Bien le bonjour!
Me revoilà avec un nouveau chapitre pour ce deuxième jour!
WARNING pour propos homophobe, et il me semble que c'est à peu près tout!
Je vous souhaite une excellente lecture et je vous dis à demain pour le troisième chapitre! :)
N'hésitez pas à me faire part de vos avis.
"Family: a group of people who are related to each other"
Il arrivait que, parfois, Rufus se demandait pour quelle raison il faisait encore parti de Sabertooth.
Lorsque la guilde était sous le joug de Jiemma, c'était plutôt par crainte de représailles. Plus tard quand Sting avait repris le flambeau, c'était par loyauté envers le jeune homme et la promesse de meilleurs jours. Mais récemment il n'était plus certain d'avoir une raison valable de rester dans le coin. Après tout, il avait tout à fait conscience que où qu'il aille Orga le suivrait alors ce n'était pas comme si il avait réellement quelque chose à gagner en restant ou à perdre en partant.
Pourtant il se retrouvait à faire acte de présence chaque jour, à converser avec chacun des membres et ce même si il savait qu'à la fin de la journée il rentrerait avec un vêtement déchiré ou un bleu suspect quelque part sur son corps, parce que Sting prenait le fait de prendre Fairy Tail pour exemple, bien trop au pied de la lettre.
Le plus étrange dans tout ceci était que Rufus n'arrivait pas à trouver la force d'être en colère, ou même un tant soit peu exaspéré par les bêtises de ses compagnons. Il rentrait toujours chez lui, un peu plus confus, essayant de comprendre la raison pour laquelle il acceptait de rester auprès d'eux.
Et la réponse lui vint de la plus étrange des manières, lors d'un après-midi où il avait décidé, avec Orga, de passer à la guilde et de profiter de l'ambiance joviale.
Il ne se souvenait plus vraiment de la raison pour laquelle Sting était venu s'asseoir à côté de lui en premier lieu, mais cela devait bien faire une heure qu'il écoutait le Maître de la guilde parler. Il n'avait pas grand-chose à faire à part hocher occasionnellement de la tête ou laisser quelques petits commentaires ici et là, Sting ne lui laissait le temps pour rien d'autre de toute façon. Et Rufus se demanda brièvement où se trouvait Orga, car des deux, il était étonnement celui qui était le plus apte à avoir ce genre d'interaction avec l'un des membres de la guilde. Il était bien plus ouvert et plus passionné que Rufus, qui lui préférait largement un bon livre.
-...Et donc tout ça pour dire que je pense avoir de la Mephobie.
À cela Rufus fronça des sourcils et décida de prêter un peu plus attention à ce que le Chasseur de Dragon lui racontait.
-Pardon ? Demanda Rufus, la confusion se lisant clairement sur son visage. De la Mephobie ? Je n'ai pas le souvenir d'avoir lu quelque chose à ce sujet ni en avoir entendu parler.
-Comment ça tu ne sais pas c'est quoi ? Tu n'es pas censé être l'intello de la famille ? s'indigna Sting.
-Je n'ai pas la science infuse Sting. Je ne suis ni un dictionnaire, ni une encyclopédie. Tu vas devoir m'éclairer la dessus mon ami.
Sting roula des yeux et poussa un soupir exagérer.
-Serieux, parfois je me demande de quelle planète tu viens. C'est la peur d'être tellement géniale que la race humaine n'arrive pas à le supporter et que tout le monde meurt.
Rufus resta un petit moment silencieux, imprégnant les mots qu'il venait d'entendre, dans son esprit.
Premièrement, il était quasiment certain que Sting venait d'inventer ce concept.
Deuxièmement, il était à soixante-dix pourcent sûr qu'on ne pouvait pas trouver un égo plus développé que celui de Sting.
Et troisièmement, il avait la certitude que Sting était un idiot et que le fait que la guilde soit encore sur pied relevait du miracle.
Le Mage Mémoriel ne prit pas la peine de répondre à Sting, se levant simplement de son siège pour partir à la recherche de Orga.
-Rogue ! Interpella Rufus.
Il vit le brun se tournait vers lui, un air curieux peint sur le visage.
-Il faut que tu t'occupes de l'idiot de la famille. Il commence à dire des âneries bien plus grosse que lui.
Rufus perçu le petit sourire de Rogue tandis que la voix indignée et boudeuse de Sting lui parvenait aux oreilles.
Il aurait dût commencer à comprendre les choses à partir de ce moment là, pourtant la réalité ne l'avait frappé que bien plus tard.
Rufus n'avait pas pu se rendre bien loin dans la recherche de son compagnon, Minerva ayant décider de faire son apparition dans son champ de vision. La jeune femme semblait quelque peu troublée, ce qui était une vue assez rare quand on connaissait à quel point son caractère était explosif.
Il avait envisagé pendant un petit instant de faire comme si il n'avait rien vue et continuer son chemin, mais plus ses yeux observaient les traits de la jeune femme, plus il sentait le peu de résolution qu'il avait s'effondrer. Poussant un soupir il avait finit par décider de rejoindre la demoiselle.
-Tout va bien Minerva ?
La brune leva les yeux vers lui, l'air surprise avant que son visage ne s'assombrisse à nouveau.
-Oui je vais bien, ne t'en fait pas.
Le blond poussa un soupir et s'installa face à la demoiselle.
-Si tout va bien alors pourquoi tu sembles prête à tuer quelqu'un ?
Il vit Minerva le foudroyer du regard, et à une autre époque il aurait sans doute ressentit de la peur mais aujourd'hui, il lutta simplement contre le fait de laisser un petit rire lui échapper, parfaitement conscient que Minerva ne tenterait rien contre lui.
Quelques minutes de silence s'installèrent avant qu'un soupir ne se fasse entendre.
-Il y a un gamin qui m'a demandé aujourd'hui ce que cela faisait d'être adulte.
A nouveau un silence, et Rufus compris que la jeune femme attendait sans doute de savoir si elle avait son attention ou non.
-Et que lui as-tu répondu ?
Des rougeurs prirent place sur les joues de brune tandis que son regard se posait sur un point à côté de Rufus.
-Je lui ai dit qu'être adulte c'était un peu comme...regarder les deux côtés de la route avant de traverser et d'ensuite se faire heurter par un avion. Je ne sais pas si le petit a compris ce que je voulais dire il avait plutôt l'air confus...mais sa mère m'a dit de rester loin de son fils dorénavant. Pourtant je suis pratiquement sur de n'avoir rien dit de déplacer ou de choquant. J'ai fait quelque chose de mal ?
Rufus résista au petit rire qui menacer de faire irruption à tout moment. De toutes les choses à laquelle il s'était attendu, cela n'en faisait définitivement pas parti.
-Uh...tu n'as rien fait de mal...mais lorsqu'un enfant te pose ce genre de questions, tu es censée répondre quelque chose comme… c'est beaucoup de responsabilité et qu'il faut qu'il profite de sa jeunesse de la meilleure des manières afin d'être un adulte digne de ce nom..Et non pas essayer de lui faire comprendre que ça craint et qu'il va souhaiter être encore un enfant pendant le reste de ses jours.
Un petit air de réalisation prit place sur les traits de la brune, alors qu'un petit « oh » lui échappait des lèvres.
-Je vois...je suppose que ce que tu essaies de dire c'est que j'ai été trop brusque avec lui.
La jeune femme poussa un soupir et appuya sa joue contre sa main, dont le bras était posé sur la table.
-J'aurai aimé avoir ta capacité de raisonnement. Cela m'aurait évité bien des ennuis inutiles..Mais bon je suppose que ce genre de personne il n' en existe qu'une par famille. Autrement cette guilde n'aurait pas de membre aussi désastreux.
Un petit rire s'échappa de ses lèvres avant qu'elle ne se lève de sa place.
-Merci Rufus, oh et maintenant que j'y pense, Orga m'a dit de te faire part du fait qu'il allait vers la colline près de la guilde pour s'entraîner. Il a préciser que tu pouvais le rejoindre si tu en avais envie. Il a vue que tu discutais avec Sting alors il n'a pas voulu vous interrompre.
Rufus hocha de la tête, et après avoir remercier la jeune femme, il entreprit de se rendre à l'endroit indiqué.
« Tu n'es pas censé être l'intello de la famille ? »
« Il faut que tu t'occupes de l'idiot de la famille. »
« … Ce genre de personne il n'en existe qu'une par famille. »
Les morceaux du puzzle commençaient à se placer dans sa tête et sans trop savoir pourquoi sa gorge se noua.
Il arriva à la petite colline bien plus vite qu'il ne l'aurait cru. Perdu dans ses pensées, c'était à peine si il s'était rendu compte du chemin qu'il avait fait.
Il retrouva Orga assit près d'un arbre, une bouteille d'eau à la main. Lorsque le géant le vit arriver, il fut accueillit par un sourire tandis que l'homme faisait un peu de place près de lui pour que Rufus puisse s'y installer.
Le blond profita du calme présent, laissant la brise jouer sur sa peau et le soleil le réchauffer un peu. L'hiver n'allait pas tarder à rentrer et cette chaleur aller lui manquer.
-Orga ? Pourquoi est-ce que tu restes à Sabertooth ?
Il sentit plus qu'il ne vit le regard curieux du jeune homme sur lui. Il ne s'était clairement pas attendu à ce que Rufus ne lui pose ce type de question.
-Parce que Sabertooth est ma famille, que tu t'y trouves également en son sein et que ma place n'est tout simplement pas ailleurs.
La réponse avait été dite de manière si naturel, qu'il fallut un moment à Rufus pour comprendre le réel sens derrière les mots.
Famille.
Encore et toujours ce même mot.
-J'ai entendu ce mot plusieurs fois cette après midi, et je l'ai même prononcé une fois. Et voilà que tu l'utilises à nouveau. J'ai l'impression d'avoir manqué quelque chose d'important Orga. Confia Rufus, la voix basse.
-De quel mot parles-tu ?
-Du mot « Famille ». Depuis quand utilisons-nous ce genre de terme pour décrire nos camarades ?
-Hé bien je dirai depuis que Sting a décidé de remettre Sabertooth sur pied ! Il a su instauré de la confiance et…
-Je ne posais pas réellement la question dans ce sens là, coupa Rufus, Ce que je veux dire c'est...Nous sommes censés être des camarades de guilde, alors pourquoi est-ce que nous nous retrouvons à utiliser le mot « famille », comme si c'était la chose la plus normal au monde ? Tu ne trouves pas cela étrange ?
Un petit silence prit place, et Rufus savait que Orga prenait simplement son temps afin de lui donner une réponse adéquate. Il avait sans doute compris que quelque chose de profond se cachait derrière ce questionnement.
Et puis finalement le Mage de la Foudre poussa un petit soupir, comme pour évacuer le stress qu'il commençait à ressentir avant de laisser libre court à quelques mots.
-Cela n'a rien d'étrange pour moi. Chacun d'entre eux est ce qui ressemble le plus à une famille pour moi, parce qu'ils ne m'ont pas jugé quand j'ai intégré cette guilde. Et ce depuis le tout début, et plus particulièrement après Sting. Ils ne me regardent pas comme une bête de foire parce que je suis trop grand ou trop large. Ils ne s'enfuient pas à toutes jambes lorsque j'élève un peu la voix ou que j'utilise ma magie. Ils ne m'ont pas traité de « monstre » ou « de bon à rien », quand ils ont appris que j'étais homosexuel et que je t'avais pour compagnon.
Rufus posa ses yeux sur son partenaire, le coeur serrait en entendant ces mots.
-J'ai été rejeté par mon village et mon père m'a banni de ses terres quand il a compris que mon attention n'avait jamais été tournée vers les femmes. Il m'a dit qu'il avait déjà trois filles et qu'il n'en avait pas besoin d'une quatrième et que si je voulais vraiment être de ce côté de la rive alors je n'avais rien à faire au village et qu'il se trouverait un autre héritier digne de ce nom. Personne ne m'a dit cela ici. J'ai été accepté pour ce que je suis. Alors voilà pourquoi je les considère comme ma famille. Termina Orga.
Le blond alla prendre la main de son partenaire dans la sienne et la serra doucement. Il savait que la situation familiale de Orga n'avait rien d'idyllique mais ce n'était pas pour autant que cela était plus facile pour lui d'entendre que son compagnon avait souffert.
-Je n'avais pas réalisé avant aujourd'hui que je les considérai également comme faisant parti de ma famille...confia Rufus. Je savais que tu faisais parti de la mienne parce que pour moi tu es la pièce principale. Je veux dire… je n'ai jamais vraiment eu de lien particulier avec mon père et mes frères et ma mère est morte à ma naissance alors c'est avec toi que j'ai découvert ce que ça voulait dire d'avoir une famille...même si tu étais le seul à en faire parti. Mais je n'avais pas compris qu'en réalité vous faisiez tous parti de cette famille. Et ...je ne sais pas, cela me fait étrange de prendre conscience de ce genre de chose.
Orga laissa un petit sourire jouer sur ses lèvres et alla déposer un baiser sur le front de son partenaire.
-Mais ça fait du bien non ? Demanda-t-il.
- Oui...ça fait du bien. Répondit Rufus.
Avoir une famille ne nécessitait pas forcément avoir des liens de sang, une forte connexion suffisait, des moments partagés ou des expériences communes. Et Rufus était heureux d'avoir compris cela aujourd'hui.
