Hello ! Voici le premier chapitre, j'espère qu'il vous plaira.
Un énorme merci à mes Bêta Akiam et elodie22 pour leur correction et relecture.
Disclaimer : Malheureusement les personnages et l'univers de Harry Potter appartiennent à J.K. Rowling, en revanche cette histoire, certains personnages et éléments sont de moi.
Chapitre 1 - Square Grimmaurd
« J'appelle entier ce qui a un commencement, un milieu et une fin.
Le commencement est ce qui ne suppose rien avant soi, mais qui veut quelque chose après.
La fin, au contraire, est ce qui ne demande rien après soi,
mais qui suppose nécessairement, ou le plus souvent, quelque chose avant soi.
Le milieu est ce qui suppose quelque chose avant soi, et qui demande quelque chose après. »
Aristote, Poétique.
Avant que tout le monde puisse s'en rendre compte, le mois d'août était arrivé. Ce jour-là, la température dépassait largement les trente degrés et l'été était pour le moins très chaud, tellement chaud que la canicule était bien installée et que l'eau était devenue une chose précieuse. Le Square Grimmaurd fonctionnait comme au ralenti, alors qu'il grouillait de monde comme jamais.
En effet, le quartier général de l'Ordre du Phénix avait élu domicile dans la vielle demeure des Black, dont l'hérité avait enfin été innocenté et ce, grâce au témoignage de Dumbledore. Le procès ne fut pas une mince affaire et il avait duré plus d'un an avec un Sirius échappant de peu à Azkaban. Avec la disculpation de Sirius, Harry fut autorisé à quitter les Dursley et il avait emménagé chez son parrain au début des grandes vacances.
Le trio d'or se voyait donc très souvent depuis le début des vacances, surtout avec le retour de Vous-Savez-Qui. Il y avait au moins une réunion de l'Ordre par semaine. La maison était devenue un vrai hall de gare et on pouvait dire que ses habitants ne s'ennuyaient jamais. De plus, depuis l'attaque d'Arthur Weasley au ministère de la Magie, il y a de cela quelques mois, les trois amis et les jumeaux faisaient maintenant entièrement partis de l'Ordre et ils assistaient à toutes les réunions. Ce ne fut pas simple : malgré l'accord de la majorité des membres, Molly Weasley s'était longtemps opposée à ce que son fils cadet assiste aux réunions et ce ne fut qu'un mois plus tard, grâce à l'intervention de son mari que la balance avait penché en la faveur de leur fils.
Et, depuis le début des vacances d'été, le trio n'en avait manquées aucune. D'ailleurs ce soir-là une réunion était prévue et en attendant qu'elle commence, Hermione et Ron étaient arrivés plus tôt dans la demeure des Black et tous trois étaient dans la chambre de Harry.
- Vous avez vu ça ? Hermione se redressa sur le lit, stupéfaite par ce qu'elle venait de lire dans la Gazette du sorcier. Il y a eu une attaque hier soir à Ste-Helens, lors du match de rugby entre les Ste-Helens RLFC et les Bradford Bulls, et ce serait l'œuvre de Vous-Savez-Qui.
Elle fixa les deux garçons qui jouaient aux échecs un peu plus loin devant la fenêtre ouverte, attendant une réaction de leur part.
- Oui, j'ai entendu papa et maman en parler ce matin. Il parait qu'il y a plus de trois cent quatre-vingt morts et au moins deux cent soixante-quatre blessés, répondit Ron sans quitter l'échiquier des yeux.
- Sirius s'est rendu là-bas hier soir avec d'autres membres de l'Ordre. Il m'a dit que cela aurait pu être pire, informa Harry.
- Vous saviez tout ça et vous ne m'aviez rien dit ! C'est quand même un lieu moldu, c'est grave, s'offusqua Hermione.
- On pensait que tu le savais déjà. Tu ne reçois plus la gazette chez toi ? Demanda Ron en donnant un regard d'excuse à Hermione.
- Non, je ne veux pas inquiéter mes parents. Hermione soupira, lassée de ne pas pouvoir discuter de tout cela avec ses parents.
- Je suis désolé, Hermione. Si tu veux, je peux t'envoyer des nouvelles du monde magique tous les jours, lui proposa Ron.
- Oh, merci, Ron. Elle lui fit un sourire, qu'il lui rendit avant de retourner à sa partie d'échec.
- Mille Gorgones ! Harry, tu as triché ! S'exclama Ron.
- Pas du tout ! » dit Harry de mauvaise foi alors qu'il était évident qu'il mentait.
- Bien sûr que si ! Mon fou se trouvait en E5, tu ne pouvais pas le prendre. Ron était tout rouge et on s'attendait presque à voir de la fumée sortir de ses oreilles.
- Je te dis que je n'ai pas triché ! Je n'ai pas pris ton fou, s'énerva Harry en le fusillant des yeux.
Hermione resta en retrait, attendant que la tempête passe. Ce n'était pas la première fois que cela arrivait. Ron était quasiment imbattable et nombreux sont ceux qui ont tenté de tricher, mais c'était pour dire impossible à faire, Ron était comme un dragon surveillant son œuf, à l'affût de tout.
Hermione avait abandonné l'idée d'intervenir quand elle s'était fait un jour envoyé sur les aconits lorsqu'elle avait essayé de calmer Fred et Ron. Eh oui, Fred avait essayé de tricher et la partie s'était finie avec Fred courant dans la maison, suivi de près par un Ron, fou de rage, qui lançait les pièces du jeu d'échec sur son frère, qui était censé d'après, Ron à apprendre à cette ''nouille à ne plus tricher.''
- Et moi je te dis que si ! Je ne sais même pas pourquoi tu as essayé, c'est peine perdu avec moi. Tu n'aurais pas du pouvoir le prendre, si tu veux tricher fait le bien au moins ! » s'énerva à son tour Ron en se levant.
- Mais tu es têtu, ma parole ! JE N'AI PAS TRICHÉ ! Harry se leva à son tour et les deux garçons s'affrontaient du regard quand un bruit se fit entendre.
Ils regardèrent tous trois l'endroit d'où venait le bruit. Ils virent un fou rouler sur le parquet.
- Ah ! Ah ! Fanfaronna Ron en pointant un doigt sur Harry. Tu disais, Harry ?!
De son côté le regard de Harry faisait des allers et retours entre le fou et Ron, clairement mal à l'aise.
- Bon, d'accord ! J'ai triché, tu es content ? Abdiqua au bout d'un moment Harry.
Hermione souffla soulagée. Les garçons n'allaient pas s'entre-tuer, enfin, du moins pas tout de suite.
- Non je ne suis pas content. J'aurais préféré que tu ne triche pas. Ron se rassit, plus ou moins calmé. Qu'est ce qui t'as pris de faire ça ? Ce n'est pas ton genre, c'est un coup de Serpentard, ça.
- Tout de suite les grands mots. Tes frères ne sont pas du tout Serpentard, il me semble. Pourtant, dès qu'ils en ont l'occasion, ils trichent ! Harry se rassit brutalement.
Ron et Hermione se regardèrent, surpris d'une telle réaction.
- Ce n'est pas ce qu'a voulu dire Ron et tu le sais, intervient Hermione qui ramassa le fou qui était toujours au sol.
- Oh, bien sûr, toi tu sais toujours ce que veulent dire les gens, l'agressa Harry.
- Eh, calme toi mon pote ! Elle essayait juste d'aider, la défendit Ron.
- Laisse, Ron, ce n'est pas grave, comme le fait qu'il a triché, il n'y a pas mort d'homme. » Elle posa le fou sur la case E5 et retourna sur le lit.
- Tu as raison, Hermione. Excuse-moi, dit Harry soudain tout calme, ce qui déstabilisa les deux amis.
- Tu es étrange depuis quelques temps. Tu es lunatique, tu es sûr que ça va ? S'inquiéta Hermione. Tu as peut-être du mal à t'habituer à ta nouvelle vie ici.
- Non, tout ce passe très bien, ne vous inquiétez pas. Je suis désolé, c'est juste qu'avec les visions que j'ai de Vous-Savez-Qui et toutes ces histoires de guerres, je suis un peu à cran, expliqua Harry en se mettant la tête dans ses mains.
- Ce n'est rien, mec. Tu sais que si tu as besoin d'en parler, on est là, dit Ron en rangeant l'échiquier.
- Oui, merci. Harry fit un sourire désolé à ses deux amis.
Après cela, les trois amis parlèrent des nouvelles inventions des jumeaux qui faisaient fureurs en ce moment. Quelques heures plus tard, ils furent rejoins par Ginny, Fred et George. Hermione et Ginny s'installèrent sur le lit pour parler tranquillement et les garçons se mirent par terre pour jouer à la bataille explosive.
- Je ne sais plus quoi faire, murmura Ginny à son amie.
La jeune sorcière semblait malheureuse comme les pierres et Hermione eut un petit pincement au cœur en la voyant comme ça.
- Tu lui a parlé aujourd'hui ? Demanda Hermione en jetant un coup œil vers Harry.
- Oui, mais il ne semble pas intéressé par ce que je lui raconte. Le pire c'est que je crois que je l'ennuie mais qu'il n'ose pas me le dire, répondit la rouquine les larmes au bord des yeux.
- Bon, écoute, je vais aller en éclaireuse et voir si une fille l'intéresse déjà. Mais je pense qu'on serait au courant. Aucune fille ne peut garder pour elle qu'elle sort avec l'Élu, dit Hermione avant de donner une accolade à son amie.
- Merci, Hermione. Au moins je serai fixée et je pourrai agir en conséquence.
Ginny fit un petit sourire avant de regarder intensément Hermione.
- Qu'est-ce que tu as à me regarder comme ça ? Tu me fais peur.
Hermione cacha son visage avec ses mains, faisant rire Ginny.
- T'inquiète pas je ne vais pas te manger, enfin pas pour l'instant, plaisanta la sorcière.
Hermione lui tira la langue.
- Alors c'était quoi ce regard ? Demanda-t-elle.
- Je me disais que tu ne parlais jamais de garçons. Il doit bien y en avoir un qui te plaît.
Ginny haussa les sourcils d'une façon très suggestive, faisant rougir Hermione.
- C'est faux, je t'ai parlé de Viktor, argua Hermione.
- Ça compte pas. Et puis, c'était il y a plus d'un an. Depuis le temps, tu as forcement remarqué quelqu'un d'autre, dit Ginny d'un air narquois.
- Tu sais bien que ce n'est pas mon truc et puis je n'ai pas le temps, les ASPIC arrivent à grand pas ! Répondit Hermione qui se prit un oreiller sur la tête.
- Non, mais tu t'entends ? On dirait une vielle bibliothécaire ! Les ASPIC sont dans plus d'un an et cela te laisse amplement du temps pour l'amour de Merlin, s'exaspéra la jeune sorcière.
- Mais ça demande beaucoup de travail et il n'est jamais trop tôt pour réviser. Et puis... je ne suis pas douée en amour, avoua Hermione, faisant éclater de rire Ginny, attirant les regards des garçons sur elles.
- On s'amuse bien, les filles ? Demanda Fred.
- Je crois qu'elles parlent de beaux garçons, Fred, ajouta George.
- Beurk. Ron fit semblant de vomir.
- Très mature, Ron, lui lança sa sœur.
Ron tira la langue, faisant rire tout le monde et les garçons retournèrent à leur jeu.
- Si tu ne me dis rien, je dirai à tout le monde que tu craques pour Goyle, menaça la rouquine.
- Tu ne ferais jamais ça, » répondit Hermione, ne prenant pas du tout la menace de son amie au sérieux.
- Ah oui ? Tu es bien sûr de toi. Tu veux vraiment prendre le risque ?
En voyant le regard de son amie, Hermione eu un gros doute.
- Bon, tu as gagné ! Abdiqua Hermione.
- Oui ! Alors, dis tout à tata Ginny, dit la jeune sorcière en jubilait et en sautillant sur le lit sous le regard incrédule d'Hermione.
- Tu ne crois pas que tu en fais trop ? Demanda cette dernière. Je n'ai pas grand-chose à raconter.
- Je suis sûre du contraire, répondit Ginny, impatiente d'entendre la suite.
- Tu risques d'être déçue, » dit Hermione en regardant vers les garçons pour être sûr qu'ils ne les écoutaient pas. Mais ils étaient absorbés par leur jeu et ne prêtaient pas du tout attention aux filles. Bon alors, depuis quelques temps, je ressens quelques petites choses pour quelqu'un, mais c'est tellement fou que je me dis que c'est peine perdu.
- Attend, je ne comprends pas grand-chose. Soit tu en dit trop, soit pas assez, là, répondit Ginny. Pourquoi ce serait peine perdu ? Et qui est l'heureux élu ?
Hermione bougea, mal-à-l'aise.
- Eh bien, c'est compliqué à expliquer. On va dire que je ne pense pas faire partie des personnes qu'il apprécie et encore moins lui plaire, avoua Hermione, toute rouge.
- Je ne peux pas te dire qui c'est, du moins, pour le moment. C'est si soudain et puissant que ça me fait peur.
- Tu es la fille la plus intelligente que je connaisse et tu es très jolie, je ne vois pas pourquoi tu ne lui plairais pas, essaya de de la rassurer Ginny.
- Ouais, je sais pas, répondit Hermione en faisant un sourire triste.
- Si tu veux mon avis, on tombe amoureuse à chaque fois de personnes inaccessible. A croire qu'on est masochistes. Elles se mirent à rire, puis elles parlèrent des derniers potins du monde magique.
La soirée commençait à pointer le bout de son nez, ils pouvaient déjà entendre arriver les membres de l'Ordre les uns après les autres.
- Ginny ! Viens m'aider dans la cuisine ! L'appela sa mère du bas de l'escalier.
- Oui ! J'arrive, maman, cria Ginny. Bon, l'heure de mon occupation est arrivée. Amusez-vous bien, lança Ginny avec amertume. Elle se leva du lit et sans attendre une réponse, sortie de la chambre pour rejoindre sa mère dans la cuisine.
Ginny était interdite des réunions et sa mère, pour l'empêcher toute écoute intempestive, la prenait avec elle pour préparer le dîner.
- La pauvre. Elle doit se sentir exclue.
Hermione, qui avait rejoint les garçons pour jouer, était un peu peinée pour son amie.
- Oui, elle essaie souvent de faire changer d'avis maman, mais elle ne l'a laissera jamais entrer dans l'Ordre. Même papa ne pourra rien n'y faire, dit Ron en haussant les épaules.
- C'est tout... commença George.
- ...Maman, ça, fini Fred.
Une demi-heure après le départ de Ginny, Les jumeaux sortirent à leur tour, prétextant une chose de grande importance à faire avant la réunion. Le trio était de nouveaux seuls, ils refirent une partie de bataille explosive avant de descendre à leur tour.
- On devrait aussi y aller, suggéra Hermione. Les deux garçons acquiescèrent et les trois amis sortirent de la chambre.
Ils descendirent les escaliers en pariant sur ce qu'ils allaient affronter cette année. C'était devenu un petit jeu entre eux. Quand ils arrivèrent dans le hall d'entrée ils ne firent même pas attention aux bruits qu'ils faisaient et le portait de Walburga Black ne fit aucun son, pas le moindre cri.
- C'est bien fait ! Lança Ron au tableau. Je n'y crois pas, le sortilège de cette vieille chauve-souris fonctionne du tonnerre, cela fait plusieurs jours qu'on ne l'a pas entendue, celle-là, s'enthousiasma-t-il.
- Ron ! Le réprimanda Hermione.
- Mais, Hermione ! C'est la première à te crier dessus et à t'insulter. Je trouve que c'est un juste retour. Répondit Ron en faisant les yeux doux à la jeune femme.
Hermione rit du comportement de son ami, ce qui fit rouler des yeux Harry.
- Ce n'est pas une raison, Ron, dit Hermione en donnant ce qui semblait être un regard d'excuse au portrait.
- C'est bon, vous avez fini vous deux ? Demanda Harry un peu agacé d'être mis de côté c'est temps-ci. On va finir par être en retard alors qu'on était déjà ici.
- Oui, le comble pour toi qui habite ici même, se moqua Ron en partant vers la salle de réunion, suivit de près par Harry qui lui donna un coup derrière la tête.
Hermione quant à elle, resta encore quelques instants et regarda le tableau, essayant d'envoyer de bonnes ondes a son habitante, mais rien n'y fit, Mme Black continua de hurler silencieusement. Abandonnant, elle s'avança vers le salon où avec lieu la réunion. Seulement, sans qu'elle n'ait compris, elle se retrouva étalée sur le beau parquet du hall.
- Vous ne pouvez pas regarder où vous allez, petite sotte ! Lui dit une voix tranchante.
Hermione releva les yeux et vit son professeur de potion épousseter ses robes noires avant de partir vers le salon.
Surprise de sa rencontre choc, elle se releva, rouge comme une tomate.
Décidément, il fallait qu'elle rentre dans la chauve-souris des cachots, non mais qu'elle nulle ! Elle partit à son tour en direction de la salle en ruminant dans sa barbe imaginaire. Quand elle entra dans la pièce, presque toutes les places étaient prises, les seules qui restaient était celles où s'assoyaient habituellement Dumbledore, Fol Œil et Kingsley ou alors la place qu'il y avait entre Ron et Rogue. Bon, à choisir, elle prit le risque de s'asseoir à la place Fol Œil qui était entre Mr Weasley et Dumbledore.
Quand elle alla s'asseoir, elle récoltât quelques froncements de sourcils et des regards étonnés qu'Hermione décida d'ignorer, mais ce ne fut sans compter sur Ron qui se trouvait face à elle.
- Bah alors, Hermione. Tu as vu un beau mec dans le hall pour être tout rouge comme ça ? Demanda-t-il, ce qui a eu pour effet de la faire, si c'était possible, encore plus rougir quand elle vit le professeur Rogue se tourner vers eux en haussant les sourcils et un sourire sarcastique sur les lèvres.
- Euh... attends, mon lacet est défait, répondit lamentablement Hermione.
Elle avait dit la première chose qui lui était passée par la tête et elle devait bien avouer que c'était vraiment une piètre excuse, elle le savait très bien. Mais elle sentait son visage tellement lui brûler qu'il fallait qu'elle se cache quelque part pour essayer de faire disparaître ce rougissement plus que pénible. C'est vrai quoi, elle n'était rentrée que dans son détestable professeur de potion, il n'y avait rien d'extraordinaire, enfin c'est ce qu'elle essayait de se persuader.
Secouant la tête pour se changer les idées, elle fit semblant de refaire son lacet pour se donner contenance. Quand elle se releva, son visage avait quasiment repris une teinte normale et Ron la regardait toujours, attendant vraisemblablement une réponse à sa question. En regardant rapidement vers sa gauche, elle vit que Rogue était retourné à son occupation favorite, c'est-à-dire, attendre que le temps passe, le visage fermé comme une huître et lançant à qui osait le regarder des regards assassins.
- Non, Ron, je n'ai vu personne. C'est juste qu'avec cette chaleur, j'ai eu un coup de chaud, mentit-elle en lançant de discrets coups d'œil vers son professeur, pour voir s'il les écoutait, mais il ne semblait pas se préoccuper d'eux, une bonne chose pour elle.
Elle ne pouvait décemment pas dire à Ron qu'elle s'était mise à rougir parce qu'elle avait foncé dans leur prof de potions. Elle ne se reconnaissait plus. Dernièrement, ses émotions étaient toutes chamboulées. Non, elle ne pouvait le dire à personne, même dans sa propre tête, ça sonnait bizarre.
Ron dû la croire parce qu'il se tourna vers Sirius et Harry et ils parlèrent du prochain match de Quidditch, un sujet qui n'intéressa pas du tout Hermione, qui a son tour se tourna pour parler moldus avec monsieur Weasley.
Ils étaient en pleine conversation sur les téléphones portables quand quelqu'un lui donna une tape sur l'épaule.
- Eh petite, c'est ma place ! S'exclama Fol Œil en regardant Hermione de travers.
Les quelques personnes qui étaient autour d'eux les regardèrent, surpris.
- Oh, euh, oui, excusez-moi, dit Hermione en se levant et en allant s'asseoir entre Ron et Rogue.
- C'est mieux comme ça, répondit Maugrey en ronchonnant.
Il s'assit à son tour à sa place et tout le monde, au grand soulagement d'Hermione, retourna à ses occupations.
Jetant un rapide coup d'œil vers son voisin de droite, elle vit son professeur la regarder comme s'il essayait de savoir ce qu'elle avait dans la tête, ce qui, nous le savons, devait être probablement le cas. Gênée, Hermione détourna le regard et elle se fit toute petite en priant que son calvaire finisse vite.
Sa prière due être entendue, parce que Dumbledore et Kingsley, qui étaient les derniers, arrivèrent enfin.
- Je vois que tout le monde est là, commença Dumbledore, debout à l'extrémité de la grande table. On va pouvoir commencer.
Dumbledore s'assit et tout le monde autour de la table fut soudain très sérieux.
- Bien, débutons par le plus simple avec ce qui s'est passé hier à Ste-Helens. Vous avez appris de nouvelles choses ? Demanda Dumbledore en regardant les principaux intéressés.
- On sait que les Mangemorts n'y sont pas pour rien. Lorsqu'on est arrivé, on en a vu plusieurs s'enfuir aux alentours du Stade Knowsley Road. Toutefois, c'est étrange qu'ils n'aient pas fait apparaître la marque des ténèbres, expliqua Sirius.
- Peut-être qu'ils n'ont pas eu le temps, suggéra McGonagall.
- Je ne pense pas, ils avaient pour ainsi dire fini le ''travail'', dit Kingsley.
Les personnes autour de la table restèrent quelques secondes silencieuses, réfléchissant à ce qui venait d'être dit.
- Sinon, beaucoup de dégâts ? Demanda Arthur.
- Énormément, contrairement à ce que la Gazette a écrit. Il ne reste que des décombres pour ainsi dire, la partie du stade qui est encore debout est pour l'instant trop instable pour permettre aux secours de s'y aventurer en sécurité. Les personnes qui y sont bloquées ne peuvent pour le moment pas être secourues, informa Kingsley, jetant un froid dans la salle.
Hermione pris une inspiration tremblante, attirant le regard de ses deux voisins.
Elle avait peur que cela arrive à ses parents qui n'avaient aucun moyen de se défendre.
- Ça va ? Lui murmura Ron.
Elle acquiesça et Ron lui prit la main pour la réconforter, se doutant de ce qui tourmentait la jeune femme.
- Que dit Scrimgeour ? » demanda Dumbledore, les sourcils froncés en regardant Kingsley.
- Je pense qu'il fait ce qu'il peut, répondit Kingsley. Ils cachent le maximum pour ne pas inquiéter les sorciers, monopolise secrètement les aurores et je crois qu'il compte sur Harry pour remonter le morale de la population.
Tout le monde se tourna vers Harry pour savoir s'il en avait entendu parler.
- La lettre du Ministère que tu as reçue il y a quelques jours, c'est pour ça ? Lui demanda Sirius.
- Oui, mais rassurez-vous, il est hors de question que je face de la publicité pour le ministère, répondit Harry un peu agacé par les regards inquisiteurs de certains.
Harry supportait de moins en moins tous les regards qu'on lui lançait. Il avait l'impression d'être jugé en permanence et de ne pas être libre.
Dumbledore regarda attentivement le jeune sorcier avant de regarder chaque personne autour de la table.
- Bien, Harry. Si tu reçois d'autres lettres, tiens-nous informés, dit Dumbledore avant de soupirer. Il faut que l'on reste sur nos gardes. Ils ne se limitent plus à notre monde, ce qui va être difficile à gérer.
Le sorcier parut soudain très vieux et tout le monde eut conscience de l'âge du directeur.
- Et toi, tu n'as rien à nous dire, Servilus ? Tu sers à quoi, au juste, si tu ne peux pas nous prévenir des attaques ! S'énerva Sirius qui ne supportait plus de ne pas être informé de ce genre de chose.
- Pour qui tu te prends, Black ! Severus foudroya l'animagus du regard. Je n'ai aucun comptes à te rendre, tu n'es personne, petit toutou.
Le salon fut soudain silencieux. C'était devenu chose courante lors des réunions, et habituellement, Remus intervenait, mais malheureusement il était en mission pour l'Ordre ce jour-là.
- Répète pour voir ! Dit Sirius en se levant et en sortant sa baguette.
Severus quand à lui resta assis sans bouger, mais son regard voulait tout dire.
- Toi et moi savons très bien que si on s'affronterait je te ferait manger les pissenlits par les racines, répondit Severus sarcastique.
- Je crois que tu prends tes rêves pour la réalité, mon pauvre Servilus, dit Sirius avant de s''esclaffer.
- Sirius, tu sais bien que Severus fait ce qu'il peut, intervint Dumbledore avant que Severus ne puisse répondre. Il ne peut pas exiger des réponses de Voldemort, ce serait du suicide.
Tout le monde frissonna en entend le nom du Seigneur des Ténèbres, mais personnes ne reprit le vieux sorcier.
- Qui nous dit qu'il nous informe de tout ce qu'il sait ? Il pourrait très bien être un faux allié, répondit Sirius qui s'était rassis et qui avait rangé sa baguette, non sans lancer un regard de dédain au professeur de potion, qui le lui rendit.
- Il a raison, quelle preuve avons-nous ? Renchérie Harry, approuvé par Ron qui hochait la tête.
Hermione regarda les yeux exorbités ses deux meilleurs amis. Non, mais qu'est-ce qu'ils sont idiots. Ils vont le regretter dans quelques semaines quand ils seront en retenus.
- Si la présence de Severus vous importune, il y a une porte qui sert à sortir, là-bas, répondit Fol Œil en les regardant tous les trois et en pointant la porte du doigt.
Ron se tassa sur sa chaise et détourna le regard tandis que Harry le défia ouvertement du regard.
- Arrête, Harry, le prévint son parrain. Ils verront bien quand il nous trahira.
La pièce resta silencieuse quelques minutes. Harry, Sirius et Severus bouillaient chacun de rage, tandis que les autres étaient pour le moins gêné par cet éclat.
Dumbledore, quant à lui, était déçu que certaines personnes croient encore que Severus était un traitre. Il regarda son professeur de potion qui était comme d'habitude, stoïque sur sa chaise alors qu'il venait tout juste de se faire insulter.
Hermione regarda discrètement son professeur, peinée par ce qu'il venait de se passer. Elle croyait en lui et elle savait que sa position devait être difficile à gérer. Elle était aussi déçue de ses deux amis, qui après les nombreuses réflexions qu'elle leur avait dit, ne croyait toujours pas en leur professeur.
- Bon, maintenant que ce sujet est clos, il faut que je vous informe d'une nouvelle importante, reprit Dumbledore.
Severus se tendit sur sa chaise en se doutant de ce qui allait suivre. Ce geste ne passa pas inaperçu de sa voisine qui le regarda du coin de l'œil.
- J'en ai déjà informé Severus et comme cela nous évoque pas grand-chose, j'ai décidé de vous en parler, peut-être que cela vous parlera, expliqua Dumbledore qui se récolta un regard noir de Severus.
- Êtes-vous sûr, Albus ? Demanda Severus, donnant la possibilité au directeur de faire marche arrière.
- Oui, j'ai longuement réfléchis et il nous faut des réponses, cela devient urgent, répondit Dumbledore.
- Mais de quoi parlez-vous ? Demanda Arthur Weasley.
- Le mois dernier, j'étais chez Sibylle Trelawney pour une réunion annuelle et il s'est passé une chose improbable. Elle a fait une nouvelle prophétie, avoua le vieux sorcier.
Tout le monde dans la pièce retint son souffle et regarda, surpris, le directeur. Quelques regards dérivèrent vers Harry pour voir sa réaction, mais il semblait aussi surpris qu'eux.
- Et que dit-elle, Albus ? Demanda Minera, inquiète.
- Elle dit ceci : La clef de l'ultime pouvoir approche... Il s'abattra quand fanera le septième mois... Et celle plus vielle d'un an son original l'apprendra... Choisir ils devront, ou notre monde de noirceur s'emplira... La clef de l'ultime pouvoir approche... Et jamais rassemblés ils ne devront... Récita le sorcier.
- Parle-t-elle de Harry ? Demanda Ron.
- Réfléchissez un peu ! Si on le savait on n'en parlerait pas, s'exaspéra Severus, qui était contrarié que le vieux sorcier en parle à tout le monde.
- En effet, nous ne savons pas de qui parle la prophétie. Je pense même que plusieurs personnes sont concernées, dit Dumbledore, coupant toutes personnes de répondre à la remarque de Severus. Pour l'instant on doit s'occuper de cet Ultime Pouvoir. Est-ce que cela parle à quelqu'un ?
Un silence pesant répondit au directeur.
- Eh bien, on va faire des recherche, alors. Arthur et Kingsley, vous allez faire des recherches au ministère, peut-être qu'il y a des informations là-bas, dit Dumbledore et les deux sorciers acquiescèrent. Vous, Severus, vous faites comme on a dit, rien a changé. Pour vous autres, ouvrez bien vos oreilles et vos yeux et si vous trouvez quelque chose, même infime, venez immédiatement me voir.
Tout le monde acquiesça.
La réunion continua sur des futures missions et la distribution des tours de garde de la semaine. En effet, l'Ordre avait instauré ce système pour veiller à toute attaque imprévue et chaque nuit des membres restaient éveillés pour être prêt à intervenir à tout moment.
Quand la réunion fut terminée, tout le monde fut invité à passer dans la cuisine pour déguster le dîner que Ginny et Mme Weasley avaient préparé.
Contrairement à la réunion qui fut tendue, le repas se passa dans une bonne ambiance et tous les convives s'amusaient, enfin, si on ne comptait pas Severus.
Le dîner était bien entamé. Tout le monde fit des compliments aux cuisinières. Molly fini par apporter le dessert qui était un beau gâteau au citron meringué, qui donna l'eau à la bouche à toutes les personnes qui était autour de la table.
Il n'y avait pas à dire : la mère et la fille s'étaient surpassées. Les jumeaux proposèrent de faire le service, surprenant plus d'un invité. Ils coupèrent le gâteau et bientôt tout le monde eut une assiette.
Les conversations battaient leur plein, quand les parts ce mirent soudain à exploser, éclaboussant tout le monde sauf les jumeaux qui s'étaient bien évidemment protégé.
Il y avait du gâteau partout, du sol au plafond. La plupart des convives avaient le visage plein de gâteau, à un point, où des fois, on ne distinguait même plus leurs expressions.
- Non, mais tu as vu leur tête, frérot ? » demanda entre deux rires Fred à son frère.
- Oh, oui. Je n'oublierai jamais ça, ria George qui tomba de sa chaise.
- FRED, GEORGE ! Hurla leur mère, mais avant qu'elle ne puisse faire quoique ce soit, les deux frères transplantèrent, rendant leur mère folle de rage.
- Non mais quel gâchis, pleura Ron en se léchant les doigts. C'est un sacrilège.
La soirée était officiellement finie. Ils commencèrent tous à se lever de table et les uns après les autres, ils allèrent se nettoyer un minium dans la salle de bain de la maison.
Hermione attendait donc que l'une des salles de bain se libère. Elle n'avait pas reçu trop de gâteau puisqu'elle avait quasiment terminé sa part lorsqu'elle avait éclatée. Elle avait donc laissé la place aux personnes qui en avaient le plus besoin.
Hermione attendait depuis plus d'une demi-heure, quand la porte s'ouvrit enfin. Et qu'elle ne fut pas sa surprise de tomber encore une fois sur son professeur. Les dieux étaient officiellement contre elle ce jour-là. Son professeur passa devant elle sans même la voir et commença à partir dans le couloir quand il se retourna vers elle.
- Au fait, jolies chaussures, Miss Granger. Je trouve que leurs lacets invincibles font tout leur charme, dit Rogue avant de se retourner et de disparaître au détour du couloir.
Hermione se mit une nouvelle fois à rougir. Elle s'enferma dans la salle de bain en claquant la porte de frustration et en pestant contre elle-même. Baissant les yeux, elle regarda ses chaussures qui n'étaient autre que de belles petites sandales.
Le bougre, il avait tout vu et tout entendu.
J'espère que ce long chapitre vous a plu.
Prochain chapitre : Un traître chez les mangemorts.
Reviews S'vious plait *-*
A bientôt.
