoup trop familier.
-Oh je t'en prie…
Takao leva les yeux au ciel avec un sourire qui contrariait son faux air exaspéré.
-Dis, c'est vrai ce que tu as dit tout à l'heure ?
-A quel sujet ?
-Que tu avais compris le cours…Parce que moi…Nada !
-Pourtant ce n'est pas compliqué, il suffit juste de se souvenir qu'en 1966…
-Non attend, là je suis pas mentalement préparé ! Ça te dérangerait de m'expliquer en dehors des cours ? Enfin j'veux dire…si tu n'as rien à faire…
-Je vais y réfléchir.
Incroyable, Midorima n'en revenait pas, c'était la première fois que quelqu'un venait lui parler pour autre chose que ses lucky items et surtout de façon si naturelle. Dans un sens il ne pouvait s'empêcher de penser à Kise. Ce garçon ne le connaissait pas mais il ne sembla pas hostile envers lui, bien au contraire, il était même beaucoup trop familier et avait l'air d'être envahissant… Seulement Shintaro ne pouvait pas s'empêcher de le trouver attendrissant dans un sens, et puis il avait l'air d'avoir besoin de lui, rien qu'un peu. Il ne pouvait refuser de lui rendre ce service, surtout qu'il était grandement en sa portée, ce lui serait même bénéfique à lui. Il ne voyait pas de raison d'hésiter.
-Tant mieux alors, redis-moi vite !
Et un sourire. Un nouveau sourire, qui cette fois ne lui était adressé qu'à lui. Takao avait fait travailler les muscles de son visage pour lui, pour adresser à sa personne ce sourire ravissant.
Shintaro aimait tous les sourires, mais certains se démarquaient vraiment, comme celui de Kise, celui de sa sœur, ceux de ses parents, et maintenant celui de Takao.
Le brun se retourna lorsque le professeur arriva, et les cours continuèrent jusque midi. Comme à chaque fois, le vert se rendit au réfectoire, avec aujourd'hui l'espoir silencieux de peut-être apercevoir Kise, sans bien sur oser aller se présenter.
L'avantage avec Kise, si l'on pouvait appeler cela ainsi, c'est que des cheveux aussi blond que les siens, ça ne courait pas les rues, du coup le regard émeraude fut tout de suite attiré par la touffe dorée dans la file. Il s'en approcha et se posta non loin. Qu'est-ce qu'il se trouvait ridicule… Il n'était si espion ou détective ni amoureux alors pourquoi il faisait ce genre de chose ? Enfin bon, si ça l'amusait après tout.
Cette fois il était avec un garçon un peu plus petit que lui, des cheveux noirs cachant un de ses yeux.
Il n'avait pas besoin de se rapprocher très près pour entendre les jérémiades d'un Kise pleurnichant à qui voulait l'entendre que son "senpai était "l'être le plus cruel du Japon". Alors c'était lui le fameux senpai ? Sans doute, il était plutôt mignon et semblait correspondre à la vague description qu'il en avait reçu.
Il ne pouvait s'empêcher de fixer les deux adolescents, se rappelant de la voix du mannequin lorsqu'il parlait de l'autre, il se demandait si c'était chose réciproque, si le brun parlait de Kise avec tant d'entrain et de jovialité. Quoique, vu son expression, il ne devait certainement pas être joviale bien souvent... Ou tout du moins, pas autant que son acolyte.
Le regard émeraude devait être certainement trop insistant car l'œil unique croisa les deux siens derrières ses verres de correction et en alerta ceux d'ambre qui croisèrent les siens comme la veille. Un nouveau sourire étira ses lèvres, venant s'ajouter au petit coucou qui avait au moins l'effet de faire froncer les sourcils du brun. Midorima quant à lui sentit ses joues chauffer très légèrement, honteux d'avoir été ainsi découvert et flatté de recevoir un si beau sourire, il détourna le regard et fit comme si de rien était, les joues encore roses.
Maintenant il était certain d'en entendre parler ce soir et de se sentir encore plus honteux. Shintaro ne se félicitait pas sur ce coup.
Enfin il n'y avait pas mort d'homme...Du moins pas sous ses yeux quoi. Même si lui-même aurait trouvé cette situation fortement désagréable dans le sens inverse.
Il n'eut pas le temps de retourner une dernière fois son regard sur le duo qu'un poids se jetta sur son dos et encercla ses épaules en hurlant, retournant tout le réfectoire sur eux.
-SHIIIIN-CHAAAN !
-Takao ! Lache-moi... Ettout le monde nous regarde maintenant..
-Tu n'as pas l'habitude que tout le monde te regarde avec tes cheveux ?
-Là n'est pas la question. Qu'est-ce que tu me veux ?
-Ton numéro ! Si on veut réviser ensemble il me le faut !
-Il n'a jamais été question de révisions collectives, tu t'emballes un peu, et puis je ne t'ai toujours pas dis ma réponse.
-Ton numéro Shin-chan.
-Tu ne m'a pas écouté j'imagine...
-Non effectivement~
-Sois maudit Takao.
Après avoir échanger leurs numéros, Kazunari s'en retourna manger son bento avec ses amis, laissant au vert la tranquillité qu'il méritait. Jusqu'à ce qu'une énorme main ne s'empare de ce qu'il tenait dans sa gauche.
-Hmm...Du chocolat au caramel, mon préféré~
Voilà c'est tout pour ce deuxième chapitre !
J'espère sincèrement qu'il vous a plu, personnellement j'ai beaucoup d'inspiration pour cette fiction et je prend un grand plaisir à l'écrire, Midorima est magique.
Vous avez des nouvelles idées pour le personnage secret ? N'hésitez pas à proposer ce qui vous passe par la tête, celles qui me connaissent savent que je ne fais pas dans le conventionnel lorsqu'il s'agit de pairings c:
Je vous laisse à vos reviews, ça fait toujours plaisir, puis c'est gratuit et rapide. En plus vous aurez le sentiment d'avoir accompli quelque chose de beau dans votre journée, alors pourquoi s'en priver ?
Bref je vous laisse, BISOUS PARTOUT !
