Juste pour la petite anecdote : l'histoire devait faire 3 - 4 chapitres max... Et comment dire ? J'ai débordé ?
Le comportement de Temari peut paraitre OCC mais je prends en compte le fait qu'elle n'a pas été élevée en tant que ninja, et qu'elle a fait une "petite" dépression. C'est rien qu'une ancienne ado / jeune adulte male dans sa peau ! Donc sa volonté et son caractère (de merde faut le dire) ressortent pas forcément trop... Désolée.
De plus j'ai surement modifier un peu le caractère de Shikamaru pour mieux le prêter au personnage... Vous comprendrez peut-être plus tard ^^
Voili voilou j'espère que ça gachera pas tout...
Voyant Temari dans la lune dès le lundi matin, Tenten s'était inquiétée de son état, la première lui avait simplement répondu qu'elle était fatiguée. La jeune femme se serait contentée de cette excuse si elle n'avait pas remarqué que Temari n'avait rien suivit du cours de droit pénal, sa matière préférée. De plus l'air las et triste qu'abordait la blonde avait fini de convaincre Tenten : elle devait savoir ce qui n'allait pas chez son amie !
A la fin de leur cours elles étaient rentrées chez elles pour déjeuner. Elles partageaient une petite maison avec une troisième fille, tout près de leur faculté ; après avoir préparé et englouti l'un de leurs plats préférés, elles s'étaient affalées sur le canapé du salon pour savourer leur dessert.
Une fois celui-ci fini, Tenten avait exigé une explication véridique du malaise de son amie. Et elle avait tout déballé… Depuis sa rencontre avec Doku, la relation destructrice qui en avait découlé ; et surtout… Elle avait surtout parlé de sa relation avec ce Shikamaru Nara. Bien sur quand elles avaient commencé à se fréquenter Temari lui avait rapidement parlé d'un garçon qui l'avait délaissé pour sa meilleure amie, mais jamais elle ne s'était appesantie sur le sujet.
Elles avaient longtemps parlé. Tenten avait fini par enlacer tendrement son amie Temari avait cédé et lui avait raconté l'histoire qui la tourmentait depuis la veille au soir, pour finir par éclater en sanglots. La brune avait été quelque peu surprise par la situation : jamais elle n'avait vu la blonde pleurer !
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Un samedi en début de matinée il était passé la voir chez ses parents ; une bouteille de jus d'orange dans son sac, une brique de lait dans une main et un sachet rempli de viennoiseries dans l'autre : il s'était fait jeté de chez lui aux premières lueurs de l'aube par son beau père et cherchait un refuge. Shikamaru avait d'abord pensé se rendre chez Doku, mais réflexion faite, passer la matinée avec la jolie blonde (et accessoirement petite amie du précédent garçon) le tentait plus. Il s'était donc rendu dans une boulangerie acheter de quoi se faire pardonner de la réveiller de si bon matin. Le père de Temari lui avait ouvert, heureux de voir le jeune homme, il l'avait fait entré et l'avait invité à faire comme chez lui.
Une fois le patriarche Sabaku au travail, Shikamaru s'était rendu dans la chambre de son amie, il l'avait trouvée endormie un air enfantin collé au visage. D'abord attendri par le spectacle il avait fini par se décider à la réveiller pour partager son petit déjeuner avec elle.
D'abord de mauvaise humeur car l'intrus venait de la tirer d'un rêve magnifique, Temari avait fini par réaliser QUI l'avait réveillé et s'était détendue : elle rêvait surement encore puisqu'il était dans sa chambre avec elle ! Sans que Shikamaru face un mouvement pour résister, elle l'avait tiré sur son lit et il s'était allongé avec elle. La jeune femme s'était rendormi contre lui respirant son odeur, presque persuadée de rêver.
Sikamaru n'en était pas revenu : elle s'était rendormie ! Elle l'avait attiré auprès d'elle et ne lui avait laissé aucunes possibilités de s'échapper ! Dans son sommeil la blonde s'était rapprochée du jeune homme jusqu'à l'enlacer pour être plus à son aise. Il n'avait pas eu le choix : ne voulant pas la troubler, et encore moins gâcher la douceur du moment, il l'avait enlacée à son tour, heureux de pouvoir la tenir dans ses bras. Shikamaru avait, lui aussi, fini par s'endormir apaiser par leur proximité.
Quand Temari avait finalement émergé ,elle avait d'abord senti un parfum qu'elle appréciait beaucoup : le sien à LUI ! Elle avait doucement ouvert les yeux pour se rendre compte qu'elle était dans les bras de Shikamaru…Le jeune homme la tenait fermement contre lui, leurs jambes s'étaient melangées pendant leur sommeil et elle se retrouvait collée au garçon qui occupait ses pensées (et ce malgré qu'il soit ami avec Doku, son petit ami à elle).
La blonde avait réalisé qu'en guise de pyjama la veille, elle s'était contentée d'enfiler un débardeur et un short, rougissant encore plus, elle ne fit toutefois aucun geste pour se détacher du Nara. Elle se contenta de le regarder dormir un sourire apaisé sur le visage.
Lorsqu'il s'était réveillé elle le regardait toujours, elle avait déposé un baisé sur sa joue lui murmurant un « bonjour » tout aussi doux. Il rêvait : tout était trop beau, Temari dans ses bras le regardait tendrement, il sentait la peau de la jeune femme sous ses mains, et en depit de son réveil, elle restait contre lui.
Il réalisa qu'elle-même n'avait pas retiré ses mains de son corps, ayant même osé passer l'une d'entre elles sous son pull pour profiter de la chaleur de son dos. Heureux, il la serra encore plus fort contre lui, et enfouit son visage dans la chevelure dorée.
Il senti la jeune femme frissonner à ce contact et fut tenté d'aller plus loin. Il laissa ses mains caresser le dos de sa compagne et sa réaction ne se fit pas attendre : presque inconsciemment elle cabra le dos, venant coller son bassin contre sa virilité. Le garçon, enhardit par l'attitude de la blonde, déposa quelques baisés dans son cou puis le long de sa mâchoire. Temari sentait son cœur tambouriner dans sa poitrine pendant qu'elle explorait le dos et la poitrine de son ami ; dans son ventre, une nuée de papillon élaborait une dance compliquée, entêtante, créant une agréable chaleur dans tout son être. Comme par automatisme, elle ondula légèrement frottant son intimité à celle du garçon.
Cherchant une position plus adaptée à la tournure des événements, Shikamaru fit basculer Temari sur le dos ; il se positionna au dessus d'elle et repris ses baisés. Sa bouche avait délaissé la mâchoire de la blonde pour suivre le tracé de son cou puis de sa clavicule ; en se retrouvant sous lui, Temari avait d'abord eu un temps d'arrêt, mais il s'agissait de Shikamaru : elle lui faisait confiance. Espérant retrouver l'agréable sensation, Temari reprit timidement ses mouvements de hanche ; surpris le brun ne s'arrêta pas pour autant et une de ses mains vint caresser l'intimité de la jeune femme.
Temari se crispa. C'était une chose de prendre des initiatives, c'en était une autre de voir la situation lui échapper. Sans qu'elle puisse rien y faire l'image de Doku se superposa à celle de Shikamaru, et le dégout l'envahit. Elle cessa tous mouvements retenant même sa respiration : anxieuse de ce qui allait se passer.
Shikamaru se rendit compte du malaise de la blonde et retira sa main. Il cessa ses caresses, embrassa sa joue, et s'éloigna d'elle. Il s'assit sur le lit, dans une position neutre, espérant la rassurer ; Temari le regarda longtemps puis, calmée finit par s'assoir face à lui.
Elle avait eu peur ; pourtant elle connaissait Shikamaru, il l'estimait et ne voulait pas lui faire le moindre mal, malgré cela quand il s'était enhardi elle avait pris peur. Sa relation avec son petit se limitait maintenant à leur parties de jambes en l'air, et elle détestait ça. Se sentir objet, dénuée d'âme.
Mais il avait senti son mal-être et s'était tout de suite arrêté, se contentant de lui déposer un baisé chaste sur le front. Il la respectait, et ce depuis le début. Elle lui faisait confiance, et avait eu raison.
Soulagé, Shikamaru lui avait glissé un "Désolé.", elle avait hoché la tête sans répondre trop gênée par ce qui venait d'arrivé. Il lui fit un sourire encourageant, désigna les victuailles et prit un ton de majordome « Le petit déjeuné de madame est servit ! » Elle avait pouffé devant son air fier mais avait accepté de bonne grâce le croissant tendu à son attention.
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Temari pleurait ! Tenten n'en revenait pas : elle sa forte, sa jolie, son indépendante Temari pleurait à cause d'un garçon !
La première fois où sa blonde lui avait parlé de ce Shikamaru, elle l'avait insulté de tous les noms : quel débile ce trouillard ! Mais cette fois c'était différent : Temari lui avait donné une grande partie des détails de son histoire et, non seulement elle était désolée pour la jeune femme, mais elle n'avait plus qu'une obsession : les faire se rencontrer pour qu'ils puissent s'expliquer.
Quand elle avait annoncé sa résolution à Temari, celle-ci lui avait hurlé à la figure son refus net et catégorique de le revoir avant de partir dans une argumentation :
« Mais qu'est ce que tu t'imagines, que je vais arriver comme ça et lui dire :
''Salut Shika, tu te souviens de moi ? Tu sais l'idiote que tu as plantée pour sortir avec sa meilleure amie ! J'aurais une p'tite question de rien du tout à te poser : tu peux m'expliquer pourquoi ? Ha tu sais pas, mince alors !
Et dis-moi, on s'est croisé l'autre fois dans le train tu te souviens ? Mais si tu sais un dimanche après midi ! Haaa ça te reviens maintenant… Oui oui ce jour là ou tu t'es perdu dans la contemplation des cloisons du train et où tu as fini par m'ignorer comme une merde une fois que ta blondasse a été partie !''
Il va bien se foutre de moi ! En tout cas c'est ce que je ferais à sa place, c'est pitoyable !
- Mais non arrête de dire ça Tema…
- Si ! Si c'est pitoyable, regardes moi. » dit-elle en recommençant à pleurer. « Regardes l'état dans lequel je suis, et imagines que ça va faire trois ans que c'est fini : Trois ans, est ce que tu te rends compte Tenten ! »
L'appelée voulu répondre mais la blonde ne lui en laissa pas le temps et repris de plus belle : « Ça va faire trois longues et magnifiques années qu'il vit une histoire passionnée avec Ino. » La jeune fille avait prit un ton sarcastique. « Je vais quand même pas débarquer dans leur idylle en espérant le récupérer !
- Je te parle pas de sortir avec lui, mais de seulement lui parler ! » Tenta d'argumenter la brune qui voyait son amie de plus en plus mal.
« - Parler ? Pour se dire quoi ? » Sa voix devenait de plus en plus aigue.
« Bon dieu Ten, tu comprends pas que ça servirait à rien ! On s'est déjà expliqués plusieurs fois ça nous a mené à rien ! J'ai déjà essayé de reprendre contacte ! Et figure-toi qu'à chaque fois ça a été la même chose : il était tout content de me voir, on s'est baladé, on a parlé comme deux vieux potes et à chaque fois il m'a promis de passer me voir ou de m'appeler… Mais RIEN ! Jamais rien !
Il n'est jamais passé, il ne m'a jamais appelé, il n'a jamais pris de nouvelles auprès d'Ino quand nous avons renoué toutes les deux. »
La jeune femme soupira, fatiguée, avant de regarder son amie d'un air las : « Tenten, je préfère laisser tomber, comprends moi, il en a plus rien à foutre… Et puis tu me vois… Tu vois ce que le croiser dans un train me fait, imagines si on avait une conversation. Imagines… »
La blonde parlait lentement, détachant chaque syllabes « Ça va faire trois ans, trois putains d'années. Depuis le temps j'aurais du oublier, mais tu vois ce que ça me fait. Je tiens pas à renouveler l'expérience, je tiendrais pas le coup Ten… »
Temari ne pleurait plus mais semblait lessivée par sa tirade ; la brune l'avait prise dans ses bras, espérant la réconforter par ce geste.
Temari était dans un état léthargique depuis plus d'une semaine : sa rencontre avec Ino et Shikamaru l'avait, sans qu'elle trouve d'explications acceptables, totalement chamboulée. Son ancienne obsession la rongeait tandis que le sommeil se refusait à elle.
Pour ne rien arranger la blonde passait tout son temps libre à contempler d'anciennes photos ; elle trouvait chaque jour de nouveaux prétextes pour fuir les repas en compagnie de ses colocataires. Elle assistait toutefois à tous ses cours bien qu'étant dans l'incapacité de les suivre correctement.
La fatigue finit par prendre le dessus : un vendredi midi elle fit un malaise et perdit connaissance. Tenten ne lui laissa pas le choix et prit contacte avec les parents de la blonde.
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Temari était en sueur.
Bien sur le médecin lui avait interdit de sortir de chez elle.
Bien sur sa mère lui ferait une scène quand elle rentrerait.
Bien sur grimper en haut d'une falaise était très peu recommandé dans son état.
Mais peu importait. Elle voulait y aller ; elle voulait se recueillir là-bas ; elle voulait pouvoir l'imaginer à ses cotés ; elle voulait sentir les souvenirs l'envahir à la vue de cet endroit. Laborieusement elle escaladait la falaise qui surplombait Konoha.
Elle avait toujours eu l'habitude d'y monter quand le temps s'y prêtait, elle avait même réussit à y trainer la Nara une fois.
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«- Pfff… C'est encore loin ? » Elle avait tourné la tête vers le garçon qui la suivait, tant bien que mal ,et qui pestait depuis le début de leur marche.
« -T'es vraiment nul quand tu t'y mets, y'a une super vue de là-haut ! Une fois que tu y seras tu voudras plus en repartir ! » Connaissant son horreur pour tous les efforts physique inutiles elle avait choisi le chemin le plus simple pour monter en haut de la falaise : au lieu d'escalader la paroi de la roche, ils passaient par un petit sentier qui menait au promontoire. En plus d'être moins dangereux ce chemin était plus court, et lui flemmard de première trouvait encore à raller !
« - Vu tout ce qu'on aura marché c'est normal que je veuille plus bouger : est ce que dans ta petite tête blonde t'as pensé qu'il faudrait aussi qu'on redescende… T'es vraiment galère, tout ça pour se poser et parler, comme si on pouvait pas le faire tranquillement dans mon jardin… » Elle s'était contenté d'accélérer le pas en guise de réponse à ses récriminations.
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Temari était assise son dos contre un roché, LE roché. Scrutant l'horizon, elle écoutait les oiseaux s'égosiller tout en fredonnant une berceuse que lui chantait sa mère quand elle était enfant. De là où elle se trouvait elle apercevait tout Konoha.
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Shikamaru se laissa tomber sur l'herbe pour caller son dos contre un roché ; après avoir longuement observé le paysage il se contenta de lâcher un : « C'est pas mal… » Elle sourit en traduisant pour elle-même cette phrase détachée par son équivalant en langue normale : « Waouh ! Super vue ! » Elle s'installa à ses cotés avant d'entamer sa contemplation. Au bout d'un moment le Nara lâcha :
« - Tu voulais pas me parler de quelque chose ?
- Si… Attends que je mettes tout en forme dans ma tête. » lui répondit-elle. Un moment passa puis, se sentant fin prête elle annonça : « J'ai rendez-vous avec Doku plus tard cet après midi… Je veux tout arrêter. »
Le Nara peu surpris par la déclaration de son amie se permis toutefois un regard étonné.
« - Ça a un rapport avec ce qui s'est passé samedi ? »
Quatre jours plus tôt ils avaient passé l'après midi tout les cinq avec Ino, Choji et Doku. En fin de journée ce dernier c'était vanté d'une nouvelle conquête devant le groupe. Temari avait très mal pris la chose, remettant en cause leur couple depuis quelques temps elle avait été fixée. Elle les avait plantés en pleine rue annonçant qu'elle rentrait chez elle prétextant une soudaine fatigue ; elle avait rajouté qu'elle ne répondrait pas au téléphone du weekend.
Une fois rentrée elle avait retrouvé sa mère à qui elle avait confié tous ses doutes concernant sa relation avec le garçon. Elles avaient longtemps parlé, comme elle le faisait avant, retrouvant un peu de leur complicité.
Malgré la grande quantité d'appel qu'elle reçu venant de Shikamaru et de son petit ami elle ne répondit à aucun ; le dimanche au soir elle était fixée, le réconfort de sa mère avait fini de la convaincre : elle n'aimait plus son petit ami mais le Nara.
Elle n'avait donc plus rien à faire avec le premier. Forte de sa nouvelle décision elle avait prit contact avec les deux garçons donnant rendez vous à Shikamaru dans l'après midi du mercredi, et à son petit ami, plus tard dans la journée.
« -Oui ». Souffla t-elle. « J'ai pris ma décision. Je n'aime plus Doku. Passer du temps avec toi m'a ouvert les yeux à ce sujet. Je suis jeune et j'ai toute la vie devant moi. Il n'est pas intéressant, n'a aucune culture, n'a aucune conversation, son esprit critique tourne autour de zéro, il ne s'intéresse à rien à part sa propre personne, à part baiser il ne sait rien faire… Et encore… »
La jeune fille soupira le brun la scrutait toujours avec la plus grande attention.
« - Et est-ce que ça a un rapport avec nous ?
- Comment ça ? » Shikamaru soupira : elle ne lui facilitait pas la tâche.
« - Y'a un rapport avec ce qui c'est passé entre nous y'a deux semaines ? » Il précisa : « Tu sais, quand je suis venu te voir le samedi matin.. Et qu'on a... Tu sais ?
- Ouai.» Temari soupira. « Quand on a dérapé.
- Dérapé ? Parle pour toi ! Quand tu me traine pas dans des endroits aussi loufoques, j'aime bien qu'on soit ensemble. » Ils se sourirent et Temari enlaça timidement sa main à celle du Nara.
« - Moi aussi j'aime bien être avec toi. Sauf quand tu râles, et quand tu passes ton temps à te plaindre, là tu m'énerve ! » Elle rit, face à l'air faussement outré du brun. « Je lui ai donné rendez vous tout à l'heure pour rompre. Je voulais te voir avant, pour me donner du courage et que quelqu'un sache où je serais… » Quelques larmes affluèrent au coins de ses yeux, elle fixa l'horizon cherchant à les faire disparaitre.
« - Je vais t'accompagner chez lui et je t'attendrais. » La blonde tourna la tête vers lui le regard plein d'espoir. « Je vais pas te laisser seule avec lui, ne t'inquiète pas. Et ensuite, je t'embrasserai puis on ira fêter ça devant un énorme gouté. » Il l'avait pris dans ses bras la réconfortant par sa simple présence, avant d'entamer une conversation des plus sérieuses sur l'aspect des nuages qui se trouvaient face à eux.
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Temari regarda au dessus d'elle : d'un bleu sans défauts, le ciel semblait la narguer ; pour une fois qu'elle voulait prendre le temps de regarder les nuages elle était servit. Faute de moutons cotonneux à observer, elle scruta l'immensité de l'azur… Et aperçu un avion.
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Elle était partie en avion. C'est ce voyage qui avait tout changé. Après avoir rompu avec Doku, Temari et Shikamaru avaient passé encore plus de temps ensemble à leur grande satisfaction. La douleur qu'aurait du ressentir la jeune fille après sa dernière relation amoureuse ne l'avait pas dérangée. La présence du Nara la rendait joyeuse et l'idée de le voir la faisait sauter de joie et trépigner d'impatience.
Elle était amoureuse de lui.
Malheureusement son départ en voyage se rapprochait et la remplissait d'appréhension. Pour ne rien arranger la jalousie grandissante d'Ino vis-à-vis de son amour pour le Nara embarrassait la jeune femme.
Un jour fatiguée des remarques de son amie elle lui avait annoncé clairement, qu'une fois revenu, elle afficherait au grand jour ses sentiments pour le garçon quitte à en froisser certains ; elle rajouta tout de même que, pendant son absence, tout ce qui se passerait à Konoha serait hors de sa portée.
Par ces mots elle encourageait son amie à tenter sa chance auprès de l'homme qu'elle aimait, mais après tout que risquait-elle ? Shikamaru l'aimait, Ino était sa meilleure amie et ne voulait que son bonheur : jamais elle ne ferait quoi que ce soit pour s'approprier le Nara.
Comment aurait-elle pu imaginer ? A son retour elle avait revêtu un masque d'indifférence, elle s'était presque trouvée convaincante dans ses vœux de bonheur au jeune couple.
Toutefois, malgré l'apparence qu'elle entretenait avec soin, elle souffrait et voulait savoir : pourquoi ? Pourquoi ne l'avait-il pas attendu ?
Sans pour autant l'accepter, elle comprenait la réaction d'Ino qui avait sauté sur une occasion de sortir avec un garçon séduisant ; mais elle ne comprenait pas la trahison du Nara.
Un soir n'y tenant plus elle s'était rendu chez lui, et après avoir vérifié qu'il était seul, elle avait frappé à se fenêtre ; s'en était suivit une conversation plate et sans le moindre intérêt… Jusqu'au moment où elle avait osé demander. Pourquoi ? Pourquoi lui avoir promis de l'attendre puis avoir bafoué cette même promesse ?
Il avait mis un certain temps à répondre, et après avoir pris une grande inspiration il avait lâché : « Parce que je vous aimais toutes les deux mais différemment. Maintenant je sais que c'était elle que j'aimais réellement, c'est surement la femme de ma vie Temari. J'avais de l'affection pour toi et la pitié de te voir si mal avec Doku m'a aveuglée ; j'ai confondu une bonne entente alliée à une attirance physique, avec de l'amour. Mais c'est fini, je ne me fais plus de fausse illusions. »
Elle n'avait rien trouvé à dire ou à répondre. Elle s'était contentée d'un « d'accord » avant de prendre la fuite, son masque d'indifférence à nouveau sur le visage. Une fois hors de vue elle avait couru jusqu'à chez elle où elle s'était affalée sur son lit pour pleurer une bonne partie de la nuit.
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Temari frissonna : sa fatigue et l'effort physique qu'elle avait fourni pour grimper en haut de la montagne l'avait lessivé. Elle décida de se mettre en chemin pour rentrer chez elle et tout en marchant, elle reprit le fil de ses pensées.
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Temari ne supportait plus les cours : en permanence avec Ino elle revenait toujours à ses sombres pensées. Son amie ne l'aidait en rien, lui lançant des regards condescendants à longueur de journée ; quand ce n'était pas le cas elle vantait les innombrables qualités de son petit ami, comme si Temari ne les connaissait pas...
Trop lasse pour afficher un air joyeux à longueur de journée, Temari s'était murée dans un silence qu'Ino ne comprenait pas. Lors de leurs premières sorties en groupe, les rares tentatives du Nara pour nouer le dialogue s'étaient terminées en joutes verbales l'opposant à la No Sabaku ; la rancœur l'agressivité et la dureté dont ils faisaient tous deux preuve avaient surpris leurs amis : ils comprenaient que la blonde en face usage, mais Shikamaru, lui d'ordinaire si calme, semblait s'évertuer à insulter la jeune femme.
L'amitié profonde, transformée en haine que se vouaient les deux jeunes gens était une grande énigme pour tout leur entourage.
Se murant toujours plus dans son silence, Temari avait fini par éviter les après midi avec ses amis ; elle avait fini par se retrouver totalement exclue de son cercle d'ami.
Bien sur c'était voulu, mais cela n'empêchait pas son cœur de se serrer quand elle apercevait ses anciens camarades riant dans les rues de Konoha.
Suivant son instinct elle s'était liée « d'amitié » (si on pouvait définir leur relation comme tel) avec Gaara, un garçon de sa classe. Ils parlaient peu, mais partageaient leur lectures, travaillaient ensemble... C'était vraisemblablement ce qui se rapprochait le plus d'une amitié pour le garçon. Temari s'en contentait, heureuse de ne pas avoir à cacher sa douleur en permanence.
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Temari sourit au souvenir du rouquin. Il était le seul qu'elle continuait à voir régulièrement : originaire de Suna il y était rentré quand leurs années au lycée c'étaient terminées ; dans la même faculté qu'elle, ils se voyaient très souvent. Temari regarda autour d'elle : depuis quelques temps il était rare qu'elle se promène dans les rues de sa ville natale. Elle avisa, à une centaine de mètres, le magasin que tenaient les parents d'Ino ; prise d'une soudaine envie d'acheter des roses à sa mère elle se dirigea vers le fleuriste.
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Elle avait totalement oublié la fête des mères ! Quelle idiote elle faisait ! Bien sur elle s'était rattrapée en allant à la boulangerie, acheter des croissants et pains au chocolat pour le petit déjeuné, mais ce n'était pas suffisant !
Temari rentrait chez elle un sachet de viennoiseries à la main se creusant la tête pour trouver une idée de cadeau à la dernière minute.
Et là : éclaire de géni, elle allait lui offrir des fleurs ; classiques mais superbement efficace. Elle avait du se détourner de son chemin initial et courir jusqu'à la boutique Yamanaka espérant qu'il reste des roses.
Une fois devant l'échoppe elle avait réalisé qu'elle risquait de croiser son ancienne amie, toutefois l'urgence lui interdisait de se rendre chez le seul autre fleuriste, qui se trouvait de l'autre coté de la ville.
Comme elle l'avait pressentit, Ino gardait la boutique et sans lui accorder trop d'attention, elle lui avait désigné une vingtaine de roses puis l'avait regardé composer son bouquet. Contre toute attente la fleuriste l'avait invitée à boire un verre en fin d'après midi, prétextant ne pas l'avoir vu depuis longtemps. Temari avait payé annonçant qu'elle essaierait de venir.
Madame No Sabaku avait été enchanté par ses « cadeaux » de fêtes des mères. A sa propre surprise, Temari s'était retrouvée devant la maison Yamanaka, aux environs de 17h, prête à passer un moment avec son ancienne amie. Heureuse, Ino l'avait entrainée dans un café très « tendance » qui venait d'ouvrir. Elles avaient parlé de tout et de rien, s'étant presque crues retournées une année en arrière… A la suite d'un fou rire Ino lui avait confié :
« - Tu sais je suis contente que tu ne m'en veuille plus pour Shika et qu'on puisse parler comme avant, ça m'a vraiment manqué…
- C'est du passé, j'ai fait une croix sur lui. » Elle avait ,en réalité, essayé d'oublier les deux amants, car,après un an de relation, ils étaient toujours ensemble… S'accrocher à ses souvenirs ne servait clairement à rien. « Et puis tu m'invites alors bon, faut savoir se tenir en société ! » Les deux jeunes filles pouffèrent au ton qu'avait prit Temari.
- Puisqu'on en parle, avec comment ça se passe avec Nara ? Sakura m'a tenu le crachoir une bonne demi-heure la semaine dernière pour me raconter à quel point vous étiez Siiiiii miiiiiignons ensemble !
- A vrai dire je crois que je l'aime. » Temari en resta bouche bée, Il avait fallut plus d'un an à Ino pour s'en rendre compte... La jeune femme dégoutée avait alors pensé que la Yamanaka ne le méritait pas. « Même si au départ nous deux c'était pas gagné ! » Ino gloussa à ce souvenir.
« - C'est vrai que vous ne vous connaissiez pas énormément ,avant de sortir ensemble, et puis habitant aux deux extrémités de la ville et n'étant pas dans le même lycée c'était pas évident.
- Non non c'est pas ça… » Temari scruta du regard la jeune femme qui lui faisait face attendant qu'elle continue. « Comme tu sort avec Gaara. » La Sabaku fronça les sourcils : le roux et elle étaient amis, pas en couple ! Toutefois elle n'eu pas le temps de contredire sa compagne :
« Puis, comme tu as fait une crois sur Shika et que tu vas mieux je peux te le dire… Le prends pas mal hein ? » Elle avait jeté un regard méfiant à son interlocutrice.
« Au départ si je me suis mise avec Shikamaru c'était pour que vous ne vous sortiez pas ensemble ; tu comprends, tu sortais juste d'une relation et tu étais déjà à fond sur un autre mec… Et puis au départ avant que tu t'intéresses à lui, Shika m'aimait bien… »
Temari n'en revenait pas : elle avait perdu le garçon qu'elle aimait parce que sa « meilleure amie » l'avait jalousée…
Ino ne voyant aucune réaction du coté de la jeune femme qui lui faisait face se dépêcha d'ajouter : « Mais tu sais avec le temps j'ai appris à le connaitre et j'ai compris pourquoi tu l'aimais ! » Temari fulminait : Ino savait qu'elle avait été amoureuse de Shikamaru, mais elle était quand même sortie avec lui… Sans l'aimer. Juste pour les empêcher, elle et le Nara d'être réunis.
Silence. Le temps d'ingurgiter l'information.
- Et… Et tu l'as dit à Shikamaru ? » Temari se rabroua mentalement : ce n'était pas le moment de commencer à appeler le Nara par son prénom !
« - Je vois pas pourquoi je lui aurais dit : je l'aime maintenant !
- Mais alors pourquoi tu me dis ça, j'étais pas obligée d'être au courant ! » La Sabaku maudit silencieusement l'autre : comment avait-elle pu, alors qu'elles avaient soi-disant été amies, lui faire une chose pareil? Et pire, comment pouvait-elle aujourd'hui lui avouer sa supercherie avec autant de franchise, et ce, le sourire aux lèvres ?!
Ino la fixa indécise avant de répondre :
« - Parce ce que pour reconstruire notre amitié il faut qu'on se dise tout… » Temari pesta : Ino venait de lui expliquer que sa dépression était due à une petite crise de jalousie mal placée, et elle voulait redevenir son amie ! Elle voulait repartir comme en quarante, après lui avoir annoncé qu'elle avait pris Shikamaru pour le plus sombre des crétins. Qu'elle avait joué avec ses sentiments à lui, qu'elle avait risqué de lui faire du mal pour sa seule satisfaction personnelle ?
« - Tu veux que je te dise Ino… Ce que tu as fait est détestable. Tu t'es bien foutu de moi, et de lui aussi. Tu te rends compte que tu as joué avec ses sentiments, simplement pour ne pas avoir à supporter la visions de lui et moi heureux ensemble ! Shikamaru est quelqu'un de bien, il ne mérite pas ça !
- Mais maintenant c'est différent : je l'aime !
- Rien à foutre. T'es vraiment qu'une… » Une boule se formait dans sa gorge, les larmes allaient l'envahir et bientôt elle ne pourrait plus parler. Elle devait partir.
« Tu me dégoute… J'ai aimé Shikamaru, comme tu ne pourras jamais l'imaginer dans ta petite tête vide. Et tu m'apprends que votre relation est fondée sur un caprice… Je rentre, je suis fatiguée. »
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Temari ressorti de la boutique, la mère d'Ino lui avait préparé un somptueux bouquet, il n'en faudrait pas moins pour calmer la colère de sa mère, quand elle aurait découvert que sa fille avait passé l'après midi dehors et qu'accessoirement elle avait escaladé une falaise ; alors qu'elle tenait à peine debout à son réveil…
En arrivant chez elle sa génitrice ne fut pas attendri le moins du monde par son énorme bouquet et consigna sa fille jusqu'au repas, marmonnant qu'elle finirait par se tuer en grimpant à cette falaise. Temari avait eu beau argumenter qu'elle l'escaladait depuis son plus jeune âge, sa mère ne décoléra pas, elle capitula et monta se coucher.
Deux semaines avaient passées depuis son retour à Konoha, deux semaines à dormir, se reposer, manger les petits plats que lui préparait sa mère, recevoir les visites de Tenten et Gaara, se mettre un peu à jours dans ses cours mais surtout deux semaines à vivre dans un passé qui malgré ses propos, la rongeait.
Sa mère avait finalement accepté de la laissé sortir, à condition qu'elle soit rentrée une heure et demi après son départ, ce qui ne lui laissait pas le temps de monter en haut du promontoire et de redescendre.
Temari se contentait donc de déambuler dans Konoha sans but précis, vérifiant toujours sa montre de manière à pouvoir sortir le lendemain ; sa mère avait été très claire : si elle avait plus de dix minutes de retard elle resterait cloitrée dans la maison la journée suivante.
Bien sur elle rencontrait souvent d'anciennes connaissances, mais elle n'était jamais tombée sur qui que ce soit de « vraiment » important.
Malheureusement pour elle, un samedi après midi elle fini par croiser LA personne.
Elle marchait tranquillement dans le parc, cherchant un coin tranquille où se reposer en lisant un magasine juridique, quand elle s'était retrouvée face à lui.
Marchant, les mains dans les poches, une chemise blanche ouverte sur un pull à col roulé, son éternel moue blasée sur le visage : semblable à ses souvenir mais tellement différents.
Il lui manquait ce petit air moqueur qu'elle aimait tant : ses traits avaient changé, il était maintenant un beau jeune homme de 20 ans si différent du gringalet qu'elle avait connu trois ans plus tôt.
Elle crut d'abord qu'il ne l'avait pas vu, après tout une cinquantaine de mètres les séparaient encore, et attentif comme il était elle pourrait bien passé à coté de lui sans qu'il la remarque !
Temari se demanda si, faire demi tour dans l'instant, ne semblerait pas trop suspect… Non ! Elle avait déjà pris la fuite la dernière fois qu'elle l'avait vu, elle se ridiculiserait et s'en voudrait pour le restant de ses jours si elle recommençait.
De plus pareil occasion ne se représenterait peut-être plus jamais.
Il s'était arrêté, semblant attendre quelqu'un, mais il l'avait vu c'était certain : ils avaient échangé un rapide regard et Temari continuait à avancer vers lui.
Elle le dépassa, pensant qu'il l'arrêterai, mais non. Il l'avait suivit du regard, tandis qu'elle l'ignorait superbement. Elle avait continué sa route, repoussant l'envie de se retourner.
Il lui fallut moins d'une minute pour s'en rendre compte : il la suivait !
Temari n'en revenait pas ! Il ne l'avait ni salué, ni vraiment ignoré : il s'était contenté de la regarder son air indéchiffrable plaqué sur son visage, puis de lui emboiter le pas !
Bien sur il se dirigeait peut être simplement dans la même direction qu'elle…
Pour se défaire de ses doutes la jeune femme accéléra mais son poursuivant allongea le pas, maintenant la courte distance qui les séparait.
Quelques minutes passèrent pendant lesquelles Temari alternait pas rapides puis lent, cherchant à le perdre dans la foule, mais rien n'y faisait, il était toujours derrière elle. Et cet idiot ne l'avait toujours pas hélé !
La jeune femme décida de prendre les choses en main.
Non elle n'était pas prête à le revoir, non elle n'était pas sur de ne pas fondre en larmes, oui elle appréhendait leur confrontation, mais elle était sur d'une chose : cette fois elle aurait ses explications, et cette fois elle pourrait faire définitivement une croix sur lui.
Surprenant son poursuivant elle accéléra le pas pour tourner à la dernière minute dans une petite rue ; elle se cacha dans l'embrasure d'une porte puis vu Shikamaru s'engouffrer dans la rue et s'arrêter net quand il vit qu'elle l'attendait.
Il soupira fortement.
« - Quoi ? » aboya t-elle.
« - Pffff… Toute cette mise en scène pour ça !
- Pardon ! Non mais tu t'es vu espèce de débile ! Tu me croises sans m'adresser la parole et après tu décides de me prendre en filature et c'est moi qui fait des mise en scène ! C'est l'hôpital qui se fou de la charité ! » Tempêta la blonde.
« - Calme toi tu veux, t'es fatigante ! Et puis, qui te dis que je te suivais… T'es pas le centre du monde… On n'a pas échangé trois mots que tu hurle déjà… Tu sais que c'est mauvais pour la santé de s'énerver comme ça.
- T'es impoli, un sale vicieux, doublé d'un voyeur pervers, un idiot fini, un espèce d'ours mal léché au caractère versatile, un enfant capricieux qui ne pense qu'à lui, un petit être insignifiant qui se prends pour la septième merveille du monde, le plus dénué de scrupule des faux jetons que je connaisse ! Et tu ose me dire que je suis fatigante ? T'es vraiment qu'un hypocrite ! » Shikamaru l'avait laissé cracher son flot d'insulte sans piper mot.
« - Désolé j'avais oublié de te dire bonjour. Je te dois une invitation il me semble. »
La jeune femme était soufflée : d'une il s'était excusé, et de deux il se souvenait du fait qu'il lui « devait » une invitation. Invitation qui datait de plus de 3 ans… Ne sachant comment réagir elle resta à le contempler attendant qu'il crie « haha j't'ai bien eu, idiote comme si j'allais m'intéressé à toi après tout ce temps ! » mais rien ne vint. Il lui fit signe de le suivre et s'engagea dans les rue de la ville vers « leur » café.
OoOoO
Pour les 18 ans de Temari, soit plus d'un an après sa rupture avec Doku et sa "non-relation" avec le Nara, Gaara et ses camarades de classes lui avaient organisé en secret une soirée d'anniversaire chez elle.
En rentrant d'une escapade à la falaise, elle s'était retrouvée face à une trentaine de jeunes surexcités dans son jardin. La soirée avait été somptueuse ; certains de ses amis avaient jugé opportun d'inviter Ino et Shikamaru ; cette première n'avait gardé aucune rancœur de leur conversation sur les fondements de sa relation avec le Nara. Un peu après le champagne et les cadeaux Temari s'était retrouvée dans sa cuisine à mettre les flutes dans le lave vaisselle quand Shikamaru l'avait rejoint. Elle l'avait remercié comme tous les autres pour les cadeaux, mais l'avait évité toute la soirée.
« - C'est un bel anniversaire. » Elle n'avait pas répondu ne trouvant rien à dire d'intéressant. « Désolé, l'idée du sac c'était d'Ino… » En effet le couple s'était cotisé pour lui offrir un sac à main rose… Elle qui détestait le rose… Du Ino tout craché.
« - Il est sympa c'est gentil d'avoir acheté quelque chose. » Le brun l'avait aidé en silence avant de reprendre sur un ton hésitant :
« - Dis… j'ai un souvenir, mais je ne sais plus si c'était avec toi ou avec Ino…
- Et ça la foutrait mal de le demander à Ino… hein ?
- T'as tout compris ouai… » Elle l'interrogea du regard en même temps qu'elle mettait de l'ordre sur la table de la cuisine. « Bin… Pffff c'est galère à expliquer… j'ai un souvenir plutôt pas mal, d'une crêpe Nutella accompagnée d'un grand verre de lait chaud, dans un petit café près de la forêt. » La jeune femme sourit à ce souvenir : ils avaient en effet passé un merveilleux moment partageant leur gouter.
« - T'as bien fait de pas en parler à ta femme, c'était avec moi.
- C'est bien ce que je me disais… » Le garçon chercha son regard pour continuer. « Ça pourrait être sympa qu'on le refasse. D'ailleurs je te dois toujours une invitation là-bas pour la même chose, n'est-ce pas ?
- T'es pas obligé tu sais. Ça date maintenant ; et puis ça me fait un bon souvenir c'est ce qui importe le plus. » Elle avait baissé le ton à la fin de sa phrase, si bien que le brun avait du tendre l'oreille pour entendre ce qu'elle disait.
« - Moi j'y tiens à cette invitation…
- Ouai… Tu m'appel hein ? » Fit-elle sarcastique. Elle avait plusieurs fois essayé de renouer contact avec lui, mais une fois le moment passé il l'oubliait à nouveau, même en tant qu'amie. « T'embête pas avec tes promesse à la con, ça sert à rien d'en faire alors que tu les romps à chaque fois. »
Temari lui lança un regard accusateur sans pour autant continuer à l'accabler de reproche : il était comme ça et au fond, elle continuait à l'aimer ainsi.
« - Je suis sérieux Tem'… Nos conversations me manquent. Nos joutes verbales aussi d'ailleurs. Comme tes piques incessantes, même si elles étaient galères... » La jeune femme rit doucement suite à cet aveu. « Ton rire aussi m'a manqué…» Il avait murmuré ces derniers mots mais ils n'avaient pas échappés à la blonde.
« - Shika… Je ne suis pas sur que ce soit une bonne idée… Tu sais je suis toujours pas au claire avec mes sentiments, enfin, je supporte de vous voir ensemble, mais je suis jamais sur de ressortir indemne de nos rencontres. Et puis j'ai pas envi de me faire de faux espoir. » La jeune femme avait baissé la tête honteuse de sa faiblesse : elle qui était pourtant si fière de sa force de caractère se retrouvait dans un état pitoyable à cause d'un homme…
« - Moi non plus Temari je ne suis plus sur des mes sentiments. » Le jeune homme semblait hésiter, elle l'encouragea d'un regard : « Tu sais plus ça va et plus je me dis que j'ai fais une énorme bêtise en sortant avec Ino… » La mine abattue qu'il abordait toucha la jeune femme qui lui passa la main dans le dos, d'une manière réconfortante. Il la regarda et repris dans un murmure : « Je regrette… Si tu savais comme je regrette de ne pas t'avoir attendu… » Après cet aveu il avait détourné la tête, évitant de croiser le regard de la blonde.
Elle n'en revenait pas. Il regrettait, il regrettait. ELLE.
Elle en aurait pleuré de colère : il savait qu'elle avait souffert par sa faute, mais il revenait la voir pour lui confier ses états d'âme… L'amertume de la jeune femme grandit quand elle lança un coup d'œil à ses convives et qu'elle aperçu Ino.
Ino qui s'était moquée du Nara au début de leur relation… Ino qui s'était jetée dans les bras de Shikamaru pour éviter que leur romance aboutisse.
Elle ne trouva toutefois pas la force de faire un discours enflammé sur le comportement de l'autre blonde, ni de blâmer le garçon qui lui faisait face : elle était encore trop impliquée sentimentalement. Elle se contenta donc de lui répondre sur le même ton :
« - Moi aussi je regrette. Et je le regretterais surement toute ma vie. »
OoOoO
Temari lança un regard par-dessus la table au jeune homme qui lui faisait face : comment se débrouillait-il pour annihiler sa volonté de le fuir ou de lui balancer ses quatre vérités ? Aussi bizarre que cela puisse lui paraitre il se trouvait là, avec elle un air rêveur sur le visage. Elle se contenta de profiter du moment que lui offrait la vie. Ils avaient commandé la même chose que trois ans auparavant. Ils ne parlèrent qu'une fois leur repas servit :
« - Je suis désolé de t'avoir suivit. » lança le garçon de but en blanc.
« - Et pourquoi ?
- Parce que j'aurais du prendre mon courage à deux mains et t'aborder dans le parc. Je n'ai jamais ce genre de problème d'habitude.
- Sympa, je fais si peur que ça…
- Non non c'est pas ça ! » Se reprit-il. « C'est juste que quand on s'est croisé dans le train l'autre fois tu as agits comme si tu te fichais royalement de moi. Alors… Je savais pas trop comment t'aborder, galère quoi. » Temari le regarda durement avant de répondre :
« - Toi aussi tu m'a ignoré ! Tu t'es pas regardé quand ta blondasse était là : tu posais ton regard partout sauf sur moi ,même les murs avaient l'air plus intéressant ! Alors laisse-moi rire ! Qui m'a à peine répondu quand j'ai essayé de lui parler ? Et qui m'a snobé quand le train est parti !
- A non t'exagère je t'ai pas ignoré à ce point : c'est toi qui ne regardait qu'Ino !
- Tu rigole j'allais pas te fixer alors qu'elle était là, elle m'aurait arraché les yeux ! Et puis te regarder alors que tu me fuis merci mais j'ai préféré m'abstenir !
- Genre tu m'as regardé plus de trois seconde ! T'as pas vu ton regard quand il s'est posé sur moi : du style "t'es qu'une merde", j'ai été servit.
-C'est totalement faux ! Si je te regarde durement c'est parce que tu m'exaspères à tout le temps te dérober !
- Me dérober ! Fille galère ! Qui n'est pas venu me retrouver alors que c'était suggéré quand je t'ai laissé au départ du train ? C'est toi !
- Suggéré ? Non mais tu te fou de moi, m'ignoré ça équivaut à dire, "aller vient on va causer comme deux vieux potes" ! »
Temari fulminait, il était buté au possible et ne cherchait pas à comprendre.
En face d'elle Shikamaru se trouvait dans le même état de nerf. Il reprit pourtant l'assaut :
« - Et puis t'as rien fait pour me revoir dernièrement, t'aurais pu venir me demander des explications, si ça te tenait tant à cœur que ça !
- HoOoOoOo ! Tu m'énerve Nara de malheur ! QUI est passée régulièrement voir l'autre après que tu te sois mis en couple : MOI ! Qui n'a jamais rappelé l'autre alors qu'il l'avait promit : TOI ! Qui a désespérément attendu un signe de vie: MOI ! Trois ans Shikamaru, ça fait trois ans que tu m'as préféré Ino, alors démerdes toi avec tes états d'âme à la con ! »
Temari sentait les larmes arrivées et sa respiration sifflante laissait deviner une crise de larme imminente. Face à elle Shikamaru était rouge de colère lui aussi mais il la surprenait : pour une fois qu'il prenait totalement part à une conversation.
« - A oui ! » Reprit-il sur un ton cassant. « Et qui s'est déclaré à ton anniversaire ? MOI ! C'est moi qui t'ai dit que je regrettais et toi t'as même pas été foutu de réagir ! Qui m'a rayé de sa vie du jour au lendemain : TOI !
- Non mais tu te moque de moi ! Tu arrive la bouche en cœur m'annonçant que tu n'es plus sur de ton choix de petites amie à peine un an après m'avoir préféré ma meilleure amie et je devrais te tomber dans les bras ! Et souviens toi quand je suis venu te voir à peine une semaine plus tard, qu'est ce que tu m'as dis ? Tu changes d'avis comme de chemises ! Tu es détestable Nara ! Je me demande comment je fais pour t'aimer. »
Voyant l'expression du garçon changer, passant de la colère, à la surprise puis ce qui ressemblait à de l'espoir, elle se reprit comprenant ce qu'elle venait de dire : « Je sais pas comment j'ai fait pour t'aimer. Tu m'as toujours fait miroiter un possible avenir et tu as toujours fini par me retirer mes espoirs. »
Les deux jeunes gens se faisaient face, affichant clairement leur irritation, leur rancœur et leur déception. Temari à moitié levée hésitait à savoir si elle devait partir sur le champ ou lui donner une chance de s'expliquer. Son cœur lui criait de rester auprès de l'homme de ses pensées, mais son corps la rappelait à l'ordre, la respiration saccadée, une boule au fond de la gorge elle ne tiendrait plus longtemps ; ses yeux embués n'arrangeaient rien et l'empêchaient de voir l'état similaire dans lequel se trouvait le brun.
« - Si tu parles du jours auquel je pense… Tout ce que je t'ai dit… J'en pensais pas un mot… Mais comprends moi, c'était trop dur de tout arrêter pour repartir à zéro… J'ai jamais cessé de regretter tout ce que je t'ai dit. Pourquoi je te fuis à ton avis… Réfléchis deux seconde… Si je me fichais réellement de toi j'agirais normalement… Temari… S'il te plaît… »
Il soupira posant un regard fatigué et perdu sur la jeune femme ; celle-ci ne le regardait déjà plus, fixait un point derrière lui, debout elle contenait difficilement ses larmes. C'est des trémolos plein la voix qu'elle lui répondit :
« - Désolée, je ne suis pas assez forte pour supporter tout ça. J'aurais aimé rester… Mais faut que j'y aille. Salut Nara. » Sur ces mots elle lui tourna le dos avant de quitter le restaurant d'un pas vif. Le garçon était resté sur sa chaise, il aurait aimé la rattraper et tout lui dire, mais c'étai au dessus de ses forces.
OoOoO
Quelques jours après les révélations du Nara, lors de son anniversaire, Temari s'était décidée à aller lui demander des explications.
Elle était chamboulée et malgré l'appréhension qu'elle ressentait elle ne pouvait s'empêcher d'espérer. Espérer qu'il l'aime et qu'il revienne sur sa décision.
Elle s'était rendu chez lui le cœur plein d'espoir et l'esprit remplit de questions. Il l'avait accueillit avec moins d'enthousiasme qu'elle ne s'y attendait ; mais après tout ,sortant toujours avec Ino c'était compréhensible.
Comme ils le faisaient avant que tout ne change, ils avaient marché côte à côte, sans rien dire. Et finalement Temari l'avait questionné : elle voulait savoir si ce qu'il avait dit le soir de son anniversaire, alors qu'ils étaient seuls dans sa cuisine, était vrai. Elle avait été servie.
« Temari écoute moi bien parce que je ne te le répèterais plus ; tu t'obstine alors qu'il n'y a rien à attendre de moi. Je ne sais pas dans quelle langue te le dire ; pour que tu comprennes enfin.
Je te l'avais pourtant expliqué il y a un an ; j'ai eu autrefois de l'affection pour toi, certes il en reste quelques traces mais rien d'extraordinaire. Je sors avec Ino, et je l'aime…
Quand je t'ai confié mes doutes c'était des paroles en l'air, on venait de se prendre la tête avec Ino, elle m'a ignoré pendant toute la soirée en flirtant avec l'un de tes potes ; je me suis vengé. Je pensais pas que ça te travaillerait autant, faut croire que t'es toujours pas sortie d'affaire.
Dans tout les cas Je vois pas comment je pourrais t'aimer : regarde toi, tu sors juste d'une déprime carabinée, tu cours après un mec qui sort avec ton ex meilleure amie, tu pleurs toujours en pensant à lui…
T'es plus la Temari qui me plaisait il y a un an. T'es à peine le fantôme de celle que j'ai cru aimer.
Fais-toi à l'idée que tu ne représente plus qu'un souvenir pour moi. »
Petite note pour la compréhension... Niveau flash back celui du câlin "amélioré" et celui où elle confit à Shikamaru (quand ils sont sur la falaise) se passe avant sa rupture avec Doku...
Les deux suivant expliquent la mise en couple entre Shikamaru et Ino, ils se passent dans la même année.
Le quatrième (celui de la fête des mères) se passe l'année suivante tout comme celui de l'anniversaire. Donc, par rapport au moment présent ça fait :
- Y'a 3 ans pour le câlin, la rupture, la mise en couple Shika/Ino.
- Y'a 2 ans pour celui de sa rencontre avec Ino (fête des mères et déclaration sur sa mise en couple avec Shikamaru) et pour celui de l'anniversaire.
Je suis désolée si ce n'est pas évident de bien suivre et de relier tout ça avec les flash back du premier chapitre (d'ailleurs si vous vous perdez je pourrais vous faire un chap avec tout les souvenirs dans le bon ordre... A vous de voir !)
Alors, des remarques ou commentaires? Désolée de finir sur des paroles de Shikamaru si peu sympathiques, surtout que je vous abandonne juste après une jolie prise de tête... (Si vous êtes dans les flous concernants les sentiments deu Nara c'est normal ! Temari non plus ne comprends pas)
Bon promis, ça reste prise de tête à gogo (ce serait pas drôle sinon) mais on comprend mieux ensuite.
So.
