A/N : Hey! me voici avec le chapitre 2 ! Merci à ceux qui ont pris le temps de m'écrire (les réponses sont à la fin du chap ^^)

Dans le chap 1 vous avez tous deviné que c'était Levi et tous vus l'erreur Clara → Carla* haha

Rating du chapitre : T (dites bonjour au vocabulaire d'une certaine personne)


.:'LES YEUX DE LA NUIT':.

Chapitre II : Aventure nocturne


Ce ne fut pas une surprise pour Levi de savoir qu'il était né différemment des autres enfants. Un père ? Il n'en avait pas. Une mère ? Elle était mourante. Même s'il n'était pas le seul dans ces mêmes conditions, lui avait compris qu'ils ne vivaient pas dans la norme, qu'ils n'étaient pas traités comme des êtres humains, qu'on les considérait comme la « sous-catégorie » que l'on aurait préférée ne jamais voir. Renier leur existence à vie, voilà ce que pensaient les aristocrates et populations aisées vivant à la surface.

Levi a toujours voulu avoir le meilleur, ou plutôt : obtenir le meilleur pour pouvoir le donner à sa mère qui, chaque jour était un peu plus malade et menait un combat constant contre la mort. Il n'était pas stupide, il savait que ses jours étaient comptés, il savait que les jours de chaque personnes vivant sous-terre étaient comptés. C'est pour cela aussi que ce ne fut pas une surprise de découvrir, au petit réveil, la peau sèche de sa mère et de ne plus sentir son cœur battre. Levi n'a pas été traumatisé par la mort de sa mère, au contraire, ça ne lui avait fait ni chaud ni froid. Était-ce parce qu'il s'y attendait ? Parce que le monde autour de lui l'avait assez traumatisé que plus rien ne pouvait l'atteindre ? Il ne savait pas, il ne savait rien. Il était né bâtard, et dans ce monde cruel gouverné par une hiérarchie discriminante, les bâtards n'ont rien le droit de savoir.

Nombreux étaient les hommes qui « rendaient visite » à Kuchel avant sa mort, Levi comprit très vite ce en quoi consistait le métier de sa mère, mais il n'était pas plus choqué que ça. Trouvait-il ça normal ? Pas jusque-là, mais, encore une fois, de la faute de la société qui reniait l'existence de ces orphelins malfamés et qui refusait de leur apprendre quoi que ce soit, Levi ne savait distinguer le bien du mal et il ne jugeait ni bon, ni mauvais, le métier de sa mère. Il savait que c'était ce qui lui permettait de survivre. Jamais Levi n'a remis en question ou à douter des agissements de sa mère. Il savait que tout ce qu'elle faisait, elle le faisait pour sa survie, pour leur survie.

L'arrivée de Kenny ne le surprit pas tant que ça, non, ce qui avait surpris Levi n'était pas qu'un homme soit entré dans la chambre de sa défunte mère, mais que celui-ci soit préoccupé par son état. Et que par la suite ait pris sous son aile le jeune garçon.

Malgré tous ces changements dans la vie de Levi, ça ne l'avait jamais atteint plus que ça, il ne saurait dire si c'était parce que les évènements l'avaient dépassé ou parce qu'il était assez traumatisé pour que plus rien de l'affect. Le seul moment de sa vie qui fut un choc pour lui fut lorsque Kenny l'a abandonné, lui qui l'avait pris sous son aile, qui lui avait appris à se battre, à survivre dans ce monde si cruel… Abandonnait Levi du jour au lendemain, et qui plus est, sans aucune raison apparente.

Il lui fallut alors redoubler de force et de courage pour survivre. Arrivèrent donc Farlan et Isabel, les deux seules et uniques personnes dont il pouvait avoir la responsabilité… Et ils sont morts.

Levi avait alors compris qu'il ne devait plus jamais se faire d'amis, qu'il ne devait plus jamais avoir plus d'une relation professionnelle avec quelqu'un car il savait que toutes les personnes à qui il tenait mourraient. La preuve avec sa mère, avec Farlan, Isabel, son escouade… et aussi Petra… Toutes ces personnes à qui il tenait s'étaient envolées, disparues, toutes ces personnes ont surement rejoint un monde meilleur, eux au moins, avaient été épargnés de souffrir de leurs morts… C'était ce qu'aimait se dire Levi.

Plusieurs fois, il se remettait en question, était-il maudit ? Avait-il un mauvais Karma ? Est-ce qu'une force supérieure avait décidé d'abattre sur lui tous les malheurs du monde ?

La nuit était tombée, le silence avait pris place. La pénombre n'avait pas uniquement recouvert le monde visuel mais aussi auditif. Pas un bruit ne se faisait entendre dans l'enceinte du mur Rose.

Il soupira, accroupis devant une pierre tombale, dans le cimetière des « personnes de la ville souterraine » car oui, les classes les plus en difficultés étaient tellement discriminés qu'elles avaient droit à leur cimetière et étaient mis à l'écart des autres, en retrait, éloigné des villageois et habitants du mur Rose dont certains, considéraient même cette endroit comme « maudit ». Sur la tombe, il était gravé « Ici repose en paix Kuchel » aucun nom ne suivait le prénom. Levi n'avait pas apporté de fleurs, il n'en voyait pas l'intérêt d'autant plus que sa mère n'a jamais semblé porter le moindre intérêt à ses plantes, et puis, sa présence suffisait amplement.

« Salut… » Il reconnut à peine sa propre voix comme elle tremblait.

Levi se gratta l'arrière du cou presque gêné, car, il savait très bien au fond de lui qu'il ne parlait à personne

« D'habitude… Je vais voir Farlan et cette idiote d'Isabel mais… depuis la tombée du mur Maria, c'est devenu impossible… »

Il voulait tout d'abord se justifier de sa présence ici, car cela faisait un long moment, depuis sa dernière visite ici, une brise de vent lui caressa la joue, il serra les dents, ne sachant absolument pas quoi dire, et cela l'énervait, tellement qu'une douleur ne s'attarda pas à lui monter jusqu'à ses tempes sur lesquelles il appuya fort, se forçant à se concentrer et d'arrêter de penser à tout sauf à ce qu'il fallait.

« Putain… Je sais même pas quoi dire… »

Lui qui était pourtant un très grand bavard, il ravala sa salive pendant qu'il cherchait ses mots. Entre temps, ce sentiment de stupidité de se voir parler à une pierre s'empara de lui à nouveau, il se sentait stupide, il savait que personne ne l'écoutait, que personne ne pouvait même l'entendre, que toute cette comédie n'était là que pour un pseudo-apaisement, une illusion qui lui permettrait soi-disant, de se sentir mieux. Mais c'était tout le contraire. C'était justement en faisant ça que Levi se sentait encore plus mal. L'envie de pleurer ? Non, d'ailleurs, Levi n'a jamais pleuré, il avait failli à la mort de ses deux compagnons. Pleurer n'était pas pour Levi un signe de faiblesse, au contraire, du peu de souvenirs qu'il avait de sa mère, il l'avait déjà vu pleurer, et, sa mère était forte, plus forte que son fils, plus forte que le soldat le plus puissant de l'humanité et elle pleurait. C'est pour cela que Levi a toujours eu un énorme respect (bien que caché) envers les Hommes qui pleuraient sans en avoir honte, c'était preuve qu'ils ressentaient des remords, du regret, de la tristesse sur le moment mais qui, avec le temps, pourraient voir leur blessure se cicatriser. Tandis que Levi lui, a toujours cette énorme plaie sur son cœur, et chaque mort de chaque compagnon, proche ou non, l'agrandit un peu plus chaque jour.

« …Je me suis toujours dit que je serais le premier à crever »

Sa voix était redevenue stable, il parlait calmement, les larmes ne tomberont pas aujourd'hui.

« Quand t'es partie, j'étais convaincu à cent pour-cent que je serais le prochain… »

Une nouvelle brise de vent, Levi repensa à ce moment où il avait découvert sa mère morte au petit matin, et à ces trois jours passé au fond de la pièce, recroquevillé sur lui-même à attendre que ce soit son tour.

« Ouais, jusqu'à ce que Kenny se la ramène… »

Cette fois-ci, le vent sifflait, comme s'il annonçait la venue de quelqu'un, les oreilles de Levi se dressèrent et entendirent un craquement de branches. Tous ses membres se crispèrent, une goutte de sueur perla sa tempe, ses poings se serrèrent. Si quelqu'un surprenait le soldat le plus fort de l'humanité à jouer le nostalgique sentimental ça pourrait très mal aller ? Il n'avait aucune idée de ce que ça pourrait lui faire, il n'a jamais été dans ce genre de situation auparavant et très honnêtement, il se passerait de savoir. Non, il ne se retourna pas, il continua de fixer la pierre tombale de sa mère, le visage caché par la nuit ainsi que ses cheveux étant retombés sur ses yeux.

« Tu as vraiment intérêt à être un putain d'animal. »

Lentement, mais surement sa tête pivota, jusqu'à ce qu'il puisse regarder par-dessus son épaule. Soulagement. Il n'y avait personne, seules d'autres pierres tombales qui lui tenaient compagnie ainsi que de la végétation. Parmi la végétation, se tenait un arbre, plutôt grand, assez grand pour cacher une personne. Un arbre trop suspect si vous voulez l'avis de Levi.

Lui, comme guidé par son instinct, il se leva, marcha lentement, on ne pouvait à peine entendre le bruit de ses chaussures contre la terre et pourtant, ses pas semblaient résonner partout dans le cimetière, il se dirigeait tout droit vers l'arbre qui n'était qu'à une quinzaine de mètres de lui.

Elle, elle retint sa respiration, s'empêchant tout mouvement, fermant les yeux sous la panique, elle se remémora alors tout ce qu'elle avait fait en cette journée jusque ici et regretta amèrement d'avoir osé suivre son caporal-chef en pleine nuit dans un cimetière. Ses doigts s'accrochaient au tronc de l'arbre comme si elle avait peur d'en glisser.

Les secondes passaient et le temps s'écoulait tellement lentement que la jeune fille crut devoir rester une éternité ainsi collée dos à un arbre probablement salle, surveillant sa respiration pour ne pas faire le moindre bruit. Étrangement, elle qui était persuadée d'avoir entendus des pas se diriger vers elle, rien ne s'était passé, pas l'ombre d'un Levi. Elle fronça les sourcils, peut-être était-il parti pendant qu'elle fermait les yeux ? Sur le moment, c'était pour elle la seule explication justifiant l'absence de ses bruits de pas. Ce fut donc dans un énorme soulagement que la jeune soldate puisse enfin sortir de sa cachette.

Mais le destin en décida autrement.

Sursaut. Il était là. Levi était là. En fait, il était là depuis le début et ne faisait que d'attendre que la jeune fille se montre enfin. Ses bras étaient croisés sur sa poitrine, campant sur ses jeux jambes pendant que ses yeux la transperçaient. Elle en était paralysée. Aucun son ne parvint à sortir de sa bouche entrouverte.

Cette scène, ce regard, ces yeux. Quelque chose d'étrangement commun et déjà-vus pour la jeune soldate. Mais pas le temps de penser à ce genre de chose. Non, car en ce moment même la jeune fille était en train de se maudire pour avoir pensé aussi naïvement, elle se maudissait pour s'être caché derrière ce stupide arbre, d'avoir suivi son stupide caporal-chef, d'être entrée dans ce maudit cimetière.

Si elle était encore réveillée à une heure pareille, c'était uniquement pour se rafraîchir et se débarbouiller le visage, et puis elle avait vu par le plus grand des hasards Levi marchant dans les couloirs. C'était tentant, un peu trop même, de suivre son caporal-chef la nuit, d'autant plus quand on le voit vêtu en pleine nuit d'un costume. C'était aussi dangereux, surtout quand on sait que le couvre-feu devait être respecté et que la moindre violation peut être sanctionnée. Mais elle avait pris le risque, elle voulait savoir pourquoi son caporal-chef avait quitté les bâtiments des bataillons, puis elle voulait savoir pourquoi est-ce qu'il s'écartait du village, c'est là qu'elle s'était mis à douter : avait-il remarqué qu'elle le suivait et cherchait à la piéger ? C'était ce qu'elle pensait jusqu'à ce qu'il entrât dans le cimetière. Et ce fut à ce moment-là que la jeune fille commença à comprendre, jusqu'à ce qu'elle ne le vit à genou, face à la pierre tombale et commençât à parler seul. Lorsqu'elle l'entendit elle se sentit soudainement gênée d'assister à ce genre de moment intime, une goutte de sueur perla le long de sa tempe, et puis, pendant qu'elle s'essuyait le front avec le revers de sa main, son pied glissa légèrement et fit craquer une branche, son sang de fit qu'un tour, son cœur manqua d'un battement. Elle se redressa légèrement essayant de se coller plus qu'elle ne l'était à l'arbre jusqu'à vouloir fusionner avec lui et disparaitre d'ici.

Maintenant la revoilà exactement comme il y a cinq ans, paralysé par la peur hurlant de toutes ses forces intérieurement et se maudissant d'avoir été aussi stupide.

Sans un mot, Levi la tira brutalement par son écharpe l'amenant à son visage.

« Ackerman… » Sa voix était grave, il grondait, cela n'annonçait rien de bon, vraiment rien de bon.

Démasquée, les doigts de Mikasa essayaient hasardeusement de se défendre en tenant son écharpe de sorte à ce qu'il ne puisse l'étouffer

« Qu'est-ce que tu as entendu ? » Il murmurait dans son oreille, chose qui fit tressaillir Mikasa.

Il relâcha quelque peu son écharpe sans pour autant la lâcher complétement lui permettant ainsi de pouvoir le regarder. Eclairés par la Lune, ils pouvaient très bien distinguer l'autre, néanmoins, l'Ackerman avait l'impression de voir un halo brumeux autour des yeux de son caporal, son regard était plongé dans le sien… Hypnotisant.

« Tout. » Avoua-t-elle avec une voix qu'elle ne sut reconnaitre.

Ses pupilles tremblaient comme elle essayait de se détacher de son regard. En vain. Il semblait la maintenir tout comme il l'a maintenait par son écharpe qu'il finit par lâcher complétement l'emprise. Ses yeux se déconnectèrent des siens et une étrange et désagréable sensation parcouru de part en part la soldate.

Levi ne fut pas surpris qu'elle avoua avoir tout entendu, il n'était pas stupide, elle non plus, mentir n'aurait été d'aucunes utilité si ce n'était jouer avec les nerfs de son caporal-chef. Néanmoins, dire la vérité ne le faisait pas se sentir mieux. De nouveau, un mal de tête s'empara de lui, il se pinça le haut du nez, tout en fermant les yeux. Mikasa n'avait pas la moindre idée de ce qu'il fallait dire ou faire. Elle était là, regardant son caporal-chef surement en train de lutter contre une douleur au crâne et elle ne pouvait rien y faire.

Le soldat rouvrit les yeux, sa douleur s'était quelque peu adoucie mais ne tarderait pas de revenir. Il leva alors la tête vers la jeune asiatique, ses yeux la transperçant pendant qu'elle était à la recherche d'une réponse à une question silencieuse.

« Viens. » Lui dit-il tout en hochant tête vers la sortie du cimetière


Je sens, avoir fait du OOC (pour Levi en particulier) mais, ceux qui lisent le manga (les chapitres en ligne surtout) on a tous été témoin que Levi peut être carrément gentil, vus le sourire qu'il a fait dans le chapitre 69... Donc d'un côté peut-être que ce n'est pas si ooc que ça ? à vous de me le dire !

Les réponses aux guests (encore merci!)

simplynothard : eh bien merci ! Pour les fautes d'ortho j'ai corrigé une fois de plus et je n'attend plus qu'à ce que le chapitre soit à jour (ça fait quelques jours maintenant que je l'ai corrigé) Pour Eren c'était pas forcément le côté "crise d'ado" que je voulais faire ressortir, je considère qu'il a toujours été un peu ronchon et, lorsqu'il peut "esquiver" certaines tâches il se gêne pas ;)

callyourname : J'ai remarqué qu'à chaque fois que je veux écrire plus long que 5 pages, je finis toujours par bloquer et je me met à ajouter de la description/dialogue partout et n'importe où juste pour faire des pages, j'ai donc jugés que réduire la longueur de mes chapitres me permettrait d'être plus efficace ET d'écrire ce que je juge être comme "la bonne quantité"

minamii : C'est corrigé ! comme je l'ai dis j'ai clean tout (enfin, je crois) et je pense que d'ici là jenesaispascombiendetemps le chapitre 1 sera mit à jour