Fandom : Kuroko no basuke

Titre : Les malheurs de Shintarô et autres contes pour adultes

Disclaimer : Les personnages de Kuroko no basukene m'appartiennent pas mais sont à IG Prod' et Tadatoshi Fujimaki. L'illustration utilisée pour cette fanfic est demrsloth, que l'on peut retrouver sur DeviantArt. Et enfin, je ne fais pas d'argent avec cette fanfic !

Rating : On va rester à T pour une fois. Cela dit, les sous-entendus seront... sous-entendus, quoi (comment ça, ça veut rien dire?)!

Genre : Humour (beaucoup) et romance (un peu)

Pairing :C'est vraiment obligé? OK... Donc à part Midorima x Takao, il y aura un peu d'Akashi x Nijimura et un brin des autres: Kuroko x Kagami, Aomine x Kise et Murasakibara x Himuro

Réponse à Mayshea pour Enfer & Paradis et Les malheurs de Shintarô et autres contes pour adultes : tout d'abord, je te remercie pour tes reviews, j'en reçois tellement peu d'ordinaire que chacune d'entre elle est un trésor! En effet, ces deux fanfics sont là pour faire rire et si tu t'es noyée de rire, c'est que l'objectif est atteint! Je ne sais pas si je suis la meilleure du fandom en ce qui concerne les comédies sur ce couple, mais le compliment me va droit au coeur car j'adore Midorima x Takao, c'est la vie! Tu as percé à jour tous les clins d'oeil, c'est fou, tu as tout bon! Il y en a encore pleins d'autres qui n'attendent que toi dans cette suite, d'autant plus qu'on revient sur la proposition de ce cher Akashi! J'espère que tu rigoleras bien avec ce nouveau chapitre, il y en a encore quelques autres en stock, ne t'inquiète pas. Et enfin, n'hésite pas à te connecter pour poster les reviews si tu veux que je te réponde directement par message privé! A plus!

/!\ Important: Cette fanfic est un parallèle à une de mes précédentes, Enfer & Paradis et vient la compléter. Il n'est pas nécessaire d'avoir lu Enfer & Paradis pour comprendre celle-ci (normalement), mais les plus curieux d'entre vous pourront s'amuser des différents clins d'oeils par-ci, par là! C'est la raison pour laquelle, au -dessus du titre du chapitre, je préciserai à chaque fois où situer ce dernier par rapport à ceux d'Enfer & Paradis.


(NdA: ce chapitre se situe entre le chapitre 2 (bonus) d'Enfer & Paradis et le chapitre 3 – Aller simple pour le Paradis)

Chapitre 2: Interlude d'un couple (presque) ordinaire

"Professor Lindsay Diacker

American Center for Reproductive Medicine"

Contrairement à ce qu'aurait pu laisser croire la dernière rencontre entre Midorima et Akashi, le premier n'avait pas jeté la carte de visite que lui avait offert le second qui pensait l'aider à traiter le mal incurable dont souffrait Kazunari, à savoir la dépendance aux photos d'enfance de son Shin-chan d'amour...

Kazunari et Shintarô vivaient ensemble depuis la fin du lycée. Leurs parents les avaient officieusement mariés presque deux ans plus tard, le temps de tout organiser en grande pompe. Les deux étudiants entamaient leur troisième année à l'université et ils venaient tout juste d'atteindre la majorité (plutôt, le futur médecin l'avait atteinte en Juillet tandis que son compagnon devait patienter jusqu'en Novembre…). Alors penser à mettre un bébé en route ne semblait clairement pas raisonnable.

D'autant plus qu'Akashi leur proposait de partir en Californie tenter leur chance auprès de ce médecin dans quelque chose de long, coûteux, tortueux et pour un résultat parfois plus qu'hasardeux.

Et puis, il pensa à quelqu'un qu'il n'aimait pas spécialement et dont il n'avait pas eu de nouvelles depuis un petit moment, d'ailleurs. Pas que ça le dérangeait, il ne fallait pas croire !

Un jour (plus précisément, le jour de ses dix-huit ans), alors qu'il avait réuni toute la GM et tout Seirin avec Takao et Himuro autour de plusieurs tables du Maji Burger, Kuroko avait déclaré de but en blanc souhaiter partir aux Etats-Unis avec Kagami pour élever les enfants que ce dernier lui donnerait.

Au tigre de Seirin (qui avait recraché dans sa paille le soda qu'il était en train de boire, provoquant un bruit de bulles grotesque de fond de gobelet), le joueur fantôme avait simplement répondu :

« Je sais que tu feras un père formidable, Kagami-kun. C'est la raison pour laquelle je veux que tu sois le père de mes enfants. »

Au même tigre de Seirin qui restait la bouche grande ouverte par cette révélation fracassante, laissant tomber des gouttes de soda droit sur la table, Kuroko avait continué :

« Mais comme tes parents veulent que tu retournes étudier aux Etats-Unis, alors j'ai pris la décision de rester ici étudier l'Anglais dans un premier temps. Mon niveau n'est franchement pas terrible, même s'il reste meilleur que le tien... »

Et hop, au passage, le petit taquet qui va bien !

« Puis je te rejoindrai légalement là-bas pour qu'on se marie... », avait continué Kuroko, en proie à son stoïcisme légendaire.

Taquet qui avait réveillé d'un coup le power forward de Seirin de l'époque.

« Et puis quand tu seras prêt, alors…

-Alors que dalle ! L'avait violemment coupé Taiga en lui balançant un burger à la figure, signe qu'il était vraiment, mais alors vraiment hors de lui. Tu sors ça comme ça, toi ? T'aurais pas pu, genre… Je sais pas, moi, me demander mon avis avant, par exemple ? Qu'on en parle tous les deux ?

-Parler de quoi ? Tu ferais un père formidable, je le sais depuis longtemps, il n'y a rien de plus à dire.

-Attendez, attendez, temps mort ! Avait sifflé Rikô comme l'arbitre qu'elle improvisait souvent. Vous êtes en train de nous dire que… Vous sortez ensemble ?

-Tu ne le savais même pas ? S'était enquit Akashi, un sourire moqueur au coin des lèvres.

-Moi non plus ! S'était écrié Kise. Kurokocchi, tu m'as rien dit !

-Non, pour quoi faire ? Avait calmement répliqué le passeur fantôme.

-Non, mais ça on s'en fout, limite ! La question, Akashi, c'est comment toi, tu peux savoir ça alors que tu habites à l'autre bout du pays ! L'avait imité Takao, proprement horrifié pour deux (lui et Shin-chan, qui s'était sagement statufié sur place).

-Facile, Takao, c'était juste un chouia moins évident que toi et… »

Et Akashi s'était soudainement arrêté… pour sourire vicieusement à son ami Shintarô, qui avait alors vu la mort l'emporter dans son monde.

« Moi et qui ça? » Avait demandé le brun, curieux.

L'ancien capitaine de la Génération des Miracles avait jeté de nouveau un coup d'oeil à Shintarô, dont l'âme s'enfuyait à tire-d'aile, avant de se rétracter :

« Non, personne. Vraiment, laisse tomber, Takao... »

Midorima frissonna en repensant à ce si mauvais souvenir, cet anniversaire lointain durant lequel il avait bien failli se faire démasquer par un Akashi joueur…

Puis il posa de nouveau ses yeux de jade sur la carte de visite donnée par ce même ami qui ne l'avait pas vendu à cette époque-là (même s'il s'était bien foutu de sa gueule…).

Faire des enfants…

Lui et Takao seraient-ils de bons pères de famille ? Sauraient-ils prendre soin d'enfants, les élever avec amour, les voir grandir pour se frayer un chemin dans la vie ?

Il n'y avait jamais pensé jusqu'alors. Et lui et Kazunari n'en n'avait jamais discuté. Il fallait dire qu'ils avaient déjà fort à faire avec leur famille respective qui passait leur temps à se mêler de leur vie privée…

Sans compter les études et leur jeune âge, ils avaient à peine vingt ans…

Ni le fait qu'ils étaient deux hommes…

« Un centre de reproduction médicalement assisté ? C'est ça, Shin-chan ? »

Ledit Shin-chan bondit de sur son coussin à la voix de Kazunari provenant d'au-dessus de son épaule gauche.

Et merde ! Ce n'était pas comme ça qu'il s'était imaginé lancer la discussion avec son compagnon !

« Lindsay Diacker, c'est clairement pas Japonais… C'est où ? Aux States ? »

Merde ! Merde ! Merde ! Pourquoi une telle poisse, bon sang ?

« Euh… Oui…

-Et comment tu as eu cette carte de visite ? C'est un professeur de passage dans ta fac ? Tu en as besoin pour une recherche ? Ou alors…

-Non… Non, Kazunari, rien de tout ça, répondit timidement l'étudiant en médecine.

-Ah ? Alors…

-Kazunari, est-ce que…

-Mmm ?

-Est-ce que tu… aimerais avoir des enfants ? Pas… Pas maintenant, hein ! Commença-t-il à paniquer. Mais… plus tard…? Un jour ? »

Et là, contrairement à toutes les réactions de moqueries, diverses et variées pouvant s'emparer de son faucon d'amour, qu'avait imaginées Shintarô…

Ben, que dalle.

« Ka… Kazunari ? »

Silence.

« Kazunari ? »

Silence radio, même.

« Hé… Kazunari ?

-Ah…

-A… Alors… ?

- Euh… Je sais pas. Joker ? Toute façon, c'est pas pressé, hein, c'est toi qui l'a dit, Shin-chan ! » Répondit un peu trop précipitamment le brun, se dissimulant derrière un ricanement et toutes ses dents.

Et celui-ci passa rapidement à autre chose pour évacuer au plus vite cette sensation de malaise entre eux deux. Midorima n'ajouta rien de plus mais intérieurement, il lui en était reconnaissant de les faire esquiver avec brio un sujet aussi gênant.

Cependant, la question trotta, de temps à autre, dans la tête bien faite de l'étudiant en médecine, sans qu'il n'osât remettre le sujet sur la table. Non, il préféra observer, les semaines suivantes, son compagnon dont le comportement n'avait pas changé, sauf pour une chose : il restait plus longtemps en prière devant son album photo et le butsudan (1), le matin après le petit déjeuner.

Midorima hésita longtemps, très longtemps avant de remettre ce sujet sur le tapis, mais quand il le fit, ce fut dans un tout autre contexte : un soir, après avoir fait l'amour.

« Et… Et toi ? L'interrogea timidement Kazunari en retour.

-Je… Je ne sais pas, lui répondit tout aussi timidement Shintarô.

-Et pourquoi tu me la poses, alors ? Et cette carte de visite que tu tenais dans tes mains ? Est-ce que par hasard, tu… tu te renseignais ?

-Non ! Enfin… C'est… C'est Akashi qui me l'a donnée, na no da yo. Pour toi…

-Pour… Pour moi ? Mais pourquoi ?

-Parce que tu lui avais envoyé un message désespéré dans lequel tu lui avais dit ne plus pouvoir te passer de mes photos d'enfance…

-Ah… Euh… Merde, il te l'a dit… Ca veut dire que je suis démasqué, non ? Tu me taperas sur la tête, mais demain matin, d'accord ?

-Pfff… J'y ai bien pensé sur le coup, mais mon agacement est passé depuis longtemps. Mais je suppose qu'Akashi a cru que ton obsession pour moi enfant et mon album photo cachait un désir d'enfant. Et… Ce sont des questions qu'un couple se pose normalement tôt ou tard… Alors…

-Attends, ça veut dire que… tu nous vois comme un couple ? Enfin ?

-Arrête ton ironie !

-Okay, j'arrête. Mais… Je ne pensais pas qu'Akashi verrait aussi loin…

-Il… Il a souvent raison, au final, alors c'est pour ça que… ça me travaille. Je veux vraiment savoir le fond de ta pensée, na no da yo... »

Shintarô n'obtint rien de plus ce soir-là : Kazunari resta évasif, en répétant qu'il n'y avait jamais vraiment réfléchi, et qu'il avait besoin de temps. Alors il attendit, même si ce fut dur : et si Kazunari ne lui disait rien pour ne pas l'effrayer, lui faire peur, risquer une dispute ou quelque chose de ce genre ? C'était probable, mais il devait avoir confiance en lui, sa sincérité, sa spontanéité et son amour…

Mais quand même, c'était dur. Au point qu'un dimanche après-midi, Midorima vint en parler à son père.

« Toi, avoir des enfants ? C'est d'un ridicule… Il te faut déjà devenir adulte pour ça. Tu en es loin, Shintarô. »

Et paf ! La bonne claque paternelle, défaite par K.O. Au moins, c'était du rapide. Sauf qu'il n'était pas plus avancé.

Alors il attendit et n'aborda plus le sujet avec son compagnon, espérant que celui-ci n'enterre pas le sujet et revienne vers lui un jour ou l'autre.

Ce jour arriva sans crier gare, comme bien souvent. Un jour de vacances, alors que Midorima faisait une sieste en milieu de journée, il fut réveillé par la voix un peu forte de son conjoint qui était en pleine discussion. Pensant avoir de la visite, l'étudiant en médecine s'habilla de manière convenable et quitta leur chambre pour retrouver le salon. Qui était vide.

Il comprit rapidement, à la porte de la cuisine fermée, que le brun s'était isolé dans la cuisine. Avec Kuroko, au vu de la voix qui répondait. Sauf que Kuroko était parti passer ses vacances aux Etats-Unis, auprès de ce crétin de Kagami, histoire d'améliorer son Anglais et de se familiariser avec les us et coutumes de ce pays si différent du leur.

Ils devaient donc certainement tenir une conversation vidéo à distance, via Skype ou un outil du même genre.

« Je ne peux pas lui dire ça, enfin ! Tu le connais bien ! Ce tsundere (2) ! »

Aïe… Ca, ça parlait de lui. Et visiblement, pas en bien…

« Ce n'est pas pressé, d'un autre côté, calma Kuroko de sa voix tranquille. Mais pourtant, au vu de ta réflexion, c'est ce que j'en déduis…

-Mais je ne comprends pas ! Ce n'est pas logique !

-Tu recommences avec ça, Takao-kun…

-Mais c'est vrai ! Regarde : tu aimes Kagami. Et tu veux des enfants de lui. C'est normal et logique. Bon, par contre, t'aurais quand même pu faire un effort pour lui annoncer ça autrement, bref… Alors que moi… Est-ce que… Est-ce que je ne l'aime pas assez ?

-Cette question n'a aucun sens, pourquoi tu te la poses encore et encore ? Takao-kun, personne n'aime Midorima-kun plus que toi, c'est sûr et certain…

-Mais alors pourquoi ? Moi aussi je pense que Shin-chan ferait un père formidable ! Du même genre que mon beau-père que j'adore ! Et je pense également pouvoir m'en sortir sans trop de dégâts, et j'aime beaucoup les enfants, et… et tout ça mais… Mais quand je m'imagine avec un enfant, automatiquement, je pense à lui quand il était enfant ! Ce n'est pas normal !

-Ca ne l'est pas plus que de vénérer son album photo… Avec ta mère, la sienne et sa soeur, en plus...

-Justement ! Et je ne comprends pas d'où me vient cette obsession pour lui en bas âge ! Je ne ressens pas ça pour d'autres enfants, je te rassure…

-J'espère bien...

-Non, vraiment, j'aurais voulu… L'avoir lui, comme bébé ! Et m'occuper de lui ! Ces derniers temps, j'en viens même à jalouser ma belle-mère, tu te rends compte ? Je n'arrête pas de me dire qu'elle a été celle qui l'a mise au monde et qui l'a élevé avec amour, et qui a pris soin de lui… Qui le baignait, qui lui donnait à manger, qui jouait avec lui… Qui le consolait… »

Le sujet de la conversation s'était rapproché plus ou moins sans y faire attention pour mieux suivre la discussion entre les deux amis. Et elle était pour le moins… Surprenante… Un pincement au coeur le prit cependant en se rendant compte que Kazunari lui cachait bien des choses…

« Elle a eu trop de chance de s'occuper de Shin-chan quand il avait cet âge-là ! Se plaignit du fond du coeur le brun.

-D'où ma théorie : ce que tu veux, ce n'est pas un enfant. Tu veux t'occuper de Bébé-Midorima-kun.

-Oui, mais…

-Si, c'est possible.

-Je ne peux pas débarquer comme ça et lancer à Shin-chan : « Bon, alors, laisse-moi te bercer avant que tu t'endormes ce soir » ! Je me fais jeter direct hors du lit ! Je suis bon pour le canapé ! Il est confortable mais…

- Et pourquoi pas? Si ça se trouve, ça lui ferait plaisir…

-Non. Et deux fois non plutôt qu'une !

-C'est marrant, quand même, lui et toi vous connaissez depuis tellement longtemps, je n'aurais jamais pensé qu'il existait encore des tabous entre vous…

-C'est Shin-chan qui met de la distance entre nous ! Il est comme ça, c'est dans son caractère, je le sais et j'ai accepté de vivre avec lui, je ne vais pas tout remettre en question maintenant pour ça ! »

Un silence à l'autre bout de l'océan Pacifique, alors que Midorima restait atterré par tout ce qu'il entendait. Mais le plus douloureux était peut-être de se rendre compte que Kazunari n'avait pas tout à fait tort sur le sujet…

Mais pourquoi ne pas le lui avoir dit en face ?

Pourtant, il en avait fait des efforts pour combler la distance entre eux ! Il n'avait jamais vraiment été proche de quiconque, mais il avait laissé le brun rentrer dans son intimité, dans son coeur, dans sa vie, au point de la partager maintenant pleinement. Cependant, c'était vrai aussi que sa timidité et sa crainte de voir sa sensibilité dévoilée au grand jour restaient grandes et étaient un frein à plus de proximité. Il le savait, son père le lui disait et il écoutait mais les vieux réflexes avaient la vie dure…

« Peut-être, mais ça ne te convient pas tout à fait, reprit lentement Kuroko, comme s'il pesait ses mots. Tu aimerais qu'il s'ouvre plus à toi, qu'il se dévoile et qu'il montre sa vulnérabilité. Tu connais bien la façade qu'il s'est forgée avec les années. Ce que tu veux, c'est toucher l'être authentique qu'il est.

-Je veux… J'aimerais le voir rire et pleurer comme tout le monde ! S'extasier, s'étonner, se fâcher, pardonner, courir, danser… Il était comme ça avant ! Quand il était enfant ! Sur les photos, il est tellement adorable… J'aurais voulu avoir ça moi aussi ! J'aurais voulu le connaître comme ça, spontané et naturel ! Son visage possède tellement d'expressions différentes et… Il a des fossettes quand il rit ! Sur les photos, il est merveilleux ! Tu ne peux pas savoir comme parfois, c'est dur de vivre avec lui, j'ai constamment l'impression de marcher sur des œufs ! Et généralement, ce qu'il me montre de lui, c'est ce qu'il montre à tout le monde : son dédain, ses sarcasmes, l'illusion qu'il maîtrise tout, qu'il est invulnérable… Je sais que ce n'est pas vrai, bien sûr, et je sais voir toutes les fois où il ment… Et bien sûr, il me montre parfois un autre visage, il y a des fois où il se montre tendre mais c'est si rare ! Il est trop le genre à faire des petites attentions en loucedé !

-Comme d'habitude… C'est la raison pour laquelle je pense que tu devrais lui dire tout ça. Que ce que tu veux, ce ne sont pas des enfants. Ce que tu veux, c'est qu'il te montre sa vulnérabilité, qu'il exprime ses sentiments librement, en toute authenticité. Tu veux pouvoir toucher ses émotions. Tu veux qu'il soit ton bébé, en somme. Afin que tu puisses prendre soin de lui. Parce que c'est ce que tu veux. Parce que tu l'aimes, tout simplement.

-Je n'y arriverai jamais ! En face, c'est ce tsundere de Shin-chan !

-Bien sûr que si et tu m'en donneras des nouvelles. Ce n'est que Midorima-kun et il t'aime beaucoup aussi. Il est un peu buté, c'est tout. Akashi-kun me raconte qu'il a déjà beaucoup avancé depuis que vous vivez ensemble. Parle-lui et laisse faire le temps. Mais il se fait tard et je commence à fatiguer… Ecoute, réfléchis à tout ça, on pourra en reparler une autre fois, d'accord ?

-Okay… Merci de m'avoir écouté.

-Y'a pas de quoi.

-Je te laisse, dors bien et le bonsoir à Kagami !

-Je dors toujours bien avec lui, il est très confortable. En plus, c'est une vrai bouillotte, c'est super. Enfin bref, je n'y manquerai pas. A bientôt, Takao-kun. »

Et la conversation s'arrêta là. Midorima, un peu sonné, resta planté devant la porte de la cuisine et lorsqu'elle s'ouvrit, Kazunari fit un bond d'un mètre en le voyant.

« Shin-chan ! Tu m'as fait peur ! Tu es là depuis…

-J'ai... entendu l'essentiel, je pense…

-Ah... »

Encore un de ces moments de gêne entre eux. Qu'il détestait ! Le brun fuyait ostensiblement son regard.

Et là, Midorima comprit.

Qu'il n'aimait pas ces situations. Qu'il n'aimait pas lorsque Kazunari lui cachait des choses d'une telle importance pour leur couple, lorsque Kazunari ne le regardait pas franchement dans les yeux, lorsque Kazunari ne sautait pas partout, lorsque Kazunari ne riait pas, lorsqu'il ne courait pas dans tous les sens… Lorsqu'il n'était pas pleinement lui-même.

Et si lui n'aimait pas ça… Alors il était logique que la réciproque s'applique aussi et que de la même manière, Takao n'aimait pas le fait que son compagnon soit si distant et secret en dépit des années passées l'un auprès de l'autre.

Oui. C'était logique que son faucon voulût savourer son authenticité et plonger pleinement au fin fond de son coeur et de ses émotions.

Et si son faucon voulait le vrai Midorima Shintarô, alors...

« Kazunari... »

Shintarô inspira, puis expira un bon coup avant de poursuivre :

« Ca ne me dérange pas… D'être… ton bébé… Na no da yo... Mais de temps en temps, hein ! Mais… J'aurai besoin de ta patience et… Je ne sais pas être aussi spontané que tu le souhaiterais… Alors…

-Shin-chan... »

Leurs regards se croisèrent enfin et Midorima sentit ses jambes le lâcher : ça lui faisait toujours cet effet lorsqu'il se noyait dans ces yeux remplis d'amour et de dévotion. Il s'appuya contre le mur séparant la cuisine du salon et Kazunari se rapprocha de lui pour lui prendre la main tendrement :

« Shin-chan… Tu sais toujours agréablement me surprendre, mon coeur. N'aie pas peur et sois mon gros bébé d'amour. Je te promets, je prendrai soin de toi comme l'a fait Midori-mama. Même quand tu n'auras plus de cheveux sur le caillou… Tu resteras toujours mon seul gros bébé d'amour rien qu'à moi... »


(1) Petit autel servant à vénérer les morts, présents chez les particuliers au Japon

(2) Qualifie quelqu'un qui cache son grand coeur derrière une façade froide et austère