Bonjour à tous ! Je poste ce nouveau chapitre en espérant qu'il vous plaira ! Merci à Shiriliz et Kuumquat pour leur commentaire.

Ces personnages et leurs relations appartiennent à J.K Rowling.


Ce sentiment-là ne pouvait se fondre avec aucun autre. J'avais beau chercher ce qui pourrait me calmer, aucune discussion, aucun évènement, rien n'éclaircissait mes pensées. Même un de ses sourires, qui avait pour habitude d'apaiser pour quelques instants mes colères, n'était assez rassurant pour diluer cette impression, pour cause, elle était à l'origine de mon humeur sombre et agressive.

Je n'arrivais même plus à la regarder normalement. Auparavant, lorsque je croisais ses yeux, ils me renvoyaient une sensation douce et chaleureuse, l'impression d'être au bon endroit, au bon moment. L'impression de partager quelque chose avec elle. C'était terriblement flatteur. Mais cette teinte réconfortante avait disparu entre nous, remplacée par une pigmentation répugnante et rageuse. Par sa force et son intensité elle effaçait sans difficulté toutes mes autres émotions, me faisant détourner les yeux, honteux, bouleversé et énervé. Ce sentiment-là dominait, fièrement et hargneusement.

Je n'arrivais pas à penser à autre chose. Dès que je la voyais, les paroles de Ginny me revenaient à l'esprit, fracassantes de réalisme : « Et Hermione a embrassé Victor. Il n'y a que toi qui aies l'air de trouver ça dégoutant, Ron ». Pourquoi fallait-il que les autres décèlent toujours ce qui n'allait pas chez moi, avant moi ?

Je n'avais même pas imaginé qu'ils avaient pu s'embrasser. J'étais peut-être trop naïf à ce moment-là. Mais le simple fait que Hermione se rapproche d'un autre garçon – d'un autre homme – avait été assez éprouvant pour ne pas deviner, en plus, ce dont je n'avais pas été témoin. Enfin quoi ? C'était Victor Krum ! Comment aurais-je pu imaginer ? Ce n'était pas un simple étudiant de Poudlard qui avait séduit Hermione par une quelconque – mais intéressante – stratégie. Non ! C'était le joueur de Quidditch connu mondialement qu'elle avait choisi ! Joueur que j'admirais profondément qui plus est.

Et à nouveau ce sentiment, trop puissant pour être oublié, refaisait surface, s'étalant sur tout ce que je voyais. Donnant à tout ce qui se passait devant moi une teinte de désintérêt total, et à tout ce qui concernait Hermione une couleur frénétique, mélange entre l'envie de lui hurler que je lui en voulais, qu'elle m'avait littéralement giflé en l'embrassant, et le désir de supprimer ce passage douloureux de ma mémoire. Pourquoi fallait-il que Ginny aborde ce sujet ? J'aurais presque préféré ne pas le savoir ! Au moins cela m'aurait épargné l'écœurante sensation d'être de trop et d'avoir été abusé.

Si la colère et la passion étaient rouges, ce sentiment-là était un véritable volcan.

Pourtant, lorsque j'étais seul, il perdait cette intensité bouillonnante pour prendre une teinte beaucoup plus froide et isolée, presque abandonnée. Une teinte trop sombre pour savoir si elle se rapprochait plus d'un bleu triste ou d'un vert dégouté. En tout cas elle étalait devant moi différentes visions, m'imposant, durant des nuits terriblement longues, des images d'eux (mais par Merlin, quand est-ce qu'ils avaient pu s'embrasser ?).

Puis à certains moments, je prenais sa place, des moments qui rappelaient le clinquant et le faux brillant du mensonge. Ce rêve-là prenait un malin plaisir à me rappeler que ce n'est pas comme ça que ça c'était passé.

Sa couleur terne, pâle et dégoulinante, m'attirait, me traînait auprès d'idées embarrassantes, mi-consolantes mi-indécentes, que je n'étais pas prêt à assumer. L'émotion prenait alors une force différente, me renvoyant cruellement au visage tout ce qui nous opposait. Hermione se serait-elle intéressée un peu plus à moi si je portais la resplendissante tenue de Quidditch d'une équipe nationale ? Vert écorché. Bleu amer … Il avait simplement et incontestablement tout ce que je n'avais pas.