En retard, en retard, je sais. La faute à ce chapitre que je ne savais pas comment tourner, j'avais deux versions différentes. Finalement j'ai choisi celle-ci et j'avoue ne pas être convaincu du résultat. Pour me faire pardonner, le troisième chapitre arrive dans la minute ! Merci à mes deux revieweuses, c'est très précieux pour moi. Sur ce, bonne lecture.
«_Compte la dessus.»
C'était tout ce qu'avait dit Fred et George du dîner. Alors qu'Alicia, Angelina et Katie s'empressaient de commenter le discours qu'elles venaient d'entendre, les jumeaux restaient fermement hermétiques au monde qui les entouraient, la tête penchée l'un vers l'autre, chuchotant frénétiquement des paroles qui semblaient sérieuses. Alicia ne pouvait s'empêcher de leur lancer de temps à autre un regard préoccupé, peu enthousiaste de les voir si froids. Elle n'avait jamais eu l'habitude de les voir si graves et ce n'est pas aujourd'hui qu'elle commencerait à s'habituer. La jeune poursuiveuse laissa traîner son regard sur le front plissé de George et sur ses cheveux en bataille, d'autant plus ébouriffés qu'il venait d'y passer les doigts.
Elle finit par baisser les yeux sur son assiette et se concentra sur la conversation d'Angel et Katie. Cette dernière parlait avec de grands gestes, beaucoup plus touchée que son amie par les mots d'Ombrage.
_ Je n'ai peut être pas tout compris, mais cette femme ne me dit rien qui vaille. Juste le fait qu'elle soit envoyée par le ministère me dérange. Qu'est-ce qu'elle veut dire par «le progrès pour le progrès ne doit pas être encouragé» ? Soupira Katie, piochant dans les ailes de poulet.
Angelina avala une gorgée de jus de citrouille avant de parler, son calme contrastant avec l'attitude de Katie.
_ Je ne crois pas qu'elle soit si 'menaçante'. Elle est peut être envoyée par le Ministère mais elle n'est que professeur, elle n'a aucun pouvoir. Tant qu'elle reste à sa place, ça me va.
_ Je suis assez d'accord, répondit Alicia. Tant qu'elle nous enseigne bien les choses et qu'on sache se défendre pour l'avenir.
Lee qui parlait jusqu'à présent avec Dean et Seamus, se tourna vers elles. Il semblait préoccupé et légèrement énervé, alors que les deux garçons de sixième année semblaient se disputer derrière lui.
_ Ombrage ? Nous enseigner quoi que ce soit ? Aucune chance. Avec la politique actuelle du ministère, ça m'étonnerai qu'elle nous autorise même à faire de la pratique.
Ils échangèrent un regard qui en disait long et replongèrent dans leurs assiettes, chacun perdu dans ses pensées. Alicia traçait des signes obscures dans sa purée, ses pensées bien lointaines. Elle ne pouvait s'empêcher de songer à ses parents, restés à la maison et à son petit frère qui entrerait à Poudlard dans un an. Avec les circonstances actuelles, elle ne pouvait retenir l'inquiétude qui s'emparait peu à peu de ses pensées : tout deux sorciers, sa mère et son père travaillaient dans une firme nationale et avaient de bonnes positions sociales.
La famille vivaient dans les alentours de Liverpool, dans une grande maison bien entretenue. Ils avaient des relations dans la région et la jeune fille soupçonnait le retour du Mage Noir d'être une cause de leur volonté soudaine de partir du pays. En effet, depuis cet été, sa mère ne cessait de parler de déménagement à l'étranger, sous prétexte d'une mutation. Elle n'avait pas voulu donner à Alicia la raison exacte de cette soudaine envie de partir mais elle savait que ses parents étaient impliqués dans de nombreuses relations avec le ministère, dont ils n'appréciaient pas toujours les décisions.
Bien que sa famille ne soit pas en danger à proprement parler, la jeune gryffondor avait eu plus de mal à les quitter cette année. Elle n'avait pas encore parlé à ses amis de la volonté de déménager de ses parents, mais elle pressentait cette dernière année à Poudlard comme différente, dans tout les sens du terme.
Alicia finit par revenir dans la réalité au moment où des raclements de banc se firent entendre. Elle se leva d'un bon, empochant une pomme qu'elle n'avait pas pu manger.
Elle suivit Angelina et Katie, les yeux dans le vague, fixant sans la voir la petite femme replète à la table des professeurs. Celle-ci pliait avec application sa serviette de table, un petit air triomphant accroché aux lèvres. Alicia grimaça en détournant le regard. Arrivée dans le hall d'entrée et commençant à monter les marches, elle sursauta lorsqu'elle sentit quelqu'un glisser un bras dans son dos et étouffa un cri de surprise. George. Elle sourit.
_ Alors, revenu sur terre ? Vous étiez bien sérieux, tout à l'heure, dit-elle, un sourire accroché aux lèvres.
_ Cette Ombrage ne me dit rien qui vaille, répondit-il, évitant délibérément la question. Je ne sais si c'est à cause de son goût atroce pour les discours digne de McGo ou sa ressemblance déroutante avec un batracien.
Alicia éclata de rire, sentant toujours les doigts de George courir dans son dos.
_ Croa, bonjour les enfants, ravie de vous voir mes mignoooooons.
George roula des yeux en sortant la langue, chatouillant par la même occasion la poursuiveuse qui se tortilla pour échapper à sa prise. Elle rit alors qu'il pliait sa grande taille pour faire des bonds de grenouille, montant les escaliers en la poursuivant. Elle faillit trébucher alors qu'il bondissait vers elle, son rire et l'attitude du rouquin attirant vers eux tout les regards. Les nombreux élèves qui montaient à leur suite les escaliers de marbre rirent tous des bonds du rouquin qui fixait Alicia d'un air fou, continuant à sauter de marche en marche sans se soucier des regards. Elle sentit son estomac faire un bond lui aussi alors qu'il la détaillait comme un prédateur, se sentant véritablement comme un insecte en face d'un crapaud.
_ Arrêtes, Georges ! T'es bête, tout le monde nous regarde. Tu vas passer pour un débile, évites d'aggraver ton cas.
Elle lui fit un grand sourire et il finit par se relever, passant la main dans ses cheveux comme si de rien n'était. Alicia ne pouvait s'arrêter de rire alors qu'il jetait un regard étonné aux premières années qui le regardait comme si il était fou. Elle lui donna un coup de poing dans l'épaule et il rit silencieusement, pas peu fier de son effet. Tandis que tout le monde continuait à les regarder avec curiosité, Alicia rougit et se rapprocha de George.
_ T'es vraiment con, tu sais ça ? Chuchota t-elle.
Mais son ton indiquait le contraire et il lui fit son plus beau sourire.
_ Je sais. Mais tu m'aimes proportionnellement à l'étendue de ma bêtise.
Elle lui jeta un regard plus amusé qu'intrigué mais il ne répondit rien, souriant mystérieusement, sa main reprenant sa place au creux de la taille de la jeune fille. Ils finirent par atteindre la salle commune en dernier, Alicia se précipitant pour pousser le tableau avant qu'il ne se referme devant eux.
