Alohaaa !

Je ne vais pas vous retenir très longtemps, mais je voulais vous adresser un immense MERCI pour toutes ces reviews ! Je n'en reviens pas que vous soyez aussi nombreux à continuer de me lire, malgré tout le temps qui s'est passé et la qualité plus que discutable du premier chapitre de cette fic…^^

Bref, bonne lecture !


J'ai toujours eu cette tendance à mettre mon nez dans les ennuis.

Parfois, je me demande de qui je peux bien tenir ce trait de caractère. Pas de mes parents : ils se mêlent tellement peu des oignons des autres qu'ils ne se sont toujours pas rendus compte que je faisais régulièrement le mur. Mes grands-parents peut-être ? Ma grand-mère maternelle est une vraie fouineuse quand je viens lui rendre visite, elle me parle toujours des petites affaires de ses voisins. Mais je préfère croire que je ne tiens rien de cette grand-mère-là : je la déteste, et porter son nom en tant que deuxième prénom est une vraie plaie. C'est horrible de dire ça d'un membre de sa famille, mais elle manque vraiment de tact avec moi. Une fois, elle m'a même dit, alors que je lui rendais visite : « C'est moi ou tu t'es élargie depuis la dernière fois ? ». Je savais que j'avais pris deux kilos à force de trop manger de pizzas pendant mon voyage scolaire en Italie, mais quand même ! De toute façon, elle, elle ne s'empêtre jamais dans les problèmes quand elle se mêle des affaires des autres, contrairement à moi. Ça ne peut donc pas être elle.

Mon grand-père paternel, je ne le connais pas trop, mais disons qu'il ne parle pas beaucoup – à part pour se plaindre. Quand il veut me manifester sa sympathie/son soutien/sa satisfaction/sa fierté (rayez la ou les mentions inutiles), il me frotte le dessus du crâne pendant trois secondes. Et puis c'est tout. Pour vous dire comme il est doué dans le social. Bref, pas le genre à se créer des problèmes en espionnant les autres.

Du côté maternel, certainement pas. Ma grand-mère était quelqu'un de très doux, très gentil, et qui passait son temps à me répéter qu'il ne fallait pas pénétrer dans le jardin secret des autres. Je lui répondais toujours que c'était normal de trouver le jardin du voisin plus beau que le sien, et elle rigolait. Elle est décédée depuis une demi-douzaine d'années, mais mon grand-père ne s'en remet pas. Il est complètement déprimé depuis, on dirait qu'il ne voit rien. C'est à peine s'il me salue quand je vais le voir.

Voilà où nous en sommes. Mon trait de caractère principal, je ne sais pas d'où je le tire.

C'est pourtant ça qui m'a amenée à mettre mon nez dans des histoires de famille que je n'aurais JAMAIS dû connaître.

OoOoO

« Libertééééé ! hurla Katy à la fin du cours de maths.

- Un peu de tenue ! s'offusqua la prof, mais elle n'eut pas le temps de l'attraper : ma camarade était déjà partie à toutes jambes vers la sortie.

- Katy ne changera jamais », rigola Cécilia en rassemblant ses affaires.

J'acquiescai, le sourire aux lèvres, et soupirai de contentement. Katy avait bien raison : liberté, c'était le mot ! Après dix mois de travail acharné, nous étions enfin en vacances. J'étais dans un internat et on se sentait un peu enfermées, ici, à Hestia. Evidemment, je rentrais pratiquement tous les week-ends à la maison, mais quand même, ça faisait plaisir de se dire que pendant deux mois, on ne reverrait plus la sale tête de la directrice ou celles des autres profs.

« Tu pars où, déjà, pendant les vacances ? me demanda Cécilia tandis que nous nous dirigions vers la sortie du pensionnat.

- En France, je lui répondis. A Paris ! C'est merveilleux !*

- Voulez-vous un croissant*? »

Nous suivions des cours de français à Hestia mais Mrs Martin, la prof, était tellement nulle que c'étaient les seules phrases que nous avions apprises en quatre ans. Si je me perdais en France, c'était sûr, je pourrais me débrouiller avec : C'est merveilleux ! Voulez-vous un croissant ?

« Mais je n'y reste qu'une semaine. Dommage. J'aurais aimé rester plus longtemps. Et toi ?

- Italie ! Et j'y reste les deux mois !

- Tu vas bien t'amuser…

- Fais pas cette tête, Jane, me consola Cécilia en me tapotant l'épaule. Tu vas t'amuser aussi. Je suis sûre qu'il y a plein de secrets à dénicher dans le Kent. »

Je lui donnai un petit coup de poing dans l'épaule, boudeuse, et elle éclata de rire. Le Kent, c'était là que j'habitais. A Canterbury pour être précise. Un vrai trou paumé. Oui, je sais, c'est connu, mais franchement, comparé à Londres, il n'y avait rien. Mon père travaillait comme manager du Marks&Spencer de LA rue commerçante (oui, il n'y en avait qu'une), et ma mère était une libraire très calme, du WH Smith juste en face. L'histoire disait qu'ils s'étaient rencontrés en commandant un McDo à emporter en même temps. Plus romantique, tu meurs.

Ils avaient vite compris que je n'aimais pas du tout la campagne et mon père avait réussi à me placer dans cet internat hors de prix. Je lui en étais infiniment reconnaissante, et c'est ce qui me faisait fermer ma grande bouche pendant les vacances, où nous passions toujours du temps chez mes grands-parents paternels ou à Canterbury.

A ce moment-là, je me disais que cet été allait être bien ennuyeux et que j'avais hâte d'être de retour à l'école, même si c'était pour y être enfermée. Et c'est là que le premier événement étrange arriva – même si sur le coup, je n'y avais pas du tout prêté attention.

J'étais assise dans le train, la tête contre la vitre. Un jeune homme, un peu plus âgé que moi, s'était assis sur la banquette juste devant il s'était rapidement plongé dans un livre. Je n'y avais pas fait attention, jusqu'à ce que le train démarre et que le paysage ne devienne vraiment barbant. Il était plutôt mignon, il fallait le dire, avec ses cheveux noir de jais ébouriffés. Mais quand je vis ses yeux, mon cœur se mit à battre la chamade. Ils étaient d'un vert époustouflant. Je n'avais jamais vu ça.

D'un autre côté, quand on venait de passer dix mois dans une école pour filles, ce n'était pas difficile de trouver beau le premier homme croisé sur son chemin.

Il leva la tête et je détournai les yeux en rougissant. Au bout de quelques minutes, une fois qu'il fut de nouveau plongé dans sa lecture, je repris mon examen. Il portait un pull noir, aux manches longues – étrange, aujourd'hui il faisait plutôt chaud pourtant – et un pantalon. Pas un jean : un pantalon. C'était assez rare de nos jours pour être souligné. Je ne réussis pas à deviner la marque de sa montre, donc impossible de savoir s'il était plutôt riche ou pas. Non, je n'étais pas une fille vénale : disons plutôt que l'argent, chez un beau garçon, c'est la cerise sur le gâteau.

Il dégageait une certaine aura de mystère. Pourquoi ? Peut-être était-ce dû au fait que son livre avait l'air très ancien, et les pages ressemblaient à du parchemin. J'aurais rêvé de le lire, moi aussi de nombreux secrets devaient être cachés à l'intérieur… Mais au moment où je le pensais, il leva les yeux, me remarqua, et ferma son livre d'un coup sec. Avant que je n'aie pu en lire le titre, il le rangea dans son sac et en sortit un autre : le nouveau bouquin était tout neuf et inintéressant au possible.

Le voyage reprit son cours et je rêvassai en me demandant ce que je pourrais bien faire pendant les deux mois à venir. D'une, me vernir les ongles des pieds. Essentiel pour commencer les vacances. Ensuite, faire mon shopping d'été. J'allais devoir me contenter des magasins de Canterbury, mais peut-être allais-je réussir à obtenir de mes parents un petit aller-retour pour Londres ? Acheter quelques livres aussi, et puis un nouveau maillot de bain pour bronzer dans le jardin derrière la maison je n'étais pas sûre de rentrer dans celui de l'année passée. Evidemment, regarder la télé, beaucoup ça m'avait manqué. Ah, et puis remplir mon Ipod, les chansons de cette année commençaient à me lasser…

Quand le bel inconnu descendit, je le suivis vaguement du regard sur le quai. Il passa derrière un pilier, et j'attendais de le voir continuer son chemin de l'autre côté. Cependant, il n'en fit rien. Se cachait-il ? Mais de quoi ? Et n'était-il pas un peu trop vieux pour ce genre de jeux puérils ?

Le train redémarra, et je regardai attentivement derrière le pilier quand nous le dépassâmes.

Rien.

Cette observation me glaça. Je finis par me convaincre que mon imagination devait me jouer des tours je ne l'avais pas vu passer de l'autre côté, c'était tout. Il ne pouvait pas avoir disparu comme ça, n'est-ce pas ?

Je reléguai rapidement cet épisode au fond de ma mémoire.

OoOoO

Trois jours : c'était très exactement le temps qu'il m'avait fallu pour rattraper mon retard dans mes séries télé, acheter deux maillots de bain et trois robes légères, me vernir les ongles, dévorer des magazines peoples, préparer ma valise et partir pour la maison de mes grands-parents.

Alors que nous nous étions arrêtés à une station-service, je discutai avec ma mère autour d'un café Papa prenait son temps pour choisir un donut. Elle me tenait au courant de l'état de santé de la famille.

« Mon père ne va pas très bien, me dit-elle.

- Comme d'habitude ou pire ?

- Comme d'habitude… Il faudra que tu lui rendes visite en rentrant. Quant aux parents de ton père, ils vont bien.

- Comment s'est passée l'opération pour placer le pacemaker sur le cœur de Papy ?

- Bien. Il se repose à la maison. Enfin, il se repose… dans la mesure du possible. »

Nous sourîmes toutes les deux. Difficile de se reposer, en effet, avec ma grand-mère dans les parages.

« Combien de temps reste-t-on chez eux ? »

Je m'attendais à une semaine ou plus, mais ma mère me surprit agréablement :

« Deux jours. Ils veulent partir en Italie, après. Jane, pourrais-tu essayer d'avoir l'air moins réjouie ? Ce sont les parents de ton père, après tout.

- Désolée…

- Qu'est-ce qui fait que tu n'arrives pas à les supporter ?

- LA supporter, Maman. Tu sais qu'une fois, elle m'a dit qu'elle me trouvait élargie ?

- Elle radote, soupira-t-elle. Elle me l'a déjà dit à moi aussi… mais j'avais une excuse, j'étais enceinte de toi.

- Est-ce qu'elle avait des frères et sœurs ? »

Etrangement, personne n'avait jamais évoqué la filiation de ma grand-mère. Quand j'avais demandé à Papa, une fois, il avait froncé les sourcils et m'avait répondu qu'elle était fille unique. Je ne l'avais pas cru je trouvais ça suspect. Et j'avais eu raison.

« Elle avait une sœur.

- Avait ?

- Elle est morte, je crois. Il y a longtemps.

- Tu m'étonnes. Avoir Mamie pour sœur, quelle plaie ça doit être ! »

Nous éclatâmes de rire, puis, trois secondes plus tard, ma mère me réprimanda. Trois secondes trop tard.

« C'est vrai, ça ? je repris, curieuse.

- Je ne sais pas trop. Je ne sais même plus comment je l'ai appris, peut-être que je me suis inventé ça. Il me semble qu'il y a un membre de sa famille dont elle ne parle jamais. Peut-être que c'est ton père qui m'en a parlé… Oui, c'est ça. Il m'a dit que c'était une histoire pas vraiment intéressante et à oublier.

- Et tu l'as écouté ?

- Oui. Ton père est un homme réfléchi, Jane. S'il me dit qu'il ne faut pas y penser, il y a une bonne raison. Et tu ferais mieux de suivre son conseil aussi, ma chérie. »

Il n'en fallut pas plus pour enflammer ma curiosité.

OoOoO

Mes grands-parents habitaient une banlieue pavillonnaire dans le Surrey. Là, pour le coup, c'était encore pire qu'à Canterbury. Je dis rapidement bonjour à mes grands-parents en arrivant, puis m'installai dans ma chambre à l'étage – la chambre d'amis. Elle était étrangement vide, pas décorée du tout : une armoire, une table, un lit, et puis c'était tout. Mamie avait plutôt tendance à rajouter de la dentelle et des tableaux partout.

Je m'allongeai sur le lit. Deux jours. Courage, Jane. Ça passerait vite.

« JANE ! Viens prendre l'apéritif ! »

Dans ma surprise, je me cognai la tête contre le mur et mon bracelet s'ouvrit et tomba. Je n'eus pas le temps de le rattraper : il se glissa derrière le lit. Tant pis, je le récupérerais après. Je descendis les escaliers quatre à quatre et arrivai dans le salon. Papy me frotta les cheveux avec le plat de la main (fierté ? satisfaction ?) et Mamie m'observa de bas en haut pour vérifier qu'aucune rondeur n'avait échappé à son regard d'aigle tout à l'heure.

Le repas vint. C'était délicieux, je devais le reconnaître Mamie savait faire la cuisine. Mais je faisais à peine attention à ce que je mangeais : je préparais mes mots. Ce que j'allais dire allait peut-être changer le cours de mes vacances ici. Et je peux vous dire que deux jours ici, généralement, c'était long.

Le dessert arriva. Mamie servit une part de gâteau à chacun, puis nous commençâmes à manger. Je n'y touchai pas j'étais trop excitée.

Au bout de quelques secondes, je me lançai.

« Mamie, tu avais une sœur ? »

Silence.

Papy s'étouffa avec son gâteau et avala d'un trait son verre d'eau. Mamie laissa tomber sa cuillère sur son assiette. Dans ses yeux se disputaient surprise, colère et terreur.

« Pourquoi ? » lâche-t-elle finalement d'un ton sec.

Je sentis le regard de ma mère sur moi, et j'aperçus un coup d'œil soupçonneux de mon père adressé à elle. Pour l'innocenter, je répondis :

« J'ai trouvé une photo de toi avec une autre fille, dans ma chambre. «

Silence.

« Ça devait être une amie à moi, répondit-elle. Je n'ai jamais eu de sœur.

- Ah bon. Pourtant, tu lui ressembles.

- La photo devait être de mauvaise qualité, alors, je ne lui ai jamais ressemblé », grogna-t-elle.

Aha ! Je touchais au but !

« A qui ?

- A mon amie, bien sûr », rétorqua-t-elle.

Je hochai la tête.

« Oh, d'accord. Je me suis trompée, désolée. Sinon, qu'est-ce que vous allez faire pour vos vacances en Espagne ? »

La conversation peina à se rétablir, mais au bout de quelques minutes, elle était bien relancée je cale mon dos contre le dossier de ma chaise, satisfaite. A présent, j'en étais certaine : Mamie avait une sœur. Et je saurais pourquoi elle niait son existence, coûte que coûte. Il me restait deux jours. Brusquement, ça me paraissait bien court.

Une demi-heure plus tard, nous quittâmes la table et je remontai rapidement dans ma chambre pour éviter la confrontation avec ma mère. Malheureusement, elle me suivit et plaqua sa main contre la porte de ma chambre pour m'empêcher de la fermer. Elle se glissa derrière moi et s'appuya contre le battant, bras croisés, l'air irrité. Assise sur le lit, je me sentais toute petite.

« Montre-moi cette photo, Jane.

- Quelle photo ? je tentai en essayant de prendre un air innocent.

- Celle dont tu parlais tout à l'heure, avec ta grand-mère.

- C'est-à-dire que… je l'ai perdue.

- Bien évidemment. Je t'ai dit de ne pas en parler, tu te souviens ? C'est douloureux pour elle, et pour le reste de ta famille ! Il faut que tu admettes que tu ne peux pas toujours tout savoir, Jane respecte le bonheur des autres. Tu n'aimerais pas qu'on te fasse ça, non ? »

Je secouai piteusement la tête.

« Bon. Ne recommence plus, Jane, laisse cette histoire de côté et tiens-toi bien. Ça ne durera que deux jours, tu peux y arriver, non ? »

J'acquiesçai. Elle me souhaita une bonne nuit et ferma la porte derrière moi.

Pour le coup, cette fois-ci, peut-être que je devrais écouter ma mère. Qu'est-ce que ça allait m'apporter de plus, de toute façon, de savoir si ma grand-mère avait une sœur ou pas ? J'avais décidé que cette vieille mégère ne faisait pas partie de ma famille, alors quel était l'intérêt ? Et si ça faisait de la peine aussi à mon pauvre grand-père qui n'avait rien fait dans cette affaire, c'était vraiment injuste.

Pleine de bons sentiments, je m'apprêtai à me coucher quand je me souvins que j'avais laissé tomber mon bracelet de l'autre côté du lit, plus tôt dans la soirée. Je glissai ma main entre le sommier et le mur à grand peine et cherchai à tâtons la chaîne perdue. Pendant quelques secondes, mes doigts nettoyèrent la poussière… jusqu'à ce qu'ils rencontrent quelque chose de solide. Je l'attrapai entre mon index et mon majeur : ce n'était pas mon bracelet, c'était un morceau de papier. Quand je le tirai de là, je réalisai que c'était un polaroïd.

Je tournai la photographie vers moi et écarquillai les yeux : on aurait dit ma grand-mère à l'âge de quinze ans. Elle posait, boudeuse, auprès d'une jeune fille un peu plus jeune qu'elle, aux cheveux roux et aux grands yeux verts. Et qui lui ressemblait beaucoup.

Mais ce n'était pas le plus incroyable.

La photo bougeait.

A présent, c'était certain : il y avait un gros, GROS secret dans la famille de Mamie. Et moi, Jane Petunia Dursley, je le découvrirais.


Oh là là, la surprise de ouf t'as vu !

N'hésitez pas à reviewer, ça me fait toujours hyper plaisir, et ça me motive à fond, vous avez pas idée :)

Très bientôt sur mon blog (maksstories. skyrock. com), un extrait du chapitre 2. N'hésitez pas à passer si vous avez du temps à tuer :)